Telerama du 08-09-2021
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Date de parution 08 septembre 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 23 Mo

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M 02773 - 3739 - F: F: 3,303,30E
3’:HIKMRH=XUXXU\:?n@h@d@t@a";
MERCREDI 8 SEPTEMBRE 2021
HEBDOMADAIREFR 3,30€
BEL, LUX 3,90€DOM 5,50€
CH 5,70 CHFMAR 43 MAD
CPPAP Nº 0621C80864
Nº 3739
DU 11 AU 17 SEPTEMBRE 2021
DE CALL ME
BY YOUR NAME
À DUNE
T IMOTHÉE
CHALAMET
LE VISAGE
D’UNE GÉNÉRATION
codes 8000
L’invité
Metteur en scène aguerri, il n’aime rien tant que stimuler
les imaginaires, plaçant la musique au cœur de son
travail. Pour le directeur du TNP de Villeurbanne, l’art
doit garder sa part de mystère.
Jean
Bellorini
Propos recueillis par Fabienne Pascaud En janvier 2020, à peine débarqué au Que représente encore pour vous « le théâtre populaire » ?
Photo Léa Crespi pour Télérama Théâtre national populaire de Villeur- Et que représente aujourd’hui « le peuple » ? Est-ce une
banne pour y succéder à Christian réelle entité ? Je préfère entendre par « populaire » ce qui
Schiaretti, Jean Bellorini, 39 ans, doit rassemble et peut parler à tous… Par-delà l’idée d’un
fermer pour cause de pandémie le prestigieux théâtre dont théâtre « national » ou « populaire », m’importe celle d’une
il devait à l’automne célébrer le centenaire. Et voilà encore assemblée composée de gens diférents, et qui partagent
que de mars à fn juin 2021, travailleurs et intermittents du soudain une expérience les uns avec les autres. Plus le
puspectacle occupent le TNP — coût 130 000 euros — en reven- blic sera divers, plus elle sera riche : on est souvent plus
diquant l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage. bouleversé encore de voir qu’un spectateur inconnu, à
côArrivée musclée pour un artiste à l’apparence fragile et ti- té de soi, partage sa propre émotion… Et attention au terme
mide, presque adolescente. Qu’on ne s’y trompe pas ! Du 9 « populaire » ! On va au théâtre pour entendre des histoires,
au 26 septembre, créations, rencontres, expositions fête- mais des histoires qu’on ne comprend pas toujours, qui
ront bel et bien la fondation, en 1920, par le metteur en gardent une part d’énigme. Et c’est cela qui est beau, émeut,
scène Firmin Gémier (1869-1933) du premier Théâtre natio- soulève, emporte… Voilà pourquoi, avec le même sigle, je
nal populaire (TNP), niché dans le palais du Trocadéro, à préférerais un « Théâtre national poétique » — c’est-à-dire
Paris. Sigle ambitieux dont héritera Jean Vilar (1912-1971) en un théâtre d’art qui ne soit pas immédiatement
compré1951, y ajoutant la volonté d’un « théâtre de service public, hensible, qui échappe au souci de plaire comme à la
rentacomme l’eau, le gaz et l’électricité ». En 1972, c’est le metteur bilité fnancière. Dans le mystère qui se produit sur scène
en scène Roger Planchon (1931-2009) qui obtient cette glo- chaque spectateur peut se reconnaître. Ce théâtre d’art est
rieuse appellation pour son Théâtre de la Cité de Villeur- essentiel au TNP, comme l’avait compris Roger Planchon.
banne, rayonnant magnifquement sur le territoire et la dé -
centralisation. Que va faire leur jeune successeur de cette vous vous sentez plus proche de lui que de Jean v ilar ?
noble histoire ? Amoureux des acteurs et des textes — d’Hu- Si je revendique une fliation, il s’agit plutôt de celle d’Ariane
go (Tempête sous un crâne, 2010) à Novarina (Le Jeu des Mnouchkine et du Théâtre du Soleil. Elle est d’ailleurs la
preombres, 2020), de Rabelais (Paroles gelées, 2012) à Proust (Un mière, en 2003, à avoir accueilli mon travail à la
Cartoucheinstant, 2018) —, Jean Bellorini ft merveille au Théâtre Gé - rie et ses spectacles sont aujourd’hui pour moi ceux qui
férard-Philipe de Saint-Denis de 2013 à 2019 en y travaillant dèrent le plus le public… Vilar est de ceux qui inventent et
avec les amateurs comme avec d’autres artistes. Il entre installent après guerre la démocratisation culturelle, ont
dans sa nouvelle maison plein de désirs, de doutes et de mo- une mission pédagogique, rendent les œuvres accessibles à
destie aussi. Ce qui est assez rare pour être salué. tous, en changeant par exemple les horaires de spectacle ou ☞
4 Télérama 3739 08 / 09 / 211981 2013
Naissance à Paris. Directeur
2001 du Théâtre
Fonde sa Gérard-Philipe
compagnie, de Saint-Denis.
