Première du 20-07-2021
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Date de parution 20 juillet 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 141 Mo

Exrait

JuilletAoût 2021n°520
FAST&FURIOUS9 UnRETeOURfSUaR LAmSAGiAlLlA PeLUS EeXPLnOSIVoEr DEHOLLYWOOD
JUNGLE CRUISE THE ROCK ET EMILY BLUNT SONT SUR UN BATEAU
CANNES 2021 MARION COTILLARD,MIA HANSEN-LØVE, PAUL VERHOEVEN…
GUESTS
PIO MARMAIGAEL GARCIA BERNALKELLY REICHARDT FRANÇOIS BERLÉANDVICKY KRIEPSEDGAR WRIGHT
JEAN-CLAUDE VAN DAMME RENCONTRE DUTROISIÈME KICK
PHOTO DE COUVERTURE2021 UNIVERSAL STUDIOS. All Rights Reserved.Pour joindre la rédaction composer le 01 70 39 53suivi du n° de poste de votre correspondant.
RÉDACTION GAËL GOLHEN:Rédacteur en chef 90  ggolhen@premiere.fr THIERRY CHEZE :Rédacteur en chef magazine  tcheze@premiere.fr FRÉDÉRIC FOUBERT : Rédacteur 89  ffoubert premiere.fr @ SYLVESTRE PICARD : Rédacteur (94)  spicard@premiere.fr THOMAS BAUREZ : Rédacteur  tbaurez@premiere.fr ÉLODIE BARDINET : Rédactrice (87)  ebardinet@premiere.fr FRANÇOIS LÉGER : Rédacteur  fleger@premiere.fr CHARLES MARTIN : Rédacteur  cmartin@premiere.fr ÉDOUARD OROZCO : Social media editor 83  eorozco@premiere.fr
COLLABORATIONS DIRECTEUR ARTISTIQUE :ÉMILIEN GUILLON RÉDACTRICE GRAPHISTE :VIRGINIE GERVAIS PHOTO :VIRGINIE GERVAIS (86) – vgervais@premiere.fr ERE 1 SECRÉTAIRE DE RÉDACTION :ESTELLE RUET (88) – eruet@premiere.fr SECRÉTAIRES DE RÉDACTION :VIRGINIE BLANC, ISABELLE CALMETS, MARIANNE PIERROT TEXTES :JONATHAN BLANCHET, GUILLAUME BONNET, FRANÇOIS GRELET, PIERRE LUNN, OLIVIER RAJCHMAN, FRANÇOIS RIEUX, YERIM SAR, ROMAIN THORAL
SITE INTERNET DAVID CAPELLE : Digital manager DIRECTION, ÉDITION REGINALD DE GUILLEBON : Directeur de la publication LAURENT COTILLON : Directeur exécutif FRÉDÉRIC TEXIER : Responsable financier CATHERINE LEBORGNE : Comptable FABRICATION CREATOPRINT - ISABELLE DUBUC  06 71 72 43 16 SUPPLÉANTE : Sandrine Bourgeois MARKETING PAULINE PARNIÈRE : Directrice marketing  01 70 36 09 98pauline.parniere@lefilmfrancais.com PUBLICITÉ MEDIAOBS 44 rue Notre-Dame des Victoires  75002 Paris- Tél : 01.44.88.97.70  Fax : 01.44.88.97.79  mail pnom@mediaobs.com. Pour joindre par téléphone votre correspondant, composez le 01 44 88 suivi des 4 chiffres entre parenthèses DIRECTRICE GÉNÉRALE :Corinne Rougé 93 70 DIRECTRICE COMMERCIALE :Sandrine Kirchthaler 89 22 DIRECTEUR DE PUBLICITÉ:Arnaud Depoisier 97 52 DIRECTEUR DE PUBLICITÉ:Romain Provost 89 27 CHEF DE PUBLICITÉ DIGITAL :Baptiste Mirande 97 79 STUDIO:Brune Provost 89 13 COMMANDE ANCIENS NUMÉROS Tél. : 03 88 66 28 63 ABONNEMENT Tarif standard 1 an France métropolitaine : 49,99 € pour 11 parutions Tarif avec Hors-séries 1 an France métropolitaine : 64,99 € pour 11 parutions du numéro régulier + 3 hors-séries. Tarifs autres destinations sur demande auprès du service abonnements. SERVICE ABONNEMENTS : Gérez vos abonnements, abonnez-vous, réabonnez-vous ou posez vos questions : Par internet : www.premiere.fr rubrique « Abonnez-vous » Par téléphone : 01 55 56 71 37 France  00 33 1 55 56 71 37 étranger Ouvert du lundi au jeudi de 9h à 12h et de 13h à 18h, le vendredi de 9h à 12h et de 13h à 16h. Par email : premiere@groupe-gli.com Par courrier : PREMIERE Service Abonnements  45 avenue du Général Leclerc - 60643 Chantilly Cedex Abonnements Suisse :1 an 11n° : 68 CHF. Asendia Press Edigroup SA - Chemin du Château-Bloch 10  1219 Le Lignon - Suisse - Tél. : 022 860 84 01 abonne@edigroup.ch Abonnements Belgique :1 an 11N° : 60 €. Asendia Press Edigroup SA - Chemin du Château-Bloch 10  1219 Le Lignon - Suisse - Tél. : 070/ 233 304  www.edigroup.be  abonne@edigroup.be Abonnements Canada :EXPRESS MAG, 8275 Avenue Marco Polo, Montréal,QC H1E 7K1, Canada Tél. : 514 355-3333 ou 1 800 363-1310 français ; 1 877 363-1310 anglais. Fax : 514 355-3332. Prix : 1 an 59,99 $, USA. Prix : 1 an 59,99 $, Canada TPS et TVQ non incluses. « Première » ISSN 0399-3698, is published monthly 11 times per year, except August by Première SAS, c/o Distribution Grid, 600 Meadowlands Parkway, Unit 14, Secaucus, NJ 07094 USA Periodicals Postage paid at Secaucus, NJ. Postmaster : Send address changes to “Première”, c/o Express Mag, PO Box 2769, Plattsburgh, NY, 12901-0239. VENTE DÉPOSITAIRE ISSN 0399-3698. Tous droits de reproduction textes et photos réservés pour tous pays sous quelque procédé que ce soit. Commission paritaire :n° 0923 K 82451. Imprimé en Belgique par Renny-Roto SA, rue de Rochefort 211, 5570 Beauraing. Dépôt légal : juillet 2021. Distribution MLP. DIFFUSION Vente au numéro réservé aux marchands de journaux : DESTINATION MEDIA  tél : 01 56 82 12 06 et reseau@destinationmedia.fr ADRESSE 105, rue La Fayette, 75010 Paris. IMPRIMÉ PAR ARTIGRAFICHE BOCCIA SPA- SALERNO Ce magazine est édité par : Première Média SARL, au capital de 10 000 €, 105, rue La Fayette, 75010 Paris, RCS Paris 820 201 689. Avec Provenance papier : Italie Verzuolo. le soutien du Qualité : Unoweb White Bulk 65 g.Taux de fibre recyclé : 0%. Eutrophisation : 0,011 kg/TO de papier.
Édito
À FOND LA CAISSE
echniquement, ce n’est pas le premier blockbuster de la saison(Black Widowsortira une semaine avant), T mais c’est tout comme.Fast & Furious 9débarque le 14 juillet en salles après un détour par le prestigieuxFestival de Cannes pour une séance spéciale. Et d’un seul coup, les affaires semblent reprendre, vraiment. Maiscomment expliquer que l’on déroule le tapis rouge aux champions du tuning ? Comment comprendre que ledélégué général du festival puisse présenterF & F 9comme « un blockbuster planétaire »qui va« satisfaire tous les fes-tivaliers »? Il faut dire que la petite série s’est progressi-vement imposée comme la plus grosse franchise d’action du cinéma. Et cette métamorphose en mammouth de l’in-dustrie permet de dresser un parallèle saisissant avec l’évolution du blockbuster moderne. Pensez : un an avant Iron Man(et la création de Marvel Studios),Tokyo Driftjouait avec le concept d’univers partagé et inventait la séquence épilogue. Un an avant lesExpendables,4F & F s’amusait à additionner sur son affiche les stars d’hier et d’aujourd’hui. De l’inflation des budgets à la colonisation des marchés étrangers, de la folie du reboot à la surenchère technolo-gique ou au casting très diversifié,F & Fencapsule toutes les évolutions du divertissement moderne. C’est peut-être ce que voulait signifier Thierry Frémaux. C’est sans doute pour ça que les films de la franchise génèrent à chaque fois un raz-de-marée populaire. C’est en tout cas pour ça que l’épisode 9 fait la couverture de ce numéro d’été.
