Libération du 22-09-2022
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Date de parution 22 septembre 2022
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Extrait

o
2,50 € Première édition. N 12831

JEUDI 22 SEPTEMBRE 2022

POUTINEGUERRE
ApErès lTes re versPsubiEs par sUonR
PHOTO GETTY IMAGES
Aveu de faiblesse ou fuite en avant?
armée en Ukraine, le président
russe a annoncé la mobilisation
partielle de sa population, agité
Vladimliar P omutienen, maarcdei, à nMousccolué. aire et désigné
l’Occident comme son principal
ennemi.
PAGES2-6

LITTÉRATURES & CULTURES D’AMÉRIQUE DU NORD
DU 22 AU 25 SEPTEMBRE 2022
VINCENNES / FRANCE

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FRANCE
CULTURE
Les dérives
d’une
direction
autoritaire
ENQUÊTE, PAGES16-18

JEUDI
IDÉES ET
ESSAIS

RICHARD DUMAS. VU
Robbe-
Grillet, aux
frontières
du réel
PAGES24-27

«Grande
démission» :
les salariés
en quête
de sens
PAGES20-23

photographie © vincent bourdon

IMPRIMÉ EN FRANCE / PRINTED IN FRANCE Algérie1,60 €, Allemagne3,00 €, Andorre3,00 €, Belgique2,50 €, Canada5,00 $, DOM3,00 €, Espagne3,00 €, Etats-Unis5,00 $, Grande-Bretagne2,80 £, Grèce3,00 €,
Italie3,00 €, Liban7500 LBP, Luxembourg2,50 €, Maroc27 Dh, Pays-Bas3,00 €, Portugal (continental)3,40 €, Suisse3,40 FS, Suisse alémanique3,40 FS, Tunisie8,00 DT, Zone CFA2500 CFA.

uÉVÉNEMENT
2
bilisation partielle» qui consis- hicules de transport alors qu’elle
ÉDITORIAL
tera à faire appel aux réservistes ; est déjà exsangue ? Afin que l’on
et l’adversaire n’est plus n’ait guère le loisir de
s’interroPar
l’Ukraine mais bien l’Occident, ger plus avant, le président russe
ALEXANDRA
et donc la démocratie. Au moins a choisi d’utiliser l’arme qu’il
SCHWARTZBROD
nous ne sommes plus dans le maîtrise le mieux, celle de la
flou et dans l’irrationnel, nous peur. Depuis le début, il cherche
savons de quoi nous parlons, à nous effrayer par tous les
nous savons quels sont les buts moyens – pénuries de blé et de
Peur
de guerre. C’est un terrible aveu gaz ou risque d’un missile sur la
de faiblesse de la part de Poutine centrale nucléaire de Zaporijia –
qui, le 24 février, pensait con- espérant faire reculer l’Europe et
L’allocution de Vladimir Pou- quérir l’Ukraine en trois jours. l’Occident tout entier. Cette fois,
tine, mercredi, a enfin remis les Et d’ores et déjà de nombreuses il laisse entendre qu’il n’hésitera
pendules à l’heure. Fini les péri-questions se posent.pas, si les territoires annexés par
phrases alambiquées pour quali-Les réservistes vont-ils se laisser la Russie via de
pseudo-référenfier l’invasion de l’Ukraine, les enrôler aussi facilement que ces dums sont attaqués, à utiliser
«opérations spéciales» àceet c teuesrhcmôec so u desnnsors ieertua trie pcuélemn .aFiaerl’ar
«dénazification»folie rationnelle, que faire ? du territoire, provinces reculées du pays qui,
cette fois le président russe a en échange de quelques roubles Certainement pas reculer. C’est
présenté la situation telle qu’elle pour améliorer l’ordinaire de parce que les pays occidentaux
nous apparaît réellement et avec leur famille, ont servi jusqu’à – conscients du danger que cette
des mots clairs: après sept mois présent de chair à canon ? L’ar- guerre représentait pour eux
de guerre acharnée contre les mée russe va-t-elle disposer de aussi – ont aidé l’Ukraine dès le
Ukrainiens, les forces armées suffisamment d’uniformes, d’ar-début que la Russie est
aurusses sont contraintes de de-mes légères ou d’armes lourdes, jourd’hui à la peine. Il faut
contimander du renfort via une «mo-de munitions, de chars ou de vé- nuer. Avec fermeté et unité.•
VLADIMIR POUTINE
Une déclaration
de guerre aux airs
d’aveu de faiblesse ?

