Telerama du 28-04-2021
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Date de parution 28 avril 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 16 Mo

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3’:HIKMRH=XUXXU\:?d@r@c@a@k";
MERCREDI 28 AVRIL 2021
HEBDOMADAIREFR 3,30€
BEL, LUX 3,90€DOM 5,50€
CH 5,70 CHFMAR 43 MAD
CPPAP Nº 0621C80864
Nº 3720
ER
DU 1 AU 7 MAI 2021
FAIRE
RENAÎTRE
LA
FORÊT
codes 80-00L’invitée
1949
Naissance à
Pont-Audemer.
1968
S’engage
aux Jeunesses
communistes
révolutionnaires
et manifeste
avec ses amis
des Beaux-Arts
de Rouen.
1975
Fondation
des éditions
Futuropolis avec
Étienne Robial.
1996
Le Démon de midi
(éd. Dargaud).
Florence Connue pour ses personnages aux
nez proéminents et son humour
engagé, l’autrice de BD poursuit sa
thérapie dessinée. Et revient sur son Cestac enfance accablée par un père odieux.
4L’invitée l’autrice de bd florence cestac
Pourquoi assumer cette fois pleinement l’autobiographie,
sans travestir votre prénom ?
Jusqu’à présent je mêlais ma propre histoire à celles de
mes copines, comme pour Le Démon de midi par exemple.
Avec Un papa, une maman, j’ai eu l’impression de déposer
un gros paquet. J’ai fait ma thérapie en bandes dessinées.
Mais j’ai voulu attendre que ma mère parte, parce que ça
ne l’aurait pas fait rire.
Quel a été le déclencheur de cet album ?
Les membres de La Manif pour tous, qui ont déflé plusieurs
fois en bas de chez moi ces dernières années contre la
proposition de loi Taubira concernant le mariage pour tous,
m’ont énervée. Leurs idées sont à l’opposé des miennes. J’ai
voulu montrer que le modèle traditionnel ne donne pas for -
cément des enfants épanouis…
Quelle éducation avez-vous reçue ?
Elle était très genrée : à Noël, je recevais du matériel de
couture, tandis que mon frère avait des BD que je lui piquais. Je
gardais l’argent des courses pour acheter des petits formats,
comme les séries Pepito ou Tartine Mariol. Mes parents
étaient inquiets, je passais pour une débile mentale. L’école
était une soufrance : j’étais nulle, dyslexique, et on me
consiPropos recueillis par Laurence Le Saux Elle est « la reine de l’arrondi enchaîné », dérait comme une tarée. Quand, en rédaction, je rendais une
Photos Roberto Frankenberg selon son complice et ami l’écrivain belle histoire, je récoltais toujours un zéro. L’écriture n’était
pour Télérama Jean Teulé, qui assure ne voir chez elle pas pour moi, me disait-on. Je dessinais tout le temps, même
« rien qui pique ou qui blesse ». Aussi jo- dans la purée à table. On me laissait faire, comme ça je
resviale que son trait est souple, l’autrice tais tranquille, dans mon coin. Mais ce que je faisais n’était
de BD Florence Cestac, 71 ans, s’est forgé un style bien à elle, pas valorisé. Mes parents ont jeté à la poubelle tous mes
« patatoïde » comme elle aime à le qualifer, marqué par de cahiers d’écolière, que j’avais abondamment décorés. ☞
gros nez et un humour franc — qui lui sert à masquer le
tragique. Cofondatrice des éditions Futuropolis avec Étienne
Robial en 1975, elle a connu un grand succès en 1996 avec
Le Démon de midi, inspiré de son expérience de femme
trompée, puis quittée. Cette résiliente touche-à-tout, qui a
notamment sculpt é la Marianne de la mairie d’Angoulême
ou adapté à la scène, avec Daniel Pennac, leur album
Un amour exemplaire, a récemment décrit son enfance,
malmenée par un père exécrable, dans Un papa, une maman.
« Si je me suis marié, c’est pour me faire servir ! »
disait fièrement votre géniteur. Quel homme était-il ?
Cette phrase est emblématique de lui, et de sa relation à ma
mère. Il répétait ça à tous les repas de famille, pendant que
sa femme baissait la tête dans son assiette sans réagir.
