Première du 26-02-2019

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Presse
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Ajouté le 26 février 2019
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GAËL GOLHENRédacteur en chef 90  ggolhen@premiere.fr THIERRY CHEZERédacteur en chef magazine  tcheze@studio.fr CHRISTELLE DEVESARédactrice en chef adjointe Internet 95  cdevesa@premiere.fr CHRISTOPHE NARBONNEChef de rubrique 84  cnarbonne@premiere.fr FRÉDÉRIC FOUBERTRédacteur News 89  ffoubert@premiere.fr SYLVESTRE PICARDRédacteur Vidéo (94)  spicard@premiere.fr THOMAS BAUREZRédacteur  tbaurez@studio.fr SOPHIE BENAMONRédactrice  sbenamon@studio.fr ÉLODIE BARDINETRédactrice (87)  ebardinet@premiere.fr NICOLAS BELLETChef de rubrique 92  nbellet@premiere.fr FRANCOIS LÉGERRédacteur  fleger@premiere.fr CHARLES MARTINRédacteur  cmartin@premiere.fr ÉDOUARD OROZCOSocial media editor 83  eorozco@premiere.fr COLLABORATIONS DIRECTEUR ARTISTIQUE :ÉMILIEN GUILLON RÉDACTRICE GRAPHISTE :VIRGINIE GERVAIS PHOTO :VIRGINIE GERVAIS (86) – vgervais@premiere.fr ERE 1 SECRÉTAIRE DE RÉDACTION :ESTELLE RUET (88) – eruet@premiere.fr SECRÉTAIRES DE RÉDACTION :ISABELLE CALMETS, VIRGINIE BLANC TEXTES :GUILLAUME BONNET, MICHAËL PATIN, FRANÇOIS RIEUX, YAL SADAT, JEAN-BAPTISTE TOURNIÉ. SITE INTERNET DAVID CAPELLE : Digital manager DIRECTION, ÉDITION REGINALD DE GUILLEBON : Directeur de la publication LAURENT COTILLON : Directeur exécutif FRÉDÉRIC TEXIER : Responsable financier MAMOU SISSOKO : Directeur du développement FABRICATION CREATOPRINT  ISABELLE DUBUC  06 71 72 43 16 SUPPLÉANTE : Sandrine Bourgeois MARKETING PAULINE PARNIÈRE : Directrice marketing  01 70 36 09 98pauline.parniere@lefilmfrancais.com ADELINE KUYTEN : Chef de projet junior  01 70 36 09 99 PUBLICITÉ MEDIAOBS 44 rue NotreDame des Victoires  75002 Paris Tél : 01.44.88.97.70  Fax : 01.44.88.97.79  mail pnom@mediaobs.com. Pour joindre par téléphone votre correspondant, composez le 01 44 88 suivi des 4 chiffres entre parenthèses DIRECTRICE GÉNÉRALE :Corinne Rougé 93.70 DIRECTRICE COMMERCIALE :Sandrine Kirchthaler 89.22 DIRECTEUR DE PUBLICITÉ:Romain Provost 89.27 CHEF DE PUBLICITÉ DIGITAL :Tony M’hamed 97.79 STUDIO:Brune Provost 89.13 COMMANDE ANCIENS NUMÉROS Tél. : 03 88 66 28 63 ABONNEMENT Tarif standard 1 an France métropolitaine : 49,99 € pour 11 parutions Tarif avec Horsséries 1 an France métropolitaine : 64,99 € pour 11 parutions du numéro régulier + 3 horsséries. Tarifs autres destinations sur demande auprès du service abonnements. SERVICE ABONNEMENTS : Gérez vos abonnements, abonnezvous, réabonnezvous ou posez vos questions : Par internet : www.premiere.fr rubrique « Abonnezvous » Par téléphone : 03 88 66 28 63 France  00 33 3 88 66 28 63 étranger Ouvert du lundi au jeudi de 9 h à 12 h et de 13 h à 18 h, le vendredi de 9h à 12h et de 13h à 16h. Par email : premiere@abopress.fr Par courrier : Première abonnements  19, rue de l’Industrie  BP 90053 67402 ILLKIRCH CEDEX Abonnements Suisse :1 an 11n° : 68 CHF. EDIGROUP  Rue Peillonnex 39  1225 ChêneBourg Tél. : 022 860 84 01 abonne@edigroup.ch Abonnements Belgique :1 an 11N° : 60 €. EDIGROUP  Bastion Tower Étage 20 Pl. du Champs de Mars 5  1050 Bruxelles. Tél. : 070/ 233 304  www.edigroup.be abonne@edigroup.be Abonnements Canada :EXPRESS MAG, 8275 Avenue Marco Polo, Montréal,QC H1E 7K1, Canada Tél. : 514 3553333 ou 1 800 3631310 français ; 1 877 3631310 anglais. Fax : 514 3553332. Prix : 1 an 59,99 $, USA. Prix : 1 an 59,99 $, Canada TPS et TVQ non incluses. « Première » ISSN 03993968, is published monthly 11 times per year, except August by Première SAS, c/o Distribution Grid, 600 Meadowlands Parkway, Unit 14, Secaucus, NJ 07094 USA Periodicals Postage paid at Secaucus, NJ. Postmaster : Send address changes to “Première”, c/o Express Mag, PO Box 2769, Plattsburgh, NY, 129010239. VENTE DÉPOSITAIRE ISSN 03993698. Tous droits de reproduction textes et photos réservés pour tous pays sous quelque procédé que ce soit. Commission paritaire :n° 0923 K 82451. Imprimé en Belgique par RennyRoto sa, Rue de Rochefort 211, 5570 Beauraing. Dépôt légal : février 2019  Distribution Presstalis. DIFFUSION PAGURE PRESSE : XAVIER FOUCARD, ÉRIC BOSCHER, VALENTIN MOREAU ADRESSE 105, rue La Fayette, 75010 Paris. IMPRIMÉ PAR ARTIGRAFICHE BOCCIA SPA- SALERNO Ce magazine est édité par : Première Média SARL, au capital de 10 000 €, 105, rue La Fayette, 75010 Paris, RCS Paris 820 201 689. Provenance papier : Italie Verzuolo. Qualité : Unoweb White Bulk 65 g.Taux de fibre recyclé : 0%. Eutrophisation : 0,011 kg/TO de papier.
Édito
MORTEL
n a finalement rattrapéMortal Enginesdans était àOmoitié vide et la projection en VF – pas si grave parce une salle parisienne, un dimanche de janvier,à la toute fin de son exploitation. Le cinéma que les dialogues étaient régulièrement couverts par les ronflements d’un type venu là plus pour se réchauffer que pour le spectacle. Il aurait dû être attentif pourtant. Le film de Christian Rivers est une merveille. On y croise l’un des robots les plus beaux et les plus émouvants qu’on ait vus récemment, les machines volantes les plus flamboyantes depuis Miyazaki et des cités motorisées dantesques. Les références mixentMad Max,Porco Rosso etTerminator 2 pour organiser un univers unique où se déploie harmo nieusement un récit aux frontières du young adult, du fan tastique et de la SF postapocalyptique. À notre époque de blockbusters standardisés, ce shoot de cinéma a pourtant été un échec cuisant. C’est sans doute la grande injustice d’une époque qui préfère se ruer sur des rouleaux com presseurs identifiables. On peut blâmer les embouteillages du mercredi et la multiplication des sorties ; on peut pointer du doigt les ratés de la promotion (l’absence de stars et de franchise ayant sans doute compliqué les choses). Mais on doit aussi reconnaître que la presse ne se l’est pas fait dire deux fois et est restée trop timide. ÀPremière,à part une critique positive sur le site, on est royalement passés à côté de cette pépite alors que c’est typiquement ce genre de films qui nourrit notre cinéphilie. Alors, mea culpa, et on aura forcément l’occasion de revenir sur le sujet.
GAËL GOLHEN RÉDACTEUR EN CHEF
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Sommaire N ° 4 9 3 - F É V R I E R 2 0 1 9  06SUR UN PLATEAUSimetierrede Kevin Kölsch & Dennis Widmyer  12PREVIEWSBenedettade Paul Verhoeven, Alex, le destin d’un roide Joe Cornish, Douleur et gloirede Pedro Almodóvar  18SCÈNE CULTEFestende Thomas Vinterberg  20LES UNS...Marina Foïs, Alan Stivell, David Holmes  22... ET LES AUTRESSabrina Ouazani  24INTERVIEW EXPRESSJake Gyllenhaal  26DÉBRIEFMads Mikkelsen  28MODE D’EMPLOIJia Zhangke  30BILAN DE COMPÉTENCESPhilippe Lacheau  32RÉVÉLATIONMathieu Capella  34PREMIÈRE CONFIDENTIELDau  36CINÉ CHIFFRES  38EN COUVERTURECaptain Marveld’Anna Boden & Ryan Fleck  48INTERVIEWAdam McKay pourVice  54PORTRAITYórgos Lánthimos  58RENCONTRERobert Rodriguez & Jon Landau  66INTERVIEWFrançois Ozon pourGrâce à Dieu  72PORTRAITMarina Foïs  78FOCUSBohemian Rhapsodyde Bryan Singer  82TOP 20Les meilleurs dragons du cinéma  90FILMO COMMENTÉERiccardo Scamarcio  95SÉLECTION FILMSMyBeautiful Boy ; La Favorite ; Nicky Larson et le parfum de Cupidon ; Nuestro tiempo ; La Dernière Folie de Claire Darling ; Dragons 3 : Le Monde caché ; Tout ce qu’il me reste de la révolution ; Arctic ; Kabullywood ; Un coup de maître ; Une intime conviction ; Mango ; Dans la terrible jungle ; Un ange ; Le Silence des autres ; Deux Fils ; Les Drapeaux de papier ; Vice ; Long Way Home ; Ralph 2.0 ; Moi, maman, ma mère et moi ; Le Chant du loup ; Grâce à Dieu ; Destroyer ; Paradise Beach ; La Chute de l’Empire américain ; Les Moissonneurs ; Marie Stuart, reine d’Écosse ; Euforia ; Celle que vous croyez ; Les Éternels ; Santiago, Italia ; Escape Game ; The Reports on Sarah & Saleem ; Apprentis Parents ; Nice girls don’t stay for breakfast 114DANS LES SALLES EN FÉVRIER 116SÉLECTION SÉRIESEngrenages – Saison 7, Thanksgiving, Punisher – Saison 2, La Méthode Kominsky 120SÉLECTION VIDÉOLe Prince d’Égypte, Re-Animator, Mandingo 126NOTULES DVD129AGENDA 130LE FILM QUI...Olivier Gourmet
© KERRY HAYES - PARAMOUNT PICTURES
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S U R U N P L AT E A U
UNE NUITEN ENFER
Premièrea posé ses valises le temps d’une nuit sur le tournage deSimetierre,nouvelle adaptation d’un roman de Stephen King si sombre qu’il aurait préféré ne jamais l’écrire. Promenons-nous dans les bois… uPARFRANÇOIS LÉGER
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« LA MORT EST UN SUJET QU’ON ÉVITE SOIGNEUSEMENT D’ÉVOQUER, TOUT EN SACHANT QU’IL EST PROFONDÉMENT MALSAIN DE NE PAS EN PARLER. C’EST SUR CE TERRAIN QU’ON VOULAIT ALLER. »LORENZO DI BONAVENTURA, PRODUCTEUR
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Jason Clarke, Kevin Kölsch, Dennis Widmyer et John Lithgow
S U R U N P L A T E A U
John Lithgow et Jeté Laurence
urtout faites vraiment gaffe, mettez du spray répulsif. » Fin juil-let 2018, à une trentaine de minutes de Montréal, Premièrebrave des mous-S tiques gros comme des bombardiers en s’enfon-çant profondément dans la forêt. Il fait nuit depuis quelques heures tandis que Jason Clarke et John Lithgow rejouent inlassablement la même scène : leurs personnages escaladent un tas de bois et de terre der-rière lequel se trouve un ancien cimetière indien habité d’une présence surnaturelle. « Bon, ça commence à me faire chier », lâche un technicien à l’accent québécois, visiblement agacé par ces multiples prises. On se marre gentiment entre francophones, alors que se pointent les deux réalisateurs de ceSimetierre2019, version nouvelle transposition au cinéma du grand roman de Stephen King sur le deuil. Obsédés par le maître de l’horreur depuis l’adolescence, Dennis Widmyer et Kevin Kölsch se sont fait la main en duo sur quelques courts, et surtout l’étonnantStarry Eyes,inédit chez nous. « Pour faire peur, il faut que l’horreur ait un pied dans la réalité, théorise Kölsch. Et le deuil en fait mal-heureusement partie. L’idée centrale du film est que si on ne discute pas de la mort et qu’on refuse de com-muniquer sur ses sentiments, alors des choses terribles peuvent en découler. » Petit rappel salutaire à ce stade : Simetierreet de saraconte l’histoire de Louis Creed famille, fraîchement débarqués dans un coin paumé du Maine, à deux pas d’une route très fréquentée par des camions. Quand son jeune fils se fait écraser, Louis suit les conseils de son voisin et enterre le corps dans un endroitdoùlesmortsreviennentàlavie.Maislegaminréapparaît quelque peu changé... Entre deux visites des
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S u r u n p L A t e A u
décors (tous « réels »), dont l’impressionnant cimetière d’animaux qui jouxte la maison des Creed, le cas Mary Lambert arrive vite sur la table. En 1989, la cinéaste accouchait de la première adaptation deSimetierredont la qualité divise encore les fans à ce jour. Le producteur Lorenzo di Bonaventura a visiblement choisi son camp : « Je n’aime pas ce film et je ne pige même pas pourquoi certains l’apprécient ! », claironne-t-il. De quoi justifier une nouvelle version (« Ce n’est pas un remake », insiste Dennis Widmyer), nullement cautionnée par l’auteur ? Quand on évoque la résurgence des films tirés de l’œuvre de Stephen King et la vitalité au box-office du cinéma horrifique, Bonaventura nie l’opportunisme : « Je vous mentirais si je vous disais qu’on ne compte pas gagner de l’argent.(Rires.)Mais sur le plan créatif, il y avait de la place pour un autre point de vue. Jusqu’où est-on prêt à aller pour revoir son enfant ? On touche à quelque chose de différent de l’horreur traditionnelle, et je crois que la qualité du film attirera les spectateurs qui aiment le cinéma en général, peu importe le genre. »
Mort et société Acteur protéiforme habituellement condamné aux seconds rôles (il a manqué de peu sa mutation ensuperstar autour de 2015, la faute à un petit crash au box-office nomméTerminator : Genisys),Jason Clarke revient ici au premier plan dans le rôle de Louis Creed. L’Australien de 49 ans a été personnellement choisi par les réalisateurs pour son image de « mec normal » mais charismatique. Uneveryday manidéal : « Jason dégage quelque chose qui le rend éminemment sympathique. Tout le monde ne connaît pas son nom mais c’est hyper facile de s’identifier à lui. Comme le film parle d’émo-tions très humaines, il fallait des acteurs qui incarnent ça à l’écran », détaille Dennis Widmyer. Clarke en a enfin fini avec sa scène et raconte, entre deux gorgées
© KERRY HAYES - PARAMOUNT PICTURES
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« J’ENVISAGE CETTE HISTOIRE COMME UNE VERSION BIZARRE DE FRANKENSTEIN... COMMENT RÉAGIRAIT-ON SI CELA NOUS ARRIVAIT ? ÇA ME FILE LE TOURNIS D’Y RÉFLÉCHIR. »JASON CLARKE
Jason Clarke et John Lithgow
d’eau, essayer de ne pas penser à ses enfants pendant les prises de vues : « Je savais qu’il y aurait des choses qui allaient être très perturbantes à tourner. Mais j’ai été happé par le script qui est dans l’esprit du livre. Je l’ai découvert dans ma vingtaine, je me souviens avoir trouvé ça plus dérangeant que terrifiant. Mais alors vraiment dérangeant.(Rires.) J’envisage cette histoire comme une version bizarre deFrankenstein...Comment réagirait-on si cela nous arrivait ? Ça me file le tournis d’y réfléchir. » Un petit coup de répulsif plus tard, on slalome au milieu des arbres à 20 km/h dans une voiturette de golf, le moyen de locomotion choisi par la production pour se déplacer entre les différents lieux de tournage (la route, le cimetière et deux maisons entièrement redécorées), espacés de plusieurs centaines de mètres. Barbe blanche fournie, chemise à carreaux et bottes aux pieds, John Lithgow attend patiemment de discuter avec la presse. Le vieux sage de 73 ans à la filmo éclectique incarne Jud Crandall, le voisin des Creed. Un ermite « qui porte le deuil en lui. Il a vécu une tragédie dans le passé qui l’a profondément changé. C’est un homme triste, tourmenté. J’ai nourri mon jeu avec ça », confie-t-il. « Je ne crois pas qu’il soit mau-vais pour autant, tout est dans la nuance, c’est un équi-libre à trouver. Il voit en Louis un fils de substitution et son grand dilemme est de savoir s’il doit partager son secret avec lui. » Bonaventura abonde : « Le tournant du roman, c’est quand Jud emmène Louis au cimetière en sachant pertinemment ce qui va se passer. Mais pour-quoi le fait-il ? Il n’y a pas de réponse, car ce n’est pas un choix rationnel mais purement émotionnel. Ça en dit long sur notre relation à la mort en tant que société, on est partagés entre la peur et l’incompréhension. La mort est un sujet qu’on évite soigneusement d’évoquer, tout en sachant qu’il est profondément malsain de ne pas en parler. C’est sur ce terrain qu’on voulait aller. » Tard dans la nuit, on quitte la forêt maudite avec la sensation que le livre le plus personnel de Stephen King est entre de bonnes mains.u
S I M E T I E R R E DeKEViN Kölsch & DENNis WidmyERAvecJasoN ClaRkE, JohN LiThgow, Amy SEimETz…Sortie10 aVRil