GAËL GOLHEN RÉDACTEUR EN CHEF
Juillet - Août 2021
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Juillet-Août 2021
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28 Sommaire 5 2 0 – J U I L L E T - A O Û T 2 0 2 1
 06LES NEWS28EN COUVERTUREFast & Furious 9de Justin Lin  36INTERVIEWJean-Claude Van Damme pour Le Dernier Mercenaire  44RENCONTREThe Rock et Emily Blunt pour Jungle Cruise  50RENCONTREDavid Kosse et Gaëlle Mareschi de Netflix 53DOSSIERCannes 2021 62INTERVIEWPaul Verhoeven pourBenedetta 68FOCUSCodade Sian Heder 72FOCUSKelly Reichardt, réalisatrice deFirst Cow  77SOMMAIRE CRITIQUES  78EN SALLES  98STREAMING/VOD/DVD 102SÉRIES 106CLASSICS 113AGENDA 114LE FILM QUI...François Berléand 72
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Indiana Jones peutil encore sauver votre été ? Il fête ses 40 ans, s’offre un lifting 4K et entend bien ridiculiser la concurrence : le père de tous les blockbusters d’action revient mettre un peu de fun dans nos vies.PARFRANÇOIS GRELET u n dirait presque de la provoc : l’été où la quasi-totalité des blockbusters US a décidé de passer son tour,c’est ce bon vieil Indiana Jones qui est de (res)sortie. O Revoilà donc cette pure bête estivale qui débarque à notre rescousse dans un méga coffret UHD, avec restauration coup de fouet et mix Dolby Atmos badaboum, avec l’ambition de faire rougir de plaisir notre home cinéma comme si sa vie n’était dédiée qu’à ça. Sauf que dans les faits, la sagaIndiana Jonesentretient finalement des liens assez distants avec le genre qu’elle a pourtant inventé : le blockbuster à savourer en maillot de bain. On peut sous cet angle-là, et en mettant de côté toute mauvaise foi, égrainer tranquillement : le quatrième épisode reste indubitablement, et malheureusement, lamentable, d’une mollesse pas croyable et atrocement looké, zéro plaisir. Le troisième n’est rien de plus qu’une sympathique pantalonnade entre deux gentils pépés qui cabotinent (plutôt bien), pas un blockbuster donc, une comédie. Le second est superbe, l’un des sommets graphiques de Spiel-berg, mais c’est aussi un film beaucoup trop vicelard et arty pour qu’on puisse le regarder les doigts de pieds en éventail un soir de canicule. Le seul vrai blockbuster du lot resterait donc le premier, inusable machine à divertir qui ose encore faire des loopings dans les couloirs du temps (il a été réalisé il y a pile quarante ans et c’est très difficile à croire) et nous fait à chaque fois le coup du Neuralyzer deMen in Black(on le connaît par cœur, on lance le générique et, pouf, c’est comme si c’était la première fois). Attention toutefois, au moment même où vous glisserez les disques UHD dans votre machine, un petit pince-ment au cœur pourrait se faire sentir. C’est tout à fait normal : à quelques centaines de kilomètres de votre salon, quelque part au beau milieu de la banlieue londonienne, et en plein cagnard, Indy sera en train de tourner sa dernière aventure. Accompa-© LgUCnAeS FzIL-MlSe-PdAReAMvOoUNsT/pDRensées : 2022 sera son ultime été. u
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Juillet-Août 2021
News
PIO MARMAÏ NE PAS TRAVAILLER,
© FRANCOIS BERTHIER/CONTOUR BY GETTY IMAGES
8Juillet-Août 2021
« JE SUIS À UN MOMENT OÙ L’ON M’OFFRE LA POSSIBILITÉ DE TOUT FAIRE. ET ÇA M’EXCITE À MORT. »
P R E M I È R E M E N T
R,IOMÇA,ÉMISPUE Comédien surdoué, bosseur impénitent, Pio Marmaï est surtout un acteur libre qui mène sa carrière en roue arrière et s’apprête à connaître une deuxième vague de notoriété. À l’affiche de Comment je suis devenu superhéros,il fait le point avec nous sur son actu chargée.PARGAËL GOLHEN u
PREMIÈRE : Comment ça va Pio ? PIO MARMAÏ :Ça va pas mal. Non, ça va super. Je suis très heureux, très très heu-reux. La reprise, la réouverture des ci-némas, la vie en général… Quand on est heureux faut le dire, non ? Alors, par où on commence?
Je voulais faire le point, parce qu’on s’y perd un peu là… Si je peux t’aider, dis-moi.
Vous serez dans le Catherine Corsini (La Fracture)qui va à Cannes, vous venez de finir le nouveau film de Thierry de Peretti (l’adaptation deTrafics d’Étatd’Emmanuel Fansten) qui pourrait y aller également… Rhooo… Je l’avais oublié celui-là.
Vous sortez tout juste du succès d’En thérapie, vous commencez Les Trois Mousquetaires,et on vient vous parler d’un film fini il y a… Pfff… un an et demi. Non deux ans. C’est fou. La temporalité a complètement ex-plosé. Il faut arrêter de penser comme avant. Ça part dans tous les sens et c’est vrai qu’on est un peu paumé.
Ce n’est pas compliqué pour faire la promo ? Non, parce que j’ai envie que ça reste simple. Le souvenir que je garde deComment je suis devenu superhérosest très clair et je peux m’y ratta-
cher facilement. Entre la première version du scénario que j’ai lue il y a quatre ans, la production du film, la sortie décalée, l’épi-démie de Covid… ce fut une expérience longue et tortueuse. Mais quand je t’en parle, là, ce qui me revient immédiatement à l’esprit, c’est l’impression initiale. L’ambi-tion, l’énergie et l’audace de Douglas [Attal] qui venait proposer une lecture très singu-lière du film de superhéros. J’ai tout de suite aimé le souffle et l’ébullition du groupe. Et puis, si la Covid a tout brouillé, moi je fais les choses les unes après les autres. Il n’y a pas de plan de carrière. Du film de Thierry de Peretti auxMousquetaires,c’est sûr qu’il s’agit d’un sacré grand écart.
Et un bon résumé de votre carrière, qui explore tous les genres et part quand même dans tous les sens. Hum. Dis comme ça, c’est positif pour toi ?
Eh bien je vous retourne la question… Je ne sais pas.(Il réfléchit.)Mais là, je suis à un moment où l’on m’offre la possibilité de tout faire. Et ça m’excite à mort. Ne pas res-ter sur les acquis, changer de perspectives, être toujours sur la brèche… Ne pas travail-ler, moi, ça m’épuise. J’ai besoin du mouve-ment pour exister. Et, honnêtement, depuis quelques années je travaille avec des réali-sateurs qui ont chacun un univers propre, un sens de l’écriture et de la dramaturgie exceptionnel. J’ai toujours pensé qu’un acteur n’était qu’un exécutant, et j’ai une confiance absolue dans les réalisateurs avec lesquels je collabore. Ils m’embarquent dans des voyages qui ne sont pas toujours forcé-ment géniaux, mais qui proposent une dy-namique particulière et qui me nourrissent d’une énergie et d’une sorte de feu puissant.
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P R E M I È R E M E N T
Quand les projets sont bons, quand il y a une évidence dans l’écriture, quand il y a une rencontre, tu ne te poses pas la question de la cohérence, de la légitimité ni même du résultat. Tu fonces.
Même quand c’est, a priori, casse gueule ou risqué comme le film de Douglas Attal, un premier long sur des superhéros français ? Évidemment ! Pareil avecEn thérapie: qui aurait cru que ce serait un tel succès ? On parle quand même de 35 heures de pro-grammes où des gens sont face à face sur un canapé. Tu me diras qu’il y avait la série israélienne, et que les noms de Toledano et Nakache devaient rassurer. Mais je te jure que, d’un point de vue rationnel et objec-tif, c’était un coup de poker. Ce qui m’a plu tout de suite, c’est la traversée de la langue, le dispositif… J’avais envie d’explorer ça, de tester une autre manière de travailler.Sachant que quelques mois avant, j’étais sur le tournage deComment je suis devenusuperhéros: je volais accroché à des câbles, je me prenais des lasers dans la tronche, et Swann Arlaud me tirait dessus dans uncouloir. C’est vrai, ça semble partir dans tous les sens comme tu dis, mais ce qui unit ce que je fais, c’est que je tente d’être au plus juste, au plus près de la vérité despersonnages.
C’était précisément le cœur du projet d’En thérapie. On vous connaît dans un registre bondissant, et tout à coup, vous passez des heures assis sur un fauteuil dans l’introspection. Et j’ai retrouvé des sensations éprouvées quand je jouais au théâtre. Comme dans le Peretti, il y avait une quantité de texte à apprendre et à ressortir dans un cadre très contraignant. Dans la série comme dans ce film, il y avait un rapport quasi liturgique au verbe, doublé, dans le Peretti, d’une ryth-mique de tournage étrange. Pas d’action, pas de« Moteur ! », que des plans séquences. Je devais bosser des textes très longs pendant des mois… C’est vrai que ça allait à l’en-contre de ce que j’ai fait pendant longtemps et je comprends qu’on me parle de bascule. Mais ça date de quelques années déjà ; on me fait désormais confiance pour des expé-riences de cinéma plus singulières, avec ce que j’appelle plus « d’épaisseur de langue ».
Cette bascule date de quand ? D’En libertépense. Pierre [Salvadori] je m’a offert un rôle très complexe avec une © SHANNA BESSON
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Comment je suis devenu superhéros
écriture très soutenue. Il y avait un sens du langage très émouvant mais pas facile à développer en tant qu’acteur. En voyant le film, les gens se sont dit que j’étais ca-pable de travailler dans ces directions-là, avec cette précision. C’est vraiment depuis ce film que j’ai accès à d’autres types de rôles, que j’explore d’autres univers et que je croise la route d’artistes différents.
L’un des charmes du film d’Attal, c’est justement le duo que vous formez avec Vimala Pons. Une idée géniale, parce qu’audelà du fait qu’on est tous amoureux de Vimala Pons et de Pio Marmaï, vos univers se marient à merveille. On se connaissait avec Vimala. On n’avait pas travaillé ensemble, mais j’avais vu ses spectacles. Je crois qu’il y a un terrain d’étrangeté qui nous est propre. Ses propo-sitions théâtrales avec sa compagnie de cir-cassiens sont très drôles. Son univers a une identité poétique particulière. Et moi, j’ai une vie personnelle un peu hors des clous avec mon garage et mes autres passions. On a tous les deux fait une école de théâtre, on partage une même sensibilité à l’écriture et au travail collectif. Tout cela faisait qu’un truc électrique s’est passé entre nous. Et puis on n’a pas l’habitude de participer à des gros films comme celui-là. Quand les gens qui viennent du cinéma d’auteur débarquent sur des projets plus importants, ils y vont à fond les manettes. On s’est vraiment amusés, c’était hyper excitant ; cette idée de la dysto-pie et des superpouvoirs…
C’est marrant, je ne vous imagine ni l’un ni l’autre fans de superhéros… J’aime bien lesBatmanBurton. Leur de côté excessif, les couleurs, le pop : ça me
touchait enfant. Et puis, moi, j’adore les ex-plosions au cinéma. Les bazookas surtout. J’ai grandi à l’Opéra dans un univers très spectaculaire. J’aime autant le cinéma des Dardenne que les grosses productions py-rotechniques. Et ce qui m’a plu surCom-ment je suis devenu…c’est que beaucoup d’effets étaient réalisés sur le plateau avec des câbles, des machines. Il y avait un as-pect théâtral qui me correspond bien, un peuroots
Finalement, ce serait quoi votre analyse de ce que vous incarnez dans le cinéma français ? Je dois dégager un truc… un peu… disons qu’on a toujours l’impression que je vais faire une connerie. Un truc insaisissable dans l’attitude peut-être.(Il se marre.)Le mec qui se la raconte :« Je me considère comme insaisissable. »Tu peux le mettre en accroche, ça marche bien pour un papier, très vendeur.(Il redevient sérieux.)Insolent, on pourrait dire, mais je suis TOUJOURS au service de ce qu’on me demande de faire. Et puis autre chose qui me définit en tant qu’acteur : pour moi, le plus important, ce qui fait une séquence ou un film, c’est la combinaison avec mes partenaires. Je suis très à cheval là-dessus. J’essaie d’être un bon partenaire pour les autres. Pour le reste : pourquoi viennent-ils me chercher ? Qu’est-ce que j’incarne ? Je suis un peu cos-taud, un peu drôle et… pas chiant. Voilà : je suis drôle et pas chiant. Allez, envoyez les films !u
C O M M E N T J E S U I S D E V E N U S U P E R H É R O S DeDouglas AttalAvecPio Marmaï, Vimala Pons, Benoît Poelvoorde...Durée1h37Sur Netflixle 9 juilletCritiqueparue dans len° 513
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