C’était la norme à l’époque. Le patriarche travaillait,
donnait de l’argent liquide à son épouse pour la semaine. Ma
mère subissait. Cette flle de paysans normands,
bricoleuse, dotée d’un côté artistique, pensait faire un mariage
À Lire magnifque en épousant cet ofcier de réserve. Elle s’est re -
Un papa, trouvée en état de soumission et de dépendance totales.
une maman, Elle n’a jamais été autorisée à travailler, à passer son
peréd. dargaud, mis de conduire, et n’a jamais signé un chèque de sa vie.
60 p., 14,50 €. Matériellement, on avait tout ce qu’il fallait. Mais mon
frère, ma sœur et moi n’intéressions pas mon père. Il ne
SUr nous a rien appris. Quand j’ai demandé à prendre des
téLérama.fr cours de piano, il m’a dit que ça ne servait à rien. De danse ?
La bédéthèque Je n’avais pas le physique. D’art ? Je n’avais pas le talent.
idéale Nous étions trop cons pour tout. C’était violent… Quand
avec florence elle était en rage, ma mère disait de lui : « Il aurait mieux
cestac. valu qu’il ait un bar à putes plutôt que des enfants ! »
6 Télérama 3720 28 / 04 / 2131.03.2021 12:21 (tx_vecto) PDF_1.3_PDFX_1a_2001 300dpi YMCK ISOcoatedv2_FOGRA39_U280_K95 GMGv5l
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L’invitée ’utrice de bd florence ces
« Je suis heureuse que les femmes prennent
la parole en bandes dessinées, j’ai le sentiment
qu’elles s’impliquent plus que les hommes,
qu’elles mettent davantage leurs tripes sur le papier. »
Comment vous êtes-vous libérée sant par la livraison. C’était du bricolage du début à la fn.
de cette ambiance pesante ? À un moment, nous n’avons plus été capables de gérer la
À 12 ans, j’ai voulu aller en pension — une école de la rébel- boîte, il y avait trop de lourdeurs administratives. Et
Gallion où, avec mes camarades, on passait notre temps à limard nous a rachetés 2.
inventer des conneries pour embêter le monde. Après,
je n’ai jamais rejoint le cocon familial. À 16 ans, je me suis Comment, d’illustratrice, libraire puis éditrice,
inscrite aux Beaux-Arts de Rouen, en ayant enfn le senti- êtes-vous devenue autrice ?
ment de faire ce que j’aimais. J’ai découvert les livres, la Mon premier personnage, le détective Harry Mickson,
inspimusique, le jazz en particulier : un rideau s’est ouvert. ré de Mickey Mouse, est arrivé par hasard : je cherchais une
Comme je n’intéressais pas mon père, il me laissait faire. mascotte pour les éditions Futuropolis. J’ai fait du Mickson
J’étais très libre. Heureusement que je n’ai pas mal tour- un peu partout, dans L’Écho des savanes ou Pilote. Une de ses
né ! Je me suis inscrite aux Jeunesses communistes révolu- aventures, Les Vieux Copains pleins de pépins, m’a même
vationnaires, persuadée qu’on allait changer le monde avec lu un Alph’Art de l’humour à Angoulême, en 1989. Un an
Mai 68. En juillet de cette année-là, avec ma bande des plus tard, j’ai repris Les Déblok, créés par Sophie Hérout,
Beaux-Arts, nous sommes allés au Cap-Ferret dans la mai- pour Le Journal de Mickey. Le rédacteur en chef de l’époque
son familiale. Nous avons fait le tour du bassin d’Arcachon m’avait demandé de réduire les nez de mes héros ; mais pas
en descendant les drapeaux des mairies. On découpait le question ! J’ai été sauvée par des sondages efectués auprès
bleu et le blanc, et on remontait le morceau de tissu qui des enfants, qui disaient les aimer. Alors je suis restée, ap -
restait. Nous avons fni a u poste. J’ai écopé de dix-huit prenant ainsi mon boulot, en faisant une planche par
sejours de préventive à Gradignan, d’une grosse amende maine pendant onze ans. Ce fut une formidable école.
