Rock et Folk du 16-11-2018

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Ajouté le 16 novembre 2018
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T H E B E AT L E S
 RDDECEMBRE 2018 N°61 ,50 6 / 6/ MENSUEL BEL 7,15SUISSE 11,30 CHF 6,50LUX 7,15D E C E M B R E E 2PO0R1TU8GALCONT 7,40F: CAN 11,30 $ CAN/ITA 7,40DOM 7,40N CAL (S) 975 XPF POL (S) 1090 XPF  616 H  ESPAGNE 7,40ILE MAURICE 7,40
L 19766
R O C K & F O L K N ° 6 1 6
Edito
Des caisses de blanc On dit se faire des cheveux blancs, on débat blanc bonnet et bonnet blanc, on cite arme blanche, nuit blanche, page blanche, voix blanche, le blanc des yeux, examen blanc et carte blanche, Laurent Blanc et Tony Joe White, mariage blanc, saigner à blanc, blanchir de l’argent, avoir un blanc au théâtre, balle à blanc, noir sur blanc, blanc comme neige, faire chou blanc, cousu de fil blanc, fromage blanc, chèque en blanc, de but en blanc, blanc comme un cachet d’aspirine, souvenons nous du rectangle blanc, bière blanche et verre de blanc, bulletin blanc, bois blanc et... ce White Album,Double Blancen français, qui nous occupe aujourd’hui, 50 ans après sa parution.
Mais blanc, c’est comment ?
Michel Pastoureau, historien, écrit dans “Le livre Des Couleurs” : “Le blanc possède un symbolisme solidement ancré dans le temps et quasi universel avec l’innocence, la lumière divine ou la pureté. Le monde contemporain y a simplement ajouté l’idée du froid. Enfin, le blanc représente le cycle de la vie. Dans notre univers mental commun, l’enfance (le berceau) et la vieillesse (cheveux blancs, la sagesse) sont associés au blanc.” Début et fin de vie, donc. Et l’album du début de la fin pour les Beatles.
Les photos d’eux, avant et celles d’après ceDouble Blanc, sont plus nombreuses. Ici, elles sont rares. Et le photographe choisi, Don McCullin, un reporter de guerre ! Comme un signe. Visiblement, difficile de faire bonne figure. Ou semblant. Ils s’entendent moins bien. Leur pays, c’est plus l’amour. On parle là de Beatles qui deviennent, au moment de cet album, leurs propres patronymes. On ne dira plus Paul et John, on dira désormais Lennon et McCartney. On ne dira plus George mais Harrison. On continuera de dire Ringo.
Alors ce choix du blanc, attribué à Paul McCartney et au graphiste Richard Hamilton, en opposition à la luxuriance riche en symboles de “Sgt. Pepper”, n’estil qu’artistique ? Certainement pas. On peut y voir, en vrac et en se trompant, l’évocation du blanc du deuil porté en Inde d’où reviennent les Beatles et qu’ils s’apprêtent, peutêtre inconsciemment, à vivre dans leur amitié. On peut y voir cette lumière blanche décrite par ceux qui reviennent de parmi les morts dans les “Nouvelles Extraordinaires” de Pierre Bellemare. On peut y voir l’absence d’idée, un désaccord entre les quatre fantastiques ou l’envie de ne rien dévoiler des intentions du disque. On peut également y voir une saloperie envers Yoko. Le blanc évoquant aussi la mort au Japon.
Mais au fond, qu’importe que ce soit celleci qui fut choisie. Bleu, vert, jaune, taupe, les intentions seraient décortiquées de la même manière et les interprétations iraient bon train car on parle des Beatles. Qu’importe car, comme le pense Whoopi Goldberg :“Les Beatles n’avaient pas de couleur”. Elle parlait de leur peau. Et directement de l’universalité de leur musique. Bleu, vert, jaune, taupe, qu’importe donc, puisque c’est le blanc qui fut retenu. VINCENT TANNIERES
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Sommaire616 Parution le 20 de chaque mois
Mes Disques A Moi PHILIPPE MANŒUVRE12 Christophe Ernault
Tête d’affiche BILL RYDERJONES16 Basile Farkas SEASICK STEVE18 Jérôme Reijasse JOHN GRANT20 Olivier Cachin
In memoriam TONY JOE WHITE22 Thomas E. Florin
En vedette PIERRE TERRASSON26 Isabelle Chelley THE GOOD, THE BAD & THE QUEEN30 Olivier Cachin GHOST34 Jonathan Hume MARK KNOPFLER38 Benoît Sabatier COCTEAU TWINS42 Alexandre Breton BOB DYLAN46 Charles Ficat BOBBIE GENTRY52 Nicolas Ungemuth
En couverture THE BEATLES58 Jérôme Soligny
52Bobbie Gentry
www.rocknfolk.comLa vie en rock PALACE, BAINS DOUCHES Patrick Eudeline & ROSE BONBON66 58 COUVERTURE PHOTO : DR GRAPHISME : FRANK LORIOU
The Beatles
RUBRIQUESEDITO003COURRIER006TELEGRAMMES010DISQUE DU MOIS071DISQUES072REEDITIONS080REHAB’084VINYLES086DISCOGRAPHISME088 QUALITE FRANCE090HIGHWAY 666 REVISITED092BEANO BLUES094ERUDIT ROCK096FILM DU MOIS098CINEMA099SERIE DU MOIS101 DVD MUSIQUE102BANDE DESSINEE104LIVRES105AGENDA106LIVE110ROCK’N’ROLL FLASHBACK113PEU DE GENS LE SAVENT114
Rock&Folk– Tél : 01 41 40 32 99 – Fax : 01 41 40 34 71 – e-mail : rock&folk@editions-lariviere.com92587 Clichy Cedex Espace Clichy - Immeuble Agena 12 rue Mozart Président du Conseil de SurveillancePatrick CasasnovasPrésidente du DirectoireStéphanie Casasnovas Directeur GénéralFrédéric de WatrigantEditeurPhilippe Budillon Rédacteur en ChefVincent Tannières(32 99)Rédacteur en Chef adjointBasile Farkas(32 93) Chef des InfosYasmine Aoudi(32 94)Chef de la rubrique LiveMatthieu Vatin(32 99)Conseiller de la RédactionJérôme Soligny PUBLICITE : Directeur de PublicitéCaptif : Thierry Solal (33 01)Directeur de PublicitéHors Captif : Olivier Thomas (34 82) Assistante de PublicitéSandra Pinget (32 16) PHOTOGRAVURE Responsable :Béatrice Ladurelle (31 57)Ont collaboré à ce numéro :Christophe Favière VENTES (Réservé aux diffuseurs et dépositaires) :Emmanuelle Gay (56 95):ABONNEM ENTS : D i r e c t r i c e d e s A b o n n e m e n t s V P C Catherine Veillard Promotion Abonnements :Carole Ridereau (33 48)Abonnement :France 1 an-12 numéros : 66,30Suisse et autres pays et envoi par avion : nous contacter au (33) 03 44 62 43 79 ou sur : abo.lariviere@ ediis.frCORRESPONDANCE : Accueil clientsVENTE PAR 54 0001 47 56 Commande par Carte Bancaire ou sur www.rocknfolk.frCOM PTABILITE(32 37) Fax : 01 41 40 32 58Directeur de la Publication et Responsable de la Rédaction :Patrick Casasnovas IMPRESSION :60205 Compiègne Cedex.Imprimerie de Compiègne Zac de Mercières Papier issu de forêts gérées durablement, origine du papier : Suède, taux de fibres recyclées : O%, certification : PEFC/ EU ECO LABEL, Eutrophisation : 0,01 kg/ tonne. DIFFUSION :MLP – Rock&Folk est une publication des Editions Larivière, SAS au capital de 3 200 000 euros.Dépôt légal :Im prim é en France.4ème trimestre 2018. Printed in France/ C om m ission paritairen° 0520 K 86723ISSNn° 07507852Numéro de TVA Intracommunautaire :C C P FR 96572 071 884 RCS Nanterre B 572 071 88411 5915A Paris Administration :12, rue Mozart 92587 Clichy Cedex – Tél : 01 41 40 32 32 Fax : 01 41 40 32 50.LES MANUSCRITS ET DOCUMENTS NON INSERES NE SONT PAS RENDUS.
Courrier des lecteurs
Ça pourrait s’appeler “Let’s Imagine” ou un truc comme ça
Illustrations : Jampur Fraize
L’archange noir du Tshirt Hey Rock&Folk, merci pour cette belle image de Vince Taylor qui porte (on le devine) un teeshirt vintage de... Vince Taylor ! Quand on a la classe... GILLES
Du Schmoll En ces temps moroses, heureusement que Mr Eddy Mitchell est là pour nous faire bien rire, malgré lui. Ainsi, selon Mr Moine, David Bowie ne serait qu’un“escroc”du rock, tout juste bon à arriver“avec une plume dans le cul et des cheveux en pétard”. Sans commentaire ! MATHIEU LECLERC
Dans la vraie vie “The Donkeys and the Elephants, The Beatles and The Stones/ everybody’s on their phones (...) : our senses have been numbed, we can’t enjoy the taste/ cuz everyone’s been digitized but no one will be saved”postule King Tuff dans “Circuits In The Sand”, confirmant là notre profonde perplexité face à l’économie d’incarnation du monde numérique moderne. Justifiant ce verdict : à l’époque d’iTunes, de Snapchat, de WhatsApp, de Netflix, de la 4G, des émissions en replay, eh bien les grandscataclysmesrock n’existent plus, pour tous ceux qui de nos jours pensent êtresans y être et en même temps êtrelàbasalors qu’ils n’y sont pas physiquement... L’audience se sédimentant à l’insu du êtreensemble, de l’élansimultané, comme un programme que chacun suivrait mais dans des pièces et des étatsdifférents, pour ne pas dire opposés. Difficile d’envisager dans ces conditions la constitution d’une nouvelle
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nationrock, lieu d’incarnation, de proximité et de communion. La saveur de l’instant ellemême fait les frais d’un déclassement culturel... Et, à mon avis, ce n’est pas dans le bois de ce dilettantisme parfaitement contre nature que cetteexpérience collective (Bowie et les Spiders, aussi importants que l’homme marchant sur la Lune, sur le plateau de Top Of The Pops en 1972...) est à même de perdurer. Découvriraton un autre Bowie ou un autre Prince dans un avenir proche ? Pas sûr. Parce que tout est plusouvert, qu’“on est moins accroché à une idéologie”(et donc plus du tout à des figures tutélaires fortes ?) comme le rapportait Bertrand Burgalat le mois dernier. Ainsi, le rock de nos jours, c’est un chapiteau souterrain (chez le disquaire, à la médiathèque, dans un concert, sur un site web ou dans ce journal, peu importe) où tout un chacun cultive le pré carré de son érudition. Et c’est là, dans ce ghetto, que s’exercera sans doute pour
toujours le rayonnement par exemple de Ty Segall, d’un John Dwyer : on n’y peut rien, c’est comme ça (on s’éprendra de la même façon plus volontiers de PNL de nos jours que de PIL, de The Voice que de The Voidz, de Lartiste que de The Artist, il faut l’accepter ; et si le son et l’imagerie du rock sont conviés, c’est par le biais d’un détournement dans la pub et la mode, eh, eh ; ou dans la rue...). La saveur du moment s’est dissipée au nom de cette aviditéqui suggère que le meilleur est toujours ailleurs ou que le meilleur est toujours à venir. Balivernes. Ceci ne s’appelle pas exactement savourer l’instant... Ça n’est pas compatible avec le rock. En définitive, si le rock n’est plus, déploronsle, uneinstitutionpour le plus grand nombre,“le rock’n’roll, son importance, artistique et sociétale, déjà en train de s’estomper”(édito de novembre), c’est peutêtre parce que l’institution suprême aujourd’hui c’est internet, c’est pourquoi nous avons là un vrai problème, à la fois
