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L'Express du 03-12-2018

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Presse
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Ajouté le 03 décembre 2018
Langue Français
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SA N S  D OU U T E  L E M E I L E UR
C A F É DU
M ON N D E E
JACOBS DOUWE EGBERTS FR SAS | 810 029 413 RCS Paris | 30 bis, rue de Paradis –75010 Par is – FR ANCE | SAS au capi t al de 16 594 157,70 e u r o s
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SA N S
D OU U T E  L E M E I L L LE U R C AF F É DU
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DE
J A C O B S D O U W E E G B E R T S F R S A S | 810 0 2 9 413 R C S P a r i s | 3 0 b i s , r u e d e P a r a d i s –7 5 0 10 P a r i s – F R A N C E | S A S a u c a p i t a l d e 16 5 9 4 15 7,7 0e u ro s
D#U 3AU89 DÉ3CEM5BRE 2018 anousparis.fr
© Yann Orhan
Marianne Faithfull LADY BLUE
e En cette fin d’année, l’artiste a sorti son 21 album, le lumineuxNegative Capability.
#ExpoMadagascar www.quaibranly.fr
DERNIERS JOURS
Exposition jusqu’au 01 / 01 / 19
édito
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A NOUS PARIS
Et c’est décembre
C’est comme pour tout, à chaque fois, on jure qu’on ne nous y reprendra pas, et puis voilà… On se retrouve au mieux le 23, au pire le 24 décembre, engoncés dans des vêtements encore pas assez chauds pour contrer le froid polaire, mais beaucoup trop épais pour affronter les boutiques en ébullition. Et pourtant, impossible dès lors de renoncer à l’expédition. Car sous peine de passer sous peu pour un pingre ou/et un j’menfoutiste, force est de réussir sa mission avant l’échéance finale. Là, sous des regards scrutateurs, sera venu le moment de déposer sous un sapin lui aussi déjà fatigué, une foule de cadeaux pas toujours bien pensés pour des individus beaucoup plus jeunes ou plus âgés que nous, dont le quotidien et les aspirations nous sont carrément étrangers. Et malheur à celui qui se sera contenté d’apporter une bûche et une composition florale piquée de jacinthes et de pommes de pin factices, car il pourrait se retrouver bien seul quand l’heure sera venue de tous se remercier, la voix
tremblante et le regard embué. Alors, on speede. De magasins chic en temples du jouet, en passant par des échoppes à petits prix parce qu’on ne sait jamais. Et puis, on se bat pour attraper la dernière écharpe grise, parce que sinon, on devra s’aventurer sur des terrains par trop dangereux. On hésite au rayon bricolage, on se demande avec quoi diable peuvent bien rigoler les enfants et si c’est vraiment vrai que les Beyblades sont définitivement increvables… On s’épuise, et on regrette de ne pas être beaucoup plus riches, histoire de bénéficier d’un personal shopper qui nous plierait l’affaire en vingt minutes. Reste qu’à défaut de pouvoir tout déléguer, ô chance, en vue des fêtes de Noël, d’aucuns ont tout de même bossé pour les autres. Certains ont ainsi rassemblé de parfaites sélections de cadeaux que l’on découvre ces tempsci dans des popup stores plus ou moins thématisés qui ont en prime le bon goût de proposer si ce n’est des pièces uniques, au moins des séries suffisamment limitées pour
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éviter le déjàvu. Las, plus que quiconque au fait de tout cela, notre désorganisation personnelle ne nous empêchera quand même pas, le jour J, d’être encore parmi ceux que l’on retrouvera errants, hagards et angoissés, dans un multimarques de quartier. Mais au fond peutêtre, qu’importe. À l’arrivée, les choses finiront bien par être faites, et on déploiera tout ce qu’on a de posture pour donner l’impression – puisque c’est la clé de la réussite – d’avoir géré exactement comme il le fallait._
Carine Chenaux Rédactrice en chef @CarineChenaux
1_ Le lever du soleil audessus de l’île Saint Louis à Paris. © Marcello Land/ Getty Images iStockphoto
2_ Étude pour le portrait de Guillaume Apollinaire par Pierre de Belay, 1905. © ADAGP, Paris RMN-Grand Palais / Agence Bulloz Paris, Bibliothèque nationale de France (BnF) Lire p. 28.
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Alphonse Mucha,Les Saisons : Été, 1896. Lithographie en couleur © Mucha Trust 2018.Design solennmarrel.fr
sommaire
Magazine gratuit édité par A Nous Paris, SAS au capital de 1 580 000 euros, Altice Campus 2, rue du Général Alain de Boissieu, 75015 Paris Tél. :01 87 25 85 00 Principal associé :SFR Presse Président :SFR Presse Directeur général :Clément Delpirou Directrice déléguée :Sandrine Geffroy (8940) Site internet :www.anousparis.fr Rédaction :01 87 25 89 16 Rédactrice en chef :Carine Chenaux Assistante de la rédaction : Emmanuelle Suzanne (8916) Direction artistique :Billy Bones Première rédactrice graphiste : Laurence Philippot (8922) Secrétaires de rédaction :Sophie Ceugniet, Corinne Soubigou Rédactrice photo :Sarah Preston (8918) Ont collaboré à ce numéro :Paul Albertini,Jérôme Berger, Olivier Boucreux, Smaël Bouaici, Benjamin Cerulli, Alexis Chenu, Alain Cochard, Ivan Essindi, Myriem Hajoui, Stéphane Koechlin, James Martin, Fabien Menguy, Édouard Rostand, Philippe Toinard, Cécile Wisniewski. Chargée de diffusion :Sarah Hacquebart (8925) Directrice communication et multimédia :Alizée Szwarc (8928) Publicité / commercial :01 87 25 89 24 Directrice de la publicité :Paule-Valérie Bacchieri Van Berleere (8931)Directrice des opérations spéciales :Stéphanie Le Meur (8938)Directrice adjointe de la publicité :Claire Bourin (8934) Chef de publicité :Hanène Jemili (8933)Chef de publicité Local/immobilier : Sébastien Tisseyre (8932)Chef de publicité Emploi :Faustine Launay (8935)Directrice partenariats & publicité culturels :Carolyn Occelli (8929)Responsable partenariats & publicité culturels :Marie DondonResponsable des projets musicaux :Mathieu Proux (8937)Cheffe de projet événementiel :Lou Chiusano (8936)Publicité Formation :L’ÉtudiantDirectrice de clientèle :Teresa Durand. tdurand@letudiant.fr Carnet d’adresses :Développement Media : 06 65 50 27 47.Ressources humaines : recrut@anous.frImpression :GAICS SAS, 8, square Chanton, 92200 Neuilly-sur-Seine Diffusion : Distripaq. ISSN : 1294-4572. Magazine gratuit, ne peut être vendu. Ne pas jeter sur la voie publique. La reproduction, même partielle, de tous les éléments parus dans A Nous Paris est interdite.
14 shopping Déco sapin Balsam Hill © DR
dans l’air 10 - jeux vidéo Voyager en jouant, c’est possible : ici, ailleurs et même dans le temps12 - zapping Opening, collab, création, rencontre événement… 14 - shopping Féerie de Noël pour sapin
16  balises Bar de l’hôtel Jules & Jim © DR
style de ville 16 - balises La rue des Gravilliers, riche vivier
20 -clubbing Roni Size au Trabendo, Festival Inasound, le Badaboum fête son anniv 22 - lieux Le MK2 store ; popup Bibiche 27 - à boire et à manger e Auberge Pyrénées Cévennes (11 ) e À la vierge de la Réunion (20 )
Imprimé sur papier issu de forêts gérées durablement. Origine du papier : Allemagne. Taux de fibres recyclées : 100 %. Ce journal est imprimé sur un papier UPM porteur de l’Écolabel européen.
34 culte Marianne Faithfull © Yann Orhan
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affaires culturelles 28 - parcours littéraire Sur les trace de Guillaume Apollinaire 31 - cinéma 32 - livres 34 - culte Marianne Faithfull, la diva bleue 37 - bd 38 - sons 40-scènes
sÇa seapassevcette seemaine.tDatehuniqueeouévéndementarégutlier, ce’est noté dans notre agenda.
LUNDI 03/12 popup © louyetuparis Belle tanière La marque de bijoux Lou.Yetu s’offre 2 pour décembre un loft de 400 m , baptisé justement L’Éphémère, où, autour d’un bar dédié, on découvrira ses dernières créations, à l’instar de la collection Polar, et où l’on pourra faire personnaliser les pièces qu’on aura choisies. Au fil des divers espaces du lieu aussi, petite restauration, cocon zen avec projections de films, corner pour les kids…_ Jusqu’au 24 décembre. 118, rue de e Turenne, 3 . De 11 h à 21 h du lundi au mercredi, 22 h les jeudis et vendredis, 10 h 30-21 h le week-end. www.louyetu.fr
LUNDI 03/12 popup © Luke Edward Hall Le Café de la Semaine L’hôtel Pigalle passe à l’heure des fêtes avec son pop-up Le Café de la Semaine, un magasin éphémère dont on doit la sélection au magazine online Semaine en collaboration avec le designer et illustrateur londonien Luke Edward Hall. Dans un décor typique de café parisien, le garçon met en avant ses marques stars : le mobilier vintage Ceraudo, les céramiques de 1882 Ceramics, la maroquinerie et objets insolites de Not Another Bill et les pyjamas chic d’Olivia Von Halle._ e Jusqu’au 16 décembre. 9, rue Frochot, 9 . Du lundi au dimanche. Entrée libre.
MARDI 04/12 expo
InstallationLight Matterspar l’artiste autrichien© Erwin Redl Idée lumineuse Après avoir suspendu des centaines de sphères blanches dans un jardin à New York, l’artiste autrichien Erwin Redl dévoile sa dernière œuvre,Light Matters, à la Fondation EDF, un labyrinthe sur deux étages composé de milliers de LED oscillant entre le bleu et le rouge, et qui sera modifié par votre simple présence. Perturbant._ Jusqu’au 3 février. 6, rue Récamier, M° Sèvres-Babylone. Du mardi au dimanche de 12 h à 19 h. Entrée libre.
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ce WEEKEND
Braderie de la mode L’événement organisé deux fois l’an par AIDES est depuis vendredi aux Magasins Généraux. On y shoppe pièces de mode, bijoux ou cosméto jusqu’à - 70 % et les bénéfices sont reversés à l’association pour lutter contre le Sida._ 1, r de L’Ancien Canal, Pantin (93). M° Église de Pantin. www.aides.org/braderie
Noël des Animaux La SPA propose un grand refuge éphémère, avec 400 chiens et chats à adopter. Animations kids, conseils et studio photo maître-animal en prime._ #adoptdontshop Place de la République.
Textes : Paul Albertini, Smaël Bouaici, Carine Chenaux, Alexis Chenu, Stéphane Koechlin
ce WEEKEND
Métiers d’art e Depuis jeudi, la 10 édition du Carrousel des Métiers d’art et de création bat son plein. On y trouve de la déco, de la mode et souvent des pièces uniques._ De 10 h à 20 h (14 h-18 h jeudi). er 99, rue de Rivoli, 1 . Entrée libre. Invité : le Portugal.