Air de lune. 2014
2003 Récompensé
Crée La Mouette aux Molières pour
au Théâtre Paroles gelées
du Soleil d’Ariane et La Bonne Âme
Mnouchkine. du Se-Tchouan.
2020
Directeur du TNP
de Villeurbanne.
5L’invité Le metteur en scène Jean BeLL orini
☞ en baissant les tarifs. Et Planchon, lui, se bat dès 1968 pour Comment l’avez-vous apprise ?
que l’artiste reste un créateur à part entière, libre de son art, Quand j’étais enfant, mes parents, médecins, ne m’ont pas
sans qu’on lui impose jamais une mission sociale. Or au- emmené au théâtre mais mis au piano. Du côté paternel, ma
jourd’hui encore, l’injonction est forte pour que nous deve- famille italienne est arrivée en France dans les années 1960.
nions les médecins ou les penseurs du monde. C’est contre- Mon grand-père dirigeait la branche française d’Olivetti et
productif. L’art ne touchera les gens — et Dieu sait que je mon père tenait à ce que mon frère jumeau et moi parlions
pense à eux quand je monte un spectacle ! — que s’il reste sa langue, nous avons même appris à écrire en italien. Du
cômystérieux, inutile. Alors oui, tout en souhaitant être un té de ma mère, l’éducation était plus bourgeoise et ma
grandtrait d’union entre Vilar et Planchon, je revendique plutôt mère pianiste a commencé à nous former, mon frère et moi…
un théâtre d’art et de recherche comme l’a pratiqué ce
dernier, qui invitait au TNP les créateurs européens les plus in- Que fait votre jumeau ?
ventifs et perturbants et a osé s’associer à Patrice Chéreau Thomas a étudié la musicologie et fait le Conservatoire de
dès 1972. Il faut imaginer, rêver, être esthétiquement exi- musique, quand je me formais au théâtre. Nous avons
travailgeant si l’on veut rassembler et entraîner le public à plonger lé ensemble entre 15 et 25 ans, notamment sur un spectacle
au cœur d’un inconnu qui le fera se retrouver. autour d’Édith Piaf. Puis Thomas est passé à la mise en scène.
Le problème entre jumeaux, c’est que chacun se sent
souComment se retrouver ? vent propriétaire de ce que l’autre fait, même si le parcours
Il y a une part poétique en chacun de nous, et cette part et les qualités qu’ils développent sont forcément diférents.
est universelle. Qu’on s’émerveille devant un coucher de Bientôt est née une certaine confusion entre nous, et la
difsoleil ou qu’on ait l’impression de reconnaître quelque culté de créer ensemble. Mais je serais heureux de
retravailchose de déjà vécu… J’aimerais composer des spectacles ler un jour avec lui car c’est un excellent musicien…
qui soient ainsi de véritables caisses de résonance, fassent
entendre au spectateur ce qu’il porte déjà en lui, le ré- Comment est venu le coup de cœur pour le théâtre ?
vèlent. Voilà pourquoi j’utilise la musique sur scène et En sixième, en jouant à l’atelier théâtre du collège, j’ai
soumême pendant les répétitions. dain éprouvé quelque chose d’indicible. Je me suis senti
exister absolument. Les camarades me regardaient alors que je
C’est-à-dire ? ne faisais rien. Avais-je du charisme ? Peu importait. J’ai eu la
Je dirige à partir du piano le début du travail. La musique sensation de devenir enfn l’auteur de ce que j’étais
profonque j’ai choisie me permet de suggérer à l’acteur l’environ- dément et même de manière obscure. Ce sentiment de totale
nement de son personnage sans l’expliciter avec des mots, réappropriation de soi, seul le théâtre le permet. Je n’ai plus
et casser son imaginaire. De quel droit connaîtrais-je mieux cessé de vouloir le vivre et le faire vivre.
que lui celui qu’il doit incarner ? Je ne fais pas de psycholo -
gie, je fais juste entendre avec mes notes le battement du Pourquoi ?
cœur, du corps du personnage tels que je les imagine. La Devenir l’auteur de soi-même, ne serait-ce que brièvement,
mise en scène, c’est le rythme. Ensuite, nous apprenons permet de ressentir ce que signife être artisan de sa propre
tous un chant commun, qu’on chantera avant chaque répé- existence. Être libre. Et égal de tous et de toutes sur la scène.
tition et chaque représentation : à l’image de la barre au sol La pratique du théâtre est ainsi un acte politique. Le
parades danseurs… Pour La Bonne Âme du Se-Tchouan, de doxe — en est-ce un ? — est que cette expérience de parfaite
Brecht, en 2013, j’avais choisi un extrait du Requiem de Mo- autonomie se fait à travers les mots d’un autre… Pour revivre
zart. Pour Un instant, d’après Proust, en 2018, Avec le temps, ces moments, j’ai monté des spectacles dans des
associade Ferré. J’ai fait aussi chanter en allemand et en russe les tions durant mon adolescence, jusqu’à la terminale. Je
répéacteurs quand j’ai mis en scène Le Suicidé, d’Erdman, au tais chaque jour jusqu’à 22 heures, puis je rentrais préparer
Berliner Ensemble en 2016, et Kroum, de Levin, à Saint- mon bac scientifque jusqu’à 3 heures du matin. C’est là que
Pétersbourg en 2017 ; alors que je ne parlais ni allemand ni je me suis conditionné à dormir peu. Mais je ne suis pas allé
russe… Mais la troupe apprend ainsi à respirer ensemble. à la fac de médecine où j’étais inscrit, j’ai intégré le cours de
Sur le plateau, pendant la représentation, j’utilise la mu- Claude Mathieu, qui adaptait ses méthodes d’enseignement
sique aussi. Comme Ariane Mnouchkine, je pense qu’elle en fonction des élèves. J’étais pourtant mal à l’aise comme
est ce qui soulève en même temps le cœur et des acteurs, et acteur, c’était mettre les autres en scène qui déjà
m’intéresdes spectateurs. Ce qui les fédère… sait. Hélas à mon époque il existait peu de formations pour ça.
Pourquoi est-elle si essentielle ? Comment mettez-vous en scène ?
Je suis un intuitif, pas un intello. Pas assez cultivé pour trans- J’ai pour maître Peter Brook et son concept de « l’espace
mettre au public quelque chose d’intellectuel. J’ai un grand vide ». Pour qu’il y ait théâtre, il suft selon lui que quelqu’un
complexe en ce domaine, jusqu’à me sentir illégitime. Pour- traverse un espace vide pendant qu’un autre l’observe… De
tant les textes m’importent avant tout. Mais je ne suis que quoi ouvrir un champ infni de possibles, et laisser l’acteur
leur courroie de transmission… J’ai beaucoup enseigné à libre, autonome. En plaçant simplement l’être humain au
l’école de théâtre de Claude Mathieu, qui m’a lui-même for - centre de tout et dans un dépouillement qui concentre la vie
mé autrefois. J’adorais ça, tant les élèves m’apportaient. Au- de manière plus intense. J’aime au théâtre ce qu’on ne voit
jourd’hui, j’ai parfois l’impression de ne plus savoir quoi pas, ce qu’on ne comprend pas : les débordements verbaux
transmettre. Alors la musique m’évite des discours dont je d’un Valère Novarina, des litanies inutiles chez Victor Hugo…
me sens incapable. Elle réveille le texte et oblige les comé- Ainsi l’imagination peut devenir reine. Je me sens au service
diens à faire sonner les mots, chanter la langue. de la mise en marche de l’imaginaire. ☞
6 Télérama 3739 08 / 09 / 21L’invité Le metteur en scène Jean BeLL orini
Comment faites-vous ?
Comme un chef d’orchestre. Le travail est d’abord musical, « L ’aventure du Théâtre éphémère
je l’ai dit ; puis collectif, on se parle. Je ne commence à de - au TGP de Saint-Denis m’a
venir directif que lorsque je règle les lumières… J’aime ce
travail manuel qui me met en contact direct avec les techni- ancré dans la réalité ; on est trop
ciens du théâtre. J’en ai besoin ; revenir à l’artisanat du coupé du monde dans notre
théâtre me sauve de mes inquiétudes. Je m’y suis formé sur
le tas. Pour moi, c’est comme peindre. Avec une infnie li- microcosme artistique. »
berté. Je m’y mets à un certain moment des répétitions,
quand je le sens nécessaire. Et je n’ai à en rendre compte à
personne. Pas même aux acteurs… C’est quoi, ce théâtre éphémère ?
Au TGP de Saint-Denis, il fallait renouveler la pratique
amavous dites que les textes vous importent avant tout… teur, s’intéresser à la génération pour laquelle l’art peut
réSi j’ai adoré travailler Hugo, Rabelais, Brecht, Proust ou No- pondre à sa vocation : élever des êtres humains vers
l’inconvarina, la troupe reste l’auteur… Certes je m’appuie sur nu. L’idée était de monter chaque année des spectacles avec
l’écriture — il n’y a qu’elle en quoi je crois —, sur la musique des jeunes motivés, de Saint-Denis exclusivement. Je les
d’un texte qu’il s’agit de faire passer du papier à la voix, choisissais dans des milieux résolument diférents, après
mais nous choisissons collectivement les passages de cinq minutes de rencontre. Voisinaient alors dans le groupe,
l’œuvre qui semblent à l’un ou l’autre essentiels ; et ce qui n’était ni un atelier ni un cours de théâtre, des primo-
choix reste plus libre à travers un roman, sans rôle écrit arrivants parlant à peine le français comme des
hypokhâspécifquement. On y construit mieux une distribution en gneux. Pas question de former de futurs acteurs, mais
d’airespectant l’identité de chaque acteur. La matrice de ce der ces jeunes à devenir auteurs de leur vie, comme le
cheminement est Tempête sous un crâne, d’après Victor Hu- théâtre me l’avait permis. Nous avons ainsi construit des
go, où se conjuguaient travail de troupe, interrogation sur spectacles autour des poèmes de Jean-Pierre Siméon,
d’Anla place de l’humain dans nos sociétés et la manière dont tigone, de Sophocle, des sonnets de Shakespeare, du 1793
notre humanité se raconte. Ce fut notre premier succès. Et d’Ariane Mnouchkine. Ils ont rempli la salle avec des publics
mon propos reste aujourd’hui le même. de toutes origines comme on en rêve quand on dirige un lieu
à Saint-Denis. La communauté de théâtre était enfn une
Quel est votre projet pour le tnP ? communauté de gens diférents, comme il est dans la nature
Après l’expérience du TGP de Saint-Denis, où nous avons fait du théâtre de pouvoir en rassembler. Pas ces communautés
de belles créations, vécu de magnifques aventures — du de gens qui se ressemblent. Et ces amateurs sont ensuite
deThéâtre éphémère, avec de jeunes amateurs de 15 à 25 ans, à venus les vrais ambassadeurs du TGP. Ils venaient voir tous
la venue du Berliner Ensemble, et de la Comédie-Fran- nos spectacles. Ce qu’on essaie souvent de faire artifcielle -
çaise —, j’ai eu peur de plafonner. Avec cette troupe condam- ment, à grand renfort d’action culturelle, devenait naturel.
née à tourner sans cesse dans l’Hexagone pour rapporter de Cette aventure m’a ancré dans la réalité ; on est trop coupé
l’argent au théâtre, je me trouvais souvent seul, aussi, à du monde dans notre microcosme artistique. Voilà
pourm’occuper du lieu ; et les comédiens se fatiguaient, per - quoi j’ai voulu poursuivre l’aventure au TNP.
daient leur enthousiasme. Il fallait réinventer un modèle de
création. Le splendide outil théâtral qu’est le TNP m’a tenté, Avez-vous des craintes pour la rentrée théâtrale ?
même si la troupe l’a parfois vécu comme une trahison et si Déjà, à l’heure où je vous parle, les consignes concernant le
peu d’entre ses membres ont accepté de participer à l’aven- passe sanitaire pour les salariés de nos théâtres sont foues.
ture. Que je voudrais ouverte sur l’international, avec un J’appliquerai donc une règle de bon sens : un passe sanitaire
équilibre entre répertoire et création, et des artistes asso- généralisé pour tout le personnel en contact avec des
particiés à mes côtés. Comme je l’ai toujours fait. On se sent si iso - cipants, des visiteurs ou des spectateurs… Mais c’est
l’emlé à ces postes, on a besoin de réféchir avec d’autres. Ma col- bouteillage des spectacles surtout qui m’inquiète. Avoir
voulaboration régulière avec Macha Makeïef, patronne de La lu reprogrammer des créations empêchées par le Covid,
Criée de Marseille, en est l’exemple : je fais les lumières de préparées sans l’urgence de la représentation à venir et où
ses spectacles, elle fait les costumes des miens. Nous parta- les acteurs choisis à l’époque et désormais indisponibles ont
geons beaucoup ensemble. Le collectif d’artistes que je réu- dû être remplacés, n’est-ce pas inconséquent ? Devenus
canirai au TNP, outre ses propres productions, devra partici- ducs et moins en phase avec le présent, ces projets-là risquent
per aux travaux de transmission à l’université, dans les de détourner peu à peu le public de nos salles. Sans doute
auécoles ou les prisons… Il est essentiel pour ce public poten- rait-il fallu les annuler, mais nous ne l’avons pas fait par
restiel que ce soit les créateurs mêmes du lieu qui s’impliquent pect des artistes. Non des spectateurs. Comme nombre de
auprès d’eux ; et pour les créateurs, que chacune de ces ac- mes confrères, je crains qu’ils ne soient pas tous au
rendeztivités-là nourrisse leur travail artistique. Je rêve aussi de vous cette rentrée. En plus beaucoup d’artistes n’ont plus les
réunir une vraie troupe pour faire vivre notre Théâtre natio - idées claires, quelque chose en eux s’est efondré, certains À voir
nal poétique. Mon prédécesseur, Christian Schiaretti, l’avait ne comprennent plus pourquoi ils font ce métier… Mais face Le tnP a 101 ans,
tenté, mais cela coûtait trop cher, il a dû arrêter. Je continue à la tragédie de l’Afghanistan, du réchaufement climatique, du 9 au
alors avec des jeunes Lyonnais l’aventure du Théâtre éphé- de la pandémie, il faut relativiser nos petites révoltes, ne pas 26 septembre,
mère. Du 25 au 26 septembre, en clotûre des célébrations du se replier sur nos égoïsmes. C’était le message de Gémier et Villeurbanne (69).
centenaire, ils liront des discours et des lettres de Firmin Gé- Vilar, l’héritage et l’avenir du TNP. La force du théâtre, c’est
www.tnpmier, Jean Vilar, mais aussi Maria Casarès, Gérard Philipe. qu’on y est vivant parmi d’autres vivants  • villeurbanne.com
8 Télérama 3739 08 / 09 / 2110.08.2021 14:09 (tx_vecto) PDF_1.3_PDFX_1a_2001 300dpi YMCK ISOcoatedv2_FOGRA39_U280_K95 GMGv5t
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du 11 au 17 septembre 2021 Sommaire
ViVre, autrement
Les cinéastes de Hollywood et d’ail-32 leurs se l’arrachent. Et, après James
Dean et autre Leonardo DiCaprio, il
semble devenu l’icône de toute une
génération. Qui donc est Timothée
Chalamet, notre couverture et héros de Dune,
le flm que Denis Villeneuve a tiré du
légendaire roman de Frank Herbert ? Qui
donc est, aussi, Jean Bellorini, notre
invité et nouveau patron d’un Théâtre
national populaire de Villeurbanne qu’il
voudrait généreusement
métamorphoser en « Théâtre national poétique » ?
Pour y défendre une autre manière de
faire du théâtre, tout ensemble plus
mystérieuse et plus ouverte… Nous
vous proposons quelques
changements, nous aussi. Ainsi notre rubrique
« Découvrir autrement » devient-elle 4 « Vivre autrement ». La pandémie, le
confnement, les catastrophes
climatiques nous ont poussés à changer nos 22 modes de vie, nos usages quotidiens,
à créer de nouvelles solidarités et
responsabilités. Pour le meilleur, le plus
souvent. Ces pages en seront l’heureux
miroir. Les attentats terroristes du
13 novembre 2015 ont bouleversé nos
existences, aussi. Puisse le procès qui
s’annonce à Paris dès le 8 septembre
œuvrer à panser les plaies, à consoler
une société hexagonale toujours mal
remise de cette tragédie. À la réparer. 36 Elle en a besoin. — Fabienne Pascaud
Couverture zine 32 Pionniers de l’abstraction CritiqueS
Timothée 4 L’invité anni et Josef albers 49 Le rendez-vous
Chalamet Le metteur en scène partageaient leur vie Serre moi fort, un film
en février 2018. Jean bellorini et leur vision créative, de mathieu amalric
Photo 13 Premier plan simple et colorée 52 Cinéma
Romain Sellier on n’en a pas fini avec t rump 35 BB rockeur devenu grand 60 Les films du mois d’août
14 Mise à jour a drien gallo, le leader de 62 Musiques
21 Repéré bb brunes, s’est mué en auteur 66 Livres
Le romancier f ann a ttiki sur son deuxième album solo 71 Enfants
36 Robert Badinter à la BNF 72 Arts
LE do SSiER son exceptionnelle collection 74 Scènes
Ce numéro comporte pour
la totalité des kiosques : 22 Le procès des attentats de documents relatifs à la
une couverture spécifique
« paris-idf » pour les abonnés du 13 novembre 2015 justice est à découvrir à paris éléviSion
et les kiosques de paris-idf ,
et une couverture nationale. il met la justice au défi 79 Le meilleur de la semaine télé
eposés sur la 4 de
couverture : un encart 4 p. d’un verdict exemplaire : utrement Scenes from a Marriage,
théâtre de bezons pour les
abonnés des dépts 78 et 95, pour l’éclairer, un nombre 41 Penser minisérie sur oCs City
un encart 4 p. Courrier
International pour la totalité inouï d’experts vont se relayer. physique ou existentiel, 90 Programmes
des abonnés f rance
métropolitaine, un encart r escapés et proches de le vertige nous ébranle et commentaires
4 p. Cofret f ilms à voir
et à revoir 11 pour la totalité victimes appréhendent autant qu’il nous fascine
des abonnés f rance
métropolitaine. un encart l’échéance la boule au ventre, 44 Voyager adio
8 p. r enault portes ouvertes
piqué entre les folios 80 et 81 qu’ils témoignent ou non alexandra david-néel 146 Le meilleur de la semaine radio
pour la totalité des abonnés
et des kiosques f rance à digne-les-bains Le feuilleton, sur f rance Culture
métropolitaine. édition
régionale, Télérama + Sortir, 28 L’acteur Timothée Chalamet 46 Vivre 151 Les programmes
pages spéciales, foliotée de
1 à 72 jetée pour les kiosques Le héros de Dune use de sa Le réseau monépi fait pousser
des dép. 75, 77, 78, 91, 92, 93,
e94, 95, posée sous la 4 de flamme comme de sa fragilité des épiceries participatives ; 156 T alents
couverture pour les abonnés
des dép. 75, 78, 92, 93, 94. pour enchanter ses rôles barbie, une tête bien faite… 159 Mots croisés
Télérama 3739 08 / 09 / 21 11
Léa Crespi pour téLérama | oLivier Corsan/Le parisien/ma Xppp | 2021 the Josef and anni aLbers f oundation/ artists rights s oCiety (ars), new york/ adagp paris | r oberto frankenberg pour téLérama02.08.2021 10:54 (tx_vecto) PDF_1.3_PDFX_1a_2001 300dpi YMCK ISOcoatedv2_FOGRA39_U280_K95 GMGv5r
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Mise à jour
PREMIER PLAn
On ’n a p
i ac T Une manifestante
contre la loi sur
l’IVG devant
la Cour suprême,
Washington,
le 2 septembre.
10 000 dollars minimum. Ce n’est pas la première fois que Certains héritages sont plus agréables que
d’aule droit à l’avortement, garanti par l’« arrêt Roe vs Wade » de
tres. Celui qu’a laissé Donald Trump en quittant 1973, est attaqué outre-Atlantique mais, d’ordinaire, les
tribunaux font barrage. La décision de la plus haute juridic-la Maison-Blanche, en janvier dernier, n’en fnit
tion du pays montre cette fois-ci à quel point les États-Unis
pas d’abîmer l’Amérique. La semaine dernière, sont loin de s’être débarrassés du « trumpisme ». Avec six
la Cour suprême — que l’ex-président républicain a remode- juges conservateurs sur neuf, la Cour suprême semble
arrilée en y nommant trois juges conservateurs — a ainsi auto- mée du côté républicain pour de bon — ses membres sont
risé le Texas à appliquer une loi anti-avortement d’une sé- nommés à vie. Pas franchement de bon augure pour les
vérité inédite. Désormais, les IVG y sont interdites après six afaires examinées cet automne : contrôle des armes à feu,
semaines de grossesse, ce qui revient quasiment à les ban- maintien ou non des politiques de discrimination positive
nir, puisque la majorité des femmes découvrent à peine dans les facs, application de la peine de mort… À moins
qu’elles sont enceintes à ce moment-là. Aucune exception que Joe Biden, qui a qualifé la loi texane d’« attaque inédite
n’est prévue en cas de viol ou d’inceste. Et le texte encou- contre les droits constitutionnels des femmes », ne se décide
Par Lucas rage la dénonciation de toute personne qui les aiderait à enfn à réformer le fonctionnement de la Cour — une idée
Armati se faire avorter après ce délai, avec une récompense de que les démocrates caressent depuis Roosevelt •
Télérama 3739 08 / 09 / 21 13
Drew Angerer/ geTTY IMA geS O TH AMerICA/ TTY IMAgeS IA AFPMise à jour
ViVement demain
Poursuivant ses captivantes aventures loin
des terres de Led Zeppelin, Robert Plant
a gravé un deuxième album (Raise the Roof)
de duos transatlantiques avec Alison
Krauss, voix majeure d’une country roots
authentique. La prodigieuse palette vocale
du septuagénaire anglais n’en finit pas
d’émerveiller. Sortie le 19 novembre.
Haro sur les t Héories du complot
avant même sa sortie sur HBo, le nou- les t ours jumelles ont fait l’objet d’une Jeudi 26 août, il a présenté une version
veau spike l ee a provoqué une polé- démolition contrôlée. Face à la levée remontée de l’épisode controversé
mique aux états-u nis. en cause, la pré- de boucliers des journalistes qui ont qui devait être difusé le 11 septembre,
esence dans NYC Epicenters 9/11-2021½, pu voir le flm en avant-première, le pour le 20 anniversaire des attentats,
son docu-série sur le new York du réalisateur new-yorkais, et dernier l’amputant des trente minutes (sur
c ovid et du 11 septembre, de complo- président du Festival de cannes, a dû deux heures) d’interviews sur les
tistes notoires défendant la thèse que revoir sa copie en urgence. causes de l’efondrement des tours.
cette afaire illustre le regard
changeant des américains sur les
théoriciens du complot. « Avant le 11
Septembre, ils adoraient les conspirations,
que ce soit dans les domaines politique
ou fantastique, explique Barna dono -
van, directeur du programme de
communication de saint peter’s university
(new Jersey) et spécialiste des flms
complotistes. Depuis les attentats, la
culture complotiste est devenue plus
toxique. Ses promoteurs sont vus
comme des profteurs qui utilisent des
tragédies pour se faire connaître, vendre des
livres… » l e chercheur prédit
d’ailleurs que dans les futurs flms, séries
ou documentaires, les complotistes
ne seront plus dépeints comme des
héros en quête de vérité contre le
système, mais comme « des méchants, des
opportunistes ». « Si la même polémique
autour de Spike Lee s’était produite dans Après avoir
provoqué une les années 1990, il n’aurait peut-être pas
polémique, eu à remonter le documentaire. Je suis
Spike Lee a modifié
surpris qu’il n’ait pas senti l’humeur du son docu-série
sur le 11 Septembre. pays changer. » — Alexis Buisson
14 Télérama 3739 08 / 09 / 21g
LA Musique
Co MMe un C o MbAT
Le compositeur Le sirtaki de Zorba le Grec l’avait rendu des colonels », il sera à plusieurs re- roïsme incorruptible. Loin de se
satisMíkis Theodorákis, célèbre dans le monde entier. Mais l’im- prises emprisonné, torturé et exilé. Ce faire de cette notoriété, accrue par le
ici en 1970, s’est
portance de Míkis Theodorákis était qui ne l’empêchera jamais de compo- succès de sa bo pour le flm Zorba le éteint à 96 ans.
loin de se réduire à ce seul thème aux ser. Marxiste non révolutionnaire, il Grec, Theodorákis ne ménagera jamais
accents folkloriques. Auteur de concer - fonde le mouvement Lambrakidès à la ses eforts pour unir esthétique
natiotos, d’opéras, de chansons et de bandes suite de l’assassinat en 1963 du député nale et humanisme universel, ainsi
originales, fgure majeure de la lutte an- Grigóris Lambrákis (dont Costa-Gavras dans l’ample Canto general, écrit à
partifasciste, c’est l’un des plus grands s’inspirera pour le flm Z) et se fait élire tir d’un poème de Pablo neruda.
Acclaenoms de la culture grecque au XX  siècle député tout en écrivant quantité de mé et chanté partout, le compositeur
qui s’est éteint le 2 septembre, à 96 ans. partitions d’inspiration classique et avait durant sa grande vieillesse perdu
épousant l’histoire mouvementée d’innombrables chansons et adapta- de son acuité et s’était laissé séduire par
de son pays, la vie de Míkis Theodorá- tions de poèmes. il parvient ainsi à tou- des thèses complotistes et antisémites.
kis, né en 1925 sur l’île de Chios, fut cher non seulement les Grecs dans leur Cette triste dérive ne saurait ternir son
pleine de combats. r ésistant dès ses cœur même, mais aussi un public inter- œuvre et tout ce que la Grèce
contem17 ans, militant communiste durant la national qui voit en lui le symbole poraine doit à ses luttes passées.
guerre civile puis opposant au « régime éblouissant de l’artiste engagé à l’hé- — Louis-Julien Nicolaou
Les jeunes Chinois sevrés de jeux vidéo
Les parents inquiets ont une nouvelle accompagnée d’un message paterna- caméras sur son sol d’ici à la fn de
l’anarme dissuasive à destination de leur liste : « Les enfants, rangez vos télé- née, et la reconnaissance faciale est dé -
progéniture accro aux jeux vidéo : « Ar- phones et allez dormir. » jà la norme pour les petits gestes du
rête ta partie ou je t’envoie en Chine. » dans un pays où les consoles de jeu quotidien, y compris pour débusquer
Pékin vient en efet d’annoncer de nou- étaient bannies jusqu’en 2015, la préoc- les citoyens qui sortent de chez eux en
velles mesures draconiennes : les cupation — bien réelle — pour la santé pyjama ou les piétons qui traversent en
moins de 18 ans ne pourront désor- publique s’accompagne évidemment dehors des clous. Aussi inquiétante
mais jouer en ligne que trois heures d’un contrôle social toujours plus soit-elle, cette disparition progressive
par semaine. Ce tour de vis n’est pas resserré. on était déjà familiers du de toute forme d’anonymat n’est pas
inédit : les mineurs étaient déjà inter- « Grand Firewall », ce pare-feu blo- une exception asiatique. en europe ou
dits de gaming entre 22 heures et quant à une échelle industrielle les aux états-u nis, dans l’espace public et
8 heures du matin, et, début juillet, le sites étrangers, mais ces dernières an- ailleurs, la reconnaissance faciale se
géant numérique chinois Tencent a nées, les yeux des autorités se sont in- banalise, le visage se substituant
proimposé une vérifcation par reconnais- vités partout. Le pouvoir central ambi- gressivement comme en Chine à la
sance faciale pour se connecter la nuit, tionne de déployer un milliard de pièce d’identité.— Olivier Tesquet
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Yann RabanieR pouR TéléRama | FRançois bibal/2011 amma-Raphoc
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Mise à jour
L’avenir des sa LLes
o Bscures s’éc Laircit
des résultats en yoyo, à donner des cette chute des entrées que les
mauhaut-le-cœur : la saison estivale fut vaises conditions de son instauration.
éprouvante pour les nerfs des exploi- t rop rapide, pas toujours bien
explitants français de cinéma. malgré un quée, et avec des règles mouvantes.
démarrage en fanfare pendant les c e trou d’air a un coût, évalué à
51 miltrois premières semaines de juillet, où lions d’euros par la Fédération
natiole nombre d’entrées firtait avec celui nale des cinémas français (Fnc F).
des années « pré-c ovid », la fréquenta- conscient de la situation, Bercy s’est Je me souviens de…
tion a brutalement chuté la semaine engagé à faire une entorse à la fn
andu 21 juillet (– 41,5 % par rapport à la noncée du « quoi qu’il en coûte », le Lee « s cratch »
précédente), avec l’obligation de pré- 30 septembre, en validant le principe
senter un passe sanitaire pour accéder d’une nouvelle aide, dont le montant Perry
aux salles de plus de cinquante fau- dépendra de la reprise de la
fréquenteuils. r ebelote le 9 août, après une ti- tation en septembre. … ce petit homme à la chevelure et à la barbe teintées en
mide reprise, en raison de l’élargisse- elle pourrait être bonne. il y a en rouge, assorties à son costume écarlate, qui déambulait
ment du passe aux salles de moins de tout cas des raisons d’y croire. Le dans les couloirs du c entquatre, à Paris. c’était en 2013. Lee
cinquante spectateurs. depuis, même nombre de spectateurs vaccinés ne Perry allait monter sur scène, accompagné par le duo the
si le public retrouve le chemin des cesse d’augmenter, la programmation orb, à l’occasion du t élérama dub Festival. il n’était plus
salles, les jours se suivent sans se res- automnale s’annonce riche et éclec- alors ce producteur de génie qui avait co-inventé le dub
sembler. « J’ai rarement vu une telle vo- tique, et les blockbusters qui tirent la avec feu King tubby, révélé un certain Bob marley,
confeclatilité de la fréquentation », observe fréquentation seront au rendez-vous. tionné de nombreuses perles telles Police and Thieves, de
éric marti. Le patron de comscore, Dune, de denis villeneuve, ouvre le Junior murvin, ou War Ina Babylon, de max r omeo. mais le
numéro un mondial de la mesure et bal le 15 septembre, avant le retour de personnage fascinait toujours par sa présence excentrique,
de l’analyse du box-office, chiffre l’éternel agent 007 dans Mourir peut qui lui valut le surnom de « salvador dalí du dub ». c e
soirentre 5,2 et 6 millions le nombre de attendre, et le West Side Story revisité là, Lee Perry n’avait pas donné le meilleur concert de sa
spectateurs envolés cet été. Le passe par spielberg, en décembre. prestigieuse carrière. il fut bien plus convaincant trois ans
sanitaire est moins en cause dans — Olivier Milot plus tard, toujours au t élérama dub Festival, lorsqu’il vint
présenter une version remaniée de Super Ape (1976), un de
ses chefs-d’œuvre, modèle de production audacieuse où il
démontrait son inventivité en trafquant les sons, utilisant
le sampling avant l’heure — en enregistrant puis en
intégrant divers bruits à la musique. Perry faisait des merveilles
derrière sa console de mixage, spatialisant le son avec de
multiples efets et pas mal de mysticisme, soufant de la
ganja sur les bandes magnétiques afn de leur donner une
dimension magique.
Lors de ce concert à La r ochelle, il s’était paré d’une
veste d’ofcier de l’armée napoléonienne et d’une de ces
casquettes customisées avec de petits miroirs et des grigris
qui lui donnaient l’apparence d’un sapin de noël. Les
régisseurs de la salle avaient l’habitude de conserver les reliques
du précédent passage des artistes. ils avaient conservé de
Lee Perry une assiette avec des bougies, des peaux de
bananes séchées et des pelures d’oranges. Le Jamaïcain ne
s’est pas fait prier pour les récupérer, y ajoutant d’autres
fruits, bâtons d’encens, chandelles… que son fls déposa sur
scène, y ajoutant encore des amulettes avant le concert et
deux bouteilles de vin que Perry vida, durant sa perfor -
mance. une fois son set achevé, le petit homme, d’un air
malicieux, me montra l’assiette et me lança : « Tu la gardes
pour la prochaine fois ! » mais il n’y en aura pas. Lee Perry,
qui vivait entre la suisse (où on le voyait parler aux vaches
sur son compte twitter) et la Jamaïque, s’est éteint sur sa
Daniel Craig eterre natale dans sa 86  année, laissant derrière lui une
et Jefrey Wright
œuvre aussi pléthorique que singulière. dans Mourir
peut attendre. — Frédéric Péguillan
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Nicola Dove-2019 D NJ Q, ll ND MGM. all RGHTS RSR veD. | PiT BueHleR/BlaK oceaN

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