culturel (transmission de relais) et éthique (de l’insatisfaction quifédère, du cérémonial). L’internet a reconfiguré la notion même de sol commun en institutionnalisant l’absence, ainsi rien de tel aujourd’hui qu’un festival pour le vérifier, s’en persuader. Rien de tel qu’un festival,dans la vraie vie, pour se sentir seul au milieu des autres ; Bob Mould :“De nos jours, on assiste rarement à un concert avec cette sensation d’ignorer si on va en ressortir vivant, ou même simplement différent, un peu chagé”. Et donc pour se demander, à l’heure où la documentationprend le pas sur l’expérience propre, si ces gens autour, équipés de leur smartphone, sont ce qu’ils sontcensésêtre ou bien leur propre avatar... Quoi qu’il soit, la réception semble parasitée, ce parasitage massif remettant en cause le fondement même de la grandmesse rock’n’roll, son esprit, sa spiritualité. L’époque s’entiche de la réalité uniquement pour la fétichiser avec son téléphone. Il semble par conséquent impossible d’exister à ses yeux. Le rock, pas plus qu’un autre. Sans cette adhésion, cettedisponibilitésuffisante et nécessaire, c’est très simple : il n’y a pas de mouvement. Le cataclysme est désamorcé, caduc. L’internet,“force la plus sombre qu’ait jamais rencontré l’humanité”(dixit Ray Davies),“c’est le cancer, internet”(Melody Prochet, oui, cet interneta probablement certifié l’exode de la musique à la périphérie, en en automatisant l’accès comme à un livre ouvert. En la parant d’un don d’ubiquité qui n’est qu’un repoussoir à fantasmes, une entrave à sa qualité de narratrice, à la musique, un obstacle à sa capacité de jaillir, de surgir là, en se jouant du vide, afin précisément de le remplir. Tel un cataclysme. Mais ainsi vont les choses. Et non, vous ne vous étonnerez pas que ce courrier soit envoyé depuis un ordinateur, R&F, pas vous ! Car audelà de cette seule idée du progrès pour le progrès, il ne s’agit pas de se tirer une balle dans le pied non plus... Mais juste de faire la part des choses ; Neil Young :“A mes débuts, ce n’était pas pareil : les gens de devant étaient les fans de musique, les vrais, ils connaissaient chaque chanson par cœur. Les portables et les richards qui peuvent se payer les meilleures places me déconcentrent : j’ai l’impression d’être une pièce dans un musée. Ce n’est pas bon pour la musique, qui très souvent se nourrit de l’énergie dégagée par la salle”. Ou ce qu’il fallait démontrer à propos de ce fameuxsol commun. RUDY RIODDES
Le bruit blanc et la grâce “J’ai toujours fantasmé sur ce que ça ferait de se trouver pile en dessous de ce pic d’énergie, de deux types qui entrecroisent leurs guitares, deux dieux du tonnerre en pleine crise de narcissisme et de cette puissante forme d’intimité qui ne peut qu’être atteinte sur scène, devant d’autres personnes, qui est celle de la fraternisation masculine”. De toute évidence, Kim Gordon ne s’est pas réveillée un beau matin frappée d’une conscience féministe, mais l’a élaborée au fil du temps... Voilà, au regard de notre époque, rattrapée subitement par un accès de conscience féministe, l’un des messages forts de “Girl In A Band”, titre des mémoires de la bassiste de Sonic Youth (à relire de toute urgence dans le contexte !).“Cette nana sait des trucs que je ne sais pas”, écrira le critique Greil Marcus à propos de Kim. En effet. Et en matière de féminisme, à proprement parler, qui aurait pu penser que le groupe soit un tel révélateur : “Un groupe, c’est l’essence même du dysfonctionnement,observe Kim,mais plutôt que d’exposer des motivations ou de discuter de ses problèmes, on fait de la musique pour les exorciser via l’adrénaline”. Mais quel rapport avec le féminisme me direzvous ? Le rapport, c’est que la scène représente précisément un pas supplémentaire au cœur de ce cheminement :“Un espace à combler avec ce qui n’a pu être exprimé ou obtenu ailleurs.”
Génial, alors. Ainsi, contrairement à une pratique contemporaine qui voit le féminisme en être réduit parfois à des slogans, à des inepties susceptibles de remporter tous les suffrages lors du concours de l’Eurovision ou dans les charts, ou à unbashingincessant sur la toile, Kim Gordon, marchant dans les pas de ses propres aînées,“stoïques, endurantes, sans peur ni reproches”, nous conforte dans l’idée que la question féministe dans le rock méritait d’être plus finement traitée, en effet. Kim Gordon (qui n’est certainement pas Courtney Love ou Lana Del Rey à cet égard, sans même parler des Spice Girls...) pénètre ainsi au cœur d’une mécanique séculière, infiniment plus complexe. Comment ? En visualisant rétrospectivement ses propres prédispositions à l’asservissement, s’agissant des rapports entre homme et femme. Le fameuxschéma. “La femme codépendante, l’homme narcissique : des mots éculés,révèlet elle,volés à la thérapie, mais auxquels je pense beaucoup ces joursci malgré tout. Cette dynamique que j’ai instaurée avec les hommes a sûrement commencé avec Keller[son frère](...), il m’a convaincue de dormir dans une petite chambre à côté de la sienne, étouffant ainsi chacune de mes tentatives de trouver ma propre place dans le monde.”Elle ajoute, lucide : “Culturellement, on ne permet pas aux femmes d’être aussi libres qu’elles le voudraient, car ce serait effrayant : celles qui s’y essaient, on les fuit, ou alors on les traite de folles.”
Et on est véritablement au cœur de notre sujet, là. Mais, justement, voilà. Plutôt que de décider mordicus d’infléchir cette boucle infernale, eh bien Kim, non sans génie, ne dénigre pas son rayonnement au genre masculin, bien au contraire, cherchant un moyen d’y être légitimée. Bien consciente, là encore, que sans cetinteragir, le combat est caduc. Inspiration géniale, oui.“Les mecs faisaient de la musique, relate Kim, et la musique, j’adorais ça. Je voulais m’approcher le plus possible de ce qu’ils ressentaient lorsqu’ils se retrouvaient ensemble sur scène (...). Maintenant que j’y pense, c’est pour ça que j’ai intégré un groupe : pour entrer dans cette dynamique masculine, ne plus être à l’extérieur à les observer par une vitre fermée, mais me trouver à l’intérieur, avec eux.”En conséquence de quoi, tout le récit est imprégné en filigrane de cegirl powerqui consiste, une fois encore, devinez quoi... à dire“non”. Ici en l’occurrence au “marketing des femmes”: elle l’a fait en conservant une identité en tant qu’individu au sein du groupe. Même si, au fond, on en revient toujours à ce constat alarmiste :“Au début de Sonic Youth, je me suis vraiment appliquée pour devenir plus punk, pour perdre mon image féminine, liée à la classe moyenne de l’ouest de LA”. De l’art de repousser les limites donc, mais “repousser les limites implique aussi de laisser entrevoir des facettes moins désirables de soi. Au bout du compte, on attend d’une femme qu’elle porte le monde, pas qu’elle le détruise”. Et le combat de continuer.“Aujourd’hui encore, je me pose la question‘suisje émancipée’? Si vous devez cacher votre hypersensibilité, êtesvous vraiment unefemme forte?”. Làdessus, par contre, il n’y a pas “l’ombre d’un doute”.Car, sans en faire l’étalage, Kim Gordon a finalement conquis un territoire au milieu de ces hommes : le sien. Un lieu où elle peut se mettre en rogne, être quelqu’un d’autre. Et si, comme elle le précise, faisant allusion aux musiciens anglais, “le rock’n’roll est surtout un moyen de surmonter les hiérarchies sociales du pays, de briser les barrières de leur naissance.”Fondamentalement, c’est vrai aussi pour le féminisme. Le rock’n’roll n’aimant rien tant, en effet, que voir en son sein un individu qui se transcende. Et Kim d’interroger : “Peutêtre qu’un concert, ça n’a jamais été que ça au fond : un baiser sans fin.”Adage de circonstance : et qui sait jusqu’où un baiser peut vous mener ? Si on renverse les choses, peutêtre que, in fine, ces garçons qui lui demandaient sans cesse“qu’estce que ça fait d’être une fille dans un groupe ?”étaient“terrifiés par les femmes”? “Girl In A Band” ne traite, selon moi, pas d’autre chose au fond que de cette gêne occasionnée par ces “rôles prédéterminés qu’on endosse”... Mais c’est la manière dont il suture le silence assourdissant qui résulte de cette gêne, avec le bruit blanc, qui confine l’état de grâce. ELEONORE
Sentiers battus et rebattus Suite à la chronique de l’album de Beak>, il me semble justement que notre vénérable magazine Rock&Folk n’a jamais aussi été pertinent que quand il sortait de sessentiers battus. Quand je vois la couv’ de ce mois, je suis quasiment sûr que ce n’est pas R&F qui m’a fait découvrir les Who, mais plutôt un ensemble de sources (autres magazines, télévision, radio, amis... ). Par contre, je me souviens très bien d’un temps où la musique électronique trouvait une place mensuelle. Pour le coup, sans R&F, je n’aurais jamais découvert un album qui m’a tellement accompagné depuis : le “Consumed” de Plastikman. Merci d’avoir pensé aux rockers (demi) pur jus ! BRUNO SWINERS
Ressemblance partielle Bonsoir à tous, le gars à moustache dans les Parcels, ce n’est pas George Harrison ? Musicalement. G
Larmes de caïmans Il promenait son blues tanné comme le cuir, racé, au milieu du bayou et des caïmans. Loin des crocodiles et autres cuirassés du rock. It’s “Stormy Weather”today... Pas vrai Tina ? Adieu Tony Joe White. DOMINIK FUNK
Imaginable David Bowie n’est plus là. John Lennon non plus. Ces garslà ont sorti de sacrés disques et leur absence est fort dommageable car l’époque en manque. Alors, puisqu’ils sont si balèzes, je conseille à Yoko Ono et Nile Rodgers de collaborer pour nous livrer un truc de la trempe des susdits. Ça pourrait s’appeler “Let’s Imagine” ou un truc comme ça. Et on tiendrait là enfin un des grands albums de la décennie. Merci à eux, donc, d’y penser et de se mettre au boulot. BEN KENNEDY
Ecrivez à Rock&Folk, 12 rue Mozart 92587 Clichy cedex ou par courriel à rock&folk@editionslariviere.com Chaque publié reçoit un CD
TélégrammPAR YASeMINE AOsUDI
ALICE IN CHAINS Les vétérans grunge annoncent une date unique en France, le 28 mai à l’Olympia (Paris). Ils partageront l’affiche avec Black Rebel Motorcycle Club.
ARCTIC MONKEYS Le groupe de Sheffield publiera fin novembre un 45 tours “Tranquility Base Hotel & Casino”, avec en face B un inédit “Anyways”. En amont, “Warp Speed Chic”, court métrage réalisé par Ben Chappell lors de l’enregistrement du dernier album des Britannique en France, a été mis en ligne.
LES AVENTURIERS Du 12 au 20 décembre aura lieu ème la 14 édition de ce festival sis à Fontenay-sous-Bois (94). Au programme, Vox Low, Zombie Zombie, Pogo Car Crash Control, Delgres, Astereotypie, Concrete Knives, Agathe Da Rama, Peroke, General Elektriks…
IAN BROWN Le chanteur des Stone Roses revient avec “Ripples”, septième er album solo, prévu pour le 1 mars.
RODOLPHE BURGER L’infatigable chanteur de Kat Onoma poursuit sa tournée solo. Il sera le 22 novembre à la Scène Nationale (Aubusson), le 23 au Centre Culturel Agora (Boulazac), le 11 décembre au MC2 (Grenoble), et le 24 janvier accompagné de Serge Teyssot-Gay à la scène Nationale (Niort)...
CHASSOL Le compositeur français investira la Cité de la Musique (Paris) le 30 novembre et le 2 décembre, et le Nouveau Relax (Chaumont) le 6 décembre prochain.
COLDPLAY Le documentaire “Coldplay : A Head Full Of Dreams”, consacré au groupe de Chris Martin, sera disponible le 7 décembre. Il retrace plus de 20 ans de carrière du groupe, incluant des images de la dernière tournée. En parallèle, deux disques, “Live In Sao Paulo” et “Live In Buenos Aires”, verront le jour.
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ETIENNE DAHO Le dandy continue d’afficher partout complet : il passera au Silo (Marseille) le 23 novembre, au Paloma (Nîmes) le 24, du 27 au 2 décembre à l’Olympia (Paris), le 4 au Métropole (Lausanne)... Le 14 décembre, il éditera un 45 tours deluxe avec en face A : “L’Etincelle” et en face B “Chambre 29”.
JOSH FAUVER L’ancien bassiste (2004 à 2012) de Deerhunter est décédé à l’âge de 39 ans. Les raisons de sa mort ne sont pas encore connues. Il était, aussi, membre des groupes Electrosleep International, SIDS et avait monté son label, Army Of Bad Luck.
LEO FERRE A l’initiative de son fils Mathieu, un coffret de 14 CD, “Léo Ferré La Vie Moderne 1944-1959” incluant plus de 200 titres dont une cinquantaine inédits ou rares, sera disponible le 7 décembre.
HARDY FOX Homme à l’identité énigmatique dans un groupe, les Residents, qui lui même cultive l’énigme au rang d’art depuis 1969, le claviériste et compositeur principal du collectif américain a succombé le 30 octobre à un cancer du cerveau. Il avait 73 ans.
JAMPUR FRAIZE Notre illustrateur participera à l’exposition collective “La Gazette Du Rock” et jouera le soir du vernissage le 29 novembre à 19h avec Les Minutes (Mezzo à la basse) au Forum de Vauréal. A découvrir jusqu’au 15 décembre.
STEVE GUNN L’ancien guitariste de The War On Drugs et des Violators de Kurt Vile fera son retour le 18 janvier avec “The Unseen In Between”, son dixième album solo.
JOHNNY HALLYDAY “Mon Pays C’est L’Amour”, ème 51 album du chanteur, s’est vendu à 631 473 exemplaires en 3 jours et s’approche aujourd’hui du million.
Josh Homme
JOSH HOMME “Cruel, Cruel World” est le nouveau titre du patron des Queens Of The Stone Age, tiré de la BO du jeu vidéo “Red Dead Redemption 2”. Ballade acoustique écrite par Daniel Lanois.
IMARHAN Les Touaregs de Tamanrasset sont de retour les 21 et 22 novembre au Hasard Ludique (Paris) et le 23 au Temps Machine (Tours), pour distiller leur blues du désert empreint de rock et de groove.
MICHAEL JACKSON Le King Of Pop est à l’honneur au Grand Palais (Paris) du 23 novembre au 14 février 2019. L’exposition “Michael Jackson : On The Wall” explore l’impact culturel de l’artiste et de son œuvre des années 80 à aujourd’hui à travers des créations de David LaChapelle, Jeff Koons...
KAISER CHIEFS Le 8 juin prochain, au stade d’Elland Road, le quintette célébrera le centenaire de Leeds United, légendaire club de foot de sa ville, aux côtés de The Vaccines, The Sherlocks et, peut-être, de Marcelo Bielsa.
MILES KANE Le Liverpuldien a dévoilé un morceau inédit, l’énergique “LA Five Four (309)”, accompagné d’un clip.
MASSIVE ATTACK Les pionniers du trip-hop font une tournée pour les 20 ans de l’album “Mezzanine”, ils passeront au Zénith de Paris les 11 et 12 février 2019, à celui de Nantes le 13 et à l’Arkea Arena de Bordeaux le jour de la Saint-Valentin.
MUDHONEY Mark Arm et ses hommes feront escale à Paris le 27 novembre au Trabendo.
PRINCE 4U : A Symphonic Celebration Of Prince, premier concert symphonique consacré au chanteur de Minneapolis. Aux commandes, Questlove (batteur des Roots) a choisi et fait les arrangements orchestraux de nombreux tubes de la star disparue. Passage le 26 novembre prochain au Palais des Sports (Paris).
LEE RANALDO “Electric Trim Live” est le prochain live du cofondateur de Sonic Youth. Il a été enregistré à Londres en octobre 2017. Le guitariste planche sur un nouvel album.
RAZORLIGHT Le quartette londonien vient de sortir un nouvel album “Olympus Sleeping”. Il le défendra sur scène au Bataclan le 2 février, après un Café de la Danse complet le 10 novembre.
Photo Kristen WelshDR
“Les gens qui chantent en geignant combien leur vie est difficile, c’est tellement ennuyeux”THOM YORKE
RENDEZ-VOUS L’Expanding Corruption Tour de la relève rock française débarquera le 30 novembre à la Souris Verte (Epinal), le 2 décembre à la Vapeur (Dijon), le 7 à la Tangram (Evreux) pour faire découvrir son post-punk “Superior State” sorti fin octobre.
RIVAL SONS Les rockers californiens reviennent avec “Feral Roots” le 25 janvier prochain. Ils enchaîneront par une tournée française le 8 février au 106 (Rouen), le 9 au Bataclan (Paris), le 10 à la Sirène (La Rochelle) et le 25 au Transbordeur (Lyon).
AXL ROSE Très remonté contre l’actuel locataire de la Maison Blanche, le leader des Guns N’Roses a signifié à Donald Trump son interdiction de diffuser des chansons de son groupe au cours de rassemblements politiques.
SHAME Les Londoniens débouleront le 14 décembre à l’Elysée Montmartre (Paris) pour transporter leur très rageur premier album “Songs Of Praise”.
BRUCE SPRINGSTEEN Attendu le 8 décembre, l’album “Springsteen On Broadway” reprend le contenu des spectacles donnés régulièrement par le Boss au Walter Kerr Theatre depuis 2017.
Photo Steve GullickDR
Photo Allaan Ballard/ Scope Features/ Dalle
STRAY CATS En 2019, le trio rockab composé de Brian Setzer, Lee Rocker et Slim Jim Phantom fêtera ses 40 ans d’existence. Les Cats sont en studio à Nashville pour enregistrer un nouvel album après 25 ans de silence. Une tournée est prévue pour célébrer l’évènement.
SUPERSUCKERS Eddie Spaghetti et son combo seront aux côtés des Lullies et des Sonic Preachers le 22 novembre au Secret Place (Saint-Jean de Védas).
TOY Deux ans après “Clear Shot”, les Londoniens ont partagé quelques nouvelles chansons, annonciatrices de leur quatrième album. “Happy In The Hollow” sortira le 25 janvier. Le groupe sera à la Route Du Rock (Saint-Malo) le 21 février 2019.
TRANSMUSICALES DE RENNES Rendez-Vous, Cyril Cyril, Eut, Komodo, Madam, Robert Finley, The Psychotic Monks, The Surrenders, et bien d’autres participeront à la ème 40 édition du festival rennais, du 5 au 9 décembre.
Stray Cats
Condoléances THOMAS DIAZ(chanteur de The World Is A Beautiful Place And I Am No Longer Afraid To Die),JOSH FAUVER,SONNY FORTUNE(saxophoniste et flûtiste de jazz américain),HARDY FOX, PHILIPPE GILDAS(journaliste, animateur),ROY HARGROVE (trompettiste américain), OLI HERBERT(guitariste de All That Remains),FRANCIS LAI(compositeur français), WAH WAH WATSON(Melvin Ragin, guitariste Motown), TONY JOE WHITE
Toy
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