Midi Olympique Rouge du 23-05-2022
28 pages
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Midi Olympique Rouge du 23-05-2022 , magazine presse

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Informations

Publié par
Date de parution 23 mai 2022
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

Exrait

2,40 € Midi DU 23 AU 29 MAI 2022 Olympique N° 5652 - Espagne 2,40€ - Polynésie - 745 XPF - Suisse 3,70 CHF - Canada 5,50 CAD - Belgique 2,50€ - Italie : 2,70€
Pro D2 Bayonne-Oyonnax et Mont-de-Marsan-Nevers en demies
12 à 15
Lundi
La Rochelle
MÊME PAS
PEUR !
MALGRÉ UNE REVUE D’EFFECTIF,
LE STADE ROCHELAIS A NETTEMENT
DOMINÉ PARIS (32-13).
LES COÉQUIPIERS DE JONATHAN
DANTY S’AVANCENT GONFLÉS
À BLOC VERS LEUR FINALE
EUROPÉENNE. FACE AU LEINSTER,
ILS NE SERONT PAS FAVORIS
MAIS ILS NE CACHENT PAS LEURS
GRANDES AMBITIONS.
2, 3 et 9
Photo Hugo Pfeiffer - Icon Sport
Sevens
Week-end
de fête
à Toulouse
22-23
Nationale Antoine Burban Top 14
2,40 €
Albi et Soyaux « Mon corps et ma Toulon rêve toujours,
prennent une option tête ont dit stop »Toulouse se rassure
4 à 10 18 28LUNDI 23 MAI 2022 - MIDI OLYMPIQUE 2
Événement
Éditorial
Emmanuel MASSICARD
emmanuel.massicard@midi-olympique.fr
L’esprit
et la règle
ous aurions aimé vous parler ici
de la belle série toulonnaise, du
retour au premier plan de
Jalibert, du réveil de l’UBB, du
sursaut toulousain, de la confir-Nmation rochelaise, des barrages
de ProD2 si disputés ou de ce monde
amateur qui vibre tant à l’heure de ses
différentes phases finales. Oui, pour de bon, nous
aurions préféré vous parler rugby au moment
où la saison devient plus belle que jamais,
décisive et passionnée.
Au final, désolé, nous vous parlerons « chiffons »
et règlements, même si l’affaire du week-end
a fait « pschitt » ce dimanche soir quand les
dirigeants de Brive ont décidé de retirer leur
plainte, et de ne pas remettre en question la
victoire du Stade toulousain après avoir joué
quinze secondes en sureffectif… On vous passe
les détails de l’histoire, le pourquoi du comment,
le nom des coupables et les conséquences
plausibles ; vous lirez tout ça ailleurs dans ce
journal.

Permettez-nous quand même d’avoir
ressenti une fichue gêne en apprenant que le CABCL
– au discours si vertueux par ailleurs – avait
dans l’idée d’attaquer sur tapis vert la nette
victoire de son adversaire. Ceci au terme d’un
match que les Corréziens auraient pu perdre
encore plus largement et qu’ils avaient très
peu de chances de voir leur démarche
aboutir, si l’on se réfère aux règlements.

Ne soyons pas dupes, l’affaire doit beaucoup
au contexte sportif et à la nervosité ambiante
face à la menace de relégation des Blanc et
Noir. Chaque point vaut de l’or, alors
pourquoi ne pas tout tenter, sur tous les fronts. Elle
doit encore davantage au contexte «
politique », avec l’opposition des hommes et des
courants de pensée au cœur de la
gouvernance de la Ligue nationale de rugby. Sur ce
terrain, il n’y a jamais rien de gratuit. Cela Champions Cupressemble trait pour trait à une tempête dans
un verre d’eau, un combat d’arrière-garde et
C’EST ENFERMÉS DANS LA POSTURE DU « SEULS CONTRE TOUS » QUE LES ROCHELAIS SE PRÉPARENT une lutte d’ego.
À AFFRONTER LE LEINSTER EN FINALE DE CHAMPIONS CUP. POUR EUX, L’OBJECTIF EST SIMPLE ET CONSISTE, Cette gêne, rassurez-vous, aurait été la même
si les rôles avaient été inversés. Ou si d’au- EN FAIT, À NE PAS INCARNER LE « GENTIL LOSER DU RUGBY CONTEMPORAIN »…
tres clubs s’étaient engagés sur des terrains
aussi tortueux alors que le rugby français
progresse – enfin – dans un climat apaisé, loin
des affaires et des divisions.
N’allez pas croire que sur l’autel de cette
tranquillité nous serions prêts à fermer les yeux
face aux manquements des uns ou aux fautes La Rochelle, des autres. Mais, quand même, cette erreur de
coaching et d’arbitrage n’a en rien changé le
cours de la rencontre ! Et s’il fallait qu’elle soit
jugée en commission de discipline et des
règlements, le Top 14 changerait clairement d’ère en
prenant un tour procédurier qui ne ferait pas
sa gloire. Et encore moins notre bonheur. ambitieux assumé
Heureusement, les Brivistes ont changé d’avis.
L’honneur est sauf, autant que l’esprit de ce jeu.
Où il s’est évité une guéguerre de bas étage, le a Rochelle a changé. Le Stade roche- pourvue de grand buteur, puisque le Néo-Zélandais silence ou la pudeur ? Non, impossible… Et si on
rugby français a gagné une de ces histoires lais n’est plus le gentil bizut qui dé- Ihaia West a tant de choses en commun avec ne l’avait pas vu de nos propres yeux, on n’aurait
qui forgent sa légende. Rendez-vous dans couvrait émerveillé les plus grandes l’Australien Brock James, seul au monde en jamais pu le croire…
quelques années, pour en rire de bon cœur soirées du rugby français et européen. Auvergne avant l’arrivée au club de Morgan Parra… Il va de soi que Ronan O’Gara est pour beaucoup
et se délecter de l’anecdote. Après avoir disputé, et perdu, une fi- Pour briser le pont qui est en train de se dresser dans le récent basculement du Stade rochelais. Il Lnale de Champions Cup et une autre, entre ces deux clubs et ces deux générations, les est évident que l’Irlandais a eu plusieurs mois
en Top 14, le club de Vincent Merling et Ronan dirigeants rochelais ont donc choisi de revoir leur pour réfléchir à la brûlure de la saison dernière et,
O’Gara est en quelque sorte devenu un familier comm’et d’attaquer les premiers. passé l’introspection, s’est convaincu que la
predes petites sauteries de la « haute ». Mais en voyant mière étape, pour éviter pareille douleur, était de
aujourd’hui se dessiner à nouveau le grand ba- O’GARA ET LA CULTURE DE LA GAGNE changer la proie en prédateur. N’est-ce pas, d’ailleurs,
rouf de la phase finale, la belle Rochelle a subi- À La Rochelle, on n’a plus peur de clamer que ce qu’il avait tenté de faire au Racing 92, peu avant
tement décidé de changer de peau, de mordre la l’« on veut gagner » la Champions Cup, puisque que le club des Hauts-de-Seine ne remporte son
première, histoire de se débarrasser au plus vite tels furent les mots de Grégory Alldritt, Jonathan premier titre de champion de France en 2016 ?
de l’image de « gentil loser » qui menace à terme Danty ou Jeremy Sinzelle après la demi-finale de Quelques semaines avant la grande messe du
de lui coller à la peau. Quel est le risque, au juste ? Lens. On n’a plus peur d’assumer son statut, de Camp Nou, ROG nous avait en effet conté ceci, au
De ce que l’on sait, les dirigeants rochelais vi- jouer le seul contre tous (« Tout le monde nous voit sujet de la Ferrarri sans couronne qu’avait déjà
vraient très mal le fait de devenir, à terme, le en prendre quarante et ça nous excite », disait le bâtie Jacky Lorenzetti en banlieue parisienne :
« Clermont de l’ère moderne », le club maudit du même Alldritt), de déstabiliser l’adversaire à « Le Racing n’a pas de culture de la gagne. Ce n’est
rugby pro, le béni-oui-oui du monde européen, l’échauffement, bien avant que le coup d’envoi du pas un manque de respect vis-à-vis des anciens
l’entité qui, lorsqu’arrive le printemps, reçoit sa match n’ait été donné. Ainsi, le mundillo du rug- mais ici, on a seulement gagné le championnat de Pro
médaille d’argent – et les quolibets qui vont avec - by français a bien failli tomber de sa chaise, à l’ins- D2. Ce n’est pas le niveau auquel aspire un tel club,
la tête basse et le regard éteint. Car jusqu’ici, il tant où Pierre Venayre (le directeur général du un tel effectif, un tel staff. Et ça m’énerve que les
existe un vrai parallèle entre l’ASMCA des an- club) et Ronan O’Gara ont volé dans les plumes des gens puissent s’en contenter ». La mue qui s’était alors
nées Cotter et le Stade rochelais contemporain : un dirigeants du Racing, les accusant dans une mau- produite au Racing, en l’espace de quelques mois,
stade à bien des titres exceptionnel et toujours vaise foi inavouable d’avoir délibérément choisi le Munsterman est peut-être en passe de la
reras-la-gueule ; une colonie de supporters estam- le Nord pour couper l’équipe de Gregory Alldritt produire sur les bords de l’Atlantique, six ans plus
pillée « fièvre SR » et rappelant à s’y méprendre de sa base de supporters. Au vrai ? Mourad tard. Enfin… Peut-être…
la « yellow army » qui secouait la place de Jaude, Boudjellal aurait pu faire ça. Guy Novès et
les jours de finales ; un jeu léché, plaisant, spec- Christophe Urios aussi. Mais les Rochelais, d’ha- Par Marc DUZAN
marc.duzan@midi-olympique.frtaculaire ; une équipe, aussi, pour le moment dé- bitude si confortables dans les bonnes mœurs, le

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