que mon père, fou de rage, a payée, et d’une déchéance
de mes droits civiques pendant cinq ans. Étienne Robial 1, en 1996, vous publiez Le Démon de midi, votre plus gros
mon copain de l’époque, a été envoyé en bataillon disci- succès à ce jour, adapté au théâtre et au cinéma.
plinaire en Allemagne. Puis j’ai été évacuée par mes pa- Avant de me lancer dans sa réalisation, j’étais une pauvre
rents à Paris, aux Arts-Déco. chose, je pleurais tout le temps. Guy Vidal, directeur
éditorial chez Dargaud, me réclamait un album sur le sujet.
vous avez repris la librairie Futuropolis en 1972, Mon ami l’écrivain Jean Teulé— alors auteur de BD — me
après quelques années de bohème. poussait à me lancer. Je ne me rendais pas compte que je
Avec Étienne, nous avions repris cette boutique spécialisée mettais le doigt sur un phénomène de société, et que mon
dans la bande dessinée où se retrouvaient les amateurs. livre bénéfcierait d’un tel bouche-à-oreille. Le travail a été
Parmi nos clients, on comptait Alain Resnais, Federico Fel- laborieux, j’ai recommencé trois ou quatre fois, je n’y ar -
lini, Johnny Hallyday, les dessinateurs Philippe Druillet, rivais pas. Je savais que je voulais raconter une histoire
Jacques Tardi, Enki Bilal. Nous savions, dès le début, que personnelle, mais sans être revancharde. Et puis j’ai
trounous voulions faire des livres. Au bout de cinq ans, l’envie vé le ton juste, entre rires et larmes. Et le bon outil, ce gros
de tuer les collectionneurs trop maniaques nous a pris, nez qui me permet toutes les pirouettes.
nous en avions assez ! Alors nous avons revendu la librairie,
conservé son nom et monté une maison d’édition. Pourquoi avoir adopté ce code graphique,
qui a rendu votre style immédiatement identifiable ?
Quelle était votre ambition ? C’est un gimmick bien connu de la BD d’humour, qu’on
reFaire des livres diférents, sortir de la norme de l’album trouve chez Astérix, Popeye ou Gaston Lagafe, des héros
cartonné de quarante-huit pages couleurs, qui avait alors que j’adore. Le gros nez indique tout de suite qu’on va rire.
cours. Nous avons imaginé des formats sur mesure pour Mon identité visuelle a été longue à créer. J’ai choisi de
maTardi, Bilal ou Edmond Baudoin, qui a fait ses débuts chez nier des « patates » : un ovale pour la tête, un plus petit pour
nous, réédité le merveilleux La bête est morte !, d’Edmond le nez, un plus grand pour le corps. Il faut se mettre les
proCalvo. Personne ne voulait nous difuser : nos trucs étaient portions dans le crayon, et ensuite ça libère le trait. Mickey
invendables, trop grands, trop chers. J’ai exercé alors Mouse, personnage joli, sympathique et charmant, est
tous les métiers, de la maquette à la traduction, en pas- construit comme ça. On m’a dit vingt-cinq fois que je ☞
8 Télérama 3720 28 / 04 / 21LE GA Z,
C’EST PL US FA CILE
À CO MPRENDRE
QU AND C’EST
EXPLIQUÉ PA R UN
ÉLEC TRICIEN.
Vo us ne co mpr ene z rien à la fin de s ta rif s ré glemen té s du gaz ? Pa s de panique !
erChe z EDF, 1 fo urnis se ur alt erna tif de gaz*, no s co ns eillers vo us ac co mpagnen t av ec
de s of fr es adap té es à vo s be so ins. De ve nons l’éner gie qui change to ut .
3004
L’éner gie es t no tr e av enir, éc onomisons-la !