Plusieurs mois après le début d’un conflit qui ne
s’est pas déroulé selon ses plans, le président russe
a décrété lors d’une allocution que la guerre
en Ukraine, autrefois qualifiée d’«opération spéciale»,
était en fait un combat contre «l’Occident collectif».

Par
VERONIKA DORMAN
eci est bien une guerre. Au
e
m atin du 210jour d’une
C
«opération spéciale» qui a
fait des milliers de victimes civiles
et militaires, jeté des millions de
personnes sur les routes de l’exil et
réduit des dizaines
d’agglomérations à l’état de ruines, Vladimir
Poutine a fini par appeler les choses

par leur nom, et rendre des oukases
en conséquence. Mercredi, le
président russe a annoncé une
«mobilisation partielle» en Russie. L’heure
est venue de orétp« slar gei-raveou
neté, la sécurité et l’intégrité
territoriale de la Russie […], de soutenir les
aspirations et la volonté de nos
compatriotes de déterminer leur propre
avenir» un Occi contreel t tnednod
but «est d’affaiblir, de diviser et
finalement de détruire notre pays».

Car la menace, l’ennemi, ce n’est
plus l’Ukraine, comme cela a été
martelé depuis le début de
«l’opération spéciale». L’Ukraine n’est
qu’une «place d’armes antirusse»
dont le peuple a été transformé en
«chair à canon»icedtnt ap r’lcO t ou
entier qui a décidé d’annihiler la
Russie. «Nous sommes en guerre
non pas tant avec l’armée
ukrainienne qu’avec l’Occident collectif»,
a renchéri le ministre russe de la

D é f e n s e , S e r g u e ï C h o ï g o u .
«L’Ukraine n’existe pas pour
Poutine»,ayaa StanovaT enaitpar llep
du cabinet d’expertise R.Politik,
que le nouveau tournant n’étonne
pas. Pour la politologue, qui avait
été l’une des rares à prendre au
sérieux la menace d’une invasion de
l’Ukraine avant que celle-ci ne se
matérialise, «dans la logique de
Poutine, les Russes font la guerre à
l’Occident sur le territoire
ukrainien, via les soldats ukrainiens.
C’est une guerre défensive, l’ennemi
veut détruire les Russes, tous les
tuer. Poutine ne doute pas une
seconde que la population suivra.»

«TOUT EST UNE
QUESTION DE PRIX»
Nikolaï Petrov, chercheur à
l’institut Chatham House, va dans le
même sens : «Le discours de Poutine
était une tentative de transformer la
guerre impérialiste en une guerre
patriotique. Les référendums
préci

Libération

Jeudi22 e02 22 embrSept

pités et inattendus dans les territoires
occupés d’Ukraine [annoncés
mardi, ndlr] sont une tentative du
Kremlin de s’emparer de ces
territoires politiquement, puisqu’il n’a pas
pu le faire militairement.»
Pourtant, la mobilisation annoncée
de 300 000 hommes ne se fera pas
si simplement, estime Stanovaya.
«Le peuple ne se précipitera pas
dans les bureaux de recrutement.
Il faudra l’y traîner. Le peuple
résistera, grognera et se plaindra.
Poutine ne doit pas compter sur
beaucoup de sympathie de ce côté-là.
Ce n’est pas une guerre à laquelle le
peuple était prêt à participer. Mais
il y a un grand fossé entre
l’indignation et la résistance, et une véritable
contestation anti-Poutine.»
Pour le secrétaire général de l’Otan,
Jens Stoltenberg, les dernières
décisions du président russe prouvent
que «la guerre ne se passe pas
comme il l’avait prévu», et que
Pout in e s’e s t re n d u Suite page 4

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