Insee-Bilan économique Ile de France 2019
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Insee-Bilan économique Ile de France 2019

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Bilanéconomique2019 2019 : année de référence pour l’économie francilienne dans un contexte de crise sanitaire N° 29 Juin 2020 Dossier réalisé en partenariat avec : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Île-de-France (Direccte) Benoît Trinquier 19, rue Madeleine Vionnet - 93300 Aubervilliers www.direccte.gouv.fr Direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement d'Île-de-France (DRIEA) Mathieu Écoiffier 21-23, rue Miollis - 75732 Paris CEDEX 15 www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr Direction régionale et interdépartementale de l'alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Île-de-France (Driaaf) Hassane Boulebnane, Annie Kirthichandra 18, avenue Carnot - 94234 Cachan CEDEX www.driaaf.ile-de-france.agriculture.gouv.fr Comité régional du tourisme Paris Île-de-France (CRT Paris Île-de-France) Mathieu Belliard 11, rue du Faubourg Poissonnière - 75009 Paris www.nouveau-paris-ile-de-france.fr Contributions Insee Île-de-France Joseph Chevrot Coordination et relecture : Michèle Debosque Avertissement La rédaction de ce bilan économique s'échelonne de janvier à mai 2020. Les données analysées sont celles disponibles à la date de rédaction des différents articles. Certaines ont pu légèrement évoluer depuis. Les articles de cette publication concernent l'activité économique et le bilan de l'année 2019.

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Publié le 25 juin 2020
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Langue Français
Bilanéconomique2019 2019: année de référence pour l’économie francilienne dans un contexte de crise sanitaire
N° 29 Juin 2020
Dossier réalisé en partenariat avec :
Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Île-de-France (Direccte) Benoît Trinquier 19, rue Madeleine Vionnet - 93300 Aubervilliers www.direccte.gouv.fr
Direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement d'Île-de-France (DRIEA) Mathieu Écoiffier 21-23, rue Miollis - 75732 Paris CEDEX 15 www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr
Direction régionale et interdépartementale de l'alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Île-de-France (Driaaf) Hassane Boulebnane, Annie Kirthichandra 18, avenue Carnot - 94234 Cachan CEDEX www.driaaf.ile-de-france.agriculture.gouv.fr
Comité régional du tourisme Paris Île-de-France (CRT Paris Île-de-France) Mathieu Belliard 11, rue du Faubourg Poissonnière - 75009 Paris www.nouveau-paris-ile-de-france.fr
Contributions Insee Île-de-France Joseph Chevrot Coordination et relecture : Michèle Debosque
Avertissement La rédaction de ce bilan économique s'échelonne de janvier à mai 2020. Les données analysées sont celles disponibles à la date de rédaction des différents articles. Certaines ont pu légèrement évoluer depuis. Les articles de cette publication concernent l'activité économique et le bilan de l'année 2019. Toutefois les conséquences économiques de la crise sanitaire durant le premier semestre 2020 sont également évoquées. Nous présentons donc les premiers résultats de ce début d’année 2020 dans la synthèse régionale. En raison des arrondis, des totaux peuvent légèrement différer de la somme des éléments qui les composent.
Avant-propos
2019 : l’année économique précédant la crise sanitaire
Chaque année, la direction régionale de l’Insee Île-de-France publie le bilan économique régional de l’année écoulée. La réalisation du bilan 2019 s’est faite dans un contexte économique très particulier du fait de la crise sani -taire. Il en ressort que l’année 2019 restera une année de référence, de par la bonne tenue de l’activité économique en Île-de-France, mais également pour apprécier dans les années à venir son retour à son niveau d’avant-crise. Ainsi, ce bilan économique retrace les principaux faits et tendances de l’année écoulée en s’appuyant sur des données conso -lidées mais apporte aussi quelques premiers enseignements généraux sur la situation de l’économie francilienne durant les premiers mois de l’année 2020. La note de conjoncture de l’Insee qui paraîtra mi-juillet reviendra plus précisément sur ce début d’année 2020 en s’appuyant, le cas échéant, sur des nouvelles données régionales.
Concernant l’année 2019, la situation économique de l’Île-de-France est exposée à travers sept chapitres thémati-ques relatifs à l’activité régionale qui sont produits par les experts des différents domaines présentés. Dans la synthèse régionale et la note de cadrage sur la conjoncture nationale, l’analyse dépasse le cadre annuel pour mettre l’année 2019 en perspective avec les premiers mois de 2020.
La réalisation de ce bilan 2019 s’étalant entre janvier et mai 2020, le contexte de travail a été très particulier (télétra -vail pour tous les contributeurs, disponibilités différées des sources...). Mais, malgré le confinement, peu de données ont manqué à l’analyse de l’année écoulée.
Toujours piloté et coordonné par l'Insee, ce bilan n’aurait pu être réalisé sans le concours des services de l’État et des organisations partenaires de l’Insee qui y ont contribué par leurs statistiques et leurs analyses et ce, malgré les diffi -cultés dues au confinement. Qu’ils en soient ici particulièrement et chaleureusement remerciés.
La directrice régionale de l'Insee Île-de-France
Marie-Christine Parent
Insee Conjoncture Île-de-France n° 29 - Juin 2020
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Insee Conjoncture ÎledeFrance n° 29  Juin 2020
Avant-propos
Sommaire
Synthèse régionale 2019€: année de référence pour l’économie francilienne dans un contexte de crise sanitaire Contexte national L'économie française en ralentissement modéré en 2019 puis en forte chute début 2020 Emploi 2019 : la plus forte hausse de l’emploi salarié depuis dix ans
Chômage et politiques de l'emploi Forte baisse de la demande d’emploi et du chômage en 2019 Démographie d'entreprises En 2019, toujours plus de créations et moins de défaillances d’entreprises Agriculture En 2019, une récolte céréalière abondante et d’excellente qualité en Île-de-France
Construction Malgré un repli en 2019, la construction se maintient à un niveau élevé en Île-de-France Tourisme 2019, une année à nouveau remarquable pour la fréquentation touristique francilienne Transports Recul du transport ferré de voyageurs en Île-de-France en 2019 Définitions
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Synthèse régionale
Synthèserégionale 2019:annéederéférencepourl’économiefrancilienne dansuncontextedecrisesanitaire Michèle Debosque (Insee)
Année précédant la crise sanitaire, 2019 constituera un point de référence pour l’économie francilienne. La plupart des indicateurs 2019 sont à un très bon niveau€: emploi, chômage, construction, tourisme.
En 2019, des créations d’emplois toujours soutenues et un taux de chômage en légère baisse
Avec 92€000 emplois supplémentaires, l’emploi salarié augmente, en 2019, de 1,6€% en Île-de-France contre 1,1€% en France hors Mayotte. Cette hausse est la plus forte depuis 2010 et s’observe dans tous les grands secteurs, particulièrement dans le secteur tertiaire marchand hors inté-rim (68,3€% des emplois créés en 2019) et dans la construction (19,6€%). Néanmoins, l’emploi est stable dans le secteur bancaire et diminue légèrement dans le secteur des services financiers et immobiliers. Au quatrième trimestre 2019, le taux de chômage s’élève à 7,1€% de la population active. Ainsi, il a diminué de 0,5 point en un an. Le nombre de demandeurs d’emploi baisse de 1,9€% en catégorie A et de 2,1€% en prenant aussi en compte l’activité réduite des catégories B et C. Ces diminutions sont les plus fortes depuis douze ans.
Toujours plus de créations et moins de défaillances d’entreprises
En 2019, 244€000 entreprises se sont créées en Île-de-France dans le secteur marchand non agricole (+€15,1€% en un an contre+17,9%enFrancemétropoli-taine). Cette dynamique s’observe dans tous les secteurs et principalement celui des services aux entreprises, du com-merce, des transports et de l'hébergement-restauration. En 2019, comme en 2018, plus de la moitié des créations d’entreprises franciliennes relè-vent du statut de micro-entrepreneur. Les défaillances d’entreprises diminuent de 5,1€% en Île-de-France comme en France (-€5,2€%). En 2019, le niveau des défaillances est simi -laire à celui observé en 2017.
