Première du 13-10-2020
116 pages
Français

Première du 13-10-2020

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Publié par
Date de parution 13 octobre 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 30 Mo
Oct —n°511 obre 2020
BENJAMIN ADIEU BIOLAY CASSER LA VOIE LES CONS DUPETOC’ENST ÀTÇAEQUL’ON LOE RSECOENNATÎTOUT Interview sans filtre CRASH GÉRARD DAVID CRONENBERG,DEPARDIEU & FASTE ET FURIEUX PIERRE RICHARD PETIT LES COMPÈRESVAMPIRE REPRENNENTJOANN DU SERVICE EN PLEIN SFAR
GUESTS
CAMÉLIA JORDANAYAHYA ABDULMATEEN II BÉATRICE DALLENICOLAS MARIÉEVAN RACHEL WOOD
PHOTO DE COUVERTURE Jérome Prebois Pour j oindre la rédaction composer le 01 70 suivi du n° de poste de votre correspondant.
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Édito
HAIL TO THE KING
endredi 28 août, on apprenait le décès des suites d’un cancer de Chadwick Boseman. En l’espace étaitvjeune, il était beau, il était doué. Boseman devenait de quelques heures, Hollywood formait un chœur funèbre pour pleurer l’enfant prodige. Il une nouvellegolden startrop tôt. Et sa mort foudroyée laissait la planète sans voix – à l’image de ce qu’avaient provoqué celles de Heath Ledger ou de Paul Walker. Pour-tant, ça ne suffit pas à expliquer l’extraordinaire échooccasioné par sa disparition. Boseman était un Avengers et, quoi qu’on pense des films et du studio qui les façonne, ces (super)héros ont une puissance fantasmatique qui dépasse l’entendement. Avec Chadwick Boseman, c’est T’Challa qui disparaissait, une figure garante de l’ordre du monde et de la justice. Une force de réenchantement symbolique du quotidien. Mais surtout un modèle de la lutte antiraciste. La figure de l’acteur, engagé dans la lutte pour les droits civiques, fusionnait dans la mort avec celle du superhéros politique qu’il a incarné et qui avait permis à tout un public noir de s’identifier enfin à un personnage qui lui ressemblait et qui portait ses revendications et ses espoirs. AvecBlack Panther, sous les traits de Boseman, Hollywood affrontait enfin de face la question raciale. Au moment où le mouvement Black Lives Matter redevient aussi fort (et nécessaire), la disparition de cette incarnation résonne de manière plus douloureuse et injuste. Son cri de« Wakanda forever »sonne forcément différemment.
GAËL GOLHEN RÉDACTEUR EN CHEF
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Sommaire 5 1 1  O C T O B R E 2 0 2 0
 06PREMIÈREMENTCamélia Jordana  10TOURNAGEUmamide Slony Sow  14AVANTPREMIÈRELe Festival Lumière 16LES UNS... ET LES AUTRES  18MODE D’EMPLOIComment filmer la relation tendue entre les Français et la police?  20RÉVÉLATIONMarilou Aussilloux  22BOXOFFICE 24EN COUVERTUREAlbert Dupontel 34PORTRAITEvan Rachel Wood 36PORTRAITNicolas Marié 38RENCONTREBenjamin Biolay 42FOCUSJosepd’Aurel 48PORTRAITCharlie Kaufman 52INTERVIEWDavid Cronenberg 58PORTRAITYahya Abdul-MateenII 62FOCUSLes studios à l’attaque des salles? 68INTERVIEWJoann Sfar 72TOP 20des enfants les plus méchants  79SOMMAIRE CRITIQUES  80EN SALLES  98STREAMING/VOD/DVD 102SÉRIES 106CLASSICS 114LE FILM QUI...Béatrice Dalle
Ce numéro comporte un encart ADL Performance – France Abonnement – (28 000 exemplaires) jeté sur la couverture en aléatoire sur une sélection d’abonnés France.
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Une plongée passionnante dans un foyer religieux pour jeunes fillesmères en Argentine.PREMIÈRE
MATERNAL
 J’AI ENFIN INTÉGRÉ LE FAIT QU’ON EST LÉGITIME À FAIRE DES CHOSES À PARTIR DU MOMENT OÙ ON A DU DÉSIR POUR LES FAIRE. 
© HELLENA BURCHARD
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P R E M I È R E M E N T
 CITATION  CAMÉLIA AprèsLa Nuit venJueetOLes choRses qu’Don dit, lAes chosNes qu’onAfait,elle poursuit sa riche année cinématographique sur le terrain de la comédie romantique avecParents d’élèves.L’occasion de faire le point sur l’évolution de son rapport au cinéma et de l’impact de ses engagements sur les propositions qu’elle reçoit. PARTHIERRY CHEZE
PREMIÈRE : On vous voit rarement dans des comédies. Quel rapport entretenez-vous avec ce genre ? CAMÉLIA JORDANA : Pour moi la comédie est un genre très important, mais comme spectatrice, j’avoue être rarement emballée par ce que le cinéma français propose dans ce domaine. Pour autant, j’ai envie d’en faire, d’appartenir à cette famillelà. C’est im portant pour les idées que j’ai envie de faire pas ser, car ce sont des films vus par beaucoup de monde.
Vous en recevez beaucoup ? Oui, pas mal. Mais contrairement à la lec ture d’un drame où je me dis que ses pe tites faiblesses pourront être colmatées par la force du sujet, le couperet tombe immédiatement pour une comédie. Je ris ou je ne ris pas. Si au bout de dix pages, rien ne s’est produit, ce n’est pas la peine d’insister.
J’en déduis donc que vous avez ri dès les premières pages de Parents d’élèves? Oui, mais avant la lec ture, le déclic est venu de ma rencontre avec Noémie [Saglio, la réalisatrice] avec
laquelle ça a tout de suite matché, et de la pré sence au casting de Vincent Dedienne pour qui j’ai énormément d’affection et d’estime. La lecture du scénario n’a fait que confirmer ces premières impressions.
On parle souvent de l’effet César. Les choses ont concrètement changé pour vous après votre statuette pourLe Brio? Ce film a vraiment été décisif. Mais en deux temps. D’abord, lorsque je suis choisie par Yvan [Attal]. Dès que la nouvelle est connue, je sens que je suis vraiment prise au sérieux par l’industrie. Car si Yvan Attal vous considère, vous êtes considérable ! J’ai donc reçu avant même le premier jour de tournage duBrioénormément de scénarios. Puis, après le César, j’en ai reçu une nouvelle salve. Mais les choses avaient changé. Il ne s’agissait plus uniquement de rôles de femmes arabes. Car dans la foulée des attentats du Bataclan, on ne me proposait que des histoires de femmes en burqa, de femmes torturées, de femmes al lant faire le jihad… Certains de ces scénarios étaient très beaux. Mais déjà que je ne savais pas comment m’échapper de ce tas de pus en tant que citoyenne, je ne me voyais absolu ment pas passer des mois sur des sujets aussi graves et des rôles aussi tragiques. L’appel d’air qui a suivi le César m’a fait un bien fou.
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À l’écran, au fil des rôles, graves ou plus légers comme dansParents d’élèves,on a le sentiment que vous vous êtes libérée dans votre jeu. Vous le vivez aussi comme ça ? Oui, parce que j’ai moins peur. Et là encore, je le dois au César. Avant ça, j’étais la fille de la musique qui faisait du cinéma. Mais ce prix m’a donné une légitimité dans montravail de comédienne. Avant, c’était comme si je m’excusais d’être là et je n’osais rien tenter. Depuis, je me sens plus libre de faire des propositions et d’échanger avec le metteur en scène, de construire avec lui le personnage.
Entre musique et cinéma, y a-t-il chez vous une priorité ? Non, car les deux m’apportent des choses extrêmement différentes. Dans la chanson, j’ai la chance d’être devenue ma propre pro-ductrice, je raconte à travers mes textes et ma musique ce que j’ai besoin de raconter : ce qui me permet de survivre ! Alors qu’au cinéma, je défends certes des rôles, mais au service du projet de quelqu’un d’autre.
Vous n’avez pas envie du coup de raconter aussi vos propres histoires au cinéma ? J’ai eu la chance de m’essayer à la réali-sation dans le cadre des Talents Cannes ADAMI qu’on présentera sur la Croisette l’année prochaine. J’avais déjà dirigé des gens sur des clips et ça n’a fait que confir-mer mon désir de passer au format long. J’ai d’ailleurs un projet de film que je coécris avec la scénariste de mes rêves, Raphaëlle Desplechin.
Vous regardez les films différemment depuis que vous savez que vous allez réaliser ? Non, parce que j’avais déjà ce pli-là de-puis un petit moment. Quand on n’a pas fait d’études de cinéma, on fait son appren-tissage à travers des films et des échanges avec des connaisseurs de l’histoire du ci-néma. Chez moi, ça a débuté vers 20 ans. J’ai commencé à aller voir quatre films parsemaine.
Quels sont ceux qui vous frappent particulièrement à cette période ? Spontanément, je citerais les films de Kim Jong-hoon, Bong Joon-ho, Claire Denis, © STÉPHANE BRANCHU
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Parents d’élèves
David Cronenberg et Marco Bellocchio. Je me suis prisDes poings dans les pochesen pleine figure pendant le confinement et je ne m’en suis toujours pas remise… J’adore aussi le cinéma français des années 70, mais je dois avouer que mon engagement aujourd’hui est tel que j’ai du mal à regar-der certains films, même si je les adore. À cause du traitement réservé aux femmesnotamment. MêmeNous ne vieillirons pas ensemblede Pialat. À mes yeux, l’époque où il a été tourné l’emporte sur le film.
Vos engagements dans la vie impactent vos choix de comédienne ? Oui, mais sans y penser. Parce que c’est en moi. Parce que c’est la manière dont je vis. Mais, je joue aussi des personnages qui font des choses que je déteste dans la « vraie » vie!
Par exemple ? La jeune femme desChoses qu’on dit, les choses qu’on fait.ce qu’elle fait à Tout l’écran est à mille lieues de la femme que je suis. Son comportement, sa manière de s’ex-primer vont au-delà de l’archaïque pour moi. Et je ne parle même pas de la raison pour laquelle elle choisit de donner son corps à un homme. Juste parce qu’il est gentil ! Cela ne m’était jamais arrivé de n’avoir aucun atome crochu avec un personnage et d’être à ce point dans le lâcher-prise. Mais cela fait partie intégrante de mon boulot de comédienne. En plus, à l’arrivée, je trouve le film très réussi… même si ça ne sera jamais ma pote.(Rires.)
Est-ce que votre intervention sur les violences policières dans l’émission On n’est pas couché a eu un impact sur votre métier d’actrice, à l’image de ce directeur de casting qui avait appelé au boycott d’Adèle Haenel… Le propre d’une prise de parole est de susci-ter actions et réactions. Certains vont dans votre sens. D’autres non. C’est parfaitement logique. Et cela permet de faire sortir des gens du bois, de les obliger à se position-ner plutôt que de rester planqué derrière des non-dits à terme mortifères. Réagir, c’est débattre, c’est situer et nommer les pro-blèmes sans quoi on ne trouvera jamais de solution. Et puis ça éclaire les choses. Pour les autres par rapport à moi et pour moi par rapport aux autres.
Vous avez déjà écrit à un cinéaste pour lui dire votre envie de travailler avec lui ? C’est drôle que vous me posiez cette ques-tion. Car j’ai commencé à écrire des lettres pendant le confinement. C’est mon projet de cette année. M’en faire parler va m’obliger à aller au bout. Cela fait trois ans que j’ai cette idée en tête. Et j’ai enfin intégré le fait qu’on est légitime à faire des choses à partir du moment où on a du désir pour les faire. Donc quand on se reverra, je vous dirai si ça a marché…
P A R E N T S D ’ É L È V E S DeNoémie SaglioAvecCamélia Jordana, Vincent Dedienne, Alix Poisson….Sortie14 octobreDurée1h29Critiquepage 91
eynié R
axime M ©
Photos . RE P SIEM N2C
« Aussi passionnant sur le fond que sur la forme, un film d’utilité publique. » PREMIÈRE
le bureauprésente
avec la participation deGWENDAL LEROY  PATRICE PHILIPPE  ALAIN DAMASIO  FABIEN JOBARD  MICHEL FORST  BERTRAND CAVALLIER  MATHILDE LARRÈRE  VANESSA CODACCIONI  PATRICE RIBEIRO LUDIVINE BANTIGNY  SEBASTIAN ROCHÉ  WILLIAM BOURDON  ANTHONY CAILLÉ  MONIQUE CHEMILLIERGENDREAU  MÉLANIE N’GOYÉGAHAM  ARIÉ ALIMI  VANESSA LANGARD BENOIT BARRET  MANON RETOURNÉ  TAHA BOUHAFS  SÉBASTIEN MAILLET  RACHIDA SRITI  MYRIAM AYAD  ROMAIN HUËT LE BUREAUprésente un film deDAVID DUFRESNEécrit parDAVID DUFRESNEimageEDMOND CARRÈREmontageFLORENT MANGEOTsonCLÉMENT TIJOU  THÉO SERROR  LAURE ARTO direction de productionGABRIELLE JUHELproduit parBERTRAND FAIVREproducteur associéVINCENT GADELLEune productionLE BUREAUen coproduction avecJOUR2FÊTE avec le soutien deLA RÉGION ÎLE DE FRANCEet deOPEN SOCIETY FOUNDATIONSetCITIZENS FOR EUROPEen association avecCINÉVENTURE5ventes internationalesTHE BUREAU SALESdistributionJOUR2FÊTE © LE BUREAU - JOUR2FÊTE - 2020 au cinémale 30 septembre
T O U R N A G E
© UMAMI LIMITED  NOMPAREILLE PRODUCTIONS
10Octobre 2020
Gérard Depardieu et Pierre Richard
LA GRANDE BOUFFE
En exclusivité,Premièrea été témoin des retrouvailles entre Gérard Depardieu et Pierre Richard quarante ans après La Chèvre,surUmami,le premier long métrage de Slony Sow.uPARSOPHIE BENAMON
ujourd’hui, Gérard Depardieu vient d’avoir une crise cardiaque. À l’hô-pital de Thouars, à quelques encablures de Saumur, une sbMpiirlgaeeni,msésiecuSlrreosuntlAnyonalSiigtonsdwi,mhqeéôttupreivatogadilel.éàbAlfuerltoaedrnsec,Usotimi-ljnaagrdpmoeoi,gnsnaouienns.chambre lui estréservée. Personne n’aime les hôpi-taux, Depardieu encore moins. Sur-tout si on l’oblige, lui, le fauve sans cesse en mouvement, à s’allonger presque immo-personnage, Gabriel, un des plus puis-sants chefs de l’histoire de la grandecuisine. « Le jour où il est récompensé par une troisième étoile, explique le réalisa-teur entre deux prises, tout fout le camp : la santé, la famille. Toutes ses erreurs, tous ses excès se présentent à lui en l’espace de cinq minutes. À partir de là, il doit trouver un nouveau moteur dans sa vie et partir en quête d’un vieux rêve : découvrir la cin-quième saveur du palais, que les Japonais appellent“umami”.»
Alchimie retrouvée Ce projet et ce rôle, Slony Sow les a écrits sur mesure pour Gérard Depardieu : « Gabriel est un personnage très pudique qui a des zones d’ombre, il commence l’histoire avec le sentiment d’avoir raté sa vie malgré une époustouflante réussite. »Umamiest produit par Lucas Oliver-Frost, un Austra-lien installé au Japon, avec le Français Jean-Maurice Belayche. C’est grâce à ce dernier que le jeune cinéaste avait approché Depardieu voilà dix ans pour un court métrage,Grenouille d’hiver.sa grande surprise, À le comédien avait accepté et même proposé son château de Tigné comme décor. Le tournage d’Umamia débuté l’hiver der-nier sur l’île d’Hokkaido. L’expérience a marqué Depardieu. Mais, en cette fin de juin nimbée de douceur angevine, c’est en France que les prises de vues se poursuivent. Et dans cet hôpital désaffecté, qui sert aux équipes de cinéma à défaut d’être occupé par des patients, notre monstre sacré national a rendez-vous avec une autre légende : son complice des comédies de Francis Veber, Pierre Richard. « Pierrot !», tempête affec-tueusement le colosse, en accueillant son partenaire. Ils ont mille choses à se dire… Autour d’eux, l’équipe masquée – crise
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