Libération du 25-05-2022
28 pages
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Libération du 25-05-2022 , magazine presse

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Informations

Publié par
Date de parution 25 mai 2022
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Exrait

2,50 € Première édition. N 12730
o

Cannes/

PHOTO STEPHANE DUBROMEL. HANS LUCAS

sports à la région Ile-de-France, mardi, à Arras.

Pierre Serne, ex- vice-président en charge des Tran

MERCREDI 25 MAI 2022

www.liberation.fr

CATASTROPHE
DE BRÉTIGNY
LE TÉMOIN
QUI
EnquDêteÉUnRmoAis aNprèsGleEdébut
du procès, l’élu alors chargé
des Transports en Ile-de-France
témoigne auprès de «Libération».
Mis à l’écart de la procédure, il met
en cause la SNCF et pointe la
responsabilité de ses dirigeants.
PAGES2 À6

Cannes/
«Nostalgia»
de Mario Martone,
mafia blues
8 PAGES CENTRALES

IMPRIMÉ EN FRANCE / PRINTED IN FRANCE Algérie1,60 €, Allemagne3,00 €, Andorre3,00 €, Belgique2,50 €, Canada5,00 $, DOM3,00 €, Espagne3,00 €, Etats-Unis5,00 $, Grande-Bretagne2,80 £, Grèce3,00 €,
Italie3,00 €, Liban7500 LBP, Luxembourg2,50 €, Maroc27 Dh, Pays-Bas3,00 €, Portugal (continental)3,40 €, Suisse3,40 FS, Suisse alémanique3,40 FS, Tunisie8,00 DT, Zone CFA2500 CFA.

u
2
ÉVÉNEMENT

ÉDITORIAL
Par
LAUREN PROVOST

Trop
entendu

«C’est un miracle qu’il n’y
ait pas d’autres accidents
comme celui de Brétigny
en France.» ettCerhp ,esa
nous l’avons trop entendue
depuis le déraillement du
train Intercités
Paris-Limoges n°3657, le 12 juillet 2013.
Cette catastrophe
ferroviaire qui a coûté la vie

à sept personnes, fait
plusieurs centaines de
blessés, et dont le procès
se tient depuis un mois,
sans faire grand bruit.
On l’a entendue en mars
dans la bouche des
rapporteurs de la commission des
finances au Sénat, Hervé
Maurey et Stéphane
Sautarel. Entre la vétusté de
certaines lignes et le
sousinvestissement chronique,
ils s’étonnent dans leur
rapport que des drames ne
surviennent pas plus souvent
sur les milliers de
kilomètres de voies les plus
délaissés parmi les 30 000 que
compte le réseau SNCF.
On l’a entendue dans la
bouche des cheminots qui
ont accepté de se confier

à Libération en esépartn
que les vraies questions
soient enfin abordées dans
ce procès. Le mauvais état
des voies, les réparations
mal faites, et la diminution
des coûts font toujours
partie de leur quotidien.
Ces conducteurs ont
intériorisé le risque. La preuve :
ils lèvent d’eux-mêmes
le pied, pour éviter que
«ça tape».
On l’a entendue dans le
témoignage inédit d’un
responsable de l’époque qui
a décidé de tout déballer
dans nos pages. Pierre
Serne, vice-président de
la région Ile-de-France
en charge des transports
à l’époque, est le premier à
dire tout haut ce qu’un
cer

tain nombre de cadres de la
SNCF savent, mais
qu’aucun n’assume
publiquement. Il dit l’impossibilité
de mener de front
l’entretien de l’ancien et les
créations de nouvelles lignes
exigées par l’Etat. Il dit le
manque d’effectifs.
Pourtant, l’Etat continue à
subventionner à grands frais
de nouvelles lignes TGV
alors que la rénovation des
voies les plus anciennes
n’est toujours pas assurée.
Une injonction
contradictoire, alors que les enjeux
climatiques font des trains
du quotidien une priorité.
Près de neuf ans après,
tout un secteur, les
victimes et leurs proches
attendent des réponses.•

ACCIDENT
DE BRÉTIGNY-SUR-ORGE
«Je ne pouvais
plus mENQUeÊTEtaire»

Alors que la SNCF est jugée au tribunal correctionn el d’Evry,
neuf ans après le déraillement qui a fait sept mort s,
«Libération» a recueilli le témoignage de Pierre Se rne,
en charge des transports à la région Ile-de-France au moment
de la catastrophe. Il pointe le vieillissement du m atériel
et les travaux sans cesse repoussés par l’entrepris e.

ParFRANCK BOUAZIZ
etMARIE PIQUEMAL
PhotoSTÉPHANE
DUBROMEL. HANS LUCAS
oilà un mois que le procès du
V
déraillement de train de
Brétigny-sur-Orge, qui avait fait
sept morts et des centaines de
blessés à l’été 2013, a commencé. Il
devrait se terminer le 17 juin et le
délib éré in tervien dra plusieurs

semaines plus tard. Pour l’instant,
tout se déroule exactement comme
l’ont prévu les avocats de la SNCF.
Peu de gros titres: le calendrier
politiquej oue. Les débats,
ultra-techniques, aussi. Dans ce procès,
pourtant historique, de l’une des pires
catastrophes ferroviaires françaises,
rien ne vient entacher l’image de
l’entreprise publique. Même les
écoutes téléphoniques révélant ce
qui pourrait s’apparenter à des
ten

tatives de subornation de témoin
des dirigeants de la SNCF n’ont
provoqué que peu d’émoi.

«UN LAMPISTE JETÉ
EN PÂTURE»
Sauf que voilà: un responsable de
l’époque – qui n’a pas été entendu
dans le cadre de l’enquête (lire
page 5)ierre a –éc d édip edelraP .r
Serne, alors vice-président de la
région Ile-de-France en charge des

transports, n’avait pas prévu de
déballer. Surtout ainsi, par voie de
presse. Il est le premier à dire tout
haut ce qu’un certain nombre de
cadres de la SNCF savent, mais
qu’aucun n’assume publiquement.
Certains acceptent quand même des
rendez-vous secrets, dans
l’anonymat des cafés, la mallette remplie
de documents, re plae qur ou«psse
explique ce qui se joue vraiment,
mais surtout, ne citez rien…»

Libération

Mercredi202 M 522 ia

Devant la tournure du procès se
mélangent un sentiment de trouille face
à l’Etat et de gêne: un seul agent de
la SNCF est sur le banc des accusés,
il avait 24 ans au moment de
l’accident et venait d’être nommé sur l’un
des plus gros nœuds ferroviaires
d’Ile-de-France, où se croisent RER,
Intercités et trains de marchandise.
C’est la seule personne physique
mise en cause. ne-’C«tsd u’ent leeli
justice, dénonce Pierre Serne,
désor

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