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La construction se maintient à un niveau élevé en Île-de-France
Avec 82€000 logements autorisés en 2019, la région Île-de-France se caractérise tou-jours par un haut niveau de construction. Depuis 2013, le rythme annuel de progres -sion est nettement plus fort que dans
l’ensemble du pays. Toutefois, après avoir atteint un niveau record en 2017 puis s’être stabilisé en 2018, le volume des ouvertures de chantiers baisse en 2019 de 1,9€% pour atteindre 80€900 logements. En 2019, les surfaces autorisées de locaux d’activité diminuent de 4,3€% mais restent à un niveau parmi les plus élevés depuis 2008
1Estimation au 7 mai de la perte d'activité départementale liée aux mesures d'endiguement
En %
-30,5 © IGN-Insee 2020 -32,1 -33,7 -35,4 Limites départementales Lecture : au 7 mai 2020, l’activité économique à Paris serait inférieure de 31,4 % par rapport à une situation normale. Source : calculs Insee à partir de sources diverses.
2L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivement Contributions des différents secteurs dans la perte d'activité économique, en Île-de-France (en %) 26 mars 9 avril 23 avril 7 mai 27 mai 0
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Agriculture, sylviculture et pêche Industrie
Construction Services principalement marchands
Services principalement non marchands
Source : Points de conjoncture de l’Insee; les dates indiqu ées sont les dates de parution de ces différents Points.
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Une année à nouveau remarquable pour la fréquentation touristique francilienne
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Insee Conjoncture ÎledeFrance n° 29  Juin 2020
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3La part des emplois dans les secteurs très fortement impactés est plus importante en SeineetMarne et moindre à Paris et dans les HautsdeSeine Répartition des emplois par secteur en fonction de l’impact des mesures d’endiguement (en %) Salariés Paris 26,4 36,7 37,0
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Secteurs très fortement impactésSecteurs plus modérément impactésSecteurs fortement impactés Lecture : en Île-de-France, 37 % des salariés travaillent dans un secteur plus modérément impacté alors que c'est le cas pour 42,2 % des salariés en France métropolitaine. Source : Insee, estimations d'emploi.
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Hauts-de-Seine
Essonne
Essonne
Yvelines
Seine-Saint-Denis
Hauts-de-Seine
Île-de-France
Val-de-Marne
Seine-et-Marne
malgré les grèves de transport du mois de décembre. La fréquentation de la clientèle résidente progresse fortement avec +€2,5€% par rapport à 2018 alors que celle de la clientèle non résidente diminue (-€3,1€%). L’Île-de-France représente toujours plus de la moitié des nuitées des touristes non résidents en France métropolitaine (76,4 millions). Au sein de la région, Paris génère près de 65€% des nuitées des non-résidents.
Après une très bonne année 2019, l’économie francilienne sera fortement impactée par la crise sanitaire en 2020
Yvelines
Paris
Seine-et-Marne
France métropolitaine
Val-de-Marne
Val-d’Oise
Île-de-France
La crise sanitaire de début 2020 a porté un coup d’arrêt à la dynamique de l’économie francilienne€: l’activité aurait été réduite d’un tiers pendant les deux mois de confi -nement(figure 1). En effet, les services marchands, en particulier les transports et le commerce, secteurs très présents en Île-de-France, ont particulièrement été impac -tés. Ainsi, ils contribueraient pour près d’un quart à la baisse de l’activité générale, 5 points de plus qu’en province. L’éco -nomie francilienne aurait également été désavantagée par une moindre présence de secteurs ayant mieux résisté à la crise comme l’agriculture, les industries agro-alimentaires et les services non marchands (figure 2). En outre, la consommation de biens par les ménages franciliens devrait avoir fortement diminué. L’absence des touristes étrangers, très nombreux habi -tuellement (50€% de la clientèle hôte-lière), et la plus forte prégnance de la pauvreté (15,6€% de personnes pauvres en Île-de-France contre 14,0€% en France) pourraient avoir contribué, plus que dans le reste du pays, à la chute des volumes de biens ou services consommés et à la défor-mation de sa structure avec une baisse plus importante des biens du luxe, de l’auto-mobile, de l’habillement et des services des transports et de la culture, surtout à Paris. En effet, dans le secteur du tourisme et de la culture, l’arrêt des activités a été quasiment complet depuis le début du printemps 2020. La construction, secteur porteur en Île-de-France jusqu’alors du fait de projets d’aménagement urbain et de grandes infrastructures, a également subi en Île-de-France un coup d’arrêt important. Les répercussions de cette crise sanitaire sur l’emploi et le chômage sont importan -tes, même si en Île-de-France la forte présence, notamment dans le secteur tertiaire, de cadres ou d’employés pouvant télétravailler a certainement pu les atté -nuer. À la mi-mai, plus de 3 millions de salariés franciliens auraient été concernés par une demande de chômage partiel (figure 3). Cela représente environ les deux tiers de l’emploi salarié total contre près de 71€% en France métropolitaine. En outre, après une hausse de 2,1€% du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A au premier trimestre, le deuxième trimestre 2020 devrait également être moins favo -rable€: les premiers résultats montrent une augmentation de 19,3€% en avril par rap-port à mars. n
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Dans ce contexte, l’année 2019 restera, pour des années sans doute, comme le point de référence à l’aune duquel les dynamiques de reprise d’activité, de retour à l’emploi et de baisse du chômage seront évaluées.
28,4
14,1
14,5
15,5
France métropolitaine
28,1
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25,9
24,8
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Non-salariés 65,4
(4,8 millions de m²). 40€000 logements neufs ont été réservés en 2019 en Île-de-France€: cela représente une hausse de 3,3€% par rapport à 2018, contre 4,0€% en France métropolitaine.
34,5
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En 2019, l’économie touristique bénéficie d’une conjoncture favorable, dans la conti -nuité de 2017 et 2018. En dépit d’un léger tassement par rapport à 2018, la fréquenta -tion hôtelière reste particulièrement im-portante, avec 70,7 millions de nuitées
Val-d’Oise
Seine-Saint-Denis
Contexte national
Contextenational Léconomiefrançaiseenralentissementmodéréen2019 puis en forte chute début 2020 Thomas OuinLagarde (Insee)
L’activité a ralenti en 2019 dansL’investissement des entreprises est resté très+€2,2 points, après +€1,4 point en 2018). Cette accélération a été portée à la fois par dynamique (+€3,6€% après 3,7€%), en partic-u presque tous les pays avancés les dépenses de consommation des ménages lier en services. Les incertitudes politiques et économiques et des administrations publiques et par l’in -provenant notamment du Brexit ou de la vestissement total.En 2019, le chômage a nettement baissé guerre commerciale entre les États-Unis et L’emploi total a fortement accéléré en la Chine ont pesé non seulement sur les La consommation des ménages a 2019, avec 358€000 créations nettes d’em-échanges commerciaux mais aussi, plus accéléré plois tous secteurs confondus après 228€000 globalement, sur l’investissement des entre -en 2018 (dont 287€500 créations nettes Les dépenses de consommation des ména -prises et la croissance mondiale. Après un d’emplois dans le champ salarié public et ges ont accéléré en 2019 (+€1,5€% en pic d’activité en 2018, l’activité aux privé, après 158€100 en 2018). Ainsi, le taux volume, après +€0,9€% en 2018), dans un États-Unis a ralenti en 2019 (+€2,3€% après de chômage a poursuivi sa décrue, attei -contexte d’accélération du pouvoir +€2,9€%), grevée par la décélération de la gnant 8,1€% de la population active fran-d’achat du revenu disponible brut des consommation des ménages (+€2,6€% après çaise (hors Mayotte) au quatrième trimestre ménages. Ces dépenses ont été soutenues, +3,0%)etparlessoufflementdelinve-s 2019 après 8,7€% au quatrième trimestre en particulier, par les achats de biens dura -tissement des entreprises (+€2,1€% après 2018 (soit 8,4€% en moyenne annuelle en bles, notamment en équipement du loge-+€6,4€%). En zone euro, l’activité a égale-2019 après 9,0€% en 2018). ment, et par les dépenses de loyers, ment ralenti, pour la deuxième année consé-d’hébergement-restauration et d’autres cutive (+€1,2€% après +€1,9€%) et malgré Le pouvoir d’achat des ménages a services marchands. une politique monétaire de la Banque soutenu la consommation centrale européenne toujours accommo-L’investissement a été très dynamique dante. En particulier, l’activité a très nette- En 2019, le revenu disponible brut des ména-ment décéléré en Allemagne (+€0,6€% après La formation brute de capital fixe de l’en- ges a progressé de 3,1€% (après +€3,0€% en +€1,5€%) et en Italie (+€0,3€% après +€0,8€%)semble des agents économiques a accéléré en 2018). Il a été soutenu par une accélération mais a un peu mieux résisté en France 2019 (+€4,2€% après +€3,2€% en 2018), soute- des prestations sociales (+€3,1€% après (+€1,5€% après +€1,8€%) et en Espagne nue par l’investissement des ménages (+€1,8€% +€2,0€%, notamment du fait, en 2019 de la (+€2,0€% après +€2,4€%). En 2019, l’activité après +€1,5€%) et par l’investissement public revalorisation et de l’élargissement de la britannique a évolué par à-coups au gré des (+€7,7€% après +€3,3€%), lui-même porté par prime d’activité mis en place dans le cadre anticipations et des comportements de sto- l’investissement en construction des collectivi- des mesures d’urgence économiques et ckage avant la date, plusieurs fois reportée, tés locales avant les élections municipales. sociales) et par le ralentissement des du Brexit. En moyenne en 2019, l’activité y a crû de 1,4€% (après +€1,3€% en 2018). 