Figaro Scope du 15-12-2021
10 pages
Français

Figaro Scope du 15-12-2021 , magazine presse

-

YouScribe est heureux de vous offrir cette publication
10 pages
Français
YouScribe est heureux de vous offrir cette publication

Informations

Publié par
Date de parution 15 décembre 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 31 Mo

Exrait

mercredi 15 décembre 2021 - LE FIGARO - N° 24049 - cahier N° 4 - Ne peut être vendu séparément.
● ● ● ● ● ●Re s t a urants Expositions Cinéma Théâ tre Musique
Soirée russe
à l’Opéra
de Paris. scope
escapade Semaine culturelle
Au cœur d’un parc Florilège des spectacles
animalier en Moselle Page 10 de fin d’année Pages 8 et 9
LE FIGAROSCOPE
SERA DE RETOUR
LE 12 JANVIER Restaurants : 2022
f
les 20 meilleures
tables de l’année
erLe Granite (1 ).
Un restaurant de produits
100 % franciliens.
« Secret Santa » au
Exposition
Par Sophie de Santis sdesantis@lefigaro.fr 27octobre2021–28février2022Karlito
L’apéro de Noël au Kar- sant. Le MAM de Paris lui
lito du Mob Hôtel à Saint- avait rendu un bel
homOuen est un passage obli- mage en 2017. Aujour- GustaveMoreau
gé pour qui aime les d’hui, ce sont une dizaine
rendez-vous décalés. Ici, de toiles monumentales
pas question de se pren- (réalisées au début des LesFablesdre au sérieux, on célèbre années 1990), qui
illumila saison des fêtes et des cadeaux à la nent les cimaises de la galerie
Lemanière bobo « made in Saint- long. L’Homme dans l’espace, est un
Ouen ». L’idée du Mob Hôtel étant ensemble de tableaux où la couleur deLaFontaine
d’être toujours festif et à la marge. Il explose au centre d’un fond noir.
faut bien se distinguer lorsqu’on est Dans ce festival de matières
épaissitué au-delà du périph… Ce mois- ses, on devine une figure humaine,
ci, le café Karlito invite à fêter Noël féminine ou masculine, flottant en
entre amis, en organisant un « Se- toute légèreté dans ce joyeux
magcret Santa », comme dans les sit- ma de reliefs. Comme si le corps se
coms américaines. Le projet est sim- vautrait avec délice dans les
couple : endosser un pull de Noël moche leurs rayonnantes de cette peinture
et apporter un cadeau à moins de pleine d’énergie. Cherchant un bain
10 €. Mais attention, ici le cadeau de jouvence salutaire, comme le
vidoit respecter trois consignes pour siteur qui en ressort régénéré.
être qualifié : être de fabrication lo- L’Homme dans l’espace, jusqu’au
cale (exit le « made in China »), être 8 janvier 2022 à la Galerie Lelong
e« vert » (écoresponsable) et punk ). gale-& Co, 13, rue de Téhéran (8
(créatif, ça va de soi !). À l’arrivée, rie-lelong.com
tous les petits présents, mis dans un
pot commun, sont ensuite distribués La magie de Noël au château de
anonymement aux convives, au pe- Chambord. Pourquoi ne pas s’offrir
tit bonheur la chance. On suppose un bol de féerie à moins de
que le troc ira bon train… Le 16 dé- deux heures de Paris ? Dès la
tomcembre de 18 h 30 à 23 heures au Mob bée du jour, les jardins à la française
Hôtel, 6, rue Gambetta, 93400 Saint- de l’ancienne demeure royale
Ouen. mobhotel.com s’éclairent. Et la rêverie peut
commencer. On traverse une forêt d’une
Karel Appel à la Galerie Le- centaine d’ifs parés de guirlandes
long.« L’art est une fête. Notre pas- lumineuses, et côté sud, l’allée de
sage sur terre est si court, que l’art sapins fait aussi son effet. Les arbres
nous permet de faire de notre vie une sont, paraît-il, directement issus de
fête sur terre », déclarait Karel Appel la forêt du domaine. Côté scène, du
(1921-2006) au début de sa carrière. 18 au 31 décembre, on anticipe
l’anLa trajectoire de ce grand artiste née Molière (célébrant les 400 ans
d’origine néerlandaise, exilé à Paris de sa naissance) avec Le Noël de
puis aux États-Unis, traverse tous Monsieur Jourdain, un spectacle ba- MuséeGustaveMoreau
les courants de l’après-guerre roque mêlant action (escrime), mu- 14,ruedeLaRochefoucauld,75009Paris L’expositionareçulesoutiendel’association Enpartenariatavec
desAmisdumuséeGustaveMoreau.
Touslesjourssauflemardide10hà18hà 2006. Celui qui fut le cofondateur sique et morceaux de comédie Une
www.musee-moreau.frdu mouvement CoBrA n’a jamais lâ- escapade en famille à portée de
ché la peinture, son langage expres- rails.
sionniste et figuratif le plus puis- chambord.or ■
Yonathan Kellerman ; Valentin/Valentin ; morgane Bricard et Sandrine Ziegler muncK – Parc animalier de Sainte- croix
GustaveMoreau,LesGrenouillesquidemandentunRoi,1884,collectionparticulière,©Jean-YvesLacôtemercredi 15 décembre 2021
2 Figaro Scope
L'é vénement
Le best of
des tables
parisiennes
En 2021, le mercato des chef(fe)s a pulsé. Faire
la pluie et le beau temps de la gastronomie
n’est pas donné à tout le monde. Après tests
et additions (parfois salées), seuls les meilleurs
restent. Morceaux choisis.
Par Emmanuel Rubin. Dossier coordonné par Sophie de Santis
une fois » qu’il n’y aurait là rien de ridicule Meilleur « meilleur » et de déplacé. Voilà une cuisine de
l’enchantement et de l’élixir, subtile à vous em-Plénitude
barquer dans son monde, vers ce pays des
MENUS : 320 et 395 €. sauces où chaque composition dévoile un
À l’hôtel Cheval Blanc. 8, quai jus, un vinaigre, un velours, un bouillon,
er edu Louvre (1 ). Tél. : 01 79 35 50 11. une bigarade, un frisson de cuillère. Derriè- 23, rue Treilhard (8 ). pour quelques mois de résidence. Et
Tous les soirs sf lun. et mar. re la grande baie vitrée, Paris n’a plus qu’à Tél. : 01 40 74 20 80. Tlj sf sam. et dim. la résidence pétillante, svelte,
porMétro : Pont-Neuf. accompagner en laissant couler sa Seine Métro : Miromesnil. tée par la saison, le haut du marché,
comme son ciel. quelques touches exotiques et
Le plat à ne pas laisser filer : buissonnières, un houmous sous le
Arrive l’instant où le talent oblige et la su- sandre, tourteau, choux, pour vinaigrette Un an plus tôt, personne n’aurait parié un pesto, un œuf mollet sous un jus de
eperbe s’impose. Précédé de sa réputation, berlugane. kopeck que ce coin du 8 , sage comme l’en- piment vert et anchois, une légine
de ses trois étoiles tropéziennes et des brelo- Le délice d’initié : le passage en cuisi- nui, viendrait toquer aux appétits. Jusqu’à ce marinée et riz japonais sous beurre
ques qui le font chef star, Arnaud Donckele ne à mi-menu. printemps dernier et un David Lanher fidèle blanc au soja, bref, une adresse sur
n’a pas tremblé en révélant, à la rentrée der- à sa manière, reprenant une adresse dans les ailes du bistrot.
nière, la table phare de ce Cheval Blanc, pa- l’oubli des bourgeoisies ternies pour mieux Le plat à ne pas laisser
fiMeilleur lace de tous les feux et, pour le moins, pressé la replacer au petit balcon de l’envie. Et si, ler : pièce de bœuf dorée, betterave
d’en imposer. Attendue comme pas permis, dans un premier temps, un tout bon jeune rôtie, mûres et vinaigre de framboise.bistronomique
cette Plénitude n’a donc pas déçu, remar- chef est vite parti voir ailleurs s’il n’y était Le délice d’initié : la cave-salon pour
Cènaquable à installer le dîner en manière de pas en lâchant l’équipe, les promesses et les les repas en bande.
5
conte gastronomique. Le service, dans son fourneaux, l’automne a offert la belle
surpriballet léger, pourrait d’ailleurs bien ouvrir MENUS : 39 et 48 € (déj.). se de découvrir ceux de l’Astrance (Barbot L’outsider : Achi (13 bis, avenue
ela dégustation en vous murmurant « Il était CARTE : env. 70 €. en cuisine, Rohat en salle) venir s’installer Parmentier, 11 ).
Meilleure créativité
e1. La Maison Russe (16 ).Granite e2. Assiette bistronomique du Cèna (8 ).
er3. Plénitude (1 ). MENUS : 58 (déj.), 95 et 125 €.
e4. Bouillon République (3 ).er6, rue Bailleul (1 ). Tél. : 01 40 13 64 06.
5. Assiette du chef Thomas ChisholmTlj sf sam. et dim. Métro : Les Halles.
eau Chocho (10 ).
e)6. Sushi Shunei (18
SébaStien SOR ianO/Le Figa RO,
Dans la continuité du Substance et du anneeMManUeLLe_tHiOn,
Contraste, Stéphane Manigold réussit, une Ric HaRd Ha UgHtOn,
fois encore, à propulser un chef de la jeune benOit LineRO, antOine M OtaRd,
garde dans l’idée d’un grand restaurant FLORent M icHeL / @11H45
contemporain. Cette fois, au triple-étage de
l’ancien Spring, avec, sur trois niveaux d’un
décor d’entre design et Marais, un certain
Tom Meyer, pas même 30 ans mais déjà une
belle personnalité culinaire. De celles qui
composent autrement que sur trois notes,
assument l’ambition, l’expression forte,
l’alliance inédite, et poussent les hanches de
l’assiette vers une sardine, huile matcha
pistache, condiments algue, un pigeon, millet
soufflé, grué de cacao, praliné amandes, un
picodon, mousse de lavande, café, cacao.
Un petit bonheur de non-conformisme.
Le plat à ne pas laisser filer :
le gnocchi cœur coulant de coquillages et
coriandre vietnamienne.
Le délice d’initié : la table en cave.
L’outsider : Mâche (61, rue de Chabrol,
e 10 ).
Meilleure allure
La Maison Russe
CARTE : env. 60-100 €.
e59, avenue Raymond-Poincaré (16 ).
Tél. : 01 40 62 72 05. Tlj sf dim.
Métro : Victor-Hugo. Voiturier.Tellequ’Offenbachl’avaitrêvée!
Inutile de tortiller trop longtemps du côté de
Du21décembre2021au9janvier2022 cette Maison surgie aux premiers froids de
l’automne. Des comme cela, Paris n’en sort
AuThéâtredesChamps-Élysées pas si souvent, car voici, dans son fantasme
slave, un décor échevelé, cinq étages
d’hôtel particulier virant à la féerie, le déluge très
assumé d’étoffes, de lustres, de rideaux theatrechampselysees.fr|0149525050
tombant, d’escalier larges comme au
Bolchoï, de salles et salons, de cordes de violons
et de bougies pleurant leur cire sur un public
sûrement mondain mais honnête à vivre la
fête, enchanté de lâcher les contenances,
BRU-ZANE.COM traversant le miroir sans chercher plus loin,
aux pics de la fourchette, que les petits saltos
de caviar. Et même si, certains soirs,
l’addition chavire, le lieu a le mérite de laisser
souvenir. mercredi 15 décembre 2021
Figaro Scope 3
L'é vénement
3
1 2 4
Le plat à ne pas laisser filer : le éclectique, basculant l’huître en granité Bouillon Pigalle bissent le genre en renver- L’outsider : Brasserie Dubillot (222, rue Pinault. Invités à y tenir table, les Bras, père
ecoulibiac de saumon. persil et crème crue fumée, la joue de bœuf sant la mémorable brasserie Jenny en long, Saint-Denis, 2 ). et fils, y tiennent surtout tête en imposant
Le délice d’initié : les musiciens à braisée et la saint-jacques à cru et cet inat- en large, du rez-de-chaussée jusqu’à l’éta- une certaine vision de table. Laquelle, fidèle
l’heure du souper. tendu dos de cerf rôti, jus corsé, sarriette et ge. Et voilà comment cet éminent décor al- à leur Aubrac originel, convoque la
campaMeilleur parti prisgenièvre croisant le gibier tricolore et l’hap- sacien se retrouve soudain pris dans l’éter- gne, la ferme, le rustique, le paysage,
l’alieL’outsider : la Suite Girafe (9 étage, Cité py christmas. nel parisien de ces repas au galop où les uns, got comme le pain de légumes avec une sai-La Halle
ede l’architecture, 1, place du Trocadéro, 16 ). Le plat à ne pas laisser filer : le les autres, les jeunes, les vieux, les cousins ne finesse. Certains ont pensé l’affaire
aux Grainsceviche façon tequila paf. de province comme les voisins du quartier, savante, un poil pédante, là où il faut surtout
Le délice d’initié : le s’more, dessert les bourgeois comme ceux de plus bas se MENUS : 54 (déj.) et 78 € (dîn.). aviser une rare identité culinaire, un talent
Meilleur d’ailleurs culte américain (biscuit, chocolat, guimau- plaisent à partager une goguette de recettes CARTE : env. 90 €. de parti pris exigeant à comporter autour de
ve) composé avec une belle délicatesse. bistroto-ménagères tellement peu chères À la Fondation Pinault. 2, rue de Viar- la pousse, du grain et du sensible.Sushi Shunei
erqu’on en oublierait même de se plaindre. mes (1 ). Tél. : 01 82 71 71 60. Tlj. Mé- Le plat à ne pas laisser filer : le
MENUS : 100 et 120 €. L’outsider : beaucoup de croisés, cette Service impeccable dans son can-can, am- tro : Les Halles. pain de légumes.
e3, rue Audran (18 ). Tél. : 06 44 66 11 31. année, mais aucun d’encore vraiment biance dans le même élan. Le délice d’initié : les inédites cuvées
Tous les soirs sf dim. et lun. Métro : convaincant. Le plat à ne pas laisser filer :le de grains à la carte des vins.
Blanche. bourguignon coquillettes. Depuis le dernier printemps, la Bourse de L’outsider : la journée royale au Festin
Le délice d’initié : les boiseries si- Commerce se gagne un nouveau siècle en d’Alain Ducasse (Hôtel Grand Contrôle,
Meilleur petit prix gnées Spindler. s’ouvrant au spirituel et à la collection d’art 12, rue de l’Indépendance, Versailles).
Temps fort de la saison avec Shunei Kimura, Bouillon
l’un des meilleurs maîtres sushi qu’il soit Républiquedonné de croiser à Paris. Cette fois, dans un
pli discret de Montmartre, l’espace d’un CARTE : env. 15-25 €.
emystère de salle-couloir, parfaite à vous 39, boulevard du Temple (3 ).
plonger dans un menu comme une apnée Tél. : 01 42 59 69 31. Tlj.
gustative. La lame fait, ici, vague à ciseler Métro : République.
des modèles de sushi edomae. Les chairs
iodées, encore dans l’onde, saisies dans leur
intégrité (toro, ventrèche, anguille, maque- En attendant peut-être Saint-Germain, la
reau, saumon, barbue…) pour mieux fondre Bastoche, les grands boulevards, ceux du
sur un riz tiède, rond, éclatant sous le palais
en façon d’écume. Une leçon !
Le plat à ne pas laisser filer : le
rare sushi sardine.
Le délice d’initié : les cinq couverts Et aussi
face chef.
L’outsider : l’Inde new look du Jugaad ■ Meilleure « passation » :
e(16, rue Favart, 2 ). le Café Lignac à la succession
du Café Constant.
e139, rue Saint-Dominique (7 ).
Meilleur « Top Chef » Tél. : 01 47 53 73 34.
■ Meilleur changement Chocho
de chef :
CARTE : env. 30-40 €. l’arrivée du très vif Thomas Graham
e54, rue de Paradis (10 ). au Mermoz.
eTél. : 01 42 28 26 03. Tlj sf lun. et mar. 16, rue Jean-Mermoz (8 ).
Métro : Poissonnière. Tél. : 01 45 63 65 26.
■ Meilleur brunch :
la saine rusticité de celui
Cette année, plus pathétique que toutes les proposé au Deux.
eprécédentes, on aura vu nos chers « Top 58, rue de la Fontaine-au-Roi (11 ).
Chefs », la tête comme creuse pastèque, Tél. : 09 74 97 47 52.
courant à l’échalote, valser du nombril, ca- ■ Meilleure taverne :
chetonner aux tables très éphémères et très les bonnes ondes du Liquide.
erestivales, « warholisant » leur possible ta- 39, rue de l’Arbre-Sec (1 ).
lent pour un quart d’heure de notoriété jus- Tél. : 01 42 36 50 05.
qu’à, ce dernier mois, se réconcilier avec le ■ Meilleur rooftop :
mouvement en découvrant Thomas Chis- la Langosteria aux cimes
holm, Franco-Américain sorti de la sai- de l’hôtel Cheval Blanc.
erson 12 pour mieux rebondir, rue de Paradis, 8, quai du Louvre (1 ).
dans ce qui fut l’ex-Bel Ordinaire revu et Tél. : 01 79 35 50 33.
corrigé en pop cantine. Et le minot-minet ■ Meilleure terrasse :
pas starlette à sortir une carte électrique, Forest au Musée d’Art Moderne
de Paris.
e11, avenue du Président-Wilson (16 ).
Tél. : 01 84 25 12 22.
■ Meilleur « foodpairing » :
les assiettes et cocktails du Magniv.
e37 bis, rue du Sentier (2 ).
Tél. : 01 40 26 14 94
■ Meilleur comptoir :
le Comptoir de la Traboule.
e1 bis, rue Augereau (7 ).
Tél. : 01 43 19 02 08.
■ Meilleur burger :
Blossom.
e26, rue de Chabrol (10 ).
Tél. : 07 67 07 00 68.
6 E. R.mercredi 15 décembre 2021
4 Figaro Scope
L'é vénement
1
etortilla, pan con tomate, calamares fritos (8 ). Tél. : 01 53 93 65 52. Tlj. Métro : Meilleures tapas mais aussi gambas carabinero et croquette Concorde.
bomba de Barceloneta.Amagat
Le plat à ne pas
CARTE : env. 35-50 €. laisser filer : À croire que Paris se regarde à nouveau dans
e23, villa Riberolle (20 ). le secreto de porc ibérique au BBQ et salsa la glace des grands cafés et autres brasseries
Tél. : 06 09 31 61 62. Tous les soirs sf verde. chics. L’automne en est plein - certains
lun. et mar., également le dim. (déj.). Le délice d’initié : l’adresse planquée réussis, d’autres snobs - et quitte à les
fréMétro : Alexandre-Dumas. dans sa cour. quenter, autant traverser la cour comme le
miroir de l’à nouveau éminent Hôtel de la
L’outsider : le levantin Dalia (93, rue Marine et de son Mimosa. Dans un de ces
eL ’un de ces repaires qui, cette année, autori- Montmartre, 2 ). décors à poser dans Vogue, Jean-François
saient que l’on traverse toute la ville pour se Piège, associé au Moma Group, prouve que
retrouver dans un de ces bouts du bout pari- la Méditerranée est bien soluble du côté de
Meilleure sien, la semelle sur cour et le bec face à une la Concorde (beignets de légumes crissants
quasi-planque. Derrière la porte, une éner- de légèreté, poulpe grillé au pois chiche) et, brasserie chic
gie de bistrot tapas que l’on aurait tôt fait de plus gonflé encore, que la rustique cuisson
Mimosaréduire à une « bobodega » avant que d’al- au feu de bois peut jouer les mondaines.
ler, venir et même revenir vers les « oh » et Ainsi cette braise fameuse à attendrir une
les « ah » (souvent les hauts, parfois quel- CARTE : env. 80 €. grosse boulette de viande, hachée épais,
ques bas) d’un sincère et ibère comptoir : À l’Hôtel de la Marine. 2, rue Royale cuite rosée, ravie de se fondre dans une
liaison tomate-burrata, épatante à faire
sauce.
Le plat à ne pas laisser filer :
boulette de viande, cœur de burrata, sauce AScoMadres tomate.
du23au31decembre2021 Le délice d’initié : les variations
autour de l’œuf mimosa à partager de
préférence.
L’outsider : le Relais Plaza version
Jean Imbert (au Plaza Athénée, 21, avenue
eMontaigne, 8 ).
Meilleur
« come-back »
Aux Lyonnais
FORMULE : 28 € (déj.).
CARTE : env. 50 €.
ed'après 32, rue Saint-Marc (2 ).
Les Belles-Sœurs supervision artistique Tél. : 01 42 96 65 04. Tlj sf dim. (dîn.),
deMichelTremblay ArianeMnouchkine lun. et mar. Métro : Grands-Boulevards.
livret, paroles et mise en scène direction musicale
ReneRichardCyr WladimirPinheiro
musique etMarcelloSader Depuis la Brazier, on savait la postérité des au Théâtre du SoleilDanielBelanger
accueilliparleThéâtredel’ÉpéedeBois mères lyonnaises et voilà que l’on découvre
Cartoucherie 75012 Pariswww.theatre-du-soleil.fr 01 43 74 24 08 le culot d’une môme, Marie-Victorine
Manoa, qui, du côté de ces Lyonnais, rare
bouchon de Paris, ne s’en laisse pas conter par le
patrimonial et chahute joliment le jésus, la À venir…
quenelle, la volaille au vinaigre, le baba
chartreuse et la tarte bressane. Tous là au
egarde-à-vous de la carte, prêts à en décou- Les adresses à ne pas manquer en ce de l’Altro (6 ) ; la table libanaise du
dre mais rafraîchis dans leur registre d’une début de nouvelle année. très inspiré Kamal Mouzawak (2, rue
eAvecLeFigaroBilletterie, calorie plus contemporaine, installant la de la Fontaine-au-Roi, 11 ).
croque de frais légumes mandolinés dans la ■ Elles viennent d’ouvrir : Il Risto-faiteslebonchoix!
salade de lentilles, des artichauts au verjus rante, la table italienne de Niko Ro- ■ Plus tard : le groupe Éclore de
stésur les oreilles de cochon grillé, cocos, épi- mito au flambant Hôtel Bulgari (30, phane Manigold (Contraste, substan-Profitez d’une réduction de
enards et reines-claudes avec le cochon avenue George-V, 8 ) ; l’arrivée d’Aki- ce, Granite…) dévoile une nouvelle -5% exclusivement réservée
d’Ardèche jusqu’au fenouil dans les bugnes. ra Back, chef américano-coréen pour maison à la succession du Loiseau aux abonnés du Figaro.
Autant vous dire que tout l’authentique un restaurant fusion à l’hôtel Prince Rive Gauche (5, rue de Bourgogne,
Choisissez votre place sur leSOYEZAUX e e1900 du décor se retrouve une belle saison. de Galles (33, avenue Georges-V, 8 ) ; 7 ). Thierry Costes inaugure
L’Avenplan et recevez votre e-billet
Le plat à ne pas laisser filer : le la relance de La Plage Parisienne par ture, restau club de la privilégiature
sur votre smartphone. Réservez
e esabodet au moût de vigne. les Costes (Port Javel-Haut, 15 ) et le (4, avenue Victor-Hugo, 16 ). Les Bis-PREMIÈRES l‘esprit tranquille, l’assurance
Le délice d’initié : les vins d’excep- surprenant Tékès par l’équipe du trots Pas Parisiens sur tous les fronts
annulation est incluse. Et offrez
etion à prix quasi coûtant. shabour (4 bis, rue Saint-Sauveur, 2 ). avec, entre autres, un restau dans
à vos proches la carte cadeau
l’ancienne gare de sèvres (92). Pascal
LeFigaroBilletterie!LOGES L’outsider : le Grand Véfour revu en ■ Entre janvier et février : coup Barbot et Christophe Rohat ouvrent
er ebrasserie chic (17, rue de Beaujolais, 1 ). double à Montaigne (8 ) pour Jean enfin leur Astrance déménagée en
Imbert qui révèle un restaurant chez lieu et place du Jamin (rue de
LongeDior au n° 30 de l’avenue et surtout champ, 16 ).
Meilleur « sa » table gastronomique au Plaza,
au n° 25. Le Terminus dont la premiè- ■ À suivre : qui et quoi à la succession « bientôt l’étoile »
re surprise sera d’être installé dans de Nicolas sale aux tables du Ritz,
e erAuberge une station de métro désaffectée (7 ) ; place Vendôme (1 ) ? Qui de
ManiRéservezsurbilletterie.lefigaro.fr le Braise, annexe grill par ceux du gold, Patou, Ducasse, Gourcuff… re-Nicolas Flamel
etpartéléphoneau0157085001 e eContraste (18, rue d’Anjou, 8 ), Greg prendra le mythique Laurent (8 ) ?
MENUS : 38 (déj.) et 70 €. Marchand (Frenchie) aux commandes E. R. mercredi 15 décembre 2021
Figaro Scope 5
L'é vénement
2 3 4
e e1. Le Mimosa (8 ). mes (5, place du Chancelier Adenauer, 16 ). La salle en poche, le décor sans autre pré-Meilleur bistrot2. Composition satinée agrumes tention que celle d’une ardoise aux murs
eau Plénitude (2 ). blancs, la cuisine réduite à accueillir les Parcelles PUBLI-INFORMATIONe3. Aux Lyonnais (2 ). Meilleure premiers pas plutôt que les cent pas mais, Spécialitése4. Assiette colorée du Chocho (10 ). CARTE : env. 20-35 €. dans cette province parigote du quartier
e cave à manger5. Café Compagnon (2 ).
e e13, rue Chapon (3 ). Tél. : 01 43 37 91 64. Trinité, le cœur large d’un jeune couple à la Paris16•LEMOUTONBLANC6 Grégory Garimbay, chef de l’Auberge Baca’v Tlj sf dim. Métro : Arts-et-Métiers. ville comme aux fourneaux, battant une e UnecuisinetraditionnellefrançaiseNicolas Flamel (3 ).
verve de bistrote, boutiquant leur charcu-AlexAndre T AbAsTe, richArd hAughTon,
MENUS : 37 et 59 €. terie maison (diablerie de saucisse, san-Aux lyonnAis, An Toine Mo TArd, nAThAlie
CARTE : env. 30-55 €. Bien au chaud dans son rétro, sémillante à guin boudin, languissant guanciale) et, MohAdjer/Mo MoMexicosTudio, sTéphAne riss
e6, rue des Fossés-Saint-Marcel (5 ). sautiller de petits pas en petits plats, celle-là dans la promiscuité des coude-à-coude,
Tél. : 01 47 07 91 25. Tlj sf sam. (déj.) et nous offre de ne plus avoir à coller du « no- touchant à faire si bon pour si peu cher. On
dim. Métro : Saint-Marcel. mique » à chaque fois que l’on croise aux l’a écrit, on le répète mais, aux midis des
quatre coins du bistrot. Ici, ni circonvolu- appétits, se retrouver soudain avec
l’ention de critique ni assiette plate à se présen- trée, le plat et le dessert à 24 € pour croquer
Les tombeurs de quilles, fétichistes du fla- ter au poil du pinceau, mais une saine vérité boulettes de cochon, maquereau sauce
con, buveurs d’étiquettes et autres défen- de recettes franches du col, directes, sincè- chimichurri et pavlova précieuse à glisser
seurs de la vigne vivante trouveront à res à faire corps sans non plus singer les son fruit sous modèle de meringue suisse, il
s’épancher comme à s’épanouir mais saluer fausses truculentes des nouvelles bedaines à y a là une politesse faite à l’époque comme
d’abord, soutenir surtout, Émile Cotte, un bretelles et autres bafferies gueuletones- aux appétits.
LeMoutonblanc,latraditionetlesparfumschef au moulin, jeune et large d’épaules, pas ques. Simplement ce juste milieu de popote Le plat à ne pas laisser filer : les
du terroir dans ce cadre historique oùdu genre à courir le festival et l’Instagram familiale et ménagère déposant un agneau croquettes tout cochon.
Molière et la Fontaine venaient pour lamais sincère à se coller aux fourneaux et à dans son joli jus, un pied de cochon saisi Le délice d’initié : les charcuteries
prouver que l’auberge reste soluble à la ville dans le croustillant d’une croquette gribi- maison (saucisse comprise). poésie. Retrouvez l’authenticité d’une
et qu’il n’y a pas loin d’une campagne aux chée et cette aile de raie heureuse à battre au cuisinebourgeoisefrançaiseetgénéreuse.
coulisses du Jardin des Plantes. Une vérité bon vent d’un vrai beurre noisette. L’outsider : le nouveau duo aux four- Laissez-vousséduireparlemenucarteà
au fond de la cocotte et la cocotte qui lâche Le plat à ne pas laisser filer : neaux du Bistrot Flaubert (10, rue Gustave- 37 € sans surprise (Apéritif, entrée, plat,
ela vapeur d’une cuisse de canard véloce, dernièrement, la tourte de viande. Flaubert, 17 ). fromage,dessert,½vinou½eauetcafé,
fondante, baignant dans un jus de civet cor- Le délice d’initié : le coin épicerie. toutestcompris)
sé et garniture grand-mère. Le genre de Ouverttouslesjoursde12hà15hMeilleur café plats où, aux grosses faims de novembre, L’outsider : Jean-Michel Breizh (7, rue etde19hà22h30
eon aura osé planter fourchettes, cou- Gros, 16 ). contemporain www.auberge-mouton-blanc.com
teaux, cuillère, mie de pain et, sans
40rued’Auteuil-0142880221Café Compagnonplus de gêne, le bout de ses doigts.
Meilleur serviceLe plat à ne pas laisser
fieParis15•CHEZMARIE-EDITHler : œuf de poule, cagouille au CARTE : env. 35-50 €.Taillevent
e Unevéritablecuisinesavoureuse,lard paysan, façon meurette. 22-26, rue Léopold-Bellan (2 ).
bourgeoiseetauthentique!Le délice d’initié : la carte MENUS : 90 (déj.), 190 et 245 €. Tél. : 09 77 09 62 24. Tlj. Métro :
Sende grignotages à l’apéro. CARTE : env. 200 € tier.
e15, rue Lamennais (8 ).
L’outsider : Bouche Paris Tél. : 01 44 95 15 01. Tlj sf sam., dim. et
(85, rue Jean-Pierre-Timbaud, lun. (déj.). Métro : George-V. Voiturier. Préposé depuis bientôt dix ans à remonter
e11 ). les bretelles de nos troquets de quartier en
leur donnant une ligne comme une cuisine,
Puisqu’on en est là du côté de la rue Lamen- Charles Compagnon fait quelques infidélités
Meilleure nais, on aurait pu déjà saluer comme se sa- à ses faubourgs (le Richer, le 52…) pour
intisfaire d’une institution qui ne s’en laisse vestir Montorgueil avec ce café éponyme, fusion
pas trop conter. La voici rafraîchie dans ses clair et large, ouvert tôt, couché tard. Qu’en
Perception boiseries, souriante à accueillir aux four- disait-on, côté cuisine, à l’ouverture,
mi5 6 neaux la bonne main de Giuliano Sperandio, novembre ? Eh bien qu’il y avait là « un chef UnbelairdefêteplanechezMarie-Edith
MENUS : 29, 35 (déj.), 40 et 59 € (dîn.). ancien second du Clarence, mais d’abord, passé par l’élite (Per Se à New York, Sketch à qui vous fait découvrir les produits du
eCARTE : env. 100 €. 53, rue Blanche (9 ). surtout, tant qu’à en être, saluer la jolie valse Londres), ingénieux de la recette et qui, sans
terroiraufildessaisons.C’estlemomente51, rue de Montmorency (3 ). Tél. : 01 40 35 78 32. Tlj sf sam. (déj.), d’un menu « gestes », épatant à concilier grimper sur les pointes, n’en balance pas
de partir à la chasse aux saveurs. LesTél. : 01 42 71 77 78. Tlj sf dim. et lun. dim. et lun. Métro : Blanche. comme à réconcilier la salle et la cuisine. moins neufs coups de main et twists
contemperdreauxrôtis,pigeonsaccompagnésdesMétro : Arts-et-Métiers. Une conjuration de repas à la française, où porains. Une salade ? Trévise excitée d’une
légumesdumomentetdeschampignons.l’une précède quand l’autre prolonge pois- crème haddock fumé et chips topinambour.