* Ra ppor t CRE mar ché fr anç ais du gaz et de l’élec tricit é publié le 23/11/20 20
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L’invitée l’autrice de bd florence cestac
☞ n’avais pas un trait féminin, que mes nez étaient trop gros, publiés est énorme, mais les auteurs n’en vivent plus, et
laids, vulgaires, mal représentés… Cela m’énervait, mais je les lecteurs ne suivent plus. Certains éditeurs cherchent à
voulais absolument continuer dans cette voie-là. Ne pas cé- faire un coup en publiant un album, et lâchent l’artiste
der. Au début, au niveau des dialogues, j’étais agressive, vio- quand les ventes ne sont pas au rendez-vous. Or un auteur,
lente. Et puis j’ai découvert le nez de clown qu’il me fallait. ça s’accompagne sur des années ! La série Titeuf, de Zep,
n’a pas marché tout de suite !
Avez-vous facilement trouvé votre place dans un milieu
de la BD alors extrêmement masculin ? vous avez été l’une des marraines de « 2020,
Il fallait avoir de l’humour pour s’en sortir. Ce n’était pas année de la BD », manifestation lancée par le ministère
tous les jours facile dans les festivals de BD, quand vous de la Culture. Pourquoi avoir donné votre démission
étiez la seule femme. Mais je ne me suis jamais fait emmer - collective en novembre ?
der. Plutôt que le machisme, certains ego surdimension- Parce que les librairies ont été fermées pendant le
deunés pouvaient m’agacer. J’étais à l’aise car j’avais le senti- xième confnement. À la suite de cette démission,
perment d’avoir trouvé mon truc, d’avoir des choses à dire. sonne n’est revenu nous chercher. C’est emblématique de
J’ai aimé — et j’aime toujours — travailler avec un scéna- l’attitude du ministère par rapport à la BD. Le rapport
Rariste. Par exemple, René Pétillon, le dessinateur embléma- cine, qui préconisait des mesures pour améliorer la
situatique du Canard enchaîné, qui ft appel à moi pour Super tion inq uiétante des auteurs-artistes, est tombé dans
l’oucatho, en 2004, car il trouvait son trait trop raide pour ra- bli. Il faut se battre aujourd’hui pour vivre de la bande
conter son enfance chez les curés. Ou le romancier Daniel dessinée : on met un an à faire un album, et il disparaît en
Pennac, dont j’aime l’œuvre et l’univers. deux mois s’il ne s’est pas assez vendu. Moi-même je ne
vends plus d’anciens albums, et ne vis plus de mes droits
Comment est né Des salopes et des anges, en 2011 ? d’auteur comme c’était le cas autrefois. À cause de la sur -
Un jour, je raconte à mon ami l’écrivain Tonino Benacquis- production actuelle, les libraires n’ont plus d’espace pour
ta que je m’étais fait avorter en Grande-Bretagne dans les stocker le fonds. Seule la nouveauté compte, alors il faut
années 1970. Il me regarde avec des yeux énormes, et me que ça marche, tout de suite. J’ai la chance d’avoir mon
dit : « Il faut en faire un album. » Je lui ai raconté mon vécu, public — je suis un dinosaure ! —, mais pour un jeune qui
et il a bricolé un scénario bien à lui, avec une vision ciné- démarre, c’est difcile…
matographique. Je ne sais pas si j’aurais eu l’idée de ce
livre où l’on ne pleure pas à chaque page, mais où ça pique Quel féminisme pratiquez-vous ?
un peu, tout de même ! Le mien s’est forgé autour de Mai 68 : j’étais de toutes les
manifs, Simone Veil me blufait. Aujourd’hui, certains trouvent
Comment percevez-vous l’évolution du statut des auteurs que #MeToo est un mouvement dur, violent. Mais il est à
de bandes dessinées ? l’image du monde qui nous entoure. Elles ont raison, il faut
Du papier aux
Dans les années 1980, ils étaient souvent d’anciens cancres. taper du poing sur la table. Mon féminisme est celui d’une figurines tirées
de ses BD, J’ai l’impression qu’on trouve désormais parmi eux davan- grand-mère qui essaie de susciter la réfexion de ses
petitsses personnages tage de premiers de la classe. Quand j’ai débuté, je disais enfants — un garçon et une flle — sur le sujet. Il faut
travail« aux gros nez »
dans les dîners où j’allais que je faisais des livres jeunesse, ler à la base. Mon dernier album dénonce le patriarcat, constituent la
signature visuelle de peur d’être stigmatisée. Aujourd’hui, on me réclame mais j’ai parfois l’impression d’avoir fait mon temps. Je suis
de Florence Cestac. des stages pour les enfants. On a pris du galon ! Mais la si- heureuse que les femmes prennent la parole en bandes
En première page,
tuation économique a changé : il n’y a quasiment plus de de ssinées, j’ai le sentiment qu’elles s’impliquent plus que l’autrice chez elle
à Paris, le 15 avril. journaux où apprendre son métier, le nombre d’albums les hommes, qu’elles mettent davantage leurs tripes sur le
papier. J’admire les Coco, Lisa Mandel, Catherine Meurisse,
Florence Dupré La Tour… Elles sont fortes.
Comment vivez-vous cette période de confinements
à répétition ?
Pas très bien, car je me nourris de ceux que je rencontre. Je
me sens en pilotage automatique. Mais j’avance sur un
thème que je n’avais jusqu’à présent pas encore abordé : le
sexe, avec un album pour la collection BD Cul, des Requins
Marteaux. Oui, je suis une grand-mère indigne pour avoir
eu cette idée. J’avais envie d’une histoire de ce type, tendre
et sympa, sans que ce soit salace. Et puis j’accumule de la
documentation sur la vie des femmes en maison de retraite.
Ma mère, quand elle était en vie et y résidait, me racontait
les histoires d’amour et de cul de ses corésidentes. Après
Le Démon de midi ou Le Démon du soir sur « la ménopause
héroïque », publié en 2013, ce sera Le Démon de minuit ! •
1 Graphiste et directeur artistique, qui a créé l’identité visuelle
de c anal+.
2 l es éditions Gallimard sont devenues actionnaires majoritaires
en 1988 et ont relancé la « marque » en 1999 puis 2005.
10 Télérama 3720 28 / 04 / 21
RobeR FRankenbeR pouR éléRamaLiMiT ÉE
AT TRAPEZ
LA PiÈCE
MA ÎT RE SS E.
Monnaie de
250 EURO
(1)en or pur
millésime 2021.
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Phot os et taille des pièces non contractuelles.
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erSommaire Du 1 au 7 mai ��21
ReRR
Nos forêts sont en danger. Bouleverse ­
ment climatique, coupes rases, manque 4
de diversité dans les espèces plantées…
Que vont devenir ces trésors d’oxygène
comme d’archaïque magie, de poésie,
si nous ne savons plus les préserver ?
Nous avons besoin des forêts, tels les
petits poucets des vieux contes. Nous
avons besoin de grands espaces libres
et mystérieux pour nous perdre et
nous retrouver, et non d’être barrica­
dés frileusement tout autour de nos
demeures, comme cela se pratique de
plus en plus du côté de Marseille. Res­
pirer. Ne pas étoufer. Sous les contrain­
tes, les habitudes, les conventions. Ou 28
les larmes, comme c’est aujourd’hui la
mode à la télévision… Ce qu’a fait la
créatrice de BD Florence Cestac, notre 24 flamboyante invitée ; ce qu’a fait la
mezzo Lucile Richardot, hors des sen­
tiers battus vocaux ; ce que n’a cessé
d’expérimenter aussi Françoise d’Eau­
bonne (1920 2005), féministe française
trop méconnue, à qui l’on doit pourtant
— entre autres faits d’armes — les termes
et notions de « phallocrate », ou d’« éco­
féminisme ». Elle ouvre dans nos pages,
comme sur notre site, une galerie de
pionnières dans la lutte pour la recon­
naissance des femmes. Autant de per ­
sonnalités saisissantes, légères et bou­
leversantes. Souvent exemplaires. 30 — Fabienne Pascaud
Couverture zine �6 s ortez vos mouchoirs CritiqueS
Forêt du plateau 4 L’invitée tF1, France t élévisions, 41 Le rendez-vous
de Millevaches, Florence cestac, autrice de bD nRJ 12… Le dernier endroit De sang-froid, de Richard
en Corrèze. 13 Premier plan où l’on pleure brooks, réédité en DvD
Photo Légiférer sur l’intelligence �8 La voix qu’on s’arrache 44 Cinéma
Olivier Metzger artificielle, c’est possible ? La mezzo Lucile Richardot, 46 Livres
pour Télérama 14 Mise à jour coqueluche du baroque 5� Musiques
16 Repéré 3� Marseille, cité privatisée ? 53 Enfants
antoine maillard, illustrateur Dans la cité phocéenne,
de presse multiplication des résidences éléviSion
cloturées 55 Le meilleur de la semaine télé
LE DossiER The Dissident, de bryan Fogel,
18 Faire renaître la forêt utrement à propos de l’afaire khashoggi
si les forêts sont plus 35 Penser 64 Programmes
nombreuses, elles sont aussi Les inégalités dateraient… et commentaires
plus fragiles. Diversification de la préhistoire ! mais plusieurs
ce numéro comporte :
une couverture spécifique des essences, gestion thèses divisent les historiens adio
« paris-IDF » pour les
abonnés et les kiosques de raisonnée… Il est urgent d’agir. 38 Découvrir 1�� Le meilleur de la semaine radio
paris-IDF, et une couverture
nationale ; un encart Reportage dans le Limousin Des soins pour les étudiants ; Fip sans gravité,
eIdealsko posé en 4 de
couverture pour les �� Une forêt primaire en Europe  ? une clinique pour les pulls… avec thomas pesquet
abonnés des régions
bourgogne Franche-comté, Le botaniste Francis Hallé 1�3 Les programmes
Grand-est, Occitanie et
auvergne-Rhône-alpes. veut y croire
édition régionale,
Télérama+Sortir, pages 1�8 T alents
spéciales, foliotée de 1 à 24
jetée pour les kiosques des �4 L’écoféminisme, c’est elle 131 Mots croisés
dép. 75, 77, 78, 91, 92, 93,
e94, 95, posée sous la 4 de Françoise d’eaubonne : femmes
couverture pour les abonnés
des dép. 75, 78, 92, 93, 94. et planète, même combat !
12 Télérama 3720 28 / 04 / 21
Jean-Luc GueRIn/OpaLe vIa Leema Ge | OLIvIeR metz GeR pOuR téLéRama | R ObeRt O FRankenbeRG pOuR téLéRama | Jean-FRançOIs R ObeRt pOuR téLéRaman
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Mise à jour
PREMiER PLan
genc
sous Robot américain
Spot, utilisé par
une entreprise
de sécurité, velan à Hambourg.
2030, rien que ça), l’Union européenne cherche donc une Peut-on construire un péage sur un circuit de
ligne de crête qui permettrait d’encadrer ce nouvel
eldoformule 1 ? L’Europe, habituée des chantiers im- rado sans l’interdire, de respecter les libertés sans
hypothéquer l’innovation. Et ses contorsions laissent incidem-possibles, en est persuadée. En présentant le
ment des angles morts. D’une main, le texte propose
21 avril son plan pour réglementer l’intelligence d’interdire — et c’est heureux — le crédit social (en Chine,
artifcielle, Bruxelles souhaite, selon les mots de sa com- il conditionne déjà l’accès des citoyens à certains services
missaire Margrethe Vestager, « élaborer de nouvelles à une note arbitraire attribuée par des systèmes
informanormes qui garantiront une IA sûre, tournée vers le progrès tiques) ; mais de l’autre, il reste fou sur des technologies
et centrée sur l’humain ». L’intention est louable. Encore dangereuses — on pense ici à la détection des émotions,
efaut-il qu’elle résiste à la pression, quand l’Europe est héritière de pseudo-sciences du xix siècle —
suscepcoincée entre un modèle américain prédateur des don- tibles de proliférer sous le double efet de la crise
saninées personnelles et un paradigme chinois bâti sur le taire et des injonctions sécuritaires. « Il n’y a pas de place
contrôle social dopé aux algorithmes. Face aux superpuis- pour la surveillance de masse en Europe », a encore insisté
Par Olivier sances voraces (Pékin vise une économie de l’intelligence Margrethe Vestager. Reste à savoir quelle est la place de
Tesquet artifcielle valorisée à 150 milliards de dollars à l’horizon l’Europe dans cet écosystème de la surveillance •
Télérama 3720 28 / 04 / 21 13
Daniel ReinhaRD /ZUM PRes/ZUM/Rea

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