Almaviva du 07-12-2021
116 pages
Français

Almaviva du 07-12-2021 , magazine presse

-

YouScribe est heureux de vous offrir cette publication
116 pages
Français
YouScribe est heureux de vous offrir cette publication

Informations

Publié par
Date de parution 07 décembre 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 46 Mo

Exrait

L’ART DE VIVRE DU FIGARO F
CHAMPAGNE DANS L’ORIENTEXPRESS
N ° 2 6 / D É C E M B R E 2 0 2 1ARÉMENT NUMÉRO 26 / MARDI 7 DÉCEMBRE 2021 / SUPPLÉMENT DU FIGARO N°24042 COMMISSION PARITAIRE N° 0421C83022 / NE PEUT ÊTRE VENDU SÉP
MOUVEMENT La dynamique de Lucie Pereyre de Nonancourt
TRAJECTOIRE La réforme du plaisir de Vitalie Taittinger
TRANSPORTS Et si le bonheur n’était que dans les gares
MÉTAMORPHOSE Carhartt, des vestes et du vin
JEANCHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Manifesto.
Année Ruptures de stocks, distribution au comptegouttes, tarifs prêts à s’envoler à la lttvItpdpbdLpLqodGelreifLeorrfelpuebmpssdaeumnoreeruRedétôcuarcéeidsreitrnauQl.suxfisiiqdigsnpecrisemetsesnquoeisyivéalequlasnoptr,eireepeunouhdsirtsieotnsduasetnguéqs,mphacruesllouawânmeridlartesmiletnusnayagsvoelfddetairasnuoiiried,etpatapGstnioops.eidlasulpmoseotm,osiprdéinraeslievsnmeelagngÉ.UpnudlieBucb.oennehio,ceencuucraijohlbganoainsydrébéintscoestnenesistédfrysiobmi.esstedtue.blsiesnrtiEatértniueiglileureenryac.uhvqaaeuSunnoitlra,lTroiqtinéréfboliquesmmunsoenioparemmeétérapauaf.tuidnooitteeredsLichonéeileobmmsua.sicsueqelempahuqeanniu.tLfueilloediersOnemillntssceiellobtudeoisnesercismanée:peudecesohauqldnxeviusiuqseénnaesde,utlairentnesaviaigeintaensénhènomnaeédapsseaprosnl,ieOrpréoiededcteetsAnrdeetourleel,sfloénsena,stnevieur,rsdohéstnic,eporuliemmoaylEnerbiengnetôtl,telemapmtanhcêelaeseisdepins,tpnamreotpor,slépoque.Noscoed,eslebrercélédeeivr,rcraGuaorlutpetohoapgrÉheordre:otdfonustabidrmEtnoetsesrerpuxFedEtirerxpxa.usspsulpeeslitduroeepmmièrPretroseseaisrniispsroaestnnuteessttiartrouvéyasueudnleie,clièmpleulrelesposbiloudonnedr plaisir. Au point que le un espace d’expression, tandis que la chanteuse Bergmann incarne quatre personnagesdunemêmehistoiredemeurtredansletrainmythique.Commeun hommage à Agatha Christie, une autre amatrice de champagne.
Stéphane Reynaud Rédacteur en chef
7
I P S O F A C T O 1 1 / F O C U S Bergmann : une chanteuse aux mille visages 1 5 / P R E M I E R P L A N Lucie Pereyre de Nonancourt, d’un Grand Siècle à l’autre 1 8 / P L A Y L I S T Chantons sur les rails C I N É M A Amour de Deutz, l’autre star d’« Aline » 2 0 / N E C P L U S U L T R A Un cognac sans égal 2 2 / É D I T I O N Le principe de la transmission Vive l’Art déco 2 4 / B I L L E T Les bouteilles de Jacques Prévert T A S T I N G Déguster autrement 2 6 / E X P É R I E N C E Ode à la nature à la Maison Belle Époque 2 8 / G A S T R O N O M I E Feeling et finesse au Lucas Carton N A T U R E Canard-Duchêne s’engage pour les forêts françaises 3 0 / T R A J E C T O I R E La deuxième vie d’Alfred Cointreau 3 2 / E N T R E T I E N La réforme du plaisir selon Vitalie Taittinger 3 4 / B I L L E T La tentation du Limbar A R T Solar of Pauillac 3 6 / N E C P L U S U L T R A Deux dames-Jeannes de légende
M O D U S O P E R A N D I 3 8 / C h a m p a g n e d a n s l ’ O r i e n t - E x p r e s s 6 0 / F I C T I O N Dans trois heures à Trieste 6 6 / N O U V E L L E Balade orientale
7 2 / E N T R E T I E N L’Orient-Express ou la révolution de la mobilité 8 2 / S A G A La marque Orient Express fait peau neuve
D É C E M B R E 2 0 2 1
Dans les9vign2es californiennes des Carhartt