Place aussi aux incontournables : duoComme chaque année depuis une bonne son, volaille, train de bœuf dans le petit gé- Champignons ? En brochette, aux algues et
de foie gras maison à la figue et au painLongtemps prisonnière de sa façade (es- génération, les totos de la fusion n’y sont pas nie des guéridons, découpe et flambage. À oignons croustillants. Des pâtes ? Tagliolini
d’épices, rognons de veau, tête de veau,tampillée 1407), courbant l’échine de ses allés de main morte à s’emmêler les fuseaux l’heure où la gastronomie d’après n’en finit fraîches aux herbes, dans la jolie fièvre d’un
jouedeboeuf,risdeveau,croustillantdebelles pierres, portant son histoire comme et les fourneaux en croisant le crétin et l’im- pas de se chercher de neuves expériences, consommé de champignons et cébettes. Un
pied de porc, les poissons (daurade, bar,le vétéran bombe le torse de ses médailles, bécile. On taira les noms mais raison de cette tradition réplique, sans autre esprit de tartare ? De Saint-Jacques bien en mâche,
morue, saumon), les viandes (filet del’adresse fatiguait à ne pas trouver sens à ses plus, raison de mieux, pour suivre le talent revanche que celle du savoir-faire et du haut fruité à la purée de coing et vinaigrette
oranassiettes. Réveillée par Alan Geaam, il y a funambule d’un frais chef coréen judicieux goût lorsqu’il se fait spectaculaire. ge-vanille. Un faux-filet ? Normand de haute boeuf, carré d’agneau rôti au thym, souri
quelques saisons, elle se révèle vraiment à verser un peu du Matin-Calme à nos usa- Le plat à ne pas laisser filer : le maturation (60 jours) avec frites (de panisse) d’agneau, magret ou confit de canard) et
dans la pudeur d’une salle contemporaine ges cocardiers. Le plaider et s’en convaincre pigeon, racines, vin jaune et foie. et pleurotes pas mécontentes d’être marinées. pour terminer les oeufs à la neige façon
et le charme discret de la cuisine de Grégory avec cette subtilité de chou farci, solide re- Le délice d’initié : le flambage en salle Une tarte ? Au caramel coulant, traité façon Marie-Edith,lamarquiseauchocolatetle
Garimbay. Chef qui se plaît visiblement (et cette fouchtra soudain métissée, en voyage de la crêpe Suzette. toffee, riz au lait et siphon yaourt grec. » chaud froid de pommes au whisky. Dans
nous avec) à travailler la forte pièce sans ja- et joliment basculée vers les parfums kim- Après seconde visite, cette dernière semai- une ambiance feutrée et chaleureuse on
mais l’assigner au musée. Langoustines au chi, l’étoffe d’une farce tofu, épinards, L’outsider : Lucas Carton (9, place de la ne, pas une ligne n’a changé, tout y est en- y prend volontiers ses habitudes tant il y
event d’amarante, d’ortie et de caviar, ho- champignons shiitake et la tendresse d’un Madeleine, 8 ). core à beau niveau ! adel’authenticitéetdelagénérositédans
mard bleu en atour de blettes et chanterel- bouillon iodé dashi. Le plat à ne pas laisser filer : l’assietteetdansl’accueil.Dequoimettre
les, poularde culoiselle partageant son vo- Le plat à ne pas laisser filer : échine de cochon fermier, purée de raisin vos papilles en fêtes en cette période deMeilleure lume avec petit épeautre, pouce-pieds et chou farci tofu et épinards, shiitake et kim- au vadouvan.
Noël.Onvouslerecommandevivement!
raifort… La réconciliation de l’auberge et de chi, bouillon dashi. Le délice d’initié : un café torréfié par bonne surprise Menucarteà29€et32€
l’aujourd’hui. Le délice d’initié : le café du sud-co- la maison, dès 8 heures.
OuvertledimanchemidiCodaLe plat à ne pas laisser filer : le réen Yondong, élu meilleur torréfacteur du
etaussipendantlesfêtes!pithiviers colvert, foie gras, chou. monde en 2020. L’outsider : dans un esprit plus
monMétroCambronneouMotte-PiquetLe délice d’initié : les murs de la plus MENUS : 19, 24 (déj.) et 37 € (dîn.). dain, Madame Rêve Café (Hôtel Madame
e erancienne auberge de Paris. L’outsider : là encore, dans la veine 15, rue de la Tour-des-Dames (9 ). Rêve, cour Gutenberg, 1 ). 34rueduLaos-0145664460
franco-coréenne, Octave (23, rue Saint-Di- Tél. : 01 48 74 50 33. Tlj sf sam. et dim.
*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé
eL’outsider : le Bellefeuille, au Saint Ja- dier, 16 ). Métro : Trinité-d’Estiennes d’Orves.mercredi 15 décembre 2021
6 Figaro Scope
Le meilleur de la semaine culturelle
En haut
de l’affiche :
les coups
de cœur de
la rédaction
Malgré le port du masque
et les contraintes
sanitaires, l’automne
a été riche en (bonnes)
surprises. Expositions,
théâtre, musiques,
danse, opéra : 2
les critiques du « Figaro
d’étage ou son Enfant de chœur, exposés Scope » vous livrent expos en permanence. Les commissaires ont
donc veillé à sélectionner des toiles le meilleur de la saison, Grand bol d’air pur
moins vues. Ainsi celles de Céret, ve-à la Fondation Custodia
nues de Los Angeles, Princeton ou Lon-à voir pendant les fêtes.
À deux pas de l’Assemblée nationale, dres, peut-être les paysages les plus
c’est-à-dire en pleine ville, la Fonda- hallucinés parmi tous ceux produits
tion Custodia est un havre de paix et dans le Sud. Côté portraits, L’Homme au
Par la rédaction. Dossier coordonné de culture apprécié des esthètes. As- manteau vert (MoMA de New York) et
par Sophie de Santis sociée pour l’occasion à la National Le Vieillard (Musée Cal vet, Avignon), et
Gallery of Art de Washington, au côté natures mortes Le Bœuf écorché
Fitzwilliam de Cambridge ainsi qu’à un dans sa version conservée au Musée de
collectionneur privé, elle offre actuelle- Grenoble, s’imposent comme des
moment un grand bain de nature, réunis- numents de désespoir. À ces couleurs et
sant plus de 150 études exécutées sur le ces empâtements d’un Rembrandt
saumotif. Des huiles sur papier, majoritai- vage répondent la touche frénétique et
erement du XIX siècle. Avec, en contre- la palette dissonante et sale du maître
point, des fusains, craies ou crayons, des femmes grotesques, pas vues à Paris
e eparfois datant des XVI et XVII siècles depuis la magistrale rétrospective
orgaafin de rappeler l’ancienneté de cette nisée en 1984 au Centre Pompidou. En
tradition du travail hors de l’atelier. résulte un sabbat de peinture pure, une
L’extérieur, ce peut être la forêt pour de
véritables portraits de frondaisons, de
bosquets, d’arbres, de troncs, de
souches, d’écorces. Même la boîte de
peinture de Corot est là, sous vitrine, qui
semble oubliée dans une clairière au
pied d’un chevalet… Le motif, ce peut
être aussi les paysages aimés dont on
tient à retenir le charme. Rivages ou
cascades, où - parions-le - le peintre a
dû plonger. Rochers, cavernes, grottes,
attirent également spontanément l’œil,
fascinants au point de donner des
feuilles d’une précision et d’une finesse
remarquables. En levant la tête, voici le
ciel. Constable, avant Boudin, y
inventorie les nuages. En Italie, au-dessus des
toits ou des campagnes, il est d’un bleu
céruléen, découpant les formes au
scalpel. À Rome, les augustes ruines
sont saisies depuis quelque humble
sente, à fleur du Tibre ou, bien
évidemment, depuis le sommet du Janicule. À
Naples, le Vésuve crache ses fumerolles
tandis que la baie enchante le jeune
Deg as. Un peu de repos ? On se rêve à
l’ombre, sur une terrasse à Capri. Ou
bien on s’embrume au nord, sur la
Tamise, en Forêt-Noire, à Copenhague
ou sur les bords verdoyants de la
Moselle, chère à Théodore Rousseau.