SoBD e 8 édition du salon de la bande dessinée, à la Halle des Blancs-Manteaux, 60 exposants, dont 40 maisons d’édition, des libraires et des fanzines._ Depuis vendredi. De 11 h (15 h ven.) à 19 h. 48, rue e Vieille du Temple, 4 . Entrée sur invitation à commander sur www.sobd2018.com
crédit photo : iStock/eurobanks/NYS444
MARDI 04/12 concert Le groupe Festen© JB Millot Kubrick chef d’orchestre Peu de cinéastes auront contribué à populariser autant la grande musique que Stanley Kubrick, qui a même engagé Chris Isaak pour son ultime filmEyes Wide Shut. C’est pourquoi un groupe, Festen, a choisi de relire ses célèbres partitions dans un album Inside Stanley Kubrick. Il ne se contente pas de nous offrir les parties les plus connues, mais s’est promené tout au long de l’œuvre du génie, à commencer parSpartacus(1960)._ À 20 h. La Petite Halle. 211, avenue e Jean-Jaurès, Parc de la Villette, 19 . M° Porte de Pantin. Gratuit.
MER-CREDI 05/12 danse © DR Magie de l’âme slave Apprêtez-vous à en prendre plein les yeux, avec la première venue parisienne du célèbre Ensemble National d’Ukraine Virsky. Sur la scène du Palais des Congrès, la troupe fondée en 1937 montrera avec 70 artistes, un spectacle flamboyant et poétique mais aussi traditionnel, costumes sublimes (et bottes rouges) à l’appui._ Jusqu’au 9 décembre. Place de la Porte e Maillot, 17 . À 20 h mercredi et jeudi, 21 h vendredi, 16 h et 20 h samedi et 16 h dimanche. Places : de 30 à 79 €.
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VEN-DREDI 07/12 installa tion © DR L’eau vive La vodka Belvedere investit pendant deux jours la terrasse du musée d’Art moderne avec un étonnant cube tout 2 en miroirs. À l’intérieur (100 m ), on découvre les secrets de l’élaboration de ce spiritueux authentique; de quoi donner envie d’investir le bar, qui propose 4 cocktails inédits, imaginés par le mixologiste Hyacinthe Lescoet._ Et aussi le 8/12. De 11h à 23h. Entrée libre sur inscription sur le FB belvederevodkafrance Cocktails à partir de 13 €.
Réalisez son rêve adoptezle !
8ET9DÉCEMBRE#NOËLDESANIMAUX
PLACE DE LA RÉPUBLIQUE PARIS, DE 10H À 18H
* #AdoptDontShop
jeux vidéo
VOYAGES VIRTUELS, LA LIBERTÉ ULTIME?
Texte : James Martin
Les meilleurs jeux vidéo de cette fin d’année nous proposent de voyager, avec à la clé une liberté inédite… encadrée, forcément, par quelques limites. Partons voir…
La Grande-Bretagne chez Playground Games, Le Far-West chez Rockstar Games, noLuveautés et de modernité porté par un vent la Grèce antique et même l’espace chez Ubi-soft : quatre destinations pour un quatuor vidéoludique étonnant. Chacune de ces créa-t i o n s o f f ra n t s o n l ot d e s u r p r i s e s, d e de liberté.
