PME Magazine n°80 - Mai/Juin 2020
92 pages
Français

PME Magazine n°80 - Mai/Juin 2020 , magazine presse

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
92 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Exrait

édeLducien AGiBIAto
Que sera Demain ? eaucoup d’observateurs continuent de se une vitesse fulgurante ? La mondialisation entretient demander pourquoi après le SRAS, la ce faisant une instabilité économique dangereuse. grippe aviaire H1N1, Ebola et autres, la Que sera demain, si le monde devait affronter une sanitBaire du covid-19. Les capacités scientifiques et communauté scientifique mondiale n’a pas crise alimentaire, car les ¾ de la production mondiale été capable de prévoir cette grande crise de riz proviennent de 4 pays asiatiques ? technologiques mondiales gardent-elles une utilité pour Il est temps de regarder, analyser et imaginer un les humains ? Pourquoi sommes-nous capables de nouveau modèle économique, de nouvelles chaines programmer des missions sur Mars, Saturne, ou de valeur entre les différentes régions du monde. Jupiter sans être capable d’anticiper Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, il une telle pandémie qui a décimé à est peut-être temps de repenser et La crise du Covid-19 ce jour plus de 350 000 personnes, réajuster la mondialisation de donne en effet l’occasion aux États-Unis plus de morts que la l’économie si on veut éviter qu’elle se «chinoiisation » de l’économie. à toute la planète de guerre du Vietnam et mis au pas transforme définitivement en réfléchir sur Le Monde toute l’économie mondiale ? Que d’Après. À commencer sera demain si notre science gère par les africains. C’est le plus facilement l’après-demain et moment de penser à ce les jours d’après en oubliant La crise du Covid-19 donne en effet Demain, pourtant plus proche deque nous voulons faire de l’occasion à toute la planète de réfléchir nous ?nos pays. sur Le Monde d’Après. A commencer par les africains. C’est le moment de penser à ce que nous voulons faire de nos pays. Les De même que de nombreux observateurs ont noté que occidentaux, entendez européens et américains, qui des pays dits développés et industrialisés de longue ont toujours été nos tuteurs et maitres à penser, ont date ne pouvaient pas produire leur consommation de été mis à rude épreuve durant cette crise, avec des masques de protection, de respirateurs et autres tests décès par millier sur plusieurs semaines. Les chinois, biologiques devenus subitement indispensables dans coréens et autres asiatiques se sont montrés plus la lutte contre le Covid-19. En réalité, de grandes réactifs et plus alertes dans l’obtention de résultats puissances industrielles ne le sont plus que de nom. probants. Peut-être parce qu’ils ont pris leur destin La mondialisation est passée par là. Le Covid-19 en a en mains depuis bien longtemps. Les africains révélé les faiblesses et les dangers. Toute la planète doivent faire pareils et cette crise leur en donne attendait ses masques de Chine. Et comment a-t-on pu l’opportunité. Sauront-ils la saisir ? To be or not to be, penser qu’un seul pays, fut-il l’atelier du monde, peut-That is the question, a dit William Shakespeare, un il fournir dans des délais raisonnables toute la planète célèbre écrivain britannique, il y a bien longtemps qui affronte au même moment un virus qui avance à
2020 / N°80 /PME Magazine, relance économique • 3
sommaire Mai-Juin N°80
3 -Edito : Que sera demain ? 6 -Eco d’Echo : l’actualité économique du moment 12 -Trombi : ceux qui montent
15 - Plaidoyer : Imapct économique du Covid-19
16 -Goris Maxwell, Texas Grill 18 -Yann AMON, RAD Immobilier 20 -Maïmouna Coulibaly, Moon Drive 22 -Olivia Akouba Angola, Max 15 Fashion 24 -Désiré Porquet, planteur 28 -Jean-Marc BINI, Domaine BINI 32 -Enoblé Manzan Pamela, ENOTEL 34 -Astou Djama-Dubois et Cynthia Aka-Assalé, Event Pro-Inter 36 -Kangah Claudine, Groupe Hôtels Abissa 38 - Avis d’expert:Quatre leviers pour restructurer votre entreprise en temps de crise
41 -Comment bien relancer son entreprise après le Covid-19 ? 43 - Avis d’expert :Le grand Reset 47 - Avis d’expert :Tirer profit des mesures prises par le gouvernement
50 - Le grand Dossier : Pandémie du Covid-19 Lorsqu’une crise sanitaire menace de bouleverser toute une économie 62 -Mandi Dagry-Yacé, DG de Batidécor 65 -Lutte contre le Covid-19 :Forces et faiblesses des mesures gouvernementales 74 -Tout ce qu’il faut savoir pour bénéficier des fonds Covid-19
Disponible sur
les bouquets Canal + 171
683
Directeur de publication :LucienAgbia -Redacteur en chef :Bamba Lacina •Secrétaire générale de rédaction :Anastasie YanlaRédaction :LucienAGBIA, Loh Damas, Bamba Lacina, Akoumian Steven •Service Commercial : Victor Junior Djokouehi, Auguste Konan BOUHI •Diffusion &Abonnements :Guigrehi Jocelin - Edité par Multiconsult Gestion SARL au capital de 5 000 000 FcfaGérant :LucienAgbia • 06 BP 1779Abidjan 06 • Tél. (225) 22 48 80 76 Fax (225) 22 44 17 80 • Récépissé du PR n°77 / D du 12 Septembre 2003 • Dépôt Légal éditeur n°7319 du 17 Septembre 2003 • Tirage :10 000 ex• Distribution: CI :Edipress• Bénin :Sonaec -Burkina Faso :LB DIACFA
• PME Magazine, relance économique/ 2020 / N°80 4
ÉCHOS D’ECO L’actualité économique du moment
Impact Covid André en redressement judiciaire es confinements liés au Covid-19 en France ont fait leur première victime déclarée au niveau des entreprises. L L’enseigne française de chaussures André a déposé le bilan le 23 mars dernier et placé en redressement judiciaire dès le 31 mars. L’enseigne dont les 150 points de vente sont fermés suite aux mesures gouvernementales perdait 250 000 euros par jour de chiffres d’affaires. En 2019, André a réalisé 100 millions d’euros de chiffres d’affaires, soit environ 66 milliards de FCFA. Mais la crise du Covid-19 et ses mesures de restriction a eu raison de l’entreprise aux 600 salariés et 150 boutiques. Beaucoup d’entreprises redoutent une faillite du fait du Covid-19 dans pratiquement tous les pays.
Impact Covid Faut-il choisir entre la crise sanitaire et la crise économique ? ’aurait pu être un dilemme pour les gouvernants africains mais l’option a déjà été faite. Il s’agit de protéger la population en évitant la crise C sanitaire pour laquelle le dispositif d’assistance médical n’est suffisant pour aucun de nos pays. Très vite donc, des dispositifs de confinement ont été mis en place nonobstant les risques de crise économique que cela fait courir aux économies d’Afrique subsaharienne et à la précarité que cela fera courir aux populations vu que les filets sociaux sont quasiment absents. Faillites et aggravation du chômage risquent d’être le lot de nombreux pays africains au sortir de cette crise du Covid-19. C’est en substance les conclusions du rapport du groupe de conseil Finactu publié le 31 mars dernier. Heureusement, de nombreux états ont lancé des ripostes économiques dès le mois d’Avril. Tourisme Des pertes colossales ’Organisation Mondiale du Tourisme – OMT prévoit une baisse L comprise entre 20 et 30% des recettes du tourisme international, dans des proportions comprises entre 300 et 450 milliards de dollars. C’est près du tiers de recettes réalisées en 2019. D’après les spécialistes, le Covid-19 fait perdre près de sept années de croissance au secteur du tourisme international. Dans de nombreux pays, les acteurs du tourisme furent parmi les premières victimes : compagnies aériennes, hôtels internationaux, agences de tourisme et voyages, ont vu rapidement fondre leur recette avant même les restrictions des vols internationaux. En Afrique, 95% de la flotte aérienne est clouée au sol du fait de la pandémie. En Côte d’Ivoire, la seule ville de Gd-Bassam perd près de 400 millions chaque mois.
• PME Magazine, relance économique/ 2020 / N°80 6
ÉCHOS D’ECO L’actualité économique du moment
Impact Covid Le grand défi du stockage ans de nombreux secteurs d’activités, les problèmes de stockage liés à la réduction D d’activité se posent avec acuité et vont continuer si la crise sanitaire liée au Covis-19 se prolonge. L’une des premières activités à subir les problèmes de stockage fut le transport aérien. A mesure que les restrictions et les fermetures de frontières étaient annoncées, les compagnies aériennes devaient trouver des solutions au stockage des avions qui ne volaient plus. Aujourd’hui presque tous les aires de parking des aéroports sont pleins vu qu’en temps normal, les avions sont en majorité dans les airs et passent très peu de temps sur sol. Après les aires de stockage habituel, les pistes secondaires ont suivi et certains aéroports ont dû stocker des avions sur les pistes principales, rendant l’aéroport non fonctionnel. Le problème se pose dans le secteur du pétrole et cela va s’accentuer. La faiblesse de la consommation actuelle due au ralentissement économique a généré des quantités considérables qu’il faut stocker en attendant des jours meilleurs. Les sites de stockage pétrolier seront très bientôt à saturation et cela va poser d’énormes soucis aux opérateurs et producteurs de pétrole.
Construction aéronautique Nuages à l’horizon
L’une des premières activités économiques à subir la crise du Covid-19 fut le transport aérien. Pratiquement toutes les compagnies aériennes du monde sont aujourd’hui clouées au sol du fait de la fermeture des frontières partout. Conséquence immédiate : des annulations en cascade des commandes d’avions chez les deux principaux constructeurs que sont Boeing et Airbus. Même après la crise sanitaire, les spécialistes envisagent un redémarrage lent du transport aérien et l’IATA ne prévoit pas d’achat d’avions neufs dans les 6 ou 9 prochains mois. Viendront s’ajouter à cela, en cas de faillites de compagnies, ce qui est fort probable, des lots importants d’avions d’occasion sur le marché. Autant de nuages à l’horizon pour les deux constructeurs, surtout Boeing qui affronte depuis près d’une année, la crise de son best-seller 737 Max.
2020 / N°80 /PME Magazine, relance économique • 7
ÉCHOS D’ECO L’actualité économique du moment
Santé Le réveil africain ? a pandémie du Covid-19 semble avoir L fouetté l’orgueil des africains qui souhaitent cette fois essayer des solutions médicamenteuses locales au lieu d’attendre en permanence les solutions des laboratoires internationaux. De nombreux tradi-praticiens et chercheurs locaux présentent régulièrement des traitements pour de nombreuses pathologies tropicales mais en général, ils ne bénéficient pas des soutiens officiels des autorités. Pour une fois, un président de la république s’en mêle officiellement. Le Président malgache a validé, contre l’avis de l’OMS, des essais pour un traitement à base de plante artemisia dans la lutte contre le Covid-19. Le Covid-Organics a été mis au point par l’institut malgache des recherches appliquées et contient l’artemisia, une plante déjà connue dans la lutte contre le paludisme. La pharmacopée traditionnelle offre beaucoup d’opportunités mais pâtit du soutien des autorités locales. Quels que soient les résultats finaux du Covid-Organics malgache, dont des lots ont été envoyés dans plusieurs pays africains, le soutien affiché des autorités de même que l’implication des universitaires peuvent servir de déclencheur pour réveiller et pousser la pharmacopée traditionnelle africaine et la recherche locale à mieux s’impliquer dans le traitement des maladies tropicales. Ici en Côte d’Ivoire, l’université FHB de Cocody et l’INPHB de Yamoussoukro ont déjà présenté des gels et spray bio issus de leurs laboratoires. Il faut espérer des médicaments à base de plantes locales pour bientôt.
Business The show must go on a crise du Covid-19 n’empêche pas certains gros deal d’affaires en cette période de grand L chamboulement économique. Le 6 avril dernier, l’opérateur kényan Safaricom et le sud-africain Vodacom ont annoncé avoir fait l’acquisition du fameux M-Pesa, précurseur du paiement mobile et leader depuis plusieurs années auprès du britannique Vodafone. Les deux nouveaux acquéreurs de la marque M-Pesa ont l’ambition d’accélérer sa croissance, le développement de nouveaux produits et son extension à de nouveaux marchés africains. M-Pesa a été lancé en 2007 par Vodafone pour Safaricom et Vodacom pour des activités de microfinance et transfert d’argent par téléphone mobile. L’acquisition de la marque leur donne désormais plus de flexibilité dans le développement de M-Pesa.
• PME Magazine, relance économique/ 2020 / N°80 8
ÉCHOS D’ECO L’actualité économique du moment
Hydrocarbures Du pétrole négatif e n’était jamais arrivé auparavant et cela C mérite donc d’être souligné au titre des gros impacts du Covid-19. Les confinements partout dans le monde, l’arrêt de la circulation routière, l’arrêt des transports aériens et maritimes, l’arrêt des usines, etc…, ont entrainé une très grande chute dans la consommation de pétrole et un niveau de stockage très important, trop important même vu que les structures de stockage étaient à saturation. La chute des prix était continue et le 20 avril dernier, le pétrole cotait pour la première fois de son histoire -37,63 USD pendant quelques heures. Un prix négatif signifie que le vendeur est prêt à donner de l’argent à l’acheteur pour qu’il lui prenne du stock de pétrole. La surproduction n’est pas étrangère au phénomène car en période de baisse des prix, les grands pays producteurs ont tendance à augmenter leur production pour compenser la perte de revenus. Beaucoup de compagnies pétrolières risquent la faillite si une régulation de la production ne vient pas rapidement aider à la remontée des prix.
Impact Covid
Froid sur les AG 2020 es mesures de confinement et de restriction sont pratiquement apparues au L moment où de nombreuses sociétés cotées à la BRVM allaient programmer leur Assemblées Générales 2020. La saison démarre en effet courant mars et s’achève pour les dernières sociétés vers la fin Août. Malheureusement il était interdit de se réunir à plus de 50 depuis mi-mars, ce qui handicape dangereusement les tenues d’AG 2020. Le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers – CREPMF recommande dans ces conditions de privilégier les réunions par visio-conférence. Quand on connait la non constance des réseaux internet dans nos pays, autant dire que c’est à une vraie gageure que se livreront les sociétés cotées et autres acteurs du marché financier pour les assemblées générales 2020.
2020 / N°80 /PME Magazine, relance économique • 9
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents