Nouvel Obs du 15-07-2021
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Date de parution 15 juillet 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 20 Mo

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Cahiernuméroundeléditionn° 2960du15au21 juillet2021 LES ÉLECTEURS PERDUS DU LE LONG COMBAT AFRPIQUE CFAO 3800 FL CFA,IALGÉRTIE 410IDA, ALQLEMAGNEU6,20 €,EANDORRE 5,50 €, BELGIQUE 5,30 €, CANADA 8,95 $CAN, DOM 5,30 €, ESPAGNE 5,50 €, GRANDEBRETAGNE 4,90 £, GRÈCE 5,50 €, ITÉALIE 5,5T0 €, LUAXEMBOTURG 5,50S €, MAROC 4U5 DH, PAYNSBASI5,60 €S, PORTUGAL CONT. 5,50 €, SUISSE 7,20 RASSEMBLEMENT NATIONALDES AMÉRINDIENS CHF, TOM 950 XPF, TUNISIE 7,50 DT
LA GRANDE ATTRACTION
Voyage dans le nouvel eldorado des Français
 CORENTIN FOHLEN M 02228- 2960 -F:4,90E 3:HIKMMC=]UY^UX:?c@j@q@k@a";
Fondateurs:JeanDaniel, ClaudePerdriel
67, avenue Pierre-Mendès-France, 75013 Paris TéléphoneStandard: 01.44.88.34.34
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STÉPHANE MANEL
L’ÉDITO Le paradoxe Dubaï ParLEMÉNAGER, GR ÉGOI R E directeur adjoint de la rédaction ’est la ville de tous les un modèle de démocratie. Et comme son records : la tour la plus développement miraculeux s’appuie sur haute du monde l’exploitation d’ouvriers venus d’Arique lapiscinCelaplusproonde(60mètres,soitJinping, c’est la rencontre d’un pouvoir (828 mètres), le centre et du sous-continent indien qu’on loge commercial le plus dans de sinistres casernes, il a tout pour vaste (1 200 boutiques chatouiller des consciences un peu sen-sur 800 000 mètres carrés), et désormais sibles. Dubaï, comme la Chine de Xi 14 millions de litres d’eau douce à autoritaire et du néolibéralisme le plus 30 degrés). Ce bassin démesuré ouvrira vorace. L’argent-roi, plutôt que l’écologie bientôtàDubaï.Lesamateursdeplongéeiordselledstuolp-uét,e.Lhommcuriasé sous-marinepourrontyvisiterlesaussestôt que la liberté. Et le capitalisme, dans ruines d’une ausse ville engloutie, où ils son infinie souplesse, s’accommode très aurontlebonheurdedécouvrirdeaussesbiendecegenredecadre, qu’ilaitlecom-carcasses de voitures et, toujours sous munisme ou l’islampour religion d’Etat. l’eau, de jouer au billard ou au baby-oot.Ilautpourtantseméfierdesjugements Onsupposequilsyjouerontpourdeaux,rapides. Ce décor kitschissime, répulsi sous le regard de cinquante-six vraies pour certains, attire aussi beaucoup de caméras de vidéosurveillance. Cet hallu- monde – et pas seulement des ches cinant Deep Dive Dubai, dont le prince mafieux. La population de ce petit port a héritierdelémirat,HamdaneBenétémultipliéepardouzeenquaranteans.Mohammed al-Maktoum, vient de aire Et les Français, les jeunes Français d’ori-la publicité sur les réseaux sociaux, est gineétrangèresurtout, n’échappentpasà bien à l’image du reste de sa cité-Etat : il cette ascination. Ils sont de plus en plus estdailleursintégrédansunestructureennombreuxàseruerversl’oretl’ordreque orme d’huître géante, de manière à rap- ait miroiter cette terre promise à coups peler l’époque laborieuse où les Emiratis d’avantages fiscaux, comme l’explique s’embêtaient à pêcher des perles dans lenotrearticle(voirp.28),etd’imagesbling-gole Persique pour gagner de quoi vivre. bling difusées sur Instagram par des La olie des grandeurs (et ici des proon- influenceurs issus de la télé-réalité. Le deurs) n’empêche pas d’avoir le sens des phénomène est si rappant qu’il méritait symboles authentiques.qu’onailleyvoirdeplusprès.C’estcequ’a Lesrecordssontparoisabsurdes.Avecait pour nous l’écrivain-voyageur Julien sesgratte-cieluturistespuissammentcli-Blanc-Gras(voir p. 18), auteur en 2017 matisés (il ait 40 degrés dehors, en cette d’un livre savoureux sur le Qatar (« Dans saison), ses pistes de ski en neige artifi-sédel,ïaliDbu.)AevtrVuaableuDi»,Aertcielle (dans le centre commercial Dubaï arencontrédescompatriotesheureuxde Mall)etsesusinesquiconsommenténor-vivre loin de leur patrie : parce que cer-mément d’énergie pour dessaler la mer tains y ont ortune, bien sûr, mais aussi (aute d’eau douce), Dubaï ressemble à parce qu’ils apprécient un pays où porter une aberration environnementale. Avec un nom à consonance arabe n’est pas un son régime héréditaire qui n’autorise ni handicap et où personne ne harcèle les les partis politiques, ni les syndicats, ni lasadsnlaur.eOnpenseracequvnotueellmendicité(maistolèrelaprostitution,àlade ce paradis artificiel où tout semble diférence du reste des Emirats arabes n’être que luxe, ordre et volupté. Mais les unis, ce qui lui a permis de s’imposersi,austnervilïabuDisoichtoninçqruasFai commeunecapitaledutourismesexuel), en creux, une photographie de la France cet Etat musulman n’est pas exactement et de ses ailles. Bon voyage.G. L.
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STÉPHANE MANEL
L E S
L A N I C H E F I S C A L E P R É F É R É E DESPATRONS Par S O P H I E FAY
STMicroelectronics,Saran,Ubisot,LOréal,Thales,Total, suivies par Orange, Servier, Michelin… Or Sanofi,malgréles110à130millionsd’eurosdecrédit d’impôttouchéschaqueannéependantdixans,taille dans ses efectis de recherche en France. Quant à Renault,premieràsepositionnersurl’électromobilité, il risque de se aire marginaliser par Volkswagen qui annonceseptoisplusd’investissementsdanslavoiture électriqued’icià2025.LeschercheursdeNeomanotentque l’équipementieraéronautiqueSaraninvestitmoinsquelebritan-niqueRolls-Royce,etque,toussecteursconondus,lesgrandsgroupes rançais sont loin d’être aussi audacieux que les américains, coréens, chinois, japonais, suisses ou taïwanais. Faceàces résultats mitigés, aut-il reconduireleCIRtel quel dans le projet de loi de finances pour 2022 qui sera discuté à l’automne ? A gauche,ilyalongtempsquelesdéputésdénoncentl’efetd’aubaineque représentelecréditd’impôtrecherchepourlestrèsgrandsgroupes–il a même servi à financer des programmes de trading de banques – et qu’ils plaident pour le réserver aux PME. Les économistes Xavier Jaravel et Philippe Aghion proposent de corriger un autre biais :« Le CIRfinancelesdépensesaupremiereuro,aulieud’encouragerl’augmen-tation des dépenses. »Il pourrait donc être réormé pour être plus inci-tati et plus ciblé. Car d’autres dépenses sont indispensables. Si l’onveut airedelaFranceunterritoirepropiceàlarechercheet à l’innovation, Xavier Jaravel – lauréat du prix 2021 du meilleur jeune économiste–estimequ’ilautmettreuncoupd’arrêtàlaréductiondes dépenses d’éducation par étudiant (-10 % en dix ans), dénoncée par Thomas Piketty comme par le libéral Institut Montaigne. Il aut aussi relancer les vocations des doctorants, dont le nombre recule. Autre priorité : investir pour arrêter la baisse alarmante duniveaudes élèves rançais en maths. Se pose enfin la question de la rémunération des proesseurs,enparticulierdesproesseursdemathsetdesciences,que l’Educationnationalepeineàrecruter.Alorstantpispourlanichefiscale préérée des patrons. Depuis qu’ils ont obtenu la baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % et celle des impôts de production (10mil-liards d’euros), elle se justifie beaucoup moins.S. F.
n France, lorsqu’une entreprise embaucheunchercheur,ellepeut obtenir chaque année du fisc un chèque équivalant à 30 % de sa pcLoeEsuttraditnerEluoselsrobmteevciuneepsarlupirtéséicer.nnovàivéessgrossenichecslaeudbduegAudelanss,isaormantreuxese7rpsiilramliçaanrt.isséddépense. C’est ce que l’on appelle le crédit d’impôt recherche (CIR). Ce dispositi a été créé en 2003 puis renorcé en 2008 ds d’euros par an de dépenses de recherche et développement (R&D) au titre du CIR. Sept milliards, c’est une ristourne de 10 % à 15 % sur l’impôt sur lessociétés, devenuequasipermanentepourlesgrandsgroupes. C’est, aussi,riendemoinsqueledispositileplusavantageuxaumondepoursoutenirlinnovation.Avecautantdesuperlatis,ondevraitêtreendroitd’attendredes résultats spectaculaires; c’est pourtant loind’êtrelecas. France Stratégie (ex-Commissariat au Plan), associé à l’Institut des Politiquespubliques et àl’écoledecommerceNeoma, vient depublier une évaluation exhaustive du CIR. Et orce est de constater que le dispositi déçoit.« Dans le classement mondial des grands groupes investisseurs, le poids de la R&D des groupes français a baissé d’un tiers entre 2005et 2019»,conclutlévalu,ettêresincaentenstL.noitairémAse laChine, partiedepresquerien, serapprochedeladeuxièmeplacedu podium, presqueaumêmeniveauqueleJapon–enortrecul–etdéjà devantlAllemagne.Autredéception:malgréleCIR,lesgrandsgroupesrançais investissent de plus enplus à l’étranger pour leur R&D. Quant auxactivitésderecherchedesmultinationalesétrangères,ellessedéve-loppentplutôtmoinsviteenFrancequedanslerestedumonde.Inquié-tant, alors que l’enjeu est bien connu : l’innovation d’aujourd’hui, c’est lacroissancededemainetnotreutureplacedansléconomiemondiale. Point positi : le CIR a bien dopé l’investissement en R&D des PME etdesETI(de150à5000salariés).Maisglobalement,ilprofitesurtout aux grands groupes, qui déposent moins de brevets par salarié que les petites entreprises innovantes. Selon les experts de Neoma, une douzaine d’entreprises concentrent 70 % du total des dépenses de recherche : Sanofi, Peugeot, Renault, Airbus, Valeo, Schneider,
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LES CHRONIQUES S U I S J E C O M M U N I S T E ?
Par DAV I D CAV I G L I O L I
endant la campagne des régionales, mon coin de rue a été inexplicablement ciblé par les militants de Lutte rétrpqmétraaauoiétavitstrsorrooeloktnnniuitcteaiqsPtrtoo.uep.mJlcnienLmeomiaamieénmdrecdiemex.hsurpOaeelMcpituldqpoileeuoene,atntoirrpaspdaeodrimucitmnûxatp.slpidldaLeeirenithnsro,tppuitsdoopleiteuuruebrlrseémelluladaoneunsneeouvrière. Ils étaient partout. A la sortie du cette invasion l’édifice capitaliste. « Que cette rue cède, et le reste s’eondrera », a dû dire un cadre du mouvement lors d’une réunion clandestine. Il y a un style Lutte ouvrière, que ma fille de 3 ans a immédiatement repéré. Elle a compris que les trotskistes du métro et les trotskistes du supermarché appartenaient à un même groupe. Peut-être à la domi-nante caca d’oie de leurs vêtements. Ou à leur manière de tenir le trottoir, prudente et obstinée, comme s’ils se savaient en ter-ritoire ennemi, à la merci d’une descente de la police politique. Ma fille a aussi remarqué que je me com-portais d’une manière particulière avec eux. J’ignore pourquoi, mais lorsque je croise des militants communistes, je me sens forcé de les traiter avec camaraderie, moi qui ai tout de la hyène sociale-démocrate. Je prends leurs tracts avec empressement, en leur indiquant d’un regard complice que je suis secrètement de leur côté. Je les encourage à poursuivre cette lutte que je ne mène pas. Peut-être par amour filial. Ma mère votait communiste. Elle n’était pas communiste. Elle votait communiste pour emmerder mon père, qui votait socialiste, alors qu’il n’était pas socialiste.Noussommesunefamillequia
toujours fait semblant d’être de gauche. Je perpétue la tradition. L’autre jour, ma fille et moi sortionsdusupermarché,lecabasplein de burrata bourgeoise et d’huile à la true consumériste. Les trotskistes étaient là. Ma fille, que je tenais au bras, m’a demandé qui étaient ces gens si particu-liers.« Des communistes »,ai-je répondu. « C’est quoi des communistes ? »J’ai dû réfléchir quelques instants avant de lui donner cette belle définition :« Des gens qui veulent que tout le monde ait la même chose. »Les petits enfants, les parents le savent, sont de droite. Sans doute parce qu’ils sont nés sous l’empire du capita-lisme, leur désir fondamental est d’avoir tout pour eux. Ma fille était consternée. Elle regardait sévèrement les tracteurs de LO. Je me suis gardé de lui dire que les communistes demandaient l’abolition de la propriété privée, mais elle est arrivée elle-même à cette conclusion puisqu’elle demande désormais, au square, si le petit Edgar qui veut lui chiper son râteau en plastique est un communiste. Ma fille craint l’arrivée des rouges comme un Américain des années 1960. Le soir, je dois la rassurer. Pour ma part, je ressens un trouble. Suis-je communiste ? « Des gens qui veulent que tout le monde ait la même chose »: au fond, je trouverais normal que nous ayons tous la même chose. J’avais été frappé de lire, je ne sais plus où, que Wittgenstein, pourtant un des hommes les plus riches d’Europe, avait dit que s’il s’intéressait à la politique il serait communiste. La vérité est que je trouve la plus petite inégalité de salaire ou de condition injustifiable. Je devrais rejoindre Lutte ouvrière. Mais je ne peux pas faire ça à ma fille. D. C.
STÉPHANE MANEL
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LES CHRONIQUES
L A F I N D E S “ O P E X ” ? Par P I E R R E H A S K I
omment l’hîs-toîre jugera-t-elle la décîsîon commeCl’homme quî a mîs un poînt final à la de Joe Bîden de confirmer, puîs d’ac-célérerleretraît destroupes amérîcaînes d’Afghanîstan ? Restera-t-îl plus longue et la plus coûteuse guerre de l’hîstoîre amérîcaîne ? Ou alors comme celuî quî aura abandonné les Afghans, et surtout les Afghanes, à la menace du joug talîban ? C’est toute l’ambîguté, et la cruauté, de cette sîtuatîon quî s’accélère sous nos yeux : d’un côté, onnepeut quesefélîcîterdevoîrs’ache-ver une înterventîon armée étrangère quî n’avaît que trop duré et s’étaît perdue en route ; de l’autre, on ne saît que trop ce que cela sîgnîfie pour les femmes afghanes et la socîété cîvîle quî a, malgré tout, vu le jour pendant ces vîngt années sous protectîon occîdentale. Joe Bîden aiche îcî une vîeîlle convîc-tîon : îl s’étaît opposé à la décîsîon de Barack Obama, dont îl étaît alors le vîce-présîdent, d’accroïtre sensîblement le contîngent amé-rîcaîn en Afghanîstan – la stratégîe du « surge »défendue par l’état-major en 2009. Il estîmaît alors, et consîdère toujours aujourd’huî, que le rôle de l’armée n’étaît pas de faîre du« nation building », de faîre émer-ger unEtat afghan, maîs sîmplement d’élîmî-ner Al-Qaîda après le 11-Septembre. Il avaît évîdemment raîson et, douze ans plus tard, les GI partent sur ce qu’îl faut bîen appeler une défaîte. Maîs quel est donc ce monde dans lequel onn’a le choîxqu’entre, d’uncôté, la barbarîe et, de l’autre, une înterventîon amérîcaîne quî, înévîtablement, est perçue au bout d’un moment comme une « occupatîon » et génère son propre rejet ? Les Natîons unîes avaîent été îmagînées pour ce genre de sîtua-tîon, et les casques bleus conçus pour assurer les transîtîons, stabîlîser une sîtuatîon pour permettre aux peuples d’exercer leur droît à
STÉPHANE MANEL
l’autodétermînatîon, vîs-à-vîs d’un ancîen colonîsateur ou de courants polîtîques usant de la force. Paralysées par les jeux de puîssance, les Natîons unîes ne sont, hélas!, plusenmesuredejouercerôledepuîs longtemps, et leurs casques bleus peuvent assurer un rôle tampon, lorsque les bellîgé-rants acceptent une solutîon polîtîque, maîs sont bîen încapables de s’înterposer lors-qu’une armée veut en découdre. Dîicîle de ne pas penser au Sahel, où une force împortante de casques bleus, la Mînusma, joue un rôle non néglîgeable de stabîlîsatîonmaîs n’a nî mandat nî réelle pos-sîbîlîté de s’opposer aux groupes djîhadîstes quî sèment la terreur. C’est ce que font les troupes françaîses, quî se heurtent aux mêmes dîicultés que les Amérîcaîns en Afghanîstan: l’eicacîté mîlîtaîre ne crée pas du« nation building »,et une longue înter-ventîonsuscîte du rejet, surtout s’agîssant de l’ancîennepuîssancecolonîale.Lesannonces, un peu en trompe-l’œîl, d’Emmanuel Macron, sur la fin de l’opératîon Barkhane, en sont l’îllustratîon. Afghanîstan, Malî… Et avant cela, Irak et Lîbye…Forceestdeconstaterquecetyped’în-terventîonsmîlîtaîresextérîeures,les«opex» danslejargondel’armée,afaîtsontempssous sa forme actuelle. On le savaît depuîs long-tempsdéjà,maîslafindulongchapîtreafghan vîent sans doute de sceller le sort de ce type d’înterventîons massîves, durables, censées transformer un pays. Cela ne rendra pas le monde plus stable ; d’autant qu’on assîste au même moment au retour d’armées merce-naîres, comme Wagner, ces combattants russes apparus en Lîbye ou en Centrafrîque, ou leurs équîvalents turcs, dont les comman-dîtaîres n’hésîtent pas à faîre de l’îngérence prédatrîce. Dans ce monde de rapports de force, sans volonté d’actîon collectîve, une page se tourne sans que la suîte ne s’annonce meîlleure:lesAfghans,etsurtoutlesAfghanes, rîsquent d’en payer le prîx fort.P. H.
 RAPHAEL BLOCH/SIPAFANATIC STUDIO / SCIENCE PHOTO LIBRARY/ AFPLOIC VENANCE/AFP
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