Red Dead Redemption 2 Simulateur de western par excellence Attendue comme le messie après huit ans de travail acharné, la dernière création de Rocks-tar Games, les concepteurs de la série des GTA, ressemble au célèbre jeu de gangsters dans la forme – à savoir par sa structure “bac à sable”, où on choisit ses missions à sa
A NOUS PARIS
1_ Red Dead Redemption 2, un jeu d’action-aventure et de western multiplateforme, développé par Rockstar Studios et édité par Rockstar Games, sorti le 26 octobre. © Rocktsar Games
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guise – mais pas du tout dans le fond. Là où GTAV a dépassé ses propres bornes en nous faisant incarner des criminels sans la moindre qualité pour rattraper leur profonde méchanceté macho,Red Dead Redemp-tion 2nous place dans les bottes de cow-boy d’Arthur Morgan, attachant homme de poing d’une bande de gentils malfrats en vadrouille à la fin de la grande époque du Far-West américain. Contrairement aux antihéros de GTAV, Arthur ne lève la main que lorsque c’est nécessaire. Après, il est tout aussi capable de commettre un vol à main armée ou de se bagarrer dans la boue que de cares-ser affectueusement son cheval ou chanter et danser joyeusement avec ses copains bri-gands. Et c’est d’ailleurs un système moral
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bien plus strict que dans les GTA qui le garde sur le bon chemin. Ainsi, il ne lui est pas per-mis d’avoir des relations avec des prostituées, et à la moindre bousculade accidentelle d’un passant, Arthur est immédiatement recher-ché, et jeté en prison. Seule exception à cette règle : s’il tombe sur des membres du Klu Klux Klan, il peut les tuer en toute impunité. Ce cadre moral sert donc de rails sur lesquels on est libre de voyager dans un monde qui ne finit pas de surprendre. Et quel voyage! En parcourant l’univers du jeu – d’après ses créateurs, le plus grand monde de jeu vidéo jamais créé – on est régulièrement ébahi, d’abord par sa beauté. Qu’il s’agisse des cimes enneigées où commence l’aventure, des marais humides inspirés de la Louisiane, des canyons vertigineux ou des plaines sans fin, l’immersion dans ce magnifique Far-West vir tuel est totale et éblouissante. On se retrouve à faire des captures d’écran sans arrêt, par exemple lorsqu’on traverse un pont à cheval pendant que le coucher du soleil teinte tout le paysage en rose avant l’arrivée d’un nouveau ciel étoilé… La liberté deRead Dead Redemption 2tient donc à des surprises constantes. En allant d’un point A à un point B, on croise souvent des personnes solicitant notre aide. Aide que l’on est libre d’accorder, mais parfois avec des conséquences inattendues. Enfin, le jeu, au scénario diaboliquement bien écrit, comme toujours chez Rockstar, n’hésite pas à piétiner les mythes du Far-West. Lorsqu’on nous demande, par exemple, d’aller rechercher quatre flingueurs légendaires, on découvre que la plupart sont loin d’être à la hauteur de leur réputation. Comme siRed Dead Redemp-tion 2nous invitait à aller joyeusement déconstruire ses propres fondations mytholo-giques. Et si c’était ça, la vraie liberté ? PS4, Xbox One, environ 70 €, déconseillé aux - 18 ans
Assassin’s Creed : Odyssey Une aventure pas si classique Dans la série des mythes que l’on déconstruit, entendre les personnages d’Assassin’s Creed: Odysseysortir des volées de mots grossiers (et contemporains) alors que l’ac-tion se situe dans la Grèce antique peut dérouter de prime abord. Autre touche rebelle – et cette fois vis-à-vis des traditions vidéo-ludiques – il est possible de choisir entre un personnage principal masculin ou féminin. L’aventure vécue sera la même, mais le mes-sage égalitaire est plus que bienvenu. Ensuite, c’est parti pour un voyage, certes
plus balisé que dansRed Dead Redemp-tion 2– pour le meilleur et pour le pire, car si on est moins souvent perdu, on est aussi moins souvent poussé à l’exploration –, mais qui maîtrise l’émerveillement par étapes. Après des débuts forcément modestes sur la petite île de notre héroïne (oui, on a choisi Kassandra), quelques missions d’entraîne-ment suffisent pour ensuite partir en mer, à bord d’un navire qui devra immédiatement faire ses preuves en bataille maritime. Une fois la terre ferme retrouvée, l’astucieux “auto-p i l o t e d e c h e v a l ” r é d u i t l ’ a s p e c t potentiellement ennuyeux des déplace-ments. L’action est également pimentée par un système politique que notre héroïne devra négocier à son avantage – un jour, elle se bat pour Sparte, un autre pour Athènes – et par des chasseurs de prime, qui prendront Kas-sandra en grippe jusqu’à ce qu’on arrive à les vaincre. Comble de la liberté : si on ne veut pas être chassé, on peut payer le com-manditaire du chasseur en question, voire le tuer. Autant d’éléments qui font de cette découverte de la Grèce antique un véritable voyage initiatique entraînant, enthousias-