Éric Bietry-Rivierre
■ Jusqu’au 3 avril à la Fondation
eCustodia (7 ). fondationcustodia.fr
Soutine/De Kooning :
le combat des chefs
Formes défigurées, expressions d’un
tourment brûlant, les œuvres du Juif
russe exilé à Montparnasse Chaïm Sou-banquet tine (1893-1943) et celles de son
admirateur néerlandais émigré à New York
Willem de Kooning (1904-1997)
s’électrisent sur les parois blanc neutre du exposition
Musée de l’Orangerie. Ici aucune rivalité
16novembre2021 car plutôt qu’une suite de « côte à côte »
le parcours est chronologique, structuré —7août2022
autour des moments charnières. On
commence donc d’abord avec beaucoup
de toiles de l’aîné et l’on termine princi-RÉSERVATIONCONSEILLÉE
M>PortedelaVillette Enpartenariatavec Aveclesoutiende palement avec celles du ca det. En ce qui
cite-sciences.fr
#ExpoBanquet concerne Soutine, le risque était de
décevoir les habitués du lieu qui
connaissent son Petit Pâtissier, son Garçon
1
DocLevinStudio/J.Triboul,L.Quetglas.PhotoV.Pêcheux mercredi 15 décembre 2021
Figaro Scope 7
Le meilleur de la semaine culturelle
3 4 5
1. Baron François Gérard, à la Fondation transe complète, un corps-à-corps avec noir et blanc, témoignant d’un œil à la a représenté magnifiquement l’Italie à la
Custodia. 2. Georg Baselitz, au Centre l’art et la matière. É. B.-R. fois personnel et universel. Un premier Biennale de Venise en 2007, a eu sa musiques
Pompidou. 3. Willem de Kooning, ■ Jusqu’au 10 janvier au Musée cheminement le mène, en 1981, au rétros pective au Centre Pompidou MAGENTAau Musée de l’Orangerie. 4. Chaïm Soutine, erde l’Orangerie (1 ). musee-orangerie.fr grand rassemblement de survivants de en 2004 et a exposé avec magie ses
au Centre Pompidou. 5. Le groupe la Shoah, à Jérusalem. Il les fera poser, sculptures monumentales au château de En définissant leur style de « musique
Magenta (ex-Fauves), à l’Olympia. Patrick Zachmann sans affectation, montrant leur bras ta- Versailles en 2013. La BnF invite à se qui pense et qui danse », les ex-Fauve se
6. L’Importance d’être constant, pièce au mahj toué. Puis, il s’attardera dans une com- rapprocher de la feuille, celle des forêts réinventent en Magenta. Au climax de d’Arnaud Denis au Théâtre Hébertot.
Qu’est-ce qu’être juif lorsque l’on n’est munauté loubavitch, sans doute parce et celle de l’artiste, de ses séries iconi- leur succès, en 2015, le groupe se met 7. Chers Parents, au Théâtre de Paris.
pas pratiquant ? Il a fallu vingt ans au qu’ils portent le judaïsme de manière ques (Rovesciare i propri occhi, 1970) et en pause au grand dam des fans. Pascal Faligot/Fondation custodia, François
photographe Patrick Zachmann pour visible. Une autre série, la plus aboutie de celles moins connues, aussi passion- En 2019, leur nouvelle identité en po-Bouchon/ le Figaro, the Willem de Kooning
tenter de répondre à cette question, lui pour ce journaliste de la prestigieuse nantes. V. D. che, ils reviennent avec Assez ? Un pre-Foundation / adagP, Paris 2021, a Kg-images,
qui a grandi dans une forme de silence agence Magnum, se porte sur un groupe centre Pom Pidou, mnam-cci, dist. rmn-grand ■ Jusqu’au 23 janvier à la BnF mier EP, plus électro et surtout plus
ePalais/Phili PPe migeat, gaBriel Boyer sur sa judéité. À partir de l’âge de de « vieux Ashkénazes », yiddisho- François-Mitterrand (13 ). bnf.fr chanté. Des accents French Touch - la
25 ans, Zachmann va partir à la quête de phones, qui se rassemblaient tous les
ses origines en observant les autres, jours au parc des Buttes-Chaumont, à
juifs orthodoxes, grossistes du Sentier, Paris, dans les années 1980. Témoins
jeunes sionistes, anciens déportés, ou d’un monde englouti, leurs portraits
encore derniers locuteurs de yiddish. Le portent désormais l’idée d’exil et de
fruit de son « enquête identitaire » est disparition – deux notions finalement
exposé au Musée d’art et d’histoire du très juives. claire bommelaer
judaïsme, sous la forme de 300 tirages ■ Jusqu’au 6 mars 2022.
Voyages de mémoire, au Mahj,
e71, rue du Temple (3 ).
Baselitz à Beaubourg
Georg Baselitz vous cueille, comme le
géant, dès l’entrée de sa rétrospective à
Beaubourg. La Main - la main de Dieu ,
une huile de 1964-1965, fait tenir
l’histoire de l’Allemagne dans sa main droite
d’artiste errant dans les bois : une
maison sinistrée, une pelle, un labour, que
survole un oiseau noir. Le fond est un
camaïeu très doux, comme l’aube aux
doigts de rose. C’est la force de ce
peintre vigoureux et intransigeant, né
HansGeorg Kern le 23 janvier 1938 à
Deutsch baselitz, future Allemagne de
l’Est, que d’allier les contraires et de
résumer d’un geste théâtral tout son
univers brisé par la guerre, le nazisme, la
faute, la bles sure. La série des
« Arbres », celle des « Héros » sont
d’une beauté déchirante qui suit
délicatement le chemin de ce solitaire devenu
la figure tutélaire de la peinture
alle6 mande, avec l’autre « Ossie », Gerhard
Richter. Portrait superbe d’un artiste
viril qui renverse le tableau en 1969 et, à
83 ans, fait descendre ses autoportraits
vers les ténèbres. Une rétrospective
didactique qui aligne les chefs-d’œuvre
en un cours magistral de peinture.
Valérie Duponchelle
■ Jusqu’au 7 mars 2022 au Centre
ePompidou (4 ). centrepompidou.fr
Giuseppe Penone
à la BnF
La BnF a une manière bien à elle de
montrer les artistes, avec le goût de
l’intellect et à fleur de peau. Avec Giuseppe
Penone, 74 ans, le benjamin de l’Arte
povera, les deux sont naturellement
réunis. L’artiste de Turin a réalisé
Pensieri e linfa (Sève et pensée), une
installation spectaculaire obtenue par le
frottage de feuilles de sureau sur le tronc
d’un mince acacia haut de 30 m. Un
texte poétique suit les pensées de
l’artiste et l’image effilée de l’arbre, comme
une tapisserie de Bayeux au cœur de la
nature. Célébré dans le monde entier,
de Documenta au Louvre Abu Dhabi,
7 lauréat du Praemium Imperiale, Penone mercredi 15 décembre 2021
8 Figaro Scope
Le meilleur de la semaine culturelle
1
meuse musique électronique qui a mar- voulu se mettre en danger pour mieux tée sans parasites par Arnaud Denis est tent un double (frère et ami) c’est-à- 1. Les Producteurs, pièce mise en scène
par Alexis Michalik, adaptée du film qué l’adolescence de la team de Quen- se retrouver. Pari plutôt réussi ! un bal de l’intelligence où les mots dire une excuse afin de pouvoir mener à
de Mel Brooks, au Théâtre de Paris.tin Postel - imprègnent un premier al- Amélie Com d’esprit du grand Oscar claquent à cha- bien leur libertinage. Algy est
amou2. Rhapsody par Frederick Ashton, ebum intitulé Long Feu - dans les bacs ■ Le 15 décembre à l’Olympia (9 ). que réplique. C’est une fantaisie satiri- reux de Cecily (Marie Coutance), Jack
soirée russe à l’Opéra de Paris.en 2020. Cette année, Magenta sort olympiahall.com que de la société victorienne, un im- est amoureux de Gwendoline (Delphine
3. La Vie parisienne d’Offenbach, Monogramme, un disque toujours aussi broglio échevelé où l’esprit de sérieux Depardieu), la fille de la pète-sec
dotransposée par Christian Lacroix,
éloigné des sons à texte sur fond de rock prend du plomb dans l’aile. L’auteur minatrice tante d’Algy, Lady Bracknell. au Théâtre des Champs-Élysées.
acoustique qui avait fait connaître le s’interroge sur les identités masculine Cette dernière ne manque pas de fan- 4. Alex Vizorek dans Ad Vitam, au Théâtre
collectif. Les musiciens le disent eux- théâ tre et féminine et ce n’est pas triste. Algy taisie et la performance d’Évelyne Buy- de l’Œuvre. alessandro Pinna, Yonathan
mêmes : ils ont trouvé tellement exci- (Olivier Si truk) et Jack (Arnaud Denis) le restera dans les mémoires. On sort de kellerman, Vincent P ontet, laura gilli« L’Importance d’être
tant d’aller fouiller dans un registre s’entendent comme larrons en foire. cette farce joyeuse avec un sacré senti-constant »
dans lequel ils n’étaient pas spécialis- Ces deux dandys n’ont qu’une idée en ment de joie. Wilde ? Toujours constant
tes. Pour continuer l’aventure humaine De L’Importance d’être Constant, « co- tête : mener comme bon leur semble d ans l’impo r tan ce. Anthony Palou
qui caractérisait Fauve, la petite bande a médie frivole pour gens sérieux » mon- une double vie. Pour cela, ils s’inven- ■ Jusqu’au 2 janvier au Théâtre
eHébertot (17 ).
theatrehebertot.com
« Chers Parents »
Dans le salon d’une maison qui est
celle de leurs parents, Jules (Rudy
Milstein), Louise (Élise Diamant) et Pierre
(Emmanuel Patron) poireautent. Ils ont
été priés de venir en urgence. Pour
quelle raison ? Ils ne savent qu’une
chose : les « vieux » doivent leur
annoncer une nouvelle de la plus haute
importance. Alors les enfants
s’attendent à tout et surtout au pire : sont-ils
gravement malades ? Auraient-ils
décidé d’abréger leurs souffrances, de se
faire euthanasier ? Lorsque les parents
arrivent enfin (Bernard Alane et
Frédérique Tirmont), ils déclarent à leur
couvée : « On va partir… » Jules, Louise
et Pierre se regardent, presque
résignés. Puis les parents finissent leur Du 11 Novembre au 8 Janvier phrase : « On va partir… au Cam -
bodge. » Pourquoi ? Pour y construire
un orphelinat. La pièce prend alors une
tout autre tournure lorsqu’on découvre
que leurs géniteurs ont décroché le
jackpot. Et cette famille qui sentait
jusqu’ici la lavande commence à se
décomposer. Cette pièce au voltage élevé
est servie par cinq acteurs irrépro -
chables. A. P.
