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Académie françaiseChronique de la quinzaine — 30 avril 1842G. de MolènesRevue des Deux Mondes4ème série, tome 30, 1842Chronique de la quinzaine/1842/Académie françaiseComme bien d’autres institutions qui vivront long-temps encore, l’Académie amoins vieilli que les épigrammes qu’on e dirigées contre elle. Le secret de sajeunesse est dans l’habileté avec laquelle elle a su deviner presque toujours lesinstincts des temps qu’elle a traversés. Ce fut Perrault qui le premier imagina de lamettre en contact avec le public par la solennité des réceptions. Si la haine dePerrault pour Homère lui interdisait le sentiment de la grandeur antique, elle nel’empêchait pas d’avoir une intelligence assez vive et un amour assez élevé de lasplendeur moderne. Un des plus beaux côtés du XVIIe siècle, c’est certainement lecôté de ses fêtes. Le génie de Molière lui-même semble avoir pris plaisir auxdivertissemens du parc de Versailles. C’était le temps des spectacles et desmachines. L’Opéra, qui venait de rendre aux dieux de l’Olympe une nature decarton, inspirait aux esprits une admiration profonde. Depuis le monarque jusqu’audernier des courtisans, tout le inonde aimait à paraître. Perrault voulut que lalittérature eût ses galas comme la royauté, et il conseilla à l’Académie l’usage desréceptions publiques. Cri sait dans quel esprit d’apparat furent conçues cespremières solennités. Le discours n’occupait qu’une place fort secondaire.Quelques grains d’encens brûlés devant ...
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