I T A L I Q U E S 8 4 / R É C I T Peut-être le bonheur n’est-il que dans les gares 9 2 / D É C O U V E R T E Carhartt, c’est aussi du vin 9 8 / T E N D A N C E En Champagne, les coteaux ont de nouveau la cote 1 0 0 / A U T O M O B I L E ÉRIC GARAULT ; COLLECTION DES ARCHCIiVrEScuHIiStTOdReIQRUEeSimDEs,LlAaUTcOoMuOrBIsLeECaLuUxDDbEuFlRlAeNsCE ; SDP ; PHOTO DE UNE : ÉRIC GARAULT
9
Opus.
3pmgarcmiChea8dansenetl’Orient-Express
L1es gr0ande0s heures du circuit de Reims.
C A R P E D I E M 1 0 2 / D E S I G N L’extravagance de la verrerie 1 0 4 / S A V E U R S Ascension royale 1 0 6 / I N V I N O La grande dégustation des champagnes de prestige et rosés
P O S T  S C R I P T U M 1 1 4 / A T M O S P H È R E God save the king au George-V
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
SDP
P O RT R A I T
BERGMANN : UNE CHANTEUSE AUX MILLE VISAGES La Parisienne, qui vient de sortir son premier album,No Curfew,et joue les modèles dans notre série « Champagne dans l’OrientExpress » se livre sans filtre sur son passé d’adolescente turbulente et ses rêves d’indépendance.
par Madeleine Voisin nfant, Emma passe son temps fourrée Suivent quelques tentatives dans des conservatoires dans les jupes de sa maman, jusque de théâtre. Raté : elle est trop traumatisée pour s’y dans les coulisses de sa vie profes intégrer. Ses journées se déroulent comme ses nuits obserEaccompagnée au piano par sa sœur. L’exercice luive chaque soir en catimini le spectacle. Elle sionnelle : sa mère est comédienne. La blanches : seule, enchaînant, pizza en bouche, les petite fille s’endort dans les loges des DVD de David Lynch et Brian de Palma achetés salles de théâtre puis, installée derrière le rideau, chez Disc’king, à Montparnasse. Et elle chante, connaît les pièces par cœur, elle les voit parfois plus plaît. Les sensations aussi. Pour remplir ses heures de trente fois. À neuf ans, elle découvre la magie des creuses, elle s’inscrit à une chorale gospel, se familia projecteurs, rejoignant celle qu’elle considère alors rise avec la vibration des voix, l’harmonie, prend comme sa meilleure amie, sur une adaptation du conscience de l’importance de ne pas écraser les Malade Imaginaire. Immédiatement, la Parisienne autres. Ses amis lui soufflent à l’oreille des rêves est piquée par le virus de la scène.« Les mineurs n’ontd’artisteinterprète. Si sa mère tente de la convaincre droit qu’à un certain nombre de dates. Je n’ai pas jouéde poursuivre la comédie, elle préfère la liberté de la la dernière et j’étais dans tous mes états.»musique. Élève « Je ne voulais pas que ma vie soit régie par incomprise, Emma déserte les bancs de l’école àd’autres personnes que moi. J’avais besoin d’indépen 15 ans.dance. »« J’étais en colère. Cette institution m’a donné De contrôle. De ne pas faire face au rejet une très mauvaise image de moimême : j’avaisfamilier du métier. l’impression d’être bête – je suis dyslexique et on ne l’a pas remarqué tout de suite. On m’a affirmé que sansL’ENVOL EN SOLO l’éducation nationale, j’étais un être humain sansElle enchaîne les soirées à micro ouvert, fredonnant valeur, que je ne m’adapterai jamais à notre société.les morceaux écrits par d’autres.« Je n’avais pas mon Un professeur m’a même assuré que je finirai sur le mot à dire sur les paroles et quand je donnais mon avis, trottoir. J’ai quitté le scolaire avant d’y croire. »on me rembarrait à coup de “oui oui, t’es mignonne”. »
1 1
Focus.
Elle prend son envol en solo, se plonge dans l’écriture. « Au début, j’étais extrêmement timide. Bien plus que sur les planches. Je regardais mes pieds en tremblant comme une feuille. Je me suis donc créé un personnage, un alter ego, une version extrapolée de moimême : Bergmann. »Un nom à consonance germanique sans genre ni âge, hommage à l’actrice Ingrid Bergman et au cinéaste Ingmar Bergman.« Comme beaucoup d’artistes avant moi, de M à David Bowie, j’ai eu besoin de mettre de la distance entre le public et moi. Lorsque l’on se place dans une espèce de fantasme, il est plus facile de s’autoriser à faire de l’art. »Le premier album de Bergmann,No Curfew(sorti en mai dernier), soit un mélange de pop endiablée et de R’n’B chaloupé, de français et d’anglais, reflète son appétence pour une culture plurielle.
ESTHÉTIQUE LÉCHÉE Ses textes parlent de relations toxiques, de ruptures qui soulagent, de l’oisiveté qui l’a souvent paralysée, de son combat face à une« mélancolie contemplative ».Quant au titre, prémonitoire, il est en boîte depuis 2018. Tenant les rênes de son projet d’une main de fer dans un gant de velours – elle avoue être opiniâtre –, elle en gère la direction artistique. Comme ceux de sa génération – Emma a 28 ans – elle connaît l’impor tance de l’image. Aujourd’hui, les carrières se font (et se défont) en deux posts Instagram. Et pour accrocher les fans, une esthétique léchée est primordiale. Emma réalise ellemême ses clips à paillettes ultraglossy. Quand Bergmann se glisse dans la peau d’une baron ne de la drogue de l’amour, d’une tueuse vengeresse et d’une dépressive anonyme.« Mais qui se rend à l’enter rement de son examant vêtue d’une robe rose ! J’aime me poser en antihéroïne. En antiFrance Gall. Donner le mauvais rôle aux femmes tout en les enveloppant dans un bel écrin – je suis très coquette. Et puis, j’ai été une adolescente atroce. Je vis avec cette culpabilité et c’est une manière de sublimer le défaut, de s’autoriser à ne pas être parfait. Quand on accepte qui on est, la vie est moins rude. Je ne dis pas qu’il ne faut pas changer, mais de forcer une sorte d’indulgence envers soimême : on passe trop de temps à s’autoflageller. »Une façon aussi de se reconnecter avec ses racines d’actrice. D’ailleurs, Emma, l’héroïne de notre série à bord de l’Orient Express, a eu l’idée, inspirée par le polar d’Agatha Christie, d’incarner tour à tour la victime ingénue, la diva glamour, l’infaillible enquêtrice et la meurtrière cruelle. Sans surprise, elle a préféré jouer les crimi nelles sanguinaires.« Qui ne s’est jamais imaginé en méchante de film d’action ? Et puis, plus on s’éloigne de ma personnalité et plus je suis à l’aise. Coiffée de cette perruque brune, je suis méconnaissable. Tout est permis. Paradoxalement, la chanteuse m’a posé le plus de pro blèmes, sûrement parce qu’elle est plus proche de moi. »Touchante, fragilisée par un père absent, la maladie puis le décès de sa mère, la jeune femme cherche dans la musique un moyen d’être aimée.« L’enfant qui som meille en moi a besoin d’attention et d’amour, de réparer ses blessures. J’écris d’ailleurs souvent avant d’agir, de manière un peu inconsciente. Je ne pense pas qu’il soit indispensable pour un artiste d’être torturé. Seulement, nous sommes sûrement davantage en phase avec nos émotions. Et les exprimer constitue également notre fonds de commerce. Grâce à nos mots, nous arrivons à toucher notre public, à l’aider aussi. Selon moi il n’y a rien de plus beau. »
L’album de Bergmann, « No Curfew », sorti le 7 mai chez HRCLS Records est disponible chez les disquaires et sur toutes les platesformes de streaming.
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents