Figaro Scope du 28-10-2020
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Figaro Scope du 28-10-2020

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Date de parution 28 octobre 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 39 Mo

Mercredi 28 octobre 2020 - LE FIGARO - N°23 700 - cahier N° 4 - Ne peut être vendu séparément.
● ● ● ● ● ● R E S T A U R A N T S E X P O S I T I O N S C I N É M A T H É Â T R E M U S I Q U E
scope
RESTAURANTS ESCAPADE SEMAINE CULTURELLE
Les bons plats à emporter La vie de château « Le Corps et l’Âme »
ou se faire livrer PAGES 4 ET 5 en bord de Loire PAGE 8 au Louvre PAGES 6 ET 7
Dîner musical
en début de soirée
erau Nolinski (1 ).
7 sorties
de dernière
minute
Remonter
la pendule
UNE SEMAINE EN VILLE Par Sophie de Santis
erPlus d’une semaine après Le 1 novembre à 11 h
l’instauration du couvre- au TCE. www.
feu - qui risque de se dur- theatrechampselysees.fr
cir -, on cherche des
solutions pour continuer de Trouver du réconfort
sortir et trouver l’évasion. autour d’une raclette.
Mettons alors à profit les Même s’il est encore un
heures « ouvrables » qu’il peu tôt pour grimper sur
nous reste. Changeons nos les cimes alpines, les
amahabitudes pour éviter que notre quoti- teurs de raclette ne boudent pas leur
dien ne sombre dans une routine mo- plaisir en allant déguster celle du
ernotone. Même s’il n’est pas donné à Roch Hôtel (1 ). L’illusion y est. Il
tous de se lever à l’aube et de dîner avec suffit de peu pour passer un moment
les poules, les tentations foisonnent dé- hors du temps : un chalet de bois
persormais partout dans la capitale. Cela ché au fond du jardin, un décor cosy,
vaut le coup de remonter la pendule et un poêle, des skis à spatules de bois…
de faire basculer son emploi du temps à et surtout un menu roboratif à base de
l’heure d’hiver. Voici quelques pistes produits savoyards sourcés par le chef
pour se rendre la vie plus agréable. Rémy Bérerd (de 2 à 6 personnes,
menu déjeuner à 67 euros par pers.).
Assister à une séance de cinéma ma- Dès le 2 novembre.
tinale. Les cinémas MK2 s’adaptent www.leroch-hotel.com
au contexte et n’hésitent pas à
proposer des projections à l’heure du petit Arpenter le New York de Sid Kaplan.
déjeuner. À voir cette semaine, Gar- Sous les feux de l’actualité
présidençon chiffon de Nicolas Maury (dans la tielle, il est beaucoup question des
sélection officielle de Cannes 2020) États-Unis ces jours-ci. Aux Douches
eavec Nathalie Baye. Les fans de Céline Galerie (10 ), Françoise Morin,
spéDion, incarnée par Jennie-Anne Wal- cialiste de la photographie
américaiker, eux, se précipiteront à l’avant- ne, choisit de montrer le travail
mépremière d’Aline, de Valérie Lemer- connu de Sid Kaplan. Celui qui a
cier, le vendredi 30 octobre à 17 h 30 travaillé dans l’ombre de Robert
au MK2 Bibliothèque. Frank, comme tireur pendant
trentewww.mk2.com cinq ans, expose ici ses propres clichés
en noir et blanc, capturés dans les
S’évader avec Vikingur Olafsson, qui rues du Lower East Side. Des scènes
donne un récital dimanche matin à de la vie ordinaire du Manhattan des
11 heures au Théâtre des Champs- années 1950, et plus récentes aussi,
Élysées. Le pianiste islandais, 36 ans, magnifiées par des tirages argentiques
prodige de la scène musicale classi- réalisés dans les règles de l’art. Cela
que et contemporaine, nous régale nous rappelle que le Mois de la photo à
avec Debussy et Rameau. Connu pour Paris ne fait que commencer.
ses interprétations de Bach et le Jusqu’au 7 novembre,
répertoire de Philip Glass, auprès de Les Douches Galerie,
qui il a fait ses classes. www.lesdoucheslagalerie.com
NOLINSKI LE RESTAURANT, VENERANDA FABBRICA DEL DUOMO DI MILANOMercredi 28 octobre 2020
2 Figaro Scope
L'événement
Petits plaisirs
en décalage horaire
On s’adapte au couvre-feu, et à son probable durcissement, pour
programmer en fin d’après-midi, une séance de méditation ou une
projection de film. Et s’offrir une pause gourmande avant ou après.
Par Ariane Bavelier, Alice Bosio, Léa Mabilon,
et Nathalie Simon. Dossier coordonné par Sophie de Santis
anonymes dans les aéroports. Les sept soupçonné (tirages limités à 8 exemplai-GALERIE tirages exposés au rez-de-chaussée de res, 5 700 € encadrés ; à partir de 2 000 €
ela galerie Magnum dans le 18 , près du les petits formats). On ne quitte pas lesD’IMAGES cimetière de Montmartre, montrent des lieux sans grimper à l’étage pour
admiatmosphères colorées et très graphi- rer les magnifiques panoramiques deHARRY GRUYAERT
ques, patiemment capturées. À Roissy Josef Koudelka en écho à « Ruines » à laCHEZ MAGNUM
Charles-de-Gaulle, le mobilier orange BnF (jusqu’au 16 décembre). S. DE S.
Alors que nous sommes devenus séden- des années 1985, puis vert en 2010, est ■ « Last Call, Harry Gruyaert » jusqu’au
taires par obligation, Harry Gruyaert strié par les ombres portées des structu- 31 décembre à la galerie Magnum,
enous donne l’illusion de pouvoir faire res de l’aérogare, mettant indirecte- 19, rue Hégésippe-Moreau (18 ).
nos valises et nous envoler vers un ment les lignes de l’architecture moder- Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h.
monde meilleur. Salles d’attente, aéro- ne en valeur. De même qu’à Las Vegas
ports modernes, passagers en transit… (1982), on aperçoit derrière les hautes OÙ GRIGNOTER ?
« Last Call » est une exposition qui met baies vitrées quadrillées, un avion prêt à Direction le coffee-shop La Main Noire,
en scène des départs et des arrivées à décoller. Dans le hall, le design des fau- ouvert à côté du cimetière de
Montmartravers le monde. « J’ai toujours été fas- teuils en plastique thermoformé aux tre par trois copains fans de brunchs et
ciné par les lieux où les gens attendent. formes tulipes et la moquette bleue ren- de café de spécialité comme à
MelbourJ’aime observer leurs mouvements, leurs seigne sur l’esthétique de l’époque. À ne, où le trio s’est rencontré. Pour
dépostures, leurs regards, les groupes qu’ils Venise, au Marco Polo (2018), c’est un jeuner d’un plat de saison (avec option
forment, les situations qui se créent dans jeu de transparences qui fait de cette végane), d’un bol de légumes variés, de
ces moments où le temps est suspendu », image un tableau contemporain remar- pancakes salés ou sucrés… ou s’offrir un
écrit en exergue Harry Gruyaert, 79 ans. quable. Comme en Galice (2006), où les goûter autour d’un latte coloré et d’un
Mieux que personne, le photographe piliers rouges, les escaliers mécaniques carrot cake, d’un granola ou d’un
gâd’origine belge de l’agence Magnum, et le mobilier industriel, dévoilent dans teau à la patate douce. A. B.
edepuis 1981, saisit ces instants vides et l’objectif de Gruyaert un charme in- ■ 12, rue Cavallotti (18 ). Du mer. au
dim. de 9 h à 17 h (10 h à 18 h le w.-e.)

DÎNER MUSICAL
AU NOLINSKI
Installée sur l’imposante avenue de
l’Opéra, l’adresse fait mouche. À
l’entrée, deux grands rideaux de velours
laissent présager l’intérieur. Bon signe.
L’élégance ne se dévoile pas au premier
regard, elle se découvre. Une fois passé
la porte, l’ancienne brasserie Réjane
devenue le restaurant Nolinski, du groupe
Evok, plante un décor précieux et
chaleureux, imaginé par le designer
britannique John Whelan (Bouillon Julien).
Entre Art déco et touches seventies, le
style se déploie dans de grandes
banquettes en velours, chaises en rotin et
1 lustres suspendus. Les miroirs qui
longent les murs, reflètent la lumière des
bougies posées sur les tables en marbre.
Depuis bientôt un mois, l’établissement
accueille aussi deux jeunes talents,
anciens candidats de l’émission musicale
The Voice, pour enjoliver ses dîners. Le 4
mercredi, Philippine Lavrey
accompagne les clients avec des standards
musicaux lounges revisités (Alain Bashung,
5Norah Jones, Dido…). Pour les soirées
plus endiablées, Samuel M prend le
relais. Du jeudi au samedi, c’est France
Gall, Dalida, ou encore Gloria Gaynor
qu’il fait renaître en guitare acoustique.
Couvre-feu à 21 h oblige, les lives
commencent à 18 h 30. Il n’est jamais trop
tôt pour faire la fête. L. M.
OÙ GRIGNOTER ?
Sur place. On plonge le nez dans la carte
signée par le chef Philip Chronopoulos.
Au menu, une cuisine contemporaine et
2 singulière, aux textures et saveurs
raffinées. Pour le plaisir des yeux et des
papilles, on penche pour le filet de bœuf
au poivre et au cognac que le cuistot fait
flamber en salle, devant les clients
(49 €). Côté dessert, le millefeuille
revisité, caramélisé à la crème vanille, est
un régal (16 €). L. M.
er■ 16, av. de l’Opéra (1 ). Du mar.
au sam. De 12 h à 14 h 30, puis de 18 h 30 1. A Lounge of Roissy Airport (2010), la bijouterie de son futur beau-frère
de Harry Gruyaert, à 21 h. www.nolinskiparis.com (Benoît Tachoires, vu dans Momo), il a
eà la galerie Magnum (18 ). abandonné son rêve de devenir
chan2. Le Festival Move, teur avec son cousin (Erwan Creignou).
eau Centre Pompidou (4 ).SUR SCÈNE Que va-t-il décider ? Le duo d’auteurs a
3. L’Embarras du choix, au Théâtre imaginé une pièce comme il a envieeL’EMBARRAS DU CHOIX de la Gaîté-Montpanasse (14 ). d’en voir et qui ressemble à la vie. Touter4. Le Nolinski, avenue de l’Opéra (1 ).
La toute nouvelle création de Sébastien le monde a aimé, souffert, été quitté ou5. Les Parapluies de Cherbourg,
Azzopardi et Sacha Danino fait mouche. a abandonné un être proche. Azzopardide Jacques Demy,
Parce qu’elle s’appuie sur une intrigue er et Danino ont ajouté un « plus » dans laau Forum des Images (1 ).
forte et est parfaitement interprétée. e représentation et préviennent le public :6. Détente aromatique chez Bloom (II ).
Max (Sébastien Azzopardi lui-même), « C’est VOUS qui allez choisir la suite de7. Atelier de céramique
equi fête ses 35 ans, est perdu. Entre sa Stéphanie Larène (11 ). l’histoire ». De fait, le spectateur répond
fiancée (Margaux Maillet) et son amour quand Max lui demande son avis ou
3 de jeunesse (la blonde Alyzée Costes) échange avec lui, ce qui donne lieu à des
qu’il retrouve par hasard. Employé dans moments de grâce, d’émotion et de
CINÉ TAMARIS, MAARTEN NAUW, EMILIE BROUCHON, HARRY GRUYAERT/MAGNUM PHOTOS, BLOOM, STÉPHANIE LARÈNE Mercredi 28 octobre 2020
Figaro Scope 3
L'événement
installations traitent du sujet, inhabituel ton porc crevettes), nems aux légumes,6tant la danse peut de loin, sembler ne nouilles maison (en bouillon ou à la
sis’adresser qu’aux corps parfaits. Ceux chuanaise), riz gluant Lo Mai Fan (aux
qui apparaissent ici montrent leur vul- pétoncles, cacahuètes et sauce XO) ou
nérabilité sur grand écran. Avec Lisa encore perles de Sago aux fruits de
saiBufano, il est question de handicap : la son, coco et sésame. A. B.
erdanseuse a été amputée des jambes et ■ 7, rue du Jour (1 ).
des bras suite à une infection aux sta- À partir du 3 novembre,
phylocoques. Naguère scénographe du mar. au sam.
chez Pina Bausch, Raimund Hoghe, pe- en continu de 12 h à 21 h.
tit homme bossu, se met en scène avec
son corps déformé. Anna Halprin, cho- MÉDITATION régraphe centenaire cette année,
montre comme la danse traverse la vieilles- OLFACTIVE se. Alain Buffard, décédé il y a dix ans, a
relaté avec Mauvais genre ce que traduit CHEZ BLOOM
un corps malade. Ici et là, surgit la
beauté, poignante, convulsive : bien Parce que dès l’automne notre énergie
plus qu’aux formes et au nombre d’or, diminue, on s’accorde un moment de
elle tient au sens donné à son engage- détente et de méditation avant de
renment par l’artiste. Et dans ces cas-là, trer à la maison. Chez Bloom, dans une
c’est une affaire de vie et de mort. Des d’amour absolu, de destins tragiques. En- salle en bois clair, Abigail Mary, une7performeurs se mêlent à ce rendez- tre rhétorique de l’excès et sensationna- jeune femme anglo-suisse qui a vécu
vous. Temps forts de cette édition : Ce- lisme, le mélodrame s’est défini dans les quinze ans au Japon, propose des
séancile B Evans relit Giselle, et Nora Turato drames familiaux, les amours déchirantes ces d’« Aroma méditation ». Chaque
évoque anxiété, doutes, fragilités liées à et l’exaltation des sentiments. Long- participant (5 maximum), assis en
la vie contemporaine. A. B. temps, on lui a reproché ses personnages tailleur sur son tapis, verse quelques
■ Centre Pompidou, forum - 1, féminins trop caricaturaux. Pourtant, le gouttes d’huile essentielle sur un
moujusqu’au 7 novembre de 11 h à 20 h. Forum des Images propose une tout autre choir avant de commencer un lent
traProgrammation en continu, entrée interprétation à ce pan décrié du septième vail de respiration, puis d’étirements.
libre. www.centrepompidou.fr art. À travers près de 75 films, des plus Pendant une heure (28 € la séance), le
grands classiques du cinéma jusqu’à parfum l’accompagne dans ces
exerciOÙ GRIGNOTER ? aujourd’hui, le festival « Tant qu’il y aura ces de relaxation douce, inspirés de
Offrez-vous une escale transalpine dans du mélo » explore l’éclectisme du genre. techniques japonaises. Port du masque
le grand magasin Eataly voisin, que ce Au sentimentalisme dégoulinant s’ajoute obligatoire, bien sûr. S. DE S.
esoit pour choisir de quoi préparer un dî- une critique de la société et des tabous, ■ Bloom, 4, rue Étienne-Marcel (2 ).
ner à domicile (pâtes fraîches, charcute- plus subversive qu’on ne le pense. Dans www.welovebloom.co
errie et fromages, fruits et légumes, vins), Insiang, de 1976 (projection le 1 nov. à
OÙ GRIGNOTER ? emporter un encas (pizzas à la boulange- 18 h 30), Lino Brocka dénonce, sous
l’hisrie, pasta bar) ou vous restaurer sur place toire d’une blanchisseuse des Philippines, Faites une pause avant ou après le cours
sous la verrière de la Piazza ou aux res- la misère sociale des bidonvilles. Pour ce à la boulangerie Bo & Mie voisine,
taurants de pâtes et pizzas à l’étage. A. B. qui est des Parapluies de Cherbourg de ouverte par deux reconvertis passés sur
■ 37, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie Jacques Demy (projection le 28 oct. à les bancs de Ferrandi. Sur place ou à
e(4 ). Tlj jusqu’à 21 h. Restos de 12 h 18 h 30), Catherine Deneuve le définissait emporter, craquez pour leurs savoureux
à 15 h puis de 18 h à 21 h en semaine, elle-même dans une interview en 1978 de sandwichs, pains au levain naturel,
en continu de 12 h à 21 h le w.-e. « conte de fées cruel, aux personnages viennoiseries et pâtisseries top qualité à
pourtant très réalistes ». C’est bien pour prix doux. Parmi leurs incontournables
cela que le mélodrame dérange et fascine OÙ GRIGNOTER ? sucrés : le croissant framboise, le pain auLES MAINS à la fois. Parce qu’il nous ressemble plus À la sortie du Forum, le bistrot chinois chocolat praliné, le flan, les madeleines
que l’on ne croit. L. M. Lai’Tcha de la cheffe étoilée Adeline fourrées et le cookie shot chocolat etDANS L’ARGILE ■ Au Forum des Images, Grattard (Yam’Tcha) est une escale de praliné. A. B.
er e2, rue du cinéma (1 ). Jusqu’au choix pour consommer sur place ou ■ 18, rue de Turbigo (2 ).ATELIER DE CÉRAMIQUE
13 novembre. www.forumdesimages.fr emporter ses délicieux dim sum (won- Tlj de 7 h 30 à 20 h (8 h à 19 h le dim.).
Après avoir passé plusieurs années dans
la décoration d’intérieur et le
merchandising, Stéphanie Larène a créé sa
propre marque de faïence, spécialisée dans
les arts de la table. Outre ses créations,
la céramiste propose des ateliers
ludiques pour tous. Selon elle, c’est un art
qui se partage et se transmet. « Je
connaissais à peine le métier et je le
transmettais déjà, explique-t-elle. La -20%
céramique, le contact avec la terre,
ap*porte un bien-être incroyable. Quel que sur toute la collection
soit votre métier, ce retour aux sources
vous fait forcément décrocher. » Au fil des
cours de Stéphanie Larène, on se
familiarise avec l’argile, la terre sèche, les
ustensiles, afin de concevoir une
vaisselle à notre image. Durant deux heures,
les participants intègrent le langage
artisanal, choisissent le moule et les
couleurs, puis travaillent la terre et la
modèle. « En fait, ils font tout,
précise-telle. Moi, je me charge juste de les mettre
drôlerie inédits chaque soir. D’autant au four, et eux reviennent les chercher dès
que les comédiens chantent aussi et très que c’est près. » Coup dur pour les plus
bien des paroles qui restent en tête. Et impatients, la céramique nécessite
plules auteurs ne se contentent pas de faire sieurs cuissons qui s’étendent
généralerire, ils suscitent une réflexion sur le ment sur une durée de huit jours. Il vous
sens de la vie, les choix que nous faisons faudra donc repasser par l’atelier pour
et leurs conséquences. N. S. profiter de vos créations. L. M.
e■ 26, rue de la Gaîté (14 ). Sam 31 oct. à ■ Atelier de céramique,
er e16 h 30 et 18 h 30 et dim. 1 nov à 17 h. au 81, bd Voltaire (11 ).
Du9octobre au 14 novembre2020, il est tempsdeprofiter49 € par pers pour deux heures
OÙ GRIGNOTER ? de cours. De 18 h à 20 h. de cette OFFRE EXCEPTIONNELLE
Juste à côté, Brutus, deuxième du nom
OÙ GRIGNOTER ? après les Batignolles, vous tend les bras !
Située au cœur du quartier historique Avant de rentrer chez vous, faites un
des crêperies, l’adresse propose de ré- crochet par Magna Street Food, à cinq
veiller le genre grâce à des galettes aux minutes à pied, le temps d’emporter
noms de grands-mères soigneusement l’une des pizzas napolitaines imaginées
garnies - Yvonne à la chiffonnade de spécialement pour le transport par
JuFauteuil Canapé Fauteuil de bureau Chaise
jambon blanc, œuf miroir et beaufort, lien Serri. Pliés en quatre («
portafoPaulette au poulet en tajine, grillade glio », nos préférés) ou roulés («
rotod’aubergines, chips de céleri, amandes lo »), ces spécimens à la pâte moelleuse
Rendez-vous chez votre revendeur et sur stressless.comeffilées, emmental, coriandre et zestes affichent des garnitures de choix,
clasde citron - et à une belle sélection de ci- siques (margherita, reine) ou créatives, ®75 -STRESSLESS STORE -PARIS5- 29 quai de la Tournelle • LE LIT -PARIS 11 - 94 boulevardRichardLenoir • ESPACE TOPPER -PARIS 12 -54cours
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temps de Covid : « Jeter son corps dans Le mélodrame a longtemps eu mauvaise
la bataille ». Films, performances et réputation. Trop de larmes qui coulent, •
Mercredi 28 octobre 2020
4 Figaro Scope
Restaurants
1
Les bons plats
de bistrots
à emporter ou
se faire livrer
Notre sélection de brasseries, néobistrots
et bistronomiques à déguster
chez vous, histoire d’égayer vos longues
soirées de couvre-feu.
Par Alice Bosio et Hugo de Saint Phalle
LAZARE CHEZ VOUS (1) L’AMI JEAN (2)
LE PLUS « PRO » LE PLUS « BANQUET
À DOMICILE » Le trois étoiles du Bristol, Éric Frechon,
propose d’emporter les plats phares de sa
célèbre brasserie de gare : le tarama d’our- Exporter l’âme canaille de L’Ami Jean,
sin et ses blinis à partager, le trio d’œufs temple bistronomique de haut vol, dans
bio mimosa, thon et cébettes et sa mayo votre salon… Tel est le concept du « Jégo to
légère, l’artichaut entier, haricots verts go », formule fomentée par le chef
Stéphaaux noisettes et vinaigrette au Xérès, la ne Jégo. Elle laisse le choix entre trois
forsaucisse purée élue meilleure de Paris mules : une classique (apéro, entrée, plat à
dans ces colonnes en 2016 (purée onc- partager et séance sucrée) à 35 €, sa
déclitueuse, jus de volaille, thym frais), la naison veggie et l’option premium à 55 €.
brandade de morue gratinée à la chapelu- Basée sur des produits nobles, cette
dernière croustillante, le paris-deauville signa- re débute inévitablement par un échange
ture (un gâteau fondant au caramel) ou téléphonique avec le chef, histoire de
encore la démoniaque tarte au chocolat construire le menu. Envie de ris de veau ?
grand cru et noisettes caramélisées (à no- En voici deux grosses pommes, bien
doter, ces deux derniers proposés entiers ou rées, accompagnées d’une poêlée de
à la part). Le tout escorté par un petit mot champignons, le tout en cocotte,
n’attendu chef et une feuille de conseils pour les dant qu’à être réchauffées. Le temps
d’enservir. La qualité est au rendez-vous, les tamer l’apéritif, ce soir-là, une généreuse
portions généreuses… Rien à dire, si ce part de terrine de pâté de campagne, un
n’est un bon plan à souligner : au Café La- jambon de bœuf en fines lamelles et un peu
zare, la petite sœur dédiée à la restaura- de chorizo. S’annonce ensuite le festival
tion rapide située en face, un semainier à des entrées : épaisse tranche de foie gras
eretirer sur place du lundi au vendredi, mi-cuit en saumure et pâte de haricots et parfaitement exécutées. Sans oublier, autres : un très graphique et délicieux tar- sur place (22, boulevard de Clichy, 18
efacturé 15 € seulement (plat et dessert). noirs fermentés, pressé de bœuf et lentilles en bonus à partager, bulots - mayo au tare de daurade aux olives, un aïoli de ca- et 39, boulevard du Temple, 3 ).
www.lazare-paris.fr. et, incontournable de la maison, la crème foin, huîtres fines de claire (à ouvrir chez billaud bien sous tous rapports ou, pour Menu de la semaine : 10 €.
Tél. : 01 44 90 80 80. chaude de parmesan et ses petits croûtons. vous) et rillettes de cabillaud aux herbes et les plus coquins, les très chics et régressifs Carte : de 12,50 à 18 €.
Tlj. À retirer sur place Après le ris de veau, place à un joli dessert citron vert. À noter aussi, la formule macaronis au homard, généreux en chair
e(parvis de la gare Saint-Lazare, 8 ) tout en fraîcheur : ganache cacao, gelée de brunch alléchante du Coucou. Attention, de crustacé et arrosés d’une bisque
ou en livraison café et pomme caramélisée en verrine. quelques oublis dans notre commande, réconfortante.
(12 € à Paris intra-muros). Point final ? Que nenni ! C’est le moment du pensez à vérifier ! www.restaurantdessirier.com. JOIA
Carte : 40-50 €. monumental riz au lait, caramel salé et www.lapantruchoise.com. Tél. : 01 42 27 82 14. Tlj. À retirer LE PLUS SUD-OUEST
fruits secs caramélisés. Un dessert totem à Tél. : 01 42 81 11 00. Tlj. À retirer sur place (9, place du Maréchal-Juin,
e eboulotter avec panache jusqu’au bout de la sur place (4, rue de Navarin, 9 ) ou 17 ) ou en livraison (de 12 à 20 € -
nuit ou, pour les estomacs moins résistants, en livraison (12 € à Paris intra-muros). jusqu’à 5 km). Carte : à partir de 35 €. Dans la famille Hélène Darroze, je demande
dans les jours qui suivent. Entrée-plat-dessert : 25 € ; le bistrot du terroir ! Une courte sélection de
www.lamijean.fr. entrée-plat ou plat-dessert : 18 € ; tapas à partager, plats, accompagnements
Tél. : 01 47 05 86 89. Tlj sf dim. brunch : 23 € (à retirer au Coucou Café, et desserts de la cheffe landaise s’exporte à
eet lun. À retirer sur place 14, rue Bochart de Saron, 9 ). BOUILLON SERVICE (3) domicile le temps d’un dîner aux accents
PUBLI-INFORMATION e(27, rue Malar, 7 ) ou en livraison basques soigneusement sourcé : cochon-LE PLUS MALINSpécialités
(12 € à Paris intra-muros) nailles de Pascal Manoux et Pierre Oteiza,
Formules à 35 et 55 €. terrine de foie gras Dupérier au poivre de Ti-eParis15 CHEZMARIE-EDITH DESSIRIER Trois ans déjà que la famille Moussié (Jea- mut, poulet jaune des Landes Tauzin et sa
Unevéritablecuisinesavoureuse,
nette, Brasserie Barbès, Hôtel Providen- piperade aux piments d’Anglet (généreux), LE PLUS IODÉbourgeoiseetauthentique!
ce…) a révolutionné le monde de la brasse- cochon de lait braisé aux prunes et échalotes
LA PANTRUCHOISE rie contemporaine avec la réactivation du confites, haricots verts, chorizo et crème
La table marine des Rostang père et filles Bouillon Pigalle. Un lieu devenu un hit ins- d’ail (croquants), baba XXL à l’armagnac LE PLUS CHARMEUR
vient de se refaire une beauté sous la hou- tantané grâce à son rapport qualité-prix (miam !), torta de queso comme à San
Selette de l’architecte Richard Lafond. Que absolument imprenable. Pas de raison que bastian… Un bon point pour le pain et les
Le service imaginé par Franck Baranger et l’angle de ce dossier ne vous prive pas cela change en temps de crise et voici donc, madeleines offerts, un mauvais pour le
Aplumes ouàpoils, la saison des gibiers sa bande permet de rapatrier chez soi les d’apprécier, au déjeuner, le nouveau dé- à emporter, la petite colonie de plats bis- poulpe de roche rôti, difficile à réchauffer,
est ouverte chez Marie-Edith, c’est le belles compositions à l’impeccable rap- cor, lumineux et élégant. Mais puisqu’il trotiers si bien pensés. Poireaux vinaigret- un peu sec. Ces jours-ci, la jurée de « Top
momentdepartiràlachasseauxsaveurs. port qualité-prix des bistrots de South Pi- est désormais de bon ton de sortir chez te, terrine de campagne et autres œufs Chef », qui s’apprête à publier le livre de
reLespremiersperdreaux rôtis, faisans, galle Pantruche, Caillebotte, Belle Maison soi, surtout après 21 heures, sachez qu’une mayo remarquables ont déjà fait leurs cettes Chez moi avec des plats préparés et
pigeons ramiersaccompagnés des et le Coucou Café - qui comptent parmi bonne partie de la carte s’emporte ou se preuves sur place, au même titre que l’in- photographiés par elle, chez elle, avec ses
légumes du moment, laissantéchapper nos favoris à Paris. Seul bémol, le contenu fait livrer. Pas de formule mais un choix li- contournable saucisse purée, le bœuf filles, enrichira son offre « à la maison » avec
leur fumet caressant, nous transportent de la formule (en deux ou trois temps) est bre et varié de coquillages et crustacés, bourguignon et coquillettes ou le confit de un menu déjeuner (25 €), un menu dîner
dans une exquisebalade automnale, sans imposé. Pour nous ce soir-là, ce fut une entrées froides ou chaudes, plats de la car- canard pommes sarladaises. Ils résistent (45 €) et un burger au foie gras, pimientos
oublier les champignons. Placeaussi aux seiche snackée, chou blanc fondant et te et quelques desserts (cannelés, riz au parfaitement au voyage, empaquetés dans del piquillo et guindillas.
incontournables:les abats(rognons de crème encre de seiche, un lieu jaune de li- lait sauce caramel). Belons de la maison des contenants en carton aux couleurs de www.joiahelenedarroze.com.
veau, tête de veau, joue de boeuf, ris de gne nacré, sucrine rôtie, condiment mou- Cadoret, Utah Beach de Jean-Paul Guer- la maison. Ne manque plus que l’ambiance Tél. : 01 40 20 06 06.
tarde, chou rouge et sauce noix et une ga- nier, Marennes fines de claire de David bouillante des services animés. Pour cela, Du mer. au sam. soir et sam. midi. veau,croustillantdepieddeporc,duode foie
nache chocolat, crumble croustillant et Hervé et autres huîtres sont servies déjà c’est à vous de jouer. À retirer sur place (39, rue des Jeûneurs, grasmaisonàlafigueetaupaind’épice…),
ecrème anglaise à la fève de Tonka. Des as- ouvertes, pour lancer directement les www.bouillonservice.com. 2 ) ou en livraison (15 € à Paris lespoissons(daurade,bar,morue,saumon,
siettes créatives, équilibrées, gourmandes hostilités. À piocher parmi les plats, entre Tél. : 01 42 59 69 31. Tlj. À retirer intra-muros). Carte : de 40 à 55 €.homard…),lesviandes(filetdeboeuf,carré
d’agneau rôti au thym, magret et confit
de canard…), et pour terminer les oeufsà
la neigefaçon Marie-Edith, feuillantine de
poireauchocolatchaudainsiquelechaud
froid de pommes au whisky, la marquise
au chocolat et la tartetatin maison.Dans
une ambiancefeutréeonprend volontiers
seshabitudesicitantilyadel’authenticité
et de la générositédans l’assietteetdans
l’accueil. De quoi régaler nospapilles, on
vouslerecommandevivement!
Menucarteà29€et32€
Ouvertégalementledimanchemidi
MétroCambronneouMotte-Piquet
34rueduLaos-0145664460
PourtousrenseignementscontactezMaudau0140284807 2 3
L’AMI JEAN YNOTE, BENOIT LINERO VALÉRY GUEDES Mercredi 28 octobre 2020
Figaro Scope 5
Restaurants
Haché menu
PAR EMMANUEL RUBIN
Nouveautés
Brigade Pétrelle
du Tigre,
oilà une table que l’on dirait en flagrant à rebours. Pour cette allureV huysmansienne, singulière
à porter le décor, à oser le trompe-l’œil, délice
à déposer l’image d’une flamme $$
dans un cadre vide, à imprimer
Urfa Dürüm 2n le sait depuis un cer- une de ces lumières de conte onirique.
tain « Ventre » mais la On donnerait d’ailleurs bien du Genre : kurde. Longtemps
saison a ceci de suffi- « il était une fois » pour raconter Lucie qu’on espérait une voie de délestage
samment fébrile et ar- et Luca, elle en coulisses de cuisine, à la petite maison mère et la voilàO
dent pour nous le rap- lui dans la valse des flacons, ensemble tout entière, à quelques foulées,
peler. Oui, dire encore, dire à révéler l’une des maisons les plus quelques bouchées, dans cette franche
toujours, à Paris mieux qu’ailleurs, réussies de l’année. Ni hors l’époque, taverne tout aussi addictive à trousser
ce privilège de certaines rues, par- ni vraiment dedans, Pétrelle a l’émotion le top parisien des pizzas et galettes
fois de quartiers, à s’honorer de l’ali- d’installer un temps qui paraît à la kurde.
mentaire. Des zones franches d’ap- n’appartenir qu’à lui. Lequel se plaît
pétit. Des trottoirs dont on aurait à surprendre comme à suspendre ; Prix : entre 10 et 15 €. Un lahmacun
envie d’écrire qu’ils ont un génie à climat en mélange de douceur (façon de pizza orientale garnie de Renaissance
faire goût comme d’autres font sens, et de prévenance, où l’on désarme vite. viande hachée, oignons, tomates) : réussie pour
comme d’autres font corps. Ces der- Et les assiettes de vous faire tomber parfumée. Un dürüm kefta (galette cuiteune table hors
nières années, la rue du Faubourg- sous ce charme. À les lire au cuir et au feu de bois) : du moelleux, du grillé, du temps.
ePoissonnière, 10 , n’est pas mal vélin du menu, on les imagine d’abord EWA CRÉTOIS du juteux, du plaisir.
dans le genre. Ces derniers mois, en- du côté des classiques : girolles rôties et
core plus forte. Un confinement, un jus de volaille, saint-jacques de plongée Avec qui ? Soi-même !
couvre-feu, une capitale qui tire la en coquilles, pigeon en deux services, est de les voir trop vite se vider. brioche, voile de guanciale et jus
tronche comme le masque et le pithiviers et jus corsé de champignons. Intérieur habité, recettes incarnées, de volaille : superbe de saison. Pigeon Bonnes tables : celles du fond pour
quartier d’ouvrir sa grande gueule. À les éprouver, à l’argent de l’inverse tout aussi bien, il n’y a pas loin, de Mesquer, le filet servi rosé, la cuisse se tenir chaud. Service affairé. E. R.
Du moins, de ne pas la fermer. Une la fourchette, on les découvre dans ici, de la naissance d’une vraie cheffe rôtie, ragoût de pois chiche noir et salsa
erue de résistance où les nouvelles la jeunesse d’une rare personnalité : et d’une maison verde, bouillon : formidable de tenue. 10, rue du Faubourg-Saint-Denis (10 ).
adresses n’en finissent pas de se ré- les girolles certes mais dans l’élan pour la soutenir. Profiteroles garnies de chantilly Tél. : 01 48 24 12 84. Tlj jusqu’à 20 h 30.
véler comme autant de poings le- d’un jaune d’œuf confit, d’une brioche L’une comme au café et pistaches : découverte Métro : Strasbourg-Saint-Denis.$$$vés. Depuis la rentrée, voilà le bis- et d’une transparence de lard, les saint- l’autre dans fondante de la recette originelle.
PÉTRELLEtrot Beaucé (43, rue Richer), la néo- jacques dans leur coquille mais en l’étoffe et Dans le verre : des pépites et de belles e34, rue Pétrelle (9 ).
trattoria Papi (au 46, juste en face), beurre de tagète et amandes, le pigeon l’évidence qui choses dont les alsaciens naturels TÉL. :
les sandwichs craquants du Penny dans sa flamme mais délicieusement 01 42 82 11 02. font parfois du domaine Christian Binner.
Lane (18, rue du Faubourg-Poisson- HORAIRES :surpris d’un ragoût de pois chiche noir rougir un certain Service ? Où l’expression « aux petits
Tls sf lun. et mar. Dîner à nière), le Supu Ramen de Guy Savoy et salsa verde, le pithiviers enfin levant gros guide soins » reprend tout son sens.
partir de 18 h. Et dim. au déj. (au 58) et, numéro 38, la toute fraî- sa dentelle sur un frou-frou végétal lorsqu’il se plaît L’attention : le hors-d’œuvre, MÉTRO :
che Brigade du Tigre. et ruban de crème à la fourme à faire tomber capocollo de la vallée d’Itria (fine Anvers.
d’Ambert. Le genre d’assiettes avec les étoiles. charcuterie de cou de cochon).
À peine lancée, déjà bondée. lesquelles on se prend à ralentir la Avec qui ? L’évidente. L’addition ? Loin d’être exagérée,
Autre temps, autre référence. L’en- papille, calmer le palais et mâcher lent, Une, deux, trois assiettes… Girolles env. 50 € sans les vins.
seigne rappelle une fiction à épiso- tant le seul regret que l’on en retient de Lozère rôties, jaune d’œuf confit, Quelle table ? La 5. E.R.
des de la téloche à papa qui racon- $tait, vieux tacots, fières bacchantes,
Gamilales aventures de la fameuse police
d’élite voulue par Georges « Le Ti- Genre : marocain. Un tiers boutique,
gre » Clemenceau. Pour la généra- deux tiers cantine, l’enseigne
tion vraiment X, une série devenue – deuxième du nom – croise nourritures Beatriz Gonzalez, franchement culte, sauf qu’en 2020 marocaines et manière de dînette.
le culte ne traîne pas et la food lessi- Plutôt futée et carrément convaincante
ve régulièrement la fiction. À peine au rayon pâtisserie.
lancée, déjà bondée, cette autre Bri- e
gade s’annonce en devanture sage, Prix : environ 30-35 €. BrunchNeva Cuisine (8 )déploie le savant béton de joli volu- le week-end. Zaalouk (caviar
me et convoque le Tigre d’une cuisi- d’aubergines) : fondant. Couscous
ne à penchant très asiatique phos- Chaque semaine, découvrez l’une des dix nommées veggie : ça ne peut pas faire de mal.
phorée par la très bistronomique Desserts et pâtisseries signés
équipe du Eels (à quelques foulées au prix Figaro Scope-Bragard de la cheffe parisienne de l’année. de la Maison Gazelle avec notamment
de là, rue d’Hauteville). des cornes de gazelle en parfums Zoom sur la sixième candidate. signatures (fleur d’oranger, rose…).
Esprit bistrasiatique. Avouer
qu’à seulement lire la carte que l’on Avec qui ? Un esprit nomade.
coche soi-même sur une petite fiche Le CV. Naît le 28 avril 1981 à Mexico City. topinambours, pralin amandes
pour passer commande, il n’y a pas Beatriz Gonzalez grandit sur l’île et noisettes ; sablé breton Bonnes tables : côté mezzanine.
loin d’une drôle de zébrure dans ce de Cozumel (Mexique), où ses parents aux pommes Granny Smith et yuzu, Service apaisant ou apathique
repaire. Car si la sus-évoquée bistro- tiennent un restaurant. Elle débarque en mousse chocolat blanc, sorbet selon que l’on ait (ou pas) du temps Pour la première fois, le Figaro
nomie, fatiguée de ses caricatures, France, à l’Institut Paul Bocuse de Lyon, pomme verte et yuzu ; sphère devant soi. E. R.
Scope a choisi de décerner, se demande souvent où elle va, les pour suivre des études de cuisine. déstructurée au chocolat Guanaja,
en partenariat avec Bragard,
ebaguettes d’ici lui indiqueraient Sa carrière démarre au restaurant étoilé brunoise de poires pochées, amandes 4, rue Daunou (2 ). Tél. : 01 40 98 36 30.
référence dans l’habillement comme une direction. Peut-être un du Carlton à Cannes, avant de rejoindre torréfiées et glace vanille. Tlj jusqu’à 20 h 15. Métro : Opéra.
des professionnels sens. Droit vers l’Asie ! Et de croiser le Lyonnais Pierre Orsi, auprès duquel Le plat signature. Le ris de veau,
en bouche des petites recettes touf- de la restauration et de elle apprend non seulement la rigueur qui figure à la carte de ses deux
fues, souvent régalantes, parfois in- l’hôtellerie depuis quatre-mais aussi les différentes facettes du restaurants : si la recette évolue
trigantes, ramassant, en bouchées métier de restaurateur. Retour ensuite en fonction des saisons, l’ingrédient vingt-cinq ans, son prix de
vives, le végétal de l’époque, la dans son pays natal pendant quelques principal reste l’abat star (en ce moment la cheffe parisienne de l’année.
gouaille de comptoir, le finaud mé- mois, le temps d’aider ses parents à ouvrir chez Neva, il est cuit « crousti-fondant » Il sera remis en décembre
nager et les tournures, les vapeurs, leur troisième table, suivis d’un séjour au Big Green Egg et escorté de risotto à l’une des dix cheffes
les épices sino-nippo-coréo-thaï. d’un an en Italie. En 2002, elle revient en de salsifis, éclats de citron Meyer, sélectionnées et départagées Voilà qui claque à se gober en vrac : France parfaire son expérience chez des sabayon citron et jus de veau).
par notre jury, sur visites ebouillon volaille-crevette, chou- étoilés : cinq ans chez Lucas Carton, puis Neva Cuisine. 2, rue de Berne (8 ).
anonymes, d’après cinq fleur en tempura sauce XO, œuf La Grande Cascade. Et ouvre, en 2011, Tél. : 01 45 22 18 91. Du lun. au ven.
critères, chacun noté mayo soja, raviolis grillés de cham- son premier restaurant, Neva Cuisine, Pendant le couvre-feu, ouvert
pignons en soupe Tom Kha de pom- sur 4 points : personnalité avec son époux, puis le néobistrot au déjeuner uniquement. $
me de terre, crabe mou frit sauce Coretta, aux Batignolles, en 2014. Depuis Menus : 36 € (entrée plat ou plat et rayonnement de la cheffe, Pitanga
vierge et saté, étonnant sushi de co- le confinement, la vente à emporter a été dessert) ; 42 € (entrée-plat-dessert). qualité de la cuisine
chon… Un peu plus tard, en pièce de mise en place dans les deux adresses. Menu à emporter/livraison : Genre : bar à manger. Les pierres et sourcing des produits,
conséquence, la poitrine de cochon Le resto. Au cœur du quartier 30 € (de 12 heures à 20 h 30, sont grattées, les tables perchées, dressage des assiettes, cadre
confite et laquée lâche un petit gé- de l’Europe, Neva Cuisine est un bistrot commande jusqu’à la veille). l’escalier en colimaçon, la cuisine au et ambiance du restaurant,
nie de gras qui commande soudain moderne lumineux, chic mais sans balcon, bref l’un de ces repaires montés
rapport qualité- prix. les pics d’une fourchette. Plus loin, ostentation (grands miroirs, assises entre copains qui, entre cocktails
Dans un souci d’équité, nous le flan se fait matcha et le cake coco, pastel confortables, tables en marbre et braves recettes de comptoir sudiste,
avons exclu du prix les cheffescaramel, cacahuète. Un bistrot donc noir), qui sied bien à la cuisine fait surtout passer ses bonnes ondes.
déjà reconnues par le Guide que l’on parcourt comme les doigts néoclassique aux dressages soignés
enfantins lorsqu’ils roulent sur la Michelin, mais aussi et twistée par les saveurs, les couleurs, Prix : un poil soutenus ! Environ 30 €.
mappemonde. les fleurs, les agrumes et le goût les cuisinières « itinérantes » Soubressade (saucisse de porc
du fumé de la cheffe. épicé catalane) : pas mal. Picanha ou les conceptrices, que l’on
MAIS ENCORE… La carte. En menus ou à la carte de bœuf : pour carnassier décomplexé. ne retrouve pas actuellement
LE SERVICE. Exquis. (identiques au déjeuner et, hors Tarte aux figues : correcte.dans un restaurant parisien.
LE PUBLIC. Excité. couvre-feu, au dîner), une quinzaine Rendez-vous chaque semaine
EST-CE CHER ? Pas exactement. de propositions qui changent Avec qui ? Un noctambule
pour découvrir ces dix Entre 20 et 40 € selon que l’on soit régulièrement : œuf parfait, chou-fleur, d’avant 21 heures.
jeunes femmes aux univers plus ou moins joueur. morilles des pins, salicorne et croquant
marquants, dont les FAUT-IL Y ALLER ? Ne vous gênez de lentilles ; foie gras de canard des Bonnes tables : à l’étage.
établissements font bouger surtout pas ! Landes, gelée de citron de Menton, Service entre potes. E. R.
38, rue du Faubourg-Poissonnière la capitale, avant que la grandecondiment kumquat-kalamansi et
e(10 ). Tél. : 01 45 81 51 56. Tlj sf sam. erbrioche toastée ; noix de Saint-Jacques gagnante ne soit divulguée. 11, rue Jean-Jacques-Rousseau (1 ).
et dim. Métro : Grands Boulevards. à la plancha, salsifis rôtis et crème Beatriz Gonzalez porte la veste Impulse Tél. : 01 40 28 12 69. Tlj sf dim. et lun.,
de la maison Bragard. JULIETTE PAVYd’hibiscus ; canard colvert rôti, jusqu’à 20 h 30. Métro : Palais-Royal.
Le prix
PITANGA SONIA BELA URFA DURUMMercredi 28 octobre 2020
6 Figaro Scope
Le meilleur de la semaine culturelle
2En haut de l’affiche
Malgré le couvre-feu, musées, galeries et salles de spectacle
continuent sur leur lancée. Suivez nos conseils pour ne rien manquer.
Par Ariane Bavelier, Éric Biétry-Rivierre, Olivier Delcroix, Valérie Duponchelle, Thierry Hillériteau, Philibert
Humm, Léa Mabilon et Nathalie Simon. Dossier coordonné par Sophie de Santis
centaines de petites vidéos se projettent LES MINIATURES DE MARK EXPOS sur les parois en verre du lieu évidé. Il TOBEY, PARIS APRÈS VENISE
faut s’approcher pour mieux compren- De l’infiniment petit au tissage soupleLES OLMÈQUES
dre et ressentir. Expérience immersive de la peinture, c’est le miracle hypnoti-AU QUAI BRANLY
absolument recommandée. V. D. que de ce peintre américain que la
ColCette première grande civilisation mé- ■ « Sarah Sze, De nuit en jour », lection Peggy Guggenheim de Venise
so-américaine - à pyramides et sacrifi- jusqu’au 7 mars à la Fondation avait célébré presque en sourdine, dans
eces - a inventé la balle en caoutchouc. Cartier pour l’art contemporain (14 ). le chaos bruyant de la Biennale de
VeniDepuis le cœur du golfe du Mexique, se 2017. À l’occasion des 130 ans
entre - 1 600 et 400 avant notre ère, de la naissance de Mark Tobey
elle irradiait à des centaines de kilo- (1890 – 1976), voici un regard
3mètres au sud comme au nord. Ses croisé entre la galerie historique
traces se trouvent principalement de l’artiste en Europe, la Galerie
dans la pierre et la terre cuite. Leurs Jeanne Bucher Jaeger, la
Collecsculptures, venues des musées du tion de Bueil & Ract-Madoux et
Veracruz, révèlent des animaux fabu- le Centre Pompidou. Cette
exleux et des rois divins, capables de se position monographique, non
transpercer la langue pour en faire commerciale, présente une
jaillir le sang vital, gage de fertilité. quarantaine d’œuvres majeures
Les Olmèques ont également sculpté de l’artiste, trente années de
d’épatantes têtes colossales. Elles res- création, de 1940 à 1970.
Comsemblent à celles des cosmonautes. Ils me une Voie lactée ou l’art vu
avaient également développé une au microscope, la peinture de
écriture. Elle demeure à ce jour toute Mark Tobey est un monde en
aussi mystérieuse. Une beauté rare et soi, un résumé plastique des
originale. É. B.-R. flux et du concept temps
■ Jusqu’au 25 juillet au Musée qu’une palette presque atone
du Quai Branly-Jacques Chirac, rend délicat comme la
porcee37, quai Branly (7 ). www.quaibranly.fr laine. Indice ? Gallimard édite
le catalogue avec historiens de
SCULPTURES DE LA HAUTE l’art et scientifiques, de
LauRENAISSANCE AU LOUVRE rence Bertrand Dorléac et
CéAprès les anniversaires Léonard de Vin- cile Debray à Étienne Klein et
ci et Raphaël, le Louvre complète la di- 1 Thomas Schlesser.
vine trinité en montrant d’où émerge V. D.
Michel-Ange. Tout commence quatre- ■ « TOBEY or not to be ? »,
vingts ans plus tôt quand le Florentin jusqu’au 16 janvier, Galerie ■ Aux Trois Baudets, 64, boulevard perdue, Émeline Bayart la
PIERRE DAC eDonatello se met à révolutionner la Jeanne Bucher Jaeger–Marais, 5, rue de Clichy (18 ). Concert à 18 h 30. retrouve. On frise par instants
AU MAHJ esculpture. Son art néoplatonicien sup- de Saintonge (3 ). Tarif : 13 € sur place. l’outrance et l’hystérie mais
plante le byzantin. Donatello et ses ca- Après Gotlib, Freud et Goscinny, tiercé www.lestroisbaudets.com dans ces temps difficiles nous ne
dets miment la vie au plus juste, dans dans le désordre, le Musée d’art et bouderons pas notre plaisir. P. H.MUSIQUESl’éventail des sentiments reflets de d’histoire du judaïsme a l’excellente ■ Le jeudi à 18 h 30 et le samedi
l’âme, qui vont de la fureur guerrière à idée de mettre à l’honneur l’humoriste THÉÂTRE et dimanche à 15 heures au MARINE QUÉMÉRÉ
ela plus suave grâce. Le parcours du Pierre Dac. Jamais encore une exposi- Théâtre de l’Atelier (18 ). Durée 1 h 20. « ON PURGE BÉBÉ ! »
« Corps et l’Âme » convoque non plus tion n’avait été consacrée à ce roi des Certains artistes se fondent dans des va- www.theatre-atelier.com
les seuls ateliers florentins mais ceux de « loufoques ». Un mot qu’il a lui-même gues à l’âme enivrants pour exprimer L’une des plus fameuses pièces de
Feytoute l’Italie, les drapés volent, les che- inventé à partir de l’argot louchébem toutes leurs déceptions. Pour Marine deau, peut-être la plus jouée. On purge CLASSIQUEvelures se dénouent, chaque geste ou des garçons bouchers. Son légataire Quéméré, jeune Parisienne de 25 ans, bébé, à l’affiche de l’Atelier, fête ses
attitude est parfaitement éloquente. universel et neveu adoptif Jacques Pessis ces blessures servent à l’inverse une 110 ans cette année. Malgré son âge, ACCORDS D’HIER DES ANDES
Une réussite éblouissante. É. B.- R. s’est pour l’occasion replongé dans les musique joyeuse et rafraîchissante. Sor- Bébé refuse toujours d’être
raisonna■ Jusqu’au 18 janvier au Louvre, archives familiales. Douze salles théma- te de pansement imperméable et cica- ble. Il y a des jours qu’il n’est pas D’ordinaire, on les entend résonner
erhall Napoléon (1 ). www.louvre.fr tiques racontent l’itinéraire d’un hom- trisant. À contre-courant de ces confrè- « allé » et ses parents s’arrachent les dans les couloirs du métro. Cette
semaime plus tourmenté qu’il n’y paraissait… res asphyxiés par leur mélancolie, la cheveux, qui voudraient lui faire avaler ne, c’est en l’église
Saint-GermainMATISSE, ANNIVERSAIRE À noter qu’une salle entière est consa- chanteuse distille une pop rêveuse et son purgatif. La très pimpante Émeline des-Prés que flûtes indiennes, vihuelas
À BEAUBOURG crée au Schmilblick, un objet qui ne solaire, d’où surgissent des textes pleins Bayart met en scène, endosse le rôle de et charangos – petites guitares
péruC’est l’exposition événement de cet sert, comme chacun sait, absolument à d’autodérision. Comme sur le titre Cet la mère et, pour ne rien gâter, interprè- viennes typiques – feront voyager les
automne tumultueux, l’exposition am- rien et peut donc servir à tout. P. H. été, qui apparaît sur son premier EP te elle-même les intermèdes. Ces cou- Parisiens. Pour son troisième concert, le
bitieuse qui a résisté à la crise sanitaire ■ « Pierre Dac, du côté d’ailleurs », Splash (2015) : « Cet été ou vais-je m’in- plets chantés étaient monnaie courante Festival de Paris accueille en effet la
et apporte le bonheur de la peinture à jusqu’au 28 février au Mahj, cruster ? (…) Quitter la loose, pour une dans les vaudevilles jusqu’à la seconde Chimera d’Eduardo Eguez pour un
moe eParis pour les 150 ans de la naissance de 71, rue du Temple (3 ). www.mahj.org danse andalouse ». L. M. moitié du XIX siècle. La tradition s’est nument de la musique sacrée
sud-améMatisse. Retrouver tout Matisse, le jeune ricaine : la Misa criolla de Ramirez. En
peintre de l’académie Julian qui étudie puisant dans une esthétique héritée du
le nu, qui étudie l’ornement à l’atelier mouvement baroque, le chef a su
rede Gustave Moreau, l’artiste qui voyage donner à cette partition des annéesChristophe Malavoy, clochard magnifique
de Collioure au Maroc et Tahiti, comme 1970, née sur les fondements de
Vatile vieux peintre malade de Nice qui tro- Clair-obscur, Christophe Malavoy can II, une pureté originelle qui prend
que les pinceaux pour les ciseaux et les souffle dans une trompette un air aux tripes et saura réconcilier les
amapapiers découpés. Les grands tableaux qui pourrait figurer dans un film teurs de classique comme de musiques
russes du musée Pouchkine et de l’Er- de Duvivier. Chapeau bringueba- du monde. D’autant que l’ensemble
mitage ne sont pas de la fête. Mais les lant sur le crâne, veste et chemise proposera en première partie sa
reconscollections publiques françaises ont uni élimées, le comédien interprète titution de sa propre Misa de Indios, à
leurs forces pour cette démonstration, Andreas, le sans-abri dont l’écri- partir de pièces sacrées baroques
d’oriplus savante que sensuelle, au cœur vain autrichien Joseph Roth brosse gine bolivienne. Incontournable !
d’une œuvre magnifique. Du portrait de le portrait dans une trentaine de T. H.
Marguerite au chat noir, 1910, presque pages : La Légende du saint buveur, ■ Le 3 novembre à 19 heures
une carte à jouer, à La Blouse roumaine, publiée à sa mort en 1939.Andreas, en l’église Saint-Germain-des-Prés.
1940, de Jazz, 1943-1947, à la chapelle qui dort sous les ponts de Paris, www.lefestival.paris
Matisse de Vence, il y a mille occasions rencontre un homme « bien mis »
de s’arrêter, de regarder, de lire, de de sa personne. Qui lui donne de LA MAESTRA
s’émerveiller. V. D. l’argent. « Homme d’honneur », le Premier concert, et pas des moindres,
■ « Matisse, comme un roman », clochard refuse, puis accepte après pour la jeune lauréate du concours
injusqu’au 22 février, Centre Pompidou avoir promis de rembourser la ternational de direction La Maestra,
e(4 ). www.centrepompidou.fr somme à l’église Sainte-Marie des Rebecca Tong, qui se voit confier un
Batignolles, où se trouve la statue mois après la fin de la compétition le
LE COSMOS DE SARAH SZE de sainte Thérèse de Lisieux. pupitre de… l’Orchestre de Paris ! Une
Voilà le moment magique de l’art Mais adepte de petits verres de tribune d’exception, puisque la cheffe
contemporain à Paris qui, une fois de Pernod, Andreas a tendance à est. Et des talents qu’on ne soup- « Que sont mes amis devenus. Que indonésienne y dirigera outre le
plus, souligne la créativité et l’audace de s’arrêter plus souvent qu’à son çonnait pas. Il a ainsi appris à j’avais de si près tenus. Et tant Concerto pour hautbois de Mozart, la
la Fondation Cartier. Dans l’architectu- tour dans les bistrots de la capita- jouer de la trompette, plus exacte- aimés… ». Piochant des textes de Quatrième de Mahler avec… Sabine
Dere transparente de Jean Nouvel, l’artiste le. Ses rencontres vont influer sur ment du bugle, pour illustrer les Rutebeuf comme Léo Ferré avant vieilhe. Et qui témoigne à la fois de la
américaine Sarah Sze a construit son le cours de son destin. Prodigieux, pérégrinations d’Andreas. Va jus- lui et de Guillaume Apollinaire. volonté affichée de la Philharmonie
œuvre, « De nuit en jour ». Comme une Christophe Malavoy incarne tous qu’à interpréter un morceau de Admiratif, le public retient son d’accompagner les candidates dans le
architecte d’images qui composerait le les rôles, de l’homme élégant et son cru qui lui a été inspiré par la souffle, sourit souvent - il y a du développement de leur carrière,
comfilm de nos pensées en puisant directe- généreux à la petite Thérèse en naissance de son petit-fils de Chaplin chez Andreas -, applaudit me des opportunités paradoxalement
ment dans la grande ville, dans nos télé- passant par la compagne des mau- 15 mois. Et entraîne le spectateur à tout rompre. offertes par la crise sanitaire, qui a
rephones portables, dans le paysage, dans vais jours qu’il côtoie un temps. ailleurs. Nathalie Simon battu les cartes des programmations.
le vol des oiseaux. La structure monu- D’un naturel réservé, l’acteur livre Christophe Malavoy signe égale- ■ Jusqu’à la fin décembre T. H.
mentale a l’air fragile comme un très un spectacle très personnel, ment une mise en scène aux cou- au Théâtre du Petit ■ Le 2 novembre à 18 h 30
egrand nid céleste, elle est solide comme « sur mesure », dit-il, qui révèle leurs chaudes avec Catherine Montparnasse (14 ). à la Philharmonie de Paris.
le bambou tressé. Les images de ses d’ailleurs l’homme sensible qu’il Pello. Et enfin chante aussi : www.theatremontparnasse.com www.philharmoniedeparis.fr
J. STEY Mercredi 28 octobre 2020
Figaro Scope 7
Le meilleur de la semaine culturelle
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deux décident qu’il se cachera là, le me s’il s’agissait d’une grande cour desDANSE temps qu’il faudra. Hélas, la captivité miracles. La fable est cousue de fil
durera plus longtemps que prévu : blanc, mais elle est juste, et touche auCHORÉGRAPHES
trente-trois ans ! Entre la représenta- cœur sans tomber dans l’engagementCONTEMPORAINS
tion du confinement, la peur d’être dé- forcené ou le misérabilisme appuyé.
Les danseurs de l’Opéra de Paris pas- couvert, la manière de gérer une vie de O. D.
sent entre les mains de chorégraphes couple clandestine, les trois cinéastes ■ Sortie le 28 octobre.
contemporains, et l’on se réjouit de les d’Une vie secrète réussissent un film
retrouver dans des pièces neuves et historique d’une belle profondeur. Un HUMOURfluides. Après le grand répertoire à grand film espagnol, solide, dur et
roGarnier, ils seront à Bastille avec des mantique, dans la lignée de Cria cuer- « PERTE »
œuvres jamais vues encore. Sidi Larbi vos ou Volver de Pedro Almodovar…
Cherkaoui et Damien Jalet, signent O. D. Un petit bout de femme balaie la scène
chacun une création, le premier sur ■ Sortie le 28 octobre. de la toute nouvelle Piccola Scala.
une musique de Woodkid, le second Ruthy Scetbon est venue faire le ména-1. Couverture du livre
« SOUS LES ÉTOILES Du côté d’ailleurs, sur une musique de Koki Nakano. Ve- ge. Elle n’avait pas remarqué la
présende Pierre Dac, au Mahj. DE PARIS » nue du Nederlands Dans Theater, Tess ce du public. Continue comme si de
ARCHIVES JACQUES PESSIS Voelker, chorégraphe américaine de Après avoir découvert le documentaire rien n’était. Puis, lui explique
com23 ans, signe une pièce sur une chan- de Claus Drexel Au bord du monde sur ment elle travaille, part d’un point A
2 et 4. Statues son de Nick Drake. Mehdi Kerkouche, les sans-abri, Catherine Frot a tenu à pour se rendre au point C. C’est
techniolmèques au Musée chorégraphe hip-hop dont la vidéo de rencontrer son réalisateur pour faire que, mathématique. L’entraîne dans
du
Quai-Branlyconfinement avait fait un carton, signe quelque chose ensemble. En résulte ce des aventures à la fois ordinaires et in-Jacques-Chirac.
- avec un peu d’intimidation –, sa pre- drôle de conte de fées moderne, met- solites. Chut ! Sans en avoir l’air,
l’anTHIBAUD CHAPOTOT/DDC,
mière création pour l’Opéra de Paris. tant en scène une clocharde parisienne cienne ouvreuse de la Scala et du Lu-MUSÉE DU QUAI BRANL Y,
A. B. habituée à dormir sous les ponts de Pa- cernaire a fait du chemin. À l’ÉcoleCATÁLOGO DIGITAL MUSEO DE
■ Du 4 au 28 novembre ris, et qui va tout faire pour que le petit Jacques Lecoq, elle a développé sesANTROPOLOGÍA DE XALAPA.
eà l’Opéra Bastille (12 ), à 18 heures. migrant séparé de sa mère Suli puisse la dons de comédienne et de clown. PetiteUNIVERSIDAD VERACRUZANA,
D.R. SECRETARÍA www.operadeparis.fr retrouver avant qu’elle soit expulsée de cousine de Tati et Chaplin, elle offre un
DE CUL TURA-INAH France. Catherine Frot est formidable spectacle touchant et drôle. Retenez
en clocharde céleste à la Michel Simon. bien son nom, elle ira loin. N. S.
3. Exposition Elle empoigne son rôle à pleine main, ■ Jusqu’au 23 décembre à la Piccola
« Sarah Sze, CINÉMA et tient le film sur ses épaules. Scala, 13, boulevard de Strasbourg
De nuit en jour » eDrexel filme les démunis de Paris com- (10 ). www.lascala-paris.com« GARÇON CHIFFON » à la Fondation Cartier
pour l’art
Un comédien, Jérémie, surnommécontemporain.
« Chiffon » par sa mère (Nathalie Baye,SARAH SZE STUDIO
impeccable), a du mal à retenir ses
larmes. Son amour fou pour son conjoint5. Marguerite
vétérinaire (Arnaud Valois) est gâchéau chat noir,
d’Henri Matisse, par sa jalousie maladive. Auteur et
acau Centre teur singulier à la sensibilité exacerbée,
Pompidou. Nicolas Maury – remarqué dans la série
MUSÉE NATIONAL D’ART Dix pour cent (France 2) – s’illustre
MODERNE, PARIS, avec brio dans un premier
long-métraSUCCESSION H. MATISSE ge touchant. À l’image du réalisateur,
PHOTO, CENTRE POMPIDOU,
qui s’empare d’une histoire
personnelMNAM-CCI/GEORGES
le pour la rendre universelle. Nicolas
MEGUERDITCHIAN/DIST. RMN-G
Maury a ému les spectateurs du
Festival du film francophone d’Angoulême6. Femme nue
et le jury de Cannes qui a sélectionnéagenouillée,
son film. N. S.tenant une couronne
et des clous, ■ Sortie le 28 octobre.
de Michel-Ange,
au Louvre. UNE VIE
THIERRY LE MAGE/RMN-GP/ SECRÈTE
AGENCE PHOTO DE LA RMN-GP En 1936, alors que fait rage la guerre
civile espagnole, un jeune partisan
républicain (formidable Antonio de la
Torre, le « Gérard Depardieu ibère ») voit
sa vie menacée par l’arrivée des
troupes franquistes dans son village. Après
avoir été arrêté, puis s’être enfui,
Higinio se réfugie dans sa propre maison où
il retrouve sa jeune épouse, Rosa. TousMercredi 28 octobre 2020
8 Figaro Scope
L'escapade
ÎLE-DE-FRANCE Paradis vert

Orléans
PAYSDE
LALOIRE
BOURGOGNE-Tours
FRANCHELaCroix- COMTÉ en bord de
Loire
en-Touraine
CENTREVALDELOIRE Château de Paradis, Château-Gaillard,

NOUVELLEAQUITAINE Chenonceau… Quand nature et patrimoine
50 km
s’unissent… le temps d’un week-end.
Par Philippe Viguié-Desplaces pviguiedesplaces@lefigaro.fr
millefeuille… Après la lité. Pour cause, le manoir fut offert par Dernière étape de notre week-end
ercueillette vient la pause François I à Dom Pacello, le jardinier avec une visite de Chenonceau à travers
gourmande avec au menu de la Renaissance qui participa à l’in- l’art floral. Du potager des fleurs jusque
gougères aux orties, tartines de troduction en France des premiers dans l’atelier où est confectionnée la
cenpesto sauvage ou moelleux chocolat orangers. Le parc compte une collection taine de bouquets qui ornent les pièces du
LE POINT de au lierre terrestre… Le tout arrosé de deux cents agrumes, provenant de château, toute l’année, cette promenade
chute est d’un kir au sirop de plantes. Autant de soixante-dix variétés, dont une partie a été imaginée par Jean-François
Bouune magni- recettes à reproduire chez soi avec trouve un abri dans l’orangerie, une des cher, fleuriste, meilleur ouvrier de
fique mai- sa cueillette du jour (www.kalika- premières construites en France. Le France, qui initie les visiteurs à la
scénoson d’hô- loire.com, 1 h 30 à partir de 30 €). nouveau propriétaire de Château- graphie florale (www.chenonceau.com,
tes, au nom Gaillard, attelé à la restauration du site de 80 € à 120 € par pers + droit d’entrée).
Des fleurs évocateur, depuis 2011, montre ce que pouvait être
pour ChenonceauChâteau de un jardin clos dont subsiste la porte Où dormir ? Château de Paradis
Paradis, po- Toujours à Amboise, incursion dans le d’entrée, de toute beauté. On y voit à La Croix-en-Touraine (37).
sée au milieu jardin d’hiver de Château-Gaillard, un mille choses comme des parterres Tél. : 06 62 82 26 51.
d’un massif des châteaux de la Loire parmi les plus bordés de houx, la fleur de l’hiver www.chateaudeparadis.com
forestier, à en- méconnus, ouvert récemment à la visite (www.chateau-gaillard-amboise.fr, Y aller : en train, de la gare d’Austerlitz
viron 4 km et qui s’est fait de l’agrume une spécia- entrée : 13 €, tarif réduit : 11 €). (1 h 50), en voiture (2 h 30 par l’A10).
d’Amboise. Cette
ancienne résidence
du duc de Choiseul,
dont le cabinet de
travail, boiseries et plafonds
peints, est classé monument
historique, a été rachetée par des
amoureux du patrimoine. On leur doit
un travail de restauration
particulièrement réussi, avec pour résultat la
restitution fidèle d’une demeure de
camepagne au XVIII siècle. Soie sauvage,
mobilier signé, tapis rares, portraits
d’ancêtres… On se croirait dans un
musée du Grand Siècle.
Le soir, les pièces de réception,
accessibles aux hôtes, sont subtilement
éclairées avec une infinie douceur que
rehausse l’utilisation d’une profusion
de bougies. Dans ce décor à la Barry
Lyndon, les maîtres de maison ont
ouvert cinq chambres d’hôtes
meublées dans un goût parfait. Le petit
déjeuner est servi dans une porcelaine
edu XVIII siècle, de la manufacture de
Marie-Antoinette (chambres à 230 €,
petit déjeuner inclus). Le Château de
Paradis prête des bicyclettes pour
découvrir d’un coup de pédales les
environs, comme Amboise, tout à côté, où
nous attendent Charlène et Elsa. Ces
deux passionnées de botanique
proposent d’explorer les plantes sauvages
comestibles au cours d’une balade
dégustation sur les bords de Loire,
comme l’ortie, la berce, l’achillée
Paris dans l’œil de…
Béatrice Agenin
Célèbre depuis la série Une famille ment, entourée des théâtres dans
formidable, Béatrice Agenin s’illus- lesquels j’ai joué et où je me sens
tre de belle façon au Théâtre Mont- comme protégée.
parnasse jusqu’au 20 décembre.
Dans Marie des poules, gouvernante ❚ Ma cantine
chez George Sand, une pièce de Gé- Les Canailles est un petit restaurant
rard Savoisien, la comédienne prête délicieux, toujours rempli. Il est
sa voix à différents personnages, entre le Théâtre La Bruyère et le
dont la domestique de 11 ans et la Théâtre de Paris. Rien d’étonnant
romancière qui lui apprend à jouer que j’y dîne souvent. J’aime
l’acla comédie. Arnaud Denis, qui lui cueil chaleureux du chef, et sa
merdonne la réplique, a conçu avec art veilleuse salade de homard. (25, rue
eune mise en scène sur mesure pour La Bruyère, 9 ).
l’ancienne sociétaire de la
Comédie-Française. Béatrice Agenin a ❚ Mon coup de cœur
reçu un Molière pour son interpré- Je garde en moi l’enchantement de
tation éblouissante. mes promenades dans le jardin du
erPalais-Royal (1 ), lorsque j’étais à
❚ Ma balade idéale la Comédie-Française. Je venais me
Du Moulin Rouge, on descend la réciter mes rôles, sous les arcades,
rue Blanche, pour flâner au Musée jusqu’au magnifique Théâtre du
Pade la vie romantique, rue Chaptal lais-Royal, à côté du Grand Véfour,
e(9 ), et là, la magie commence. Tout sous les fenêtres de l’appartement
rappelle l’univers de George Sand, de Colette. Un peu plus loin, la
gades portraits, des lettres, on voya- lerie Vivienne, splendide passage
ge avec elle. Je l’imagine rejoin- romantique, avec son dallage en
dre Chopin rue Pigalle, où elle mosaïques. Comment ne pas être
vit au numéro 16. Il n’y a pas si éblouie par ce quartier qui offre
longtemps, elle pleurait Musset tant de merveilles ? C’est d’ailleurs
rue Notre-Dame-de-Lorette, chez rue des Petits-Champs que j’ai
renDelacroix. Je fais ce trajet tous les contré l’amour de ma vie. ■
e N. S.jours, je vis dans le 9
arrondisse-
E
I
D
N
A
A
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H
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P
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CHÂTEAU DE PARADIS
FRANÇOIS BOUCHEREAU
La
Croix-enTouraine