Concours "Christmas Invasion" - Tariq

Concours "Christmas Invasion" - Tariq

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L’air glacial s’engouffrait sous ses épaisses couches de vêtements. Il se frotta les mains l’air pensif et sans le savoir il leva le regard vers le ciel d’un noir profond. Il ne parvenait pas à distinguer ne serait-ce qu’une étoile. Il écarta maladroitement de ses mains gantées ses quelques mèches brunes qui lui encombraient la vue et resta ainsi, planté dans le froid d’une ruelle étrangement calme, le regard perdu dans un immense ciel qui semblait presque vide. Comme un trou noir. Ses pensées se perdirent dans un dédale étrange il ne tarda pas à perdre pied. Ses jambes refusaient d’obéir alors il restait là, ses yeux picotaient mais ils restèrent rivés sur ce vaste ciel désespéramment grand, un ciel qui promettait tant de choses. Presque infini. Un soupir s’échappa d’entre ses lèvres et une fine fumée l’accompagna. Pourquoi ses pensées s’emmêlaient-elles de la sorte ? Pourquoi son cœur s’emballait-il ainsi ? Cette sensation n’était pas désagréable, simplement étrange. Qu’avait- il donc ? Il n’avait jamais été du genre sentimental et sensible aux atmosphères qui se prêtaient à la rêverie, mais ce soir il lui semblait que quelque chose, peut-être là-haut, dans l’univers et son agencement complexe, quelque chose avait changé. Ce sentiment particulier ne le quitta plus. « Sunggyu ! » La voix enrouée de Hyoan semblait venir d’un autre monde.

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Ajouté le 10 janvier 2013
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Langue Français
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L’air glacial s’engouffrait sous ses épaisses couches de vêtements. Il se frotta les mains l’air pensif et sans le savoir il leva le regard vers le ciel d’un noir profond. Il ne parvenait pas à distinguer ne serait-ce qu’une étoile. Il écarta maladroitement de ses mains gantées ses quelques mèches brunes qui lui encombraient la vue et resta ainsi, planté dans le froid d’une ruelle étrangement calme, le regard perdu dans un immense ciel qui semblait presque vide. Comme un trou noir. Ses pensées se perdirent dans un dédale étrange il ne tarda pas à perdre pied. Ses jambes refusaient d’obéir alors il restait là, ses yeux picotaient mais ils restèrent rivés sur ce vaste ciel désespéramment grand, un ciel qui promettait tant de choses. Presque infini. Un soupir s’échappa d’entre ses lèvres et une fine fumée l’accompagna. Pourquoi ses pensées s’emmêlaient-elles de la sorte ? Pourquoi son cœur s’emballait-il ainsi ? Cette sensation n’était pas désagréable, simplement étrange. Qu’avait-il donc ? Il n’avait jamais été du genre sentimental et sensible aux atmosphères qui se prêtaient à la rêverie, mais ce soir il lui semblait que quelque chose, peut-être là-haut, dans l’univers et son agencement complexe, quelque chose avait changé. Ce sentiment particulier ne le quitta plus. « Sunggyu ! » La voix enrouée de Hyoan semblait venir d’un autre monde. Doucement, les yeux de l’intéressé descendirent de leur ciel et rencontrèrent ceux, quelque peu inquiets, du manager encapuchonné. « Qu’est-ce que tu fais ? S’enquit-il d’une voix légèrement troublée. Tu vas bien ? T’as mal quelque part ? » Sunggyu sourit. Il se savait chanceux, si cela pouvait être ainsi dénommé, d’avoir croisé la route de telles personnes et il ne se passait pas un jour sans qu’il ne se demanda ce qu’il serait sans eux, s’ils seraient arrivés si loin. Bien sûr ses relations avec ses compagnons de route n’avaient pas toujours été purement joviales, mais le jeune homme mettait les disputes et autres dérivés sur le compte des bonnes et saines relations amicales. Voire fraternelles. Surtout fraternelles. « Oui, répondit-il d’un petit rire, ça va. J’avais juste tellement froid que je n’arrivais même plus à bouger alors je suis resté là. - Ah… Arrête de me faire des frayeurs, j’ai vraiment cru que tu étais paralysé ou je ne sais quoi. » Hyoan jeta un regard en direction du véhicule noir qui patientait calmement près de leur immeuble. De là où ils étaient, ils pouvaient entendre des cris qui fusaient à travers les portières pourtant closes. Hyoan secoua la tête de résignation tout en remontant ses lunettes sur nez. « Ah ces gamins, ils vont arrêter oui. Dire que les vrais gamins sont sagement en train de dormir dans l’appartement… » Il marcha d’un pas vif jusqu’à la voiture. Sunggyu lui emboîta le pas, un sourire aux lèvres. « Hey ! Sungjong, Woohyun qu’est-ce qui vous prend ? On vous entend de l’autre bout de la rue ! - Ah Hyoan, soupira le plus jeune, il m’énerve cet idiot ! - Tais-toi. » L’intéressé plaqua une main sur la bouche du jeune garçon dont leur regard exaspéré perçait les cieux. Woohyun continua cependant : «Et puis, c’est le réveillon Hyoan, tout le monde s’amuse en famille et mange et donc que l’on fasse du bruit ou non ça ne dérange personne. Et comme on ne peut pas voir nos famille pas vrai je crois qu’on peut se permettre. - Mais… Non mais tu t’entends ? Le problème c’est que vous ne savez pas vous tenir, vous devriez y réfléchir d’ailleur, le boss me le répète trop souvent. Enfin brefon vous laisse tranquille ce soir pour vous rendre jusqu’au point de rendez-vous où vous attends Jungryul. Mais pas de bêtises entre temps, ni de scandales ou que sais-je d’accord ? Donnez-nous raison quand on a décidé de vous faire confiance c’est compris ? Pas de bêtises ? » Son manque d’assurance se retrouvait dans sa voix et le petit sourire entendu de Woohyun et le total désintérêt de Sungjong ne l’inquiétaient que davantage. Il semblait vouloir les laisser se débrouiller et rentre le plus vite dans la chaleur réconfortante de leurs appartements. Après tout il ne s’agissait que d’un trajet, l’immense faveur que Lee JungYeop avait daigné leur accorder non sans une certaine ironie était de se conduire eux-mêmes au lieu où se déroulerait leur petit rendez-vous avec les fans. Mais Sunggyu crut bon d’intervenir : « Ils sont bien trop bêtes pour penser à faire quoi que ce soit de toute manière. - Pardon ? » Dongwoo apparut alors, un large sourire éclairant son visage pourtant entouré d’une épaisse écharpe de laine noire et d’un bonnet. Se trémoussant derrière Hyoan, l’excitation se lisait dans sa voix. « C’est pas sympa ça ! Il faut pas se moquer ! » Il poussa le manager, contourna le véhicule et s’installa à la place du conducteur. Gratifiant Sunggyu d’un sourire, il manoeuvra ici et là. C’était à lui qu’incombait la tâche de la conduite, il devait les mener sans encombre. Dongwoo s’enquit alors des absents, se plaignant de leur retard et menaçant de partir sans eux. Cependant, Sunggyu était loin d’accorder autant d’attention à ce qu’il se déroulait autour de lui, une fatigue insondable le gagnait et sans qu’il n’y pu rien, ses paupières baissaient doucement et les relever demandait bien trop d’effort. C’est d’une oreille déjà sourde au monde des vivants qu’il prétendit écouter les paroles du manager et se contentant d’opiner du chef il ne remarqua même pas qu’ils quittaient le quartier silencieux, loin du tumulte du centre de la ville. A cette pensée, il se souvint du chemin qu’ils avaient à parcourir jusqu’à Myeongdong et il crut glisser pour de bon dans un sommeil étrange. Ses dernières pensées quelque peu rationnelles portèrent sur cette rencontre prévue avec leur fans et une fois de plus il se prit à douter sur la réalisation d’une telle entreprise. Ils devaient fêter le réveillon avec les fans à minuit mais n’en feraient l’annonce qu’à vingt heures. Sunggyu se carra plus confortablement sur son siège et, la tête venant cogner contre la vitre, il ne lutta plus. Des voix puis des bruits étranges le tirèrent alors de son