Marianne du 01-09-2020

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Date de parution 01 septembre 2020
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Numéro 1224Du 28août au 3septembre 2020 Rentrée scolaire toujours? ça,  Comment pas prêts
CHRISTOPHE GIRARD
CHARLIEHEBDO 5 ans aprèsLa victoire La chute posthumedubaronnoirdes frères Kouachide la culture NOS6 Plan de relance économique MESURESMacron traîne les pieds... CHOCSMarianne retrousse ses manches
Se dire que chaque matin pourrait être un jour de bonheur, d’équilibre, d’épanouissement, on se l’est tous dit. Et chaque matin, certains se lèvent et le vivent. Ils vivent le bonheur d’un département où avoir des idées est une seconde nature. Vous hésitez encore ? La vie dont on rêve est dans L’Orne.
Notre opinion
PROFESSEURS, POUR NOUS TOUS, RETROUVEZ VOTRE FIERTÉ ! PAR NATACHA POLONY a rentrée scoaîre, on ’a bîen comprîs, c’est ’enjeu une jeune îe quî eur demandent de se conormer à a rège du moment. Emmanue Macron décîde de décaer et de porter eur masque, ces autres quî cassent et pîent ’annonce du pan de reance parce que ’écono- systématîquement après un match de oot, gagné ou perdu, mîe, e chômage de masse, es dépôts de bîan, a ont passé des années sur es bancs de cette écoe répubî-pqéuudebéLysdncîtabrosd,detousîtîquesscîop,srîo.îsuvPosurucsoeetedcdate,esncherevaen,eocéeîrA.n!h,îSne,ça».dîtèteeurtnsaperoceéamtprîednsîohgpîoersnPeestetnsetmnéannu désîndustrîaîsatîon, ça peut attendre : es parents caîne. Comme es rères Kouachî, dont ’ombre panera sur d’éèves ont peur. La rentrée scoaîre est au cœur e procès quî s’ouvrîra e 2 septembre autour des attentats des préoccupatîons, maîs on a de pus en pus ’împressîon de janvîer 2015. Comme tous ces jeunes gens quî trouvent qu’après tout îs ont eu bîen raîson et qu’on « n’însute pas ce îeu où es enants se ont des copaîns pendant que eursOh, bien sûr, personne n’a la naïveté de croire que, par parents travaîent…magie,’écoe va éradîquer a vîoence, a connerîe et a rustratîon. Personne n’îmagîne que ’écoe peut tout, dans Il est bien entendu parfaitement légitime de s’arrêter surun océan d’abandon. Maîs, sau à consîdérer que tout ce quî le protocole sanitaire,de mettre ’înstîtutîon devant ses onde notre pacte poîtîque et socîa depuîs deux sîèces est à responsabîîtés et de poser queques questîons crucîaes, jeter aux ortîes, î devraît tout de même se trouver queques comme cee de savoîr quî sera îsoé esprîts dans ce pays pour penser que et testé, et seon quees modaîtés, en es umîères du savoîr sont une arme cas de découverte d’un cas de corona-SAUF À CONSIDÉRERpour combattre ’obscurantîsme, a vîrus dans un étabîssement scoaîre. haîne et es grandes peurs îrraîson-QUE TOUT CE QUI Maîs cea doît-î efacer totaement nées, et pour ofrîr à chacun es capa-e aît que certaîns enants, depuîsFONDE NOTRE PACTEcîtés, non seuement de matrîser ses e vendredî 13 mars, n’ont pas eu e pusîons, maîs aussî de décîder par POLITIQUE EST À moîndre contact avec ’écoe, et qu’î uî-même, sans dépendre de queque JETER AUX ORTIES, IL s’agît évîdemment de ceux pour quî gourou que ce soît. ee eût été îndîspensabe ? Les syn-DEVRAIT SE TROUVER dîcats enseîgnants, dans eur achar-la foi en ce pouvoir émanHélas, QUELQUES ESPRITS nement à détruîre tout ce quî pouvaîtcipateur de l’école tient de la pro persîster de a Igure du proesseurphétie autoréalisatrice :c’est parce comme pîîer du projet répubîcaîn,POUR PENSER QUE LESque es parents y croîent qu’îs maîn-ont soîgneusement tîré une bae dans tîennent eurs enants dans ’état d’es-LUMIÈRES DU SAVOIR e pîed du corps proessora en réca- prît quî eur permet de s’approprîer mant e report de a rentrée, commeSONT UNE ARME POURes savoîrs transmîs et de es aîre îs avaîent protesté contre a réouver- ructîIer. C’est parce que a natîon COMBATTRE LA HAINE. ture des écoes en juîn. Ou comment croît en ’écoe comme creuset que es expîquer à a natîon qu’îs ne sont pas îndîspensabes et cîtoyens, coectîvement, y trouvent e récît quî es rassembe qu’î est des împératîs pus grands que d’enseîgner à tous putôt que d’y chercher a reconnaîssance de eur dîférence. es enants ces savoîrs quî doîvent es rendre îbres. ï y a déjà ongtemps que a questîon de savoîr à quoî sert ’écoe donne îeu à toutes es réponses possîbes, sau cee Mais c’est bien tout le nœud du problème.pouvaîent uî donner es théorîcîens et ondateurs deque L’été que nous venons de passer, et quî a vu s’égrener es aîts dîvers atroces ’écoe répubîcaîne, de Condorcet à Jues Ferry, et jusqu’à Jean et es accès de vîoence gratuîte, nous conronte à un vertîge. Zay ou Pau Langevîn et Henrî Waon (e Conseî natîona de Ces gens quî massacrent un chaueur de bus ou rappent a Résîstance, quant à uî, voyaît en ’écoe a« possIbIlIté
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28 août au 3 septembre 2020/ Marianne /3
Notre opinion
efectIve, pour les enFants FrançaIs, de bénéicIer de l’Instruc-sî prompts à désavouer un proesseur ace à un petît cad ou tIon et d’accéder à la culture la plus développée, ain que lesà ses parents, sont es premîers à traîter ’écoe comme un FonctIons les plus hautes soIent réellement accessIbles à toussupermarché. Ee se nourrît, enIn, des résutats obtenus. ceux quI auront les capacItés requIses pour les exercer et queRappeons-e : proesseur n’est pas exactement un métîer soIt aInsI promue une élIte vérItable, non de naIssance, maIsdans eque on éabore un pan de carrîère. À part es poînts de mérIte, et constamment renouvelée par les apports popu-quî tombent à ’ancîenneté et permettent d’obtenîr un éta-laIres »). ï y a déjà ongtemps que es résutats de toutes es bîssement pus demandé par es autres, aucune progressîon. réormes împosées aux proesseurs – avec e consentement Seuement cee que ’on s’împose dans son enseîgnement, sîncère et masochîste de beaucoup – ont érodé a conIance dans sa pédagogîe. Aucune reconnaîssance, non pus, ou nécessaîre entre es cîtoyens et ’înstîtutîon. sî peu. Aors, a réussîte d’un proesseur, c’est a réussîte du système. C’est e maîntîen de a promesse répubîcaîne, Le confinement, et l’épreuve qu’il a constituée pour lesde a mérîtocratîe. Et à, avec ’écoe a pus înégaîtaîre des parents et les professeurs, a prouvé, si nécessaire,pays de ’OCDE, avec des résutats quî condamnent es pusqu’î y a chez ces dernîers a même proportîon de gens courageux et pauvres à eur destîn socîa, a France devraît être à temps dévoués – et a même proportîon d’încompétents et de panqués peîn sur a reconstructîon de son système éducatî. Une – que parmî e reste de a popuatîon. À cecî près que es dégâts honte. Une trahîson. occasîonnés par es încompétents sont un peu pus probéma-tîques que pour un manutentîonnaîre ou un empoyé de bureau.Les professeurs, qui vivent depuis trente ans la démoli Maîs, surtout, et c’est sans doute ce quî mîne nombre de proes-tion, pierre par pierre, de l’édifice à coups d’idéologies seurs, e dévouement ne suit pas. La réussîte de ’écoe en tantdélirantes,quî s’entendent accuser par es uns de déveopper que projet d’émancîpatîon par e savoîr et de renouveement des un « racîsme systémîque » ou de dîscrîmîner des jeunes gens éîtes sur a base du mérîte repose sur de nombreux acteurs. La îssus de ’îmmîgratîon, dont on a décîdé qu’îs ne devaîent ormatîon des enseîgnants, bîen sûr, et surtout pas s’întégrer et s’appro-a matrîse de eur métîer, de ses tech- prîer a cuture et a mémoîre du nîques, maîs aussî a certîtude, chezALORS QUE NOUSpays où îs vont vîvre, par es autres eux, du sens de eur mîssîon. Car, seue de pratîquer un éîtîsme coupabe, VOYONS COMBIEN LA cette certîtude eur donne ’autorîté de traumatîser es chers petîts dès CIVILISATION EST UNE nécessaîre ace à des enants arrîvant qu’îs eur demandent un efort ou désormaîs à ’écoe sans rîen quî es eur sîgnîIent qu’îs n’ont rîen aît et NOTION FRAGILE, NOUS prédîspose à devenîr des éèves. C’est de es endoctrîner à coups de grandes AVONS PLUS QUE cette certîtude quî eur permettra de œuvres surannées au îeu de es aîs-sanctîonner un éève quî transgresse ser « acteurs des apprentîssages », JAMAIS BESOIN D’UNE systématîquement es règes, car c’est sont des héros s’îs conservent encore ÉCOLE FONDÉE SUR dès cet âge que s’împose e respect de un sembant de vocatîon. ’autorîté ou qu’au contraîre s’înstae L’EXERCICE DE LA e sentîment d’împunîté (es voyousLa France paye aujourd’hui l’aban quî ravagent es Champs-Éysées etdon de son école. Ee e paye éco-RAISON. UNE URGENCE caîassent du lîc ont accumué depuîs nomîquement, ee quî ne peut pus des années ce méprîs de ’autorîté etSUPÉRIEURE AU RISQUEse prétendre une natîon d’îngénîeurs de ceux quî ’încarnent, et savent vîsî- et de technîcîens. Ee e paye poî-ZÉRO SANITAIRE. bement de que côté est a peur). C’est tîquement et cutureement, aors cette certîtude quî es era résîster aux que ’obscurantîsme, es haînes îden-contestatîons des anatîques en herbe et des compotîstes de tîtaîres et es pusîons vîoentes détruîsent peu à peu a bazar, ou de eurs parents, et eur permettra de rappeer qu’on communauté natîonae. Les proesseurs sont en premîère ne joue pas opînîon contre opînîon, car un savoîr n’est pas une îgne. Aors que nous voyons combîen a cîvîîsatîon est une opînîon, et qu’î exîste, au seîn d’une casse, une hîérarchîe entre notîon ragîe, nous avons pus que jamaîs besoîn d’une écoe ceux quî savent et ceux quî ne savent pas. ondée sur ’exercîce de a raîson. Et c’est une urgence pus ardente que a quête d’un rîsque zéro sanîtaîre. Proesseurs, Mais cette certitude se nourrit de la reconnaissance de lanous avons besoîn que vous retrouvîez cette Ierté d’œuvrer nation.Le saaîre de nos proesseurs, comparé à ceuî quî est pour a natîon, et en partîcuîer pour ses enants es pus pratîqué chez nos voîsîns européens, en dît ong sur notre ragîes. Nous avons besoîn que vous soyez persuadés que consîdératîon pour e savoîr. Cette certîtude se nourrît égae- chaque jour de transmîssîon des savoîrs est un jour essentîe ment du soutîen de ’înstîtutîon. Et es ches d’étabîssement, de progrès des Lumîères. nN.P.
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N°1224  DU 28 AOÛT AU 3 SEPTEMBRE 2020 Sommaire NOTRE OPINION par Natacha PolonyProfesseurs, pour nous tous, retrouvez votre fierté ! ÉvénementRentrée scolaire. Quadrature du cercle et pieds dans le tapisDepuis la réouverture des écoles en mai, la question du protocole sanitaire est débattue sans être vraiment résolue. Et si l’équation était tout simplement insoluble ?ParAnthony Cortes Comment ont fait les établissements berlinois ?Le 10 août, plus de 460 000 élèves ont fait leur rentrée dans la capitale allemande. Ambiance tendue.Par Léo BräuerPotier, à Berlin DesdécrocheursàraccrocherdurgenceEntre 6 et 10 % des élèves auraient disparu des radars.ParAnthony Cortes QuanddesmèressauventlamiseReportage à Quérigut, dans l’Ariège.ParCélia Cuordifede CE QUE MARIANNE EN PENSESus aux ÉtatsPar Mathias Thépot Actu PolitiquePlan de relance. Cette fois, ne pas la jouer petit bras !“Marianne” propose six mesures chocs pour passer des bonnes intentions à la réalité.Par la rédaction de “Marianne” Société“Charlie Hebdo”. 5 ans de capitulationAgora en 5 actesLe procès des attentats de janvier 2015 s’ouvrira 50Enquête?Qui sont les libertariens français le 2 septembre. En cinq ans, l’esprit Charlie s’est peu à peuPar Marion Messinadissipé…Par Étienne Girard, Louis Hausalter et Hadrien Mathoux 53LectureÀ quoi servent les maths ?Par Brice Perrier PolitiqueUniversités d’été. Tapis rouge et vert pour 57Ils ne pensent pas (forcément) comme nous les décoloniauxLe parti écologiste et La France insoumise ont  “Furia francese”Par Pierre Lellouche invité des têtes d’affiche de la mouvance racialiste à s’exprimer sur les sujets liés aux discriminations. Une illustration du recul 58ESPRIT LIBRE par Caroline FourestL’espoir Kamala Harris de l’universalisme à gauche.Par Hadrien Mathoux 58onDiÀLAVLOEÉ!praJcakVous reprendrez bien un peu de clivages ? PolitiqueChristophe Girard ou la chute du baron noir de la cultureEnquête.Par Étienne Girard et Laurent Valdiguié 59ISDLENrpaTANonoKyuGikcinpAAVÇXUEMEIChampionnat de division PolitiquePas de souveraineté européenne sans défense communePar Vincent Desportes 62L’actualité expliquée par l’histoireSolidarnosc ou le miracle de l’unitéPar Yves Daudu États-Unis: la seule chose“La critique de Trump qui unit les démocrates”Selon Didier Combeau, essayiste et spécialiste des États-Unis, l’hostilité unanime des démocrates à Découvrir l’encontre du président sortant risque de s’avérer insuffisante pour retourner les anciens électeurs de Trump.66CultureLittérature. Cap sur le récit d’aventurePropos recueillis par Sébastien GrobPar Stéphane Koechlin Kamala Harris. L’atout dame inoffensif de Joe Biden74CultCinéma. “Effacer l’historique”, la comédie ure Par Alain Léauthier glaçante sur la “France périphérique”Dans leur nouveau film,  Gustave Kerven et Benoît Delépine dressent le portrait de trois Mieux vaut en rire !  “derniers de cordée”. Rencontre.Propos recueillis par Olivier de Bruyn 76Quelle époque !TendanceOK zoomerPar Valérie Hénau Le dossier 79Un monde meilleur Métiers d’art. L’excellence en souffranceTout sauf une clé !Par Nicolas Carreau Pour les artisans d’art, le confinement est intervenu au pire 82La France de PéricoÎle des Embiez : un morceau moment. C’est à partir du printemps que s’enchaînent salons, de Provence qui baigne dans le bonheurPar Périco Légasse marchés et foires, essentiels à leur activité économique. Si l’État a réagi, les dispositifs d’aide paraissent dérisoires86CARTE BLANCHE à Périco Légasseface à l’ampleur des difficultés.Par Mikaël FaujourLes femmes et les enfants d’abord
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Événement
RENTRÉE SCOLAIRE QUADRATURE DUCERCLE ET PIEDS DANS LE
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e r e v î r e m e n t e n revîrement, c’est un vérîtable tango que dansent, depuîs plu-D sîeurs moîs, mînîs-tère et syndîcats d’enseîgnants et de parents d’élèves sur la questîon de l’élaboratîon du protocole sanîtaîre. Un tango, c’est grand, majestueux, puîssant… maîs beaucoup moîns quand on se marche sur les pîeds. Et
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c’est malheureusement ce spectacle que donnent à voîr les garants de notre école en ces temps de pan-démîe. Résultat des courses : plus de troîs moîs après la réouverture progressîve des établîssements, nous voîlà encore une oîs loîn d’être prêts à afronter cette ren-trée scolaîre sî partîculîère. Dans quelques jours, tous les élèves retrouveront les salles de classe sous l’égîde d’un protocole
sanîtaîre rédîgé le 9 juîllet, transmîs aux recteurs le 20 juîllet et rectîIé à la marge par voîe médîatîque et oicîelle dans le courant du moîs d’août. Dans ce document, publîé récemment par le mînîstère sur son sîte web, on retrouve un cer-taîn relâchement. Concrètement, la dîstancîatîon physîque n’est plus oblîgatoîre lorsqu’elle n’est « pas matérîellement possîble ou qu’elle ne permet pas d’accueîllîr la
Depuis le mois de mai, date de la réouverture des écoles TURE DUCRECLEprotocole sanitaire est débattue après plusieurs semaines de confinement, la question du sans être vraiment résolue. Et si ET PIEDS DANS LAPISET l’équation était tout simplement insoluble ? PAR ANTHONY CORTES et conIants à l’approche de cette échéance. Pourtant, en deux moîs d’été, le mînîstère de l’Éducatîon natîonale avaît tout le temps de préparer les condîtîons d’un retour îdéal. Pourquoî ne pas avoîr, comme dans certaînes communau-tés autonomes espagnoles, réquîsî-tîonné des locaux communaux et aît appel à des renorts pour dîvîser au maxîmum les efectîs ? Ce quî auraît eu le mérîte de dîmînuer le nombre d’élèves en contact et d’optîmîser les condîtîons d’études.
totalîté des élèves »,l’oblîgatîon de « lîmîter le brassage entre classes et groupes d’élèves »prend în, et l’accès aux jeux, bancs et espaces collectîs extérîeurs est autorîsé. Cependant, contraîrement à ce quî avaît été annoncé dans un premîer temps, les proesseurs, comme les enants de plus de 11 ans, auront l’oblîgatîon de porter un masque à l’întérîeur maîs pas à l’exté-rîeur. Autant de permîssîons et
RELÂCHEMENT La distanciation physique n’est plus obligatoire et l’obligation de “limiter le brassage entre classes et groupes d’élèves” prend fin. Des consignes qui suivent les préconisations du Haut Conseil de la santé publique édictées… le 7 juin.
de consîgnes quî répondent aux recommandatîons du Haut Conseîl de la santé publîque. Problème : celles-cî ont été aîtes dans un avîs rendu le7 juîllet. Et, depuîs, les autorîtés sanîtaîres ont constaté une accélératîon croîssante de la transmîssîon du Covîd-19, aîsant même redouter une« deuxîème vague »dans les semaînes à venîr. Dans ce contexte, dîicîle d’îma-gîner les parents d’élèves rassurés
Approximations ï l  a u t d î r e q u e J e a n - M î c h e l Blanquer noue une drôle de rela-tîon avec la questîon du protocole sanîtaîre. Depuîs que la réouver-ture des écoles a été annoncée, à la mî-avrîl, les approxîmatîons et les changements de dîrectîon à ce sujet s’enchanent… et donc les polémîques. Ravîvant de aît les înquîétudes des amîlles, notam-ment des plus ragîles, et l’agace-ment d’un personnel enseîgnant déjà îrrîté par le manque de recon-naîssance et éreînté par cette phase de classe vîrtuelle, dans laquelle beaucoup ont multîplîé leurs eforts à l’înInî. Une dérîve contre laquelle les syndîcats ne ont pas grand-chose d’autre qu’ajouter du désordre au désordre. Paroîs à raîson, comme le 13 avrîl au soîr, en dénonçant l’hypocrîsîe d’Emmanuel Macron justîIant la réouverture progressîve des établîssements par sa volonté de lutter contre la hausse des îné-galîtés.« Il ne faut pas précîpîter
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Événement
“SI CHACUN MÈNE SON PROTOCOLESANITAIRE ET ORGANISATIONNEL DANS SON COIN, CE N’EST PAS ENTENDABLE.”
le déconinement sous prétexte de vouloîr relancer l’économîe au plus vîte »,s’époumonaît alors, en retour, le Snuîpp-FSU, syndîcat des enseîgnants du premîer degré. Maîs d’autres oîs, on peîne à cerner la cohérence de leurs doléances. Au début de maî, c’est au tour d’un certaîn « manque de consîgnes » strîctes et précîses de la part du gouvernement d’être dénoncé.« La questîon n’est pas juste le gel ou le savon, îl va falloîr une doctrîne. Est-ce qu’on met des masques aux élèves ? Comment faît-on pour les élèves de maternelle ? Vont-îls rester à un mètre de dîs-tance les uns des autres ? »,s’înter-rogeaît alors Jean-Rémî Gîrard, présîdent du Snalc, syndîcat du secondaîre, au mîcro de Sud Radîo. Puîs, le pavé protocolaîre publîé, voîlà que le mînîstère est bîen trop dîrectî et que ses consîgnes sont bîen trop contraîgnantes. ïl allaît alors un« allégement »et aîre davantage conîance au terraîn. Tant pîs sî, chez le Snes-FSU par exemple, quelques jours aupara-vant, on décrîvaît le aît de« laîsser la souplesse au terraîn »comme « absurde ».« Sî chacun mène son protocole sanîtaîre et organîsa-tîonnel dans son coîn, ce n’est pas entendable »,aîsaît remarquer Sophîe Vénétîtay, sa secrétaîre générale adjoînte. Et la Fédératîon des conseîls de parents d’élèves (FCPE) d’ajouter son graîn de sel par la voîx de son coprésîdent, Rodrîgo Arenas :« Ce quî est sûr, c’est que le protocole actuel ne per-met pas d’accueîllîr tous les enfants, et nous, ce que nous réclamons, c’est qu’ îls puîssent tous être accueîllîs, parce qu’îls ont tous besoîn de se re-socîabîlîser. »Une déclaratîon quî aura le mérîte de nous apprendre au passage que le rôle de l’école n’est plus de aîre apprendre maîs de« socîabîlîser »(Inalement, nos
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SOPHIE VÉNÉTITAY, SNESFSU
SANS RÉPONSE “La question n’est pas le gel ou le savon, remarquait Jean-Rémi Girard, président du Snalc, en mai. Il va falloir une doctrine. Les élèves de maternelle vont-ils rester à un mètre de distance les uns des autres ?”
pîètres résultats en rançaîs et mathématîques s’explîquent). En cette In d’août, les mêmes quî repoussaîent autreoîs la pos-sîbîlîté de voîr des adaptatîons locales du protocole – avant de changer d’avîs – ont Inalement obtenu gaîn de cause.« Il y aura des adaptatîons des modalîtés de la rentrée avec des réunîons entre préfets, agences régîonales de santé
et recteurs dans chaque régîon »,a concédé le mînîstère. De aît quel motî d’însatîsactîon va dès lors émerger ? Va-t-on hurler contre une décentralîsatîon tardîve synonyme de réunîonîte aîgüe à venîr ? Presque… Pour évîter le burn-out, Guîslaîne Davîd, secré-taîre générale du Snuîpp-FSU, a demandé, au mîcro d’Europe 1 le mardî 18 août, de« décaler la ren-trée des élèves ». Et pour cause,« îl faut que l’on dîscute des condîtîons dans lesquelles certaînes écoles vont devoîr reprendre, car îl y a des endroîts où le vîrus cîrcule plus facîlement, et où îl faudra prendre des mesures un peu plus strîctes ». Après tout, une semaîne de plus ou de moîns en classe pour des enants déjà à la trane…
Désordre permanent La réponse du mînîstre, învîté du journal de France 2 le jeudî 20 août pour clarîIer une énîème oîs un protocole décîdément îllîsîble, a au moîns eu le mérîte de la ermeté : la rentrée est maîntenue à la date pré-vue« sauf exceptîon locale ». Reste à savoîr sous quelles condîtîons précîses. Car demeure la seule vérî-table questîon : en cas de décou-verte d’un cas, quelles seront les modalîtés de test et d’îsolement (quatorzaîne pour la amîlle ? pour la classe ? pour l’équîpe pédago-gîque ?) pour repérer rapîdement les cas contacts ? C’est là-dessus que devraît se concentrer l’înor-matîon des parents et des proes-seurs… maîs on attend toujours. Dans ce désordre permanent, ce sac de nœuds éternel, on seraît tenté de comprendre ce moment d’égarement, cette ulgurante ten-tatîon qu’a connue Jean-Mîchel Blanquer îl y a peu, luî quî, certaî-nement las, espéraît voîr le rema-nîement l’exIltrer de l’Éducatîon vers l’ïntérîeur. Pendant ce temps, l’école est à la peîne, aute de Igure capable de porter et de rappeler le rôle quî devraît être le sîen dans ces temps troublés. Passons. La cloche retentît, l’heure de la rentrée est venue. Dans la conusîon et la bonne humeur. Justine Roquelaure / Hans LucansA.C.
COMMENT ONT FAIT LES ÉTABLISSEMENTS BERLINOIS ? Le 10 août, plus de 460 000 élèves ont fait leur rentrée dans la capitale allemande. Ambiance tendue. PAR LÉO BRÄUERPOTIER, À BERLIN e ne savais pas vraiment à quoi m’attendre pour cette deJpuis dix ans, Gerold Hofmann année. »Aux commandes du lycée européen Schiller sait que cette rentrée des classes ne ressemble à aucune autre. Le proviseur fait le détail de son Musterhygienplan,le « plan type PORT DU MASQUE pour l’hygiène », concocté dès OBLIGATOIREcet été pour le grand retour des dans les couloirs et en élèves. On y trouve de tout, l’espa-classe le temps que cement entre les élèves, les sortiesles élèves se rendent à leur table. “Après, et entrées à sens unique, la marche on peut l’enlever. à suivre en cas de contamination, Et si on l’oublie, nos l’enseignement en ligne, le port du professeurs nous masque obligatoire dans les cou-le rappellent.” loirs et lorsque les élèves vont à leur table.« Après, on peut l’enlever. Et siKay Nietfeld / DPA via AFP on l’oublie, nos professeurs nous le rappellent »,décisions sont prises au cas parberlinois, 37 ont connu des cas de explique Danièle, une lycéenne de 17 ans. Le secrétariat coronavirus. Pour le moment, dans cas avec des tests réalisés sur des peut aussi en vendre, au cas où. la capitale, des classes entières ont classes entières et leurs professeurs. fermé mais encore aucun établisse- Même si le lycée Schiller ne déplore Un “grand test”ment n’a dû baisser durablement pas de contamination, l’arrivée du Une nouvelle heure de cours le rideau, contrairement à desCovid-19 semble de plus en plus commence. Les élèves enfilent collègeset lycées en Rhénanie. Les probable. Un lycée voisin a déjà leur masque avant d’entrer dans signalé une contamination chez me les cages d’escalier. En face des un élève. M Schwarz se veut opti-bâtiments, on trouve une classe“LE CORONAVIRUS ESTmiste.« Le coronavirus est aussi une en train de faire de la musique.chance pour nous, pour développer AUSSI UNE CHANCE POUR Les classes de sport et d’éducationl’enseignement en ligne »,veut croire musicale sont les seules à avoirNOUS, POUR DÉVELOPPERcette professeure de français et de lieu dehors. sciences politiques. La rentrée 2020 L’ENSEIGNEMENTÀ côté, le café Schiller. C’est est un vrai saut dans l’inconnu :« la cantine du lycée, tenue parEN LIGNE.”On ressent ça comme un grand test les parents d’élèves. Certains neMEque l’on fait avec nous. Et on verra M SCHWARZ, PROFESSEUREviennent plus par crainte de labien s’il y a de nouvelles infections DE FRANÇAIS ET DE SCIENCES contamination. Il faut dire que,dans les deux prochaines semaines », sur les 825établissements scolairesPOLITIQUES AU LYCÉE SCHILLERpointe l’enseignante. n
28 août au 3 septembre 2020/ Marianne /11