4L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieur Variation annuelle du PIB en %, contributions en points En 2019, l’activité française a connu un 2,5 nouveau ralentissement, quoique modéré 2,0 Après une année 2017 très dynamique (+€2,3€%) et une décélération en 2018 1,5 (+€1,8€%), l’activité a de nouveau ralenti en 2019 (+€1,5€%,figure 4). Ce ralentissement 1,0 est dû notamment à une dégradation des échanges extérieurs, qui ont contribué néga -tivement à la croissance (-€0,2 point après0,5 +€0,4 point). En effet, les exportations en volume ont décéléré (+€1,9€% après 0,0 +€4,4€%) davantage que les importations (+€2,5€% après +€3,1€%). Le ralentissement 0,5 des exportations a concerné tant les produits 2015 2016 2017 2018 2019 manufacturés, notamment les matériels de Consommation privée Consommation des APU Solde du commerce extérieur Croissance du transport, que les services. En revanche, laInvestissement des APU Investissement privé Variation de stocks Produit intérieur brut (PIB) demande intérieure a nettement accéléré, Champ : France. soutenant la croissance (contribuant pourSource : Insee, comptes nationaux, base 2014.
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Insee Conjoncture ÎledeFrance n° 29  Juin 2020
5L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achat impôts courants (+€0,3€% après +€9,6€% Évolution du pouvoir d'achat en % et contributions en points en 2018), du fait notamment de la pour -3,0 suite des réductions de taxe d’habitation et après une forte hausse de la CSG en2,5 2018 du fait de la bascule de cotisations 2,0 sociales vers la CSG. Les salaires nets de 1,5 cotisations sociales ont ralenti, mais sont 1,0 restés vigoureux (+€3,3€% après + 4,8€%). Le prix de la dépense de consommation0,5 finale a ralenti (+€0,9€% après + 1,7€% en 0,0 2018), si bien que le pouvoir d’achat du 0,5 revenu disponible a accéléré (+€2,1€% après +€1,3€%f,igure 5). Ramené au niveau indivi-1,0 duel, le pouvoir d’achat par unité de 1,5 consommation a augmenté de 1,5€% (après2015 2016 2017 2018 2019 2,0 +€0,7€% en 2018). Revenus d’activité Revenus nets de la propriété Prix de la consommation des ménages Du côté des entreprises, la transformation Prestations sociales en espèces Prélèvements obligatoires Pouvoir d’achat des ménages du crédit d’impôt compétitivité emploi Champ : France. (CICE) en allègements de cotisations socia -Source : Insee, comptes nationaux, base 2014. les a nettement soutenu le taux de marge des 6L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait sociétés non financières (+€1,8 point, mais progressivement +€0,1 point hors transformation du CICE). Les services ont été principalement touchés par la perte d'activité 26 mars 9 avril 23 avril 7 mai 27 mai Au mois de mars et au deuxième 0 trimestre 2020, l’activité a fortement 5 chuté 10 Le contexte conjoncturel de l’année 2019 a 15 été radicalement modifié début 2020 avec l’émergence de l’épidémie de Covid-19, 20 frappant d’abord la Chine puis se propageant21,2 25 dans le reste du monde. Les mesures prises, en France et dans les autres pays concernés, 30 pour endiguer la propagation du virus, ont 33,2 35 des conséquences lourdes sur le fonctionne -34,6 34,9 36,3 ment des économies. En France, un confine -40 ment de la population a été mis en place Agriculture, sylviculture et pêche Construction Services principalement non marchands entre le 16 mars et le 11 mai, s’ajoutant à la Industrie Services principalement marchands35Évolution de l’activité totale (en %) fermeture des établissements recevant du Source : Points de conjoncture de l’Insee; les dates indiqu ées sont les dates de parution de ces différents Points. public et des commerces non essentiels. Dans ce contexte, l’activité a lourdement et les difficultés à mettre en place les mesu - des achats de carburants, de véhicules auto -chuté€: pendant toute la période de confine- res sanitaires sur les sites de production. mobiles et d’autres biens manufacturés ment, elle se serait située à environ un tiers Dans les services, les pertes d’activité sont (habillement) mais également des services en deçà de son niveau en situation plus contrastées, élevées dans les secteurs de transport, d’hébergement et restauration «€normale€» d’activité(figure 6). Dans les directement concernés par les mesures de et de loisirs. En revanche, certains produits autres pays, la forte baisse du PIB au confinement (commerce, services de trans - ont vu leur consommation augmenter premier trimestre 2020 témoigne, comme port, hébergement et restauration, loisirs) et pendant le confinement (produits alimen-1 en France, de l’ampleur du choc . plus faibles dans les activités telles que les taires notamment). services financiers ou d’assurance. Enfin, la En France, la perte d’activité concerne Cette crise touche fortement l’ensemble des construction a pâti de l’arrêt partiel voire surtout les branches marchandes (-€40€% régions françaises, avec quelques disparités complet des chantiers. pendant toute la durée de confinement). néanmoins, compte tenu des différences de Dans l’industrie, hormis la branche agro- La crise sanitaire s’est également traduite structure sectorielle qui existent d’un terri -2 alimentaire nécessaire à la fourniture de par un recul important de la consommation toire à un autre . En effet, la perte d’activité biens essentiels, les autres branches sont des ménages, qui elle aussi se serait située au niveau local dépend entre autres du poids particulièrement touchées, à travers la un tiers environ en deçà de son niveau en des activités durement touchées par la crise baisse de la demande nationale et étrangère, situation «€normale€» (-€35€% de perte de (tourisme, construction…) et de celui des les difficultés d’approvisionnement ou consommation à la fin mars puis -€32€% au 7 secteurs qui au contraire sont davantage encore l’indisponibilité de la main-d’œuvre mai). Cette perte traduit notamment la chute épargnés (agriculture). n
1Aupremiertrimestre2020,lePIBabaisséde2,2%enAllemagne,5,3%enFrance,5,3%enItalie,5,2%enEspagne,2,0%auRoyaumeUni,1,3%aux ÉtatsUnis, ces écarts pouvant traduire à la fois les différences de calendrier dans la mise en place de mesures d’endiguement de l’épidémie et les différences méthodologiques d’estimation de l’activité dans cette période très particulière.
2 Voir l’éclairage régional du Point de conjoncture du 7 mai.
Insee Conjoncture ÎledeFrance n° 29  Juin 2020
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Emploi
Emploi 2019 : la plus forte hausse de l’emploi salarié depuisdixans
L’emploi salarié francilien croît fortement en 2019, davantage qu’au niveau national hors Mayotte. Il enregistre ainsi sa plus forte progression depuis dix ans. Cette hausse provient principalement des services aux entreprises (hors intérim) et de la construction, et concerne aussi l'industrie pour la première fois depuis sept ans, grâce à l’agroalimentaire. Paris et la SeineSaintDenis sont les départements où l’emploi salarié progresse le plus.
Joseph Chevrot (Insee)
Fin 2019, l’ÎledeFrance compte près de six millions d’emplois salariés, privés ou publics (figure 1), soit 23,4 % des salariés de France (hors Mayotte). En un an, avec 92 000 emplois supplémentaires, l’emploi salarié a progressé de 1,6 % en ÎledeFrance contre 1,1 % pour la France hors Mayotte. Cette hausse de l’emploi salarié total est la plus forte depuis 2010. Le secteur tertiaire rassemble 5,2 millions de salariés, dont 1,5 million dans le secteur non marchand.