Un groupe de juifs ashkénazes ■ Jusqu’au 27 février au Théâtre
e photographié par Patrick Zachmann de Paris (9 ). theatredeparis.com
au parc des Buttes-Chaumont, à Paris,
WWW.CAFEDELADANSE.COM WWW.THEATREONLINE.COM en 1983. Patrick Zachmann / magnum PhotosCAfédeladanse
9au14janvier2022 classique
« Christmas Karol »
Les concerts de Noël ne se limitent pas
obligatoirement aux églises et aux
chœurs d’enfants. La preuve avec cette
proposition aussi originale qu’imagi-LES
native de Karol Mossakowski.
L’interprète d’à peine 31 ans est l’un des plus
fervents ambassadeurs de la jeune
scèMISEENSCÈNE ne de l’orgue en France. Dans le cadre SEA BRIGITTEBUC de sa résidence à Radio France, il fait
dialoguer avec une poésie qui force
l’admiration les Noëls traditionnels et
autres musiques de Bach, Daquin,
Vierne ou bien Schumann avec des GIRLS
contes de circonstance, collectés ou
réinventés par l’auteur Pierre Senges ANTHOLOGIE
(qui signait justement cette année son
OUPRESQUE! premier livre jeunesse avec L’Histoire
du calife sauvé par une brindille), et lus
par le comédien Thomas Solivérès.
Thierry Hillériteau
■ Le 21 décembre à la Maison
ede la radio (16 ).
maisondelaradioetdelamusique.fr
CRÉATIONVISUELLE:CATGABILLON PHOTO:MARIEVOSGIAN-LICENCE2-1051102 mercredi 15 décembre 2021
Figaro Scope 9
Le meilleur de la semaine culturelle
2 3 4
« Car/men » l’humoriste libéré à ce jour des devoirs d’année, c’est bien celui-ci. Ne comptez tamment de son acte IV telle danse Les garçons des Chicos Mambos nous de la paternité. Autant de pollueurs en pas sur Christian Lacroix, qui signe avec qu’auraient pu la rêver Offenbach et ses
ont enchantés avec Tutu qu’ils ont dû moins. Aussi inspiré que Woody Allen et cette Vie Parisienne sa première mise en librettistes avant que la censure et les Ashton / Eyal / Nijinski
danser un millier de fois. Ils changent documenté qu’un professeur d’univer- scène, pour verser dans la transposition faiblesses de la troupe présidant à la
Les ingrédients de ce programme aux de registre et mettent leurs arabesques sité, Vizorek rappelle que le rire est le facile ou la diatribe contre ce que de- création de l’œuvre ne s’en mêlent…
allures de salade russe ? Du Rachmani- et leurs cambrés chez Carmen toujours propre de l’homme. n. s. vient notre capitale à l’aube des Jeux Ressuscitant au passage quelques
ennov pour une Rhapsody d’Ashton qui mis en scène par Philippe Lafeuille. A.B. ■ Jusqu’au 8 janvier au Théâtre olympiques. Sans une once de vulgarité, sembles délicieux comme un savoureux
egarde un goût de pudding anglais un ■ Jusqu’au 30 janvier au Théâtre Libre de l’Œuvre (9 ). Puis en tournée le collaborateur patenté de Denis Poda- trio militaire à l’acte III. Le tout porté
epeu écœurant, et deux autres pièces ve- (10 ). le-theatrelibre.fr jusqu’au 3 avril. theatredeloeuvre.fr lydès ou Éric Ruf insuffle bonne hu- par une jeune distribution qui
rassemnues du monde des ballets russes. meur, joie de vivre et couleurs à ce Paris ble, en alternance, le meilleur de la
F au ne s ici revu par Sharon Eyal et Le imaginé à partir d’un décor unique, et jeune scène francophone, de Jodie comédie opéra Sacre du printemps dans la reconstitu- dont l’inspiration puise tout aussi bien Devos à Marc Mauillon ou de Florie
Valition de l’œuvre de Nijinski opérée par dans la Belle Époque que dans l’imagi- quette à Flannan Obé. T. H.« La vie parisienne »musicaleDominique Brun. Elle remplace celle si- naire circassien. Côté musique, le Palaz- ■ Du 21 décembre au 9 janvier au
egnée par Millicent Hodson et Kenneth S’il est un spectacle capable de redon- zetto Bru Zane s’est évertué à restituer Théâtre des Champs-Élysées (8 ), Des « Producteurs »
Archer en 1987. En comparaison, elle ner des couleurs à la grisaille de cette fin une version de La Vie Parisienne et no- theatrechampselysees.frrevigorants
semble infiniment plus délicate que la
pièce donnée autrefois par ses prédé- Suite à une conversation avec Léo
cesseurs comme signée Nijinski. Maints Bloom (épatant Benoît Cauden vu dans
détails y affleurent. Ce qu’on gagne en Edmond), son nouveau partenaire
joliesse, on le perd en sauvagerie et en comptable de profession, le producteur
«Je veux ce spectacle généreux.performance. Le vrai événement de la Max Bialystock (Serge Postigo
prodisoirée, est la création de Faunes. Sharon gieux) en faillite a une idée lumineuse. Il Car c’est ce qui m’importe dans
Eyal place huit faunes sur la scène - de va tenter d’escroquer les assurances en
profil comme il se doit - et joue sur l’ef- montant le plus mauvais spectacle du mon travail : partager la danse
fet de frise, les petits pas, les épaules monde. Ce sera une histoire improbable
avec le plus grand nombre.»déjetées, les coups de sabot, les têtes baptisée Le Printemps de Hitler, écrite
déversées. Simon Le Borgne a un tran- par un ancien nazi, jouée et mise en Mourad Merzouki – France Culture
chant du geste qui épate. Chaque faune, scène par des bras cassés. Alexis
Michapétri de sensualité dans des tuniques lik (Le Porteur d’histoires, Edmond, Le
chair signées Maria-Grazia Chiuri, Cercle des illusionnistes, …) a adapté le
semble avoir partie liée avec l’obscurité. film de Mel Brooks, Les Producteurs
La musique de Debussy envoûte. L’en- (1968) que l’Américain avait lui-même
chantement est tel qu’on voudrait que transposé en 2001 à Broadway. Avec
cela dure toujours. Ariane Bavelier succès (il avait remporté 12 Tony
■ Jusqu’au 2 janvier au Palais Garnier Awards, dont celui du meilleur musi- MOURAD MERZOUKIe(9 ). operadeparis.fr cal). Portés par une distribution
épatante, les seize artistes jouent, chantent et IEdansent à l’unisson, accompagnés par CCN DE CRÉTEIL – C KÄFIGET AUSSI... sept musiciens, cette comédie musicale
est menée sur un rythme d’enfer par un Bollywood
orfèvre des planches. Comme aux Zéphyr Création 2021
La compagnie Navdhara India Dance États-Unis, bien entouré, Alexis
MichaTheatre arrive à Chaillot. Vingt-deux lik fait le show. Spectaculaire, « gai »
danseurs et deux chanteurs pour évo- (« GAI », précise l’un des
protagonisquer avec des paillettes, des couleurs et tes), vivifiant. Le musical de Mel Brooks
un charme maximum la fascination de était resté six ans à l’affiche. On lui
souces studios au cœur de la romance in- haite le même succès.
dienne. A.B. Nathalie Simon
■ Jusqu’au 25 décembre au Théâtre ■ Jusqu’au 27 février au Théâtre
e ede Chaillot (16 ). theatre-chaillot.fr de Paris (9 ). theatredeparis.com
humour
Alex Vizorek, « Ad vitam »
Æterman
Le chroniqueur de France Inter ne
manque pas d’air. Comment ? Consacrer un
spectacle à la mort en pleine pandémie,
cela relève de la folie ! Pourtant, il a bien
fait. Après Alex Vizorek est une œuvre
d’art, le trublion belge égrène avec une 20 23.12.2021finesse d’esprit inégalable tout ce qui
touche à l’au-delà et avant le trépas. Ci- 01 40 03 75 75 • lavillette.com
tant Baudelaire, Heidegger et Épicure,
Sophie Calle, Fourniret et Greta #MouradMerzouki
Th unberg. Chez lui, l’existence et
l’orgasme précèdent l’essence. Comme
chez sa fidèle metteuse en scène
Stéphanie Bataille. Faut-il vivre comme si
l’on ne devait jamais mourir ? Oui,
s’empresse de répondre Alex Vizorek.
Ce qui ne l’empêche pas de passer en
revue les urnes funéraires possibles.
D’évoquer la religion et la sexualité des
poissons. « Faut-il faire des enfants ou
5 être heureux toute sa vie ? », demande c
t
o
o
l
o
o
s
r
s
o
o
é
d
u
o
o
e
o
s
i
o
c
c
mercredi 15 décembre 2021
10 Figaro Scope
L'escapade
BELGIQUE
LUX. Noël nature
ALLEMAGNE
Rhodes
ÎLE- dans l’est GRANDEST
SarrebourgDEStrasbourgFR.
de la
Moselle
BOURGOGNEFRANCHE-COMTÉ
50 km
Les lodges nature du parc animalier de Sainte-Croix
offrent un havre de calme propice à découvrir la Moselle,
Par Philippe Bohlingerberceau des sapins géants et de l’art verrier.
Qand « made in France » en mousse de soja Le panorama sur ce hameau, un des plus de verre perpétuant le façonnage des
cembre, les jusqu’au bois brut des lits en mezzanine, beaux villages de France, est unique. Tout boules de Noël. Une création
contempoépaisses forêts de en passant par les œuvres originales de comme ses habitants très attachés à leur raine sort chaque année de leurs ateliers.
l’est de la Moselle l’artiste naturaliste Marcello Pettineo. patrimoine historique et naturel. Cette L’édition 2021 du délicat objet a été
baptilivrent aux grand- promenade est une des nombreuses ani- sée « Piaf », clin d’œil aux mésanges
asplaces urbaines Grand amureux de ce terr mations proposées pour Noël par le Pays sociées à sa conception !
nombre de leurs réserve de biosphère par de Sarrebourg (Tél. : 03 87 03 11 82).
sapins géants. Les l’Unesco, Pierre Singer a mis sur pied une PARC ANIMALIER DE SAINTE-CROIX.
premières boules randonnée nocturne à travers les sapins À 30 minutes en viture d Route de Sainte-Croix, 57810 Rhodes.
de Noël, en verre, géants de Saint-Quirin (Moselle), à ainte- , le site verrier de Mei- Tél. : 03 87 03 92 05. parcsaintecroix.com
seraient nées sur ce 30 minutes en voiture du parc. Les deux senthal (Moselle), au cœur des Vosges du
territoire à cheval sur kilomètres de balade contée à la lumière Nord, est incontournable en cette pério- Y ALLER : En voiture par l’A4, puis
les parcs naturels de de lanternes débutent au pied de l’église de. Une vague de béton dessinée par la D955 en direction de Château-Salins.
Lorraine et des Vosges identifiable entre mille à ses deux clochers l’agence d’architecte parisienne Freaks PRIX : de 300 à 450 € pour un séjour
du Nord. Dans ces vallons, dotés chacun de trois bulbes superposés. associée à la new-yorkaise So-Il, ouvre pour deux adultes comprenant la nuit
les maîtres verriers ont puisé On chemine ensuite vers la chapelle haute sur les bâtiments reconvertis en espace en lodge nature, le dîner (hors boissons),
le sable, le bois, mais aussi la avant de s’enfoncer dans l’épaisse forêt. culturel. On peut y admirer les souffleurs le petit déjeuner, l’accès au parc.
bruyère, les fougères et le grès
argileux indispensables à leur art.
ette symbse entre l’hmme et
n envir se ressent dès la
plaine, au parc animalier de
SainteCroix ; 120 hectares dévolus aux espèces
sauvages européennes et
nord-américaines. Fondé en 1980 par un couple
d’agriculteurs visionnaires, le parc accueille
350 000 curieux de nature par an. Leurs
fils, Laurent et Pierre Singer, y ont
aménagé des hébergements haut de gamme
dont 29 restent ouverts pendant la
période de fermeture. « Notre père disait que
l’humain devient “hors-sol”. L’ambition de
Sainte-Croix est de le reconnecter à la
nature », résume Pierre Singer.
’immersin est tale d ès
l’arrivée au p , à la nuit tombante.
Un buggy électrique conduit à l’hôtel
« très nature » aménagé dans l’esprit
d’une grange américaine. Le temps y
semble suspendu. À la lumière d’une
torche, la silhouette d’un coyote se dessine à
quelques encablures. On ne sait plus qui
guette qui, tant leur fief est étendu. « En
hiver, l’absence de feuillage aide à mieux
distinguer les animaux »,
commente-ton au parc. À l’intérieur de la grange aux
coyotes, la halle de 7 m de haut ponctuée
de lustres en bois de cerf invite à se
prélasser dans de moelleux fauteuils clubs ou
à s’engager dans une partie de billard.
Onze lofts (4 personnes) se distribuent
tout autour de cet espace convivial. Rien
n’est laissé au hasard, depuis les matelas
Paris dans l’œil de…
Grégoire Ichou
CHANTEUR lyrique sexe à Guillaume Apollinaire. Et
et conférencier émé- passer, entre autres merveilles,
derite, à 31 ans, Grégoire Ichou nous vant le Louvre et le Musée d’Orsay.
fait découvrir de grands lieux
historiques, en musique ! Il investit ❚ Ma cantine préférée
actuellement, de sa voix de ténor, le J’adore les bánh mì, les
sandThéâtre du Châtelet, qui a vu défiler wichs vietnamiens ! J’ai grandi
ebon nombre d’évènements culturels dans le 13 arrondissement et j’en
marquants depuis sa création mange depuis toujours. Mais, en
en 1862. Airs opératiques et chan- vérité, l’endroit où je préfère
mansons populaires viennent ponctuer ger à P aris… c’est chez mes
grandscette singulière balade. Napoléon, parents, quand ma grand-mère
Picasso et Saint-Saëns sont évo- nous fait un couscous.
qués. L’année prochaine, on
retrouvera Grégoire Ichou au Château de ❚ Mon coup de cœur
Maisons (Maisons-Laffitte) et au Je pense à la sublime salle
LaMusée d’art et d’histoire du Judaïs- brouste qui accueille la
bibliothèeme (3 ), à l’occasion d’un cycle que de l’INHA. Par ailleurs, j’ai un
proustien. attachement tout particulier pour
Visites chantées au Théâtre les musées, monuments et salles de
erdu Châtelet (1 ). Sessions concert où j’ai eu le bonheur de me
jusqu’au 27 avril 2022, 28 €. produire. En ce moment, le Châtelet
Réservation obligatoire. chatelet.com occupe mes pensées et ma voix. Un
lieu magnifique où j’ai le privilège,
❚ Ma balade idéale un peu vertigineux, de passer après
Une promenade à pied, au cours des artistes mythiques comme
de laquelle je n’ai pas besoin de re- N ijinski, Barbara ou Jessye Norman.
garder un plan. Probablement, les Salle Labrouste, bibliothèque lecolevancleefarpels.com
equais de Seine : entre la passerelle de l’INHA, 58, rue de Richelieu (2 ).
Simone de Beauvoir et le pont Mira- inha.fr
beau - de l’auteure du Deuxième CANNELLE ANGLADE

E
C
N
A
R
F
-
E
D
S
T
U
A
H
Guy Rebmeiste R/CiAV meisenthAl, m. bR iCARd et s. Zie GleR munCk/ P ARC AnimAlieR de sAinte-C Roix
RHODES
RHODES
ar
nnement
ix
clasé
ir
vient

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents