Tama
100 pages
Français

Tama'a du 16-06-2020

-

Informations

Publié par
Date de parution 16 juin 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 86 Mo

,
,
#13 juin 2020
LE MAGAZINE DES AMOUREUX DE LA POLYNÉSIE ET DE SA GASTRONOMIE
A Hawai’idossier
une appli pour cuisiner
les plantes sauvagesBIO
Réinventons
notre alimentation
Marché de Papeete
Votre cahierTu nous as tant manqué
“+”
- MANGER BIO
- ACHETER DURABLE
- RENCONTRER DES
GENS ÉPATANTS
- DÉGUSTER DES
LES ESCAPADES DE TAMA’A ! VINS ÉTONNANTS
500 FCFP
aux Marquises, Hereiti et sa cuisine vegetale
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LE MAGAZINE DES AMOUREUX DE LA POLYNÉSIE ET DE SA GASTRONOMIE
#13
tama’a! 05 juin / tiunu guide bio 2020tama’a! MISE EN BOUCHE
Du marketing
le bio ?
l’accompagnement des structures et
la masse de travail que nécessite la
conversion des exploitations
traditionnelles. Sous peine de rester une
agriculture de niche.
De même, les aides fnancières à la
conversion, qui sont essentielles,
sontelles assez généreuses ? Assez longues,
La période troublée du covid-19 a eu ses avantages,
notamnon pas pour inciter à la conversion, ni même accompagner
ment celui d’enterrer sous l’urgence sanitaire de piquants
la transition, mais pour rendre l’exploitation agricole bio
rapports, parfois gênant pour l’exécutif.
viable, sur le plan fnancier, sur celui de la production et
C’est le cas de celui de trois sénateurs français de la
Comdu niveau de vie de ses exploitants ? Car le bio est parfois
mission des fnances, qui l’ont rendu le 7 février, alors que les
soumis à des turbulences violentes (sanitaires, climatiques
regards étaient déjà tournés vers la pandémie qui se proflait
notamment). Or, si l’on souhaite soutenir le bio, ce n’est pas
dans l’horizon chinois.
juste en croquant dans de juteux fruits non traités
chimiqueDe quoi parlait ce rapport ? « Du désengagement de l’Etat,
ment, mais en s’assurant que leurs producteurs aient de quoi
malgré une communication ofensive » en matière d’agriculture
vivre.
bio. Dans ses 300 pages, les sénateurs Vincent Eblé, Alain
En métropole, les dysfonctionnements ont été dénoncés par
Houpert et Yannick Botrel n’y vont pas de main morte :
les sénateurs : « erreurs de calcul du montant des aides,
modif“ budget insufsant, État défaillant, structures dépassées,
cation des montants en cours de conversion, retards de paiement
institut technique en faillite, coûts de production élevés ”…
sur plusieurs années… ». Même l’Institut technique de
l’agriLe ministre de l’agriculture Stéphane Travers, dans son plan
culture biologique (ITAB) a été placé en redressement
judi« Ambitions bio 2022 », annonçait en grande pompe en
ciaire en juillet 2019, faute de moyens pour assurer son
2018 qu’on verrait ce qu’on allait voir : 15% des surfaces
fonctionnement !
agricoles bios, 20% d’aliments bios servis en restauration
Avec la crise qui vient, les réductions budgétaires ne
mancollective… Si l’on ateint respectivement 8% et 3%, ce sera
queront pas de toucher les services et les moyens du
Terridéjà un miracle.
toire, tous secteurs confondus. Le bio risque de pâtir de la
En Polynésie, la progression du bio a la vitesse du tupa qui
situation et rester une agriculture marginalisée. Car s’il faut
sort de son trou. Ce n’est pas la faute des organismes, ni
produire plus et plus vite en Polynésie française, afn
d’ateinde celle des acteurs, qui aimeraient bien que leur modèle
dre une capacité d’autoconsommation, tout le monde sait
agricole durable se répande.
que cet objectif est plus dur à ateindre avec une agriculture
Mais il faudrait pour cela plus que des vœux pieux, plus
durable.
qu’un intérêt certain. Car cultiver en bio n’est pas une
agriDur paradoxe, au moment où T ahiti, à la merci des échanges
culture facile, même si les débouchés des produits sont
commerciaux internationaux dont elle ne domine aucun
assurés et que l’engouement du consommateur est la
récomparamètre, a compris qu’elle devait franchement,
profondépense des eforts menés.
ment, modifer ses modes de consommation. Autrement dit
En efet, les fermes bio sont plus fragiles que les exploitations
se doter des moyens pour y parvenir.
traditionnelles, qui traitent chimiquement pour empêcher
ou stopper la propagation de maladies.
Tāmā'a maita'i et très bonne lecture,
Pour qu’elles deviennent pérennes, ces fermes ont besoin
de soutien technique. L’embauche d’un ingénieur bio et
Patrick Seurot
d’un technicien bio à la DAG l’année dernière sont un bon
point. Mais il en faudrait 10 pour assurer les formations,
03
tama’a!tama’a! AU MENU DE CE NUMERO
08-11
ACTUALITÉS
Tāmā’a ! a épluché l’actualité locale
et internationale, souvent
surprenante, à propos des produits de
notre consommation.
Pas triste !
12-21
SHOPPING INTELLIGENT
Vous cherchez à consommer
made in fenua, bio ou durable ?
Ces pages sont réalisées pour vous.
100% disponible à Tahiti
ou dans nos archipels.
22-27
NOUVEL ESPACE VINS
Après Millésime Punaauia au
centre Lotus, voici le tour de
Millésime Vaima de faire peau neuve.
Nouvel agencement, nouveaux
espaces, plus de conseils : vous êtes
entre de bonnes mains !
28-37
RENCONTRES
Qu’il soit agriculteur à Mataiea (Kevin),
ou l’un des plus grands
pâtissiers de France (Maxence), tous
deux ont de l’amour à revendre pour
leur métier. Nous les avons rencontrés
à Tahiti avant le confinement.
38-43
MODE DE VIE
Elle s’appelle Sunny Savage.
Sa passion pour les plantes sauvages
endémiques ou invasives l’a poussée
à imaginer une appli communautaire où
les plantes sont localisées et des recettes
proposées à tous. Irrésistible !
4
tama’a
!tama’a! SUITE DES INGREDIENTS DE CE NUMERO
44-51
MARCHÉ DE PAPEETE
Il a fermé par obligation au moment
du confinement. D’un coup, le
poumon de la ville ne respira plus. Et l’on
se rendit alors compte ô combien il
nous manquait, ce marché aux mille
couleurs et parfums.
Tama’a ! n°13 52-59MAGAZINE bimestriel
TIRGE : numérique et papier CONFINÉS?DATE DE PARUTION : 02/06/2020
DÉPÔT LÉGAL : à parution Mais alors qu’est-ce qu’on
SOCIÉTÉ ÉDITRICE : SMILE mange… Tāmā’a ! a cuisiné
Sàrl au capital de 1 000 000 XPF
produits locaux ou non
transSIÈGE SOCIAL : Princesse Heiata, Pirae,
formés, faciles à faire et équili-Polynésie française
brés, toujours gourmands !ADRESSE POSTALE : BP 4099
98713 Papeete - Tahiti
DIRECTEUR DE PUBLICATION
ET RÉDACTEUR EN CHEF : Patrick Seurot 60-79
tél. 87 28 37 (01)
CONCEPTION GRPHIQUE : DOSSIER BIO
Delphine Seurot (02)
MONTAGE : Co&DesigN Moorea Comment se porte le bio au fenua ?
SITE INTERNET: agence-smile.com Quels défis relever dès aujourd’hui
SITE INTERNET du magazine : pour manger sain, éthique, bon
tamaa-mag.com
et local au fenua ? Suivez les pistes
COMMERCIALISATION :
de l’enquête de Tāmā’a !Patrick (Agence SMILE) au 87 28 37 01
Vanessa (agence TYCHE) au 87 70 85 98
E-MAIL DE L’AGENCE : pour tous vos courriers, 80-85demandes, souhaits, réactions…
contact@tamaa-mag.com CAFÉ LOCAL…
ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO Passionné par le café et
TEXTES : Delphine Barrais, Patrick Seurot, le chocolat, c’est dans son
Alix Baer
atelier de Tipaerui que
SHOPPINGS BIO, ASIE, MADE IN FENUA, SUSTAINABLE
Laurent a lancé Tahiti Coffee.vous produisez ou vendez des produits ?
Une rencontre stimulante !Contactez Delphine Barrais au 87 31 12 09
PHOTOS : Delphine Barrais, Lorelei Quirin,
Hereiti Seaman, Alix Baer, Patrick Seurot
#FenuaTousAuResto 94-98
Tama’a! soutient les restaurateurs du fenua LIRE ET CUISINER
dans le déf qu’ils ont à relever, de maintenir leur
Hereiti est Marquisienne et
activité en cete période troublée. Avec le hashtag
elle vient de faire paraître aux#FenuaT ousAuResto, apportez votre soutien à la
éditions Au Vent des Îles unprofession qui nous régale midis et soirs, ainsi qu’à
tous les producteurs du fenua et tous les importa- ouvrage magnifique sur sa
teurs qui assurent l’approvisionnement des “cuisine végétale”. A table !
bonnes tables de T ahiti et des archipels.
6
tama’a
!tama’a! actus
Suite à notre article sur le sucre dans Tama’a Le sucre dans tout cela ? C’est le héros d’une
12, un lecteur nous demande si l’on peut être nouvelle étude, qui a porté sur les rats (CNRS
« addict » au sucre. Il convient tout d’abord de Bordeaux). Le constat  ? Que les rats se
de déf nir ce que l’on entend par addiction : met aient à préférer le sucre à la cocaïne
le besoin impérieux d’une substance, dont on quand ils avaient le choix ! Pourquoi ? Parce
souhaite fortement arrêter la consommation, que le sucre active, comme d’autres drogues,
mais sans y arriver. Les addictions reconnues le circuit neuronal dopaminergique dit de la
par l’OMS sont l’alcool, le tabac, les drogues, récompense.  «  Pas seulement par le plaisir
les tranquillisants. gustatif procuré, qui est immédiat, mais dans un
second temps : une forte prise de sucre mobilise
L’addiction est plus forte que la dépendance, les glucorécepteurs, qui activent eux-mêmes
qui consiste à ne pas pouvoir se passer d’une les neurones dopaminergiques  »,  détaille le e
substance (comme le café par exemple), sans Pr Ahmed, du CNRS Bordeaux.
pour autant que cet e substance relève de la
toxicomanie, qui est la consommation (ou Bien sûr, l’étude n’a porté que sur des rats et et
l’usage) répétée de substances créant une l’on ignore encore si l’on aime le sucre ou le e
addiction et pouvant conduire directement goût sucré. L’on ne sait pas non plus si l’on se e
ou indirectement à la mort : héroïne, ice, crack, met rait à chercher des produits sucrés s’ils ls
alcool… n’étaient pas en vente libre, comme le fumeur ur
peut faire des kilomètres pour trouver saa
Jusqu’à présent, l’addiction à la nourriture ou au pipet e à cancer… Toujours est-il qu’en raison n
sucre ne fait pas partie des désordres reconnus de l’état sanitaire dramatique d’une partie de e
par les instantes psychiatriques internationales. la population, touchée par le diabète, l’obésitéé
et les maladies cardio-vasculaires, on ne ser ra
pas fâchés quand, sur la RDO ou dans nos os
districts, les af ches 4x3 vantant les sodas as
seront enf n interdites.
08
Le sucre, une addiction ?
tama’aLa Covid-19 et l’agueusie…
Nutri-score : les industriels
se convertissent enfin !
tama’a! actus
Venus de toute l’Europe, de nombre nombreuxx
signalements émis par des
otorhinolarrhinolaryygnggoologistes (ORL) faisaient état de per pertee de goût de gog ût
(agueusie) et d’odorat (anosmie ie) chez des) chez des
patients infectés par le SAR SARSS--CCooVV-2. -2.
Une étude portant sur 12  hhôpitôpitaux
répartis dans 4  pays européens (Belgique,
France, Espagne, Italie) et 417 
personnes ont montré que 88  % ont souffert
de troubles du goût, 85,6  % de troubles de
l’odorat.
Il semblerait que les populations asiatiques
n’aient pas ressenti ces symptômes, ce qui fait
penser, sous toutes réserves d’études
complémentaires, que le virus ait muté en Europe.
Dans certains cas, les troubles du goût et de
l’odorat se manifestent avant les autres
symptômes. C’est un signal qui doit conduire ceux
qui en sont at eints à rester vigilants.
2,5 : à calories égales absorbées, la digestion d’un gros
petitdéjeuner fait brûler 2,5 fois plus de calories qu’un gros dîner, selon le
Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. Nos grands-parents
et les grands-parents de leurs grands-parents le savaient déjà depuis
des siècles : petit-déjeuner de roi, déjeuner de bourgeois, dîner de
mendiant.
CONCLUSION :
si vous souh ouhaitezez m ma aigrir, mmangangeez bien le mz bien le mat atin, peu le soir !in, peu le soir !
Alvalle, Lay’s, Bénénuts, même Pepsico (mais
progressivement), puis Doritos, Lipton,
Tropical, ont annoncé qu’ils appliqueraient
l’étiquetage Nutri-Score sur les emballages de
leurs produits. Kellogg’s avait déjà conf rmé
cet e intention en début d’année 2020. Nestlé
avait cédé. Reste à convertir Mondelez, Mars
et, bien sûr, Coca Cola, ces 3 marques faisant
partir des 6 plus puissantes multinationales solutions pour le législateur, sinon celle de se
de l’agroalimentaire. Concernant Coca Cola, reposer sur nous, consommateurs, qui avons le
dont les mensonges ont été dénoncés dans choix de délaisser tout produit ne se rangeant
Tama’a 12, nous vous tiendrons informé de pas du côté de la transparence. Nous n’avons
leur accord, puis de la manière dont ils liront le pas f ni d’entendre parler de cet étiquetage qui
Nutri-Score… Quant à Ferrero, (à l’heure où va dénoncer les produits mauvais pour la santé,
nous écrivons, 20 mai 2020) il s’arqueboute et en l’occurrence ici, celle de vos enfants et ados
continue de s’opposer au Nutri-Score. Peu de principalement.
09
Le chiffre du bon goût
tama’aTomates : attention
aux semences importées
Parution La goutte…
de trop !
tama’a! actus s
La Dépêche de Tahiti sahiti s’’en esen e t fait l’écho d’avoir ses propres plants à la maison. (…)
dans son édition du 26 mai : l’association il revient à chacun de créer son propre
Moorea fa’a’apapu e ti’u e ti’a ai, not, n amment en fa’a’apu », a expliqué Romilda Tahiata, l’une
la personne de lla personne de l’agricicuultlteur Tevvairoa Matohi, des productrices. Les 1400 semis ont trouvé
a ora organiganisésé une diune disstrtribibution gution gr ratuite de semis, preneur en un record de temps.
Rassurezdans le district de Haapiti, au PK 31. Cet e vous, d’autres distributions aussi généreuses
opération a vu la distribution à de nombreux et formatrices auront lieu désormais tous les
amateurs de potagers de plants de concombres, 15 jours en juin et juillet.
tomates, aubergines, herbes aromatiques.
«  Plutôt que d’of rir des fruits et légumes, Moorea-faapu-e-tia-ai
[donnons] l’opportunité à la popula ulattion ion
La gout e est une maladie douloureuse en évidence les aliments à évs aliments à éviter er quand on quand on
causée par un excès d’acide urique dans le sang souf re de ce m maall, les aliments à consommer , les aliments à consommer
et qui nécessite une prévention continue. Cet e avec modération, aligne des menus pour toute
maladie touche environ 1% des personnes la journée et, atout de l’ouvrage, permet aussi
en France métropolitaine, une proportion de ne rien gaspiller des aliments achetés en
légèrement inférieure à celle de la Polynésie apprenant « à cuisiner les restes ».
française. Ralph Maamaatuaiahutapu ou Ralph Un livre parfaitement adapté aux temps qui
M. comme il se présente dans le livre, en est courent et à of rir à toute personne autour de
une victime héréditaire. Af n d’éviter les crises vous que vous voyez se dandiner de douleur en
de gout e, Ralph a décidé de prendre les choses raison de la gout e.
en main par une hygiène alimentaire et un
mode de vie adéquats. Petit à petit, il rassemble En savoir plus sur sa dif usion et son tarif de
des recet es faciles à réaliser, bon marché, vente sur :
excellentes pour la santé de tous… mais en ht ps://www.regime-anti-gout e.fr/
plus, adaptées à ceux qui souf rent de la gout e.
Ce livre compile, sur 318 pages, 136 recet es de Retrouvez sur tahitimagazines.com et
ce régime anti-gout e : des menus sélectionnés, sur sante-tahiti.com une présentation
adaptés et non contraignants. Pratique, il met plus complète de l’ouvrage.
C’est de saison, encore un virus  ! Celui-ci porte l’af reux nom de m de
ToBRFV, pour Tomato brown rugose fruit virus (rugose brune de la de la
tomate). Il a été identif é en métropole en mars dernier, mais la cr criise se
du coronavirus a étou é sf a présence et sa menace. Car le bougree es t
dangereux  : tomates, piments, poivrons, aucun n’y échappe. D’ D’où
la nécessité de le repérer rapidement  : taches nécrotiques sur les r les
pédoncules, calices et pédoncules f oraux ; jaunissement et marbrururees s
sur les feuilles ; décolorations et taches brunes ou jaunes sur les fruits,
résultant d’une maturation irrégulière. Il faut donc avoir l’œil non non
seulement sur les serres, mais aussi sur les potagers des jardiniers ers
amateurs. En Polynésie aussi ? Bien sûr, car 80 % des semences es
échangées dans le monde proviennent d’Asie (Inde, Vietnam, ,
Chine, T aïlande, Inde), d’Israël et de Turquie, mais aussi d’Europe
(Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne, Italie). Tous ces pays ont été
contaminés par le ToBRFV. Menace supplémentaire, quoique de
risque plus faible : que le virus soit directement importé sur des s
fruits et légumes contaminés.
10
Belle initiative
tama’a