Services aux entreprises et construction : moteurs de la croissance de l’emploi
En 2019, l’emploi augmente dans tous les grands secteurs économiques, particulière ment dans le secteur tertiaire marchand hors intérim (68,3 % des emplois créés en 2019) et dans la construction (19,6 %)(figure 2). En revanche, le nombre d’intérimaires se contracte légèrement ( 0,5 %)(figure 3). Le secteur de la construction affiche la plus forte évolution de l’emploi salarié (+ 6,5 %), en lien avec le volume important de chantiers démarrés ces dernières an
Avertissement
nées, tant pour les logements que pour les locaux d’activités. Il est suivi par les indus tries agroalimentaires (+ 4,5 %). Ces secteurs affichent des progressions deux voire trois fois supérieures à celles obser vées au niveau national (hors Mayotte). Profitant de la bonne tenue de la fréquenta tion touristique, l’hébergementrestauration (+ 3,1 %) enregistre également une forte hausse, bien qu’inférieure à la moyenne nationale (4,4 %), et ce malgré les mouve ments sociaux dits « des gilets jaunes » de début d'année et les grèves de transport de fin d'année qui ont particulièrement touché la capitale. Dans les services aux entreprises hors intérim et la construction, 46 000 emplois salariés supplémentaires ont été créés en 2019, soit la moitié de l’ensemble des secteurs. Dans le secteur de l'informationcommunication, l'emploi con tinue aussi de progresser (+ 2,2 %) mais à un moindre rythme que les deux années précédentes.
Par contre, les secteurs des services finan ciers et des services imm obiliers, aux évolu tions traditionnellement mesurées, perdent des emplois mais très modérément.
Pour la seconde fois depuis 2000, l’in dustrie a plus embauché (+ 0,8 %) que dé bauché. Cette hausse est plus importante que celle de 2012 et a quasiment compen sé les pertes observées en 2017 et 2018. L’essentiel de ces gains est concentré en SeineSaintDenis. Dans les activités bancaires, l'emploi est stable en ÎledeFrance alors qu’il augmente dans l’ensemble de la France hors Mayotte.
Forte croissance de l’emploi en SeineSaintDenis Au sein de la région, le nombre d’emplois salariés progresse, en volume, le plus forte ment à Paris (+ 29 000, essentiellement dans les services marchands hors intérim) et en SeineSaintDenis (+ 19 000, répartis sur tous les secteurs d’activité hormis l’agri culture). Le Vald’Oise (+ 6 000) et les Yvelines (+ 3 000) sont les deux départe ments où la progression de l'emploi en 2019 est la plus faible. Exprimée en pourcen tage, cette hausse de l’emploi est de loin la plus élevée en SeineSaintDenis (+ 3,1 %) et la plus faible dans les Yvelines (+ 0,6 %) (figure 4).
L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les com portements déclaratifs des entreprises. Durant la phase de montée en charge de la DSN, des adaptations sont réalisées dans la chaîne de traitement statistique des estimations d’emploi afin de tenir compte de ces changements. Ces modifications sont susceptibles de générer des révisions accrues sur les données. Par ailleurs, depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ hors intérim) et la D ares (sur l’intérim).
P our en savoir plus Chevrot J., Debosque M ., Deheeger S., Druelle S., Trinquier B., « Un e croissance de l'em ploi qui reste dynam ique, à un rythm e plus soutenu qu'en France m étropolitaine »,Insee Conjoncture ÎledeFrancen° 28, janvier 2020.
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Insee Conjoncture ÎledeFrance n° 29  Juin 2020
Données CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires. Champ : emploi intérimaire en fin de trimestre. Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimati ons trimestrielles AcossUrssaf, Dares, Insee.
France hors Mayotte
ÎledeFrance
Données CVS en fin de trimestre. Les données du derni er trimestre affiché sont provisoires. Champ : emploi salarié total. Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimat ions trimestrielles AcossUrssaf, Dares, Insee.
Emploi salarié total par département et par grand secteur d'activité en ÎledeFrance(en %) Glissement annuel Emploi au 31/12/2019 (en milliers)Tertiaire Agriculture Industrie Constructiondont Intérim marchand
Données CVS en fin de trimestre. Les données du derni er trimestre affiché sont provisoires. Champ : emploi salarié total. Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimat ions trimestrielles AcossUrssaf, Dares, Insee.
7,9 6,0 2,8 5,8 7,6 9,6 4,9 6,6 6,5
3,2 0,4 0,4 0,4 1,3 9,5 0,9 0,5 0,8
ÎledeFrance
5,6 435,0 53,1 83,5 70,4 68,9 159,2 296,4 3 748,0 713,4 374,5 318,0 426,9 335,6 81,5 992,0 130,8 375,3 1 496,6 5 981,6
Emploi
Emploi salarié total par secteur d'activité(en %) Emploi au 31/12/2019 (en milliers) Secteur d'activité ÎledeFrance
1 Glissement annuel moyen 2018/2013
Paris SeineetMarne Yvelines Essonne HautsdeSeine SeineSaintDenis ValdeMarne Vald'Oise ÎledeFrance
0,7 0,5 0,8 0,0 1,0 1,0 0,8 0,6 1,4 0,6 0,6 1,9 2,3 0,5 0,8 2,1 7,0 0,1 0,2 0,7
Insee Conjoncture ÎledeFrance n° 29  Juin 2020
Services financiers Services immobiliers Services aux entreprises hors intérim Intérim Services aux ménages Tertiaire non marchand Total
Tertiaire non marchand
Total
90
1 862,2 473,6 543,9 455,4 1 080,6 638,4 543,0 384,5 5 981,6
11
1,6 1,9 0,6 1,4 1,1 3,1 1,6 1,5 1,6
2,8 6,3 14,5 19,9 8,6 11,0 2,3 5,7 0,5
0,5 1,0 0,1 0,9 0,1 1,1 0,4 1,0 0,6
Données CVS en fin de trimestre. Les données du derni er trimestre affiché sont provisoires. 1 Glissement annuel qu'aurait connu l'emploi salarié total du secteur, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée. Champ : emploi salarié total. Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimat ions trimestrielles AcossUrssaf, Dares, Insee.
Agriculture Industrie Industrie agroalimentaire Énergie, eau, déchets, cokéfaction et raffinage Biens d'équipement Matériels de transport Autres branches industrielles Construction Tertiaire marchand Commerce Transports Hébergementrestauration Informationcommunication
0,8 0,8 4,5 2,3 0,1 0,5 0,3 6,5 1,7 1,0 1,5 3,1 2,2 0,1 0,0 2,9 0,5 1,0 0,6 1,6
0,5 1,1 0,5 0,2 1,7 1,8 1,6 0,3 1,3 0,4 0,5 1,5 2,1 0,5 0,7 1,9 7,4 0,4 0,3 0,8
3Évolution trimestrielle de l'emploi intérimaire e Indice base 100 au 4 trimestre 2010
Glissement annuel
e 4 trim. 2008
70 e 4 trim. 2007
e 4 trim. 2009
e 4 trim. 2010
e 4 trim. 2011
e 4 trim. 2012
0,7 4,8 2,9 8,9 18,7 39,0 5,4 2,5 0,8
2,0 2,1 0,8 1,3 1,0 2,5 1,8 1,5 1,7
e e 4 trim. 4 trim. 2018 2019
e 4 trim. 2017
e 4 trim. 2016
e 4 trim. 2015
e 4 trim. 2014
e 4 trim. 2013
80
100
120
110
140
130
e e e e 4 trim. 4 trim. 4 trim. 4 trim. 2011 2012 2013 2014 Construction Tertiairemarchandhorsinrim
4
France hors Mayotte
1
ÎledeFrance
France hors Mayotte
90 e 4 trim. 2010
95
e e e e 4 trim. 4 trim. 4 trim. 4 trim. 2015 2016 2017 2018 Industrie Tertiairenon marchand
1,1 0,3 1,5 0,7 0,2 0,4 0,2 3,3 1,6 1,2 1,2 4,4 2,5 0,5 0,2 2,6 0,3 0,4 0,3 1,1
2Évolution trimestrielle de l’emploi salarié total par grand secteur d'activité en ÎledeFrance e Indice base 100 au 4 trimestre 2010
100
115
105
110
e 4 trim. 2019