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2_ Assassin’s Creed Odyssey, jeu d’action-aventure et de rôle, sorti le 5 octobre, est la suite de la trilogie Antique. © Ubisoft
3_ Forza Horizon 4, un jeu de course automobile développé par Playground Games et édité par Microsoft Studios, sorti le 2 octobre. © Microsoft Games Studio
4_ Starlink: Battle for Atlas, un jeu d’action-aventure d’Ubisoft sorti le 16 octobre. © Ubisoft
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mant et drôle. On regrette juste des temps de chargement trop longs, le fait qu’Ubisoft continue de raconter les histoires des Assas-sin’s Creed en deux temps (alors qu’un suffit largement), et enfin et surtout, des accents grecs ridiculement trop prononcés. Mais pas non plus de quoi bouder notre plaisir de plonger dans ce fabuleux monde antique. PS4, Xbox One, PC, à partir de 60 €, déconseillé -18 ans
Forza Horizon 4 Le remontant anti-Brexit Vous avez remis vos envies de passer le Channel à plus tard? Heureusement, on peut y aller virtuellement, grâce à l’excellentis-sime jeu de voituresForza Horizon 4. Comme l’indique son époustouflante intro-duction au volant d’une McLaren Senna, il s’agit de traverser à la fois les îles britan-niques et les saisons, dans une folle série de courses endiablées. Dès cette entrée en matière façon montagnes russes, le ton est donné pour une aventure survitaminée… et surtout libre. Une fois son personnage choisi – on nous propose une fille par défaut, bravo! – on se retrouve propulsé dans une série de courses plus déjantées les unes que les autres, qu’il s’agisse de diaboliques circuits en gravier ; de courses nocturnes à travers d’adorables petits v illages so br itish ; ou même de séquences de cascades à bord d’une Bugat-ti Chiron (la voiture ultime). Le rythme ne se relâche jamais, sauf peut-être la première fois qu’il faut choisir ses prochaines courses, après quoi on est libre d’explorer la région pour se rendre aux courses que l’on veut. Une constante cependant : la campagne britannique, rendue avec un réalisme inédit. Comme si les développeurs tenaient abso-lument à nous montrer les plus beaux coins
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de leur pays… sans pour autant nous empê-cher de traverser des champs de colza ou de défoncer de vieux murs en pierre. Car oui, dans les jeux où la liberté prime, la liber-té de détruire reste primordiale! Xbox One, PC, environ 70 €, tous âges
Starlink : la bataille d’Atlas L’espace dans la manette Encore un jeu vidéo avec des jouets assortis? Fort heureusement,Starlink: Battle for Atlas n’est pas une nouvelle tentative de surfer sur la popularité de Skylanders. Il s’agit plutôt d’un système novateur où le vaisseau spatial que l’on attache à sa manette – pilote et a r m e s m o d u l a b l e s c o m p r i s e s – e s t exactement celui que l’on retrouve dans le jeu. Et s’il vise un public forcément jeune – p r e u v e e n e s t l e r e c r u t e m e n t d e l’insubmersible YouTuber Norman pour donner sa voix à l’un des personnages –, Starlink n’est pas condescendant pour autant.« L’équipe narrative a eu à cœur de ne pas infantiliser les jeunes gamers avec des histoires édulcorées, affirme Laurent Malville, directeur créatif de Starlink.C’est pourquoi les scénaristes ont construit des personnages forts auxquels ils peuvent se sentir connectés émotionellement. »Autre preuve de cette non-infantalisation:Star-linkn’est pas facile du tout. Lors de notre première découverte de planète – bien sûr, les joueurs/joueuses sont libres d’explorer chaque planète comme ils/elles le sentent –, le premier boss nous a donné bien du fil à retordre. Responsabiliser les jeunes joueurs en leur donnant une agréable aventure, ouverte et modulable : une autre belle preuve de liberté, dont le jeu vidéo raffole manifestement – et heureusement – aujourd’hui. PS4, Xbox One, Switch, à partir de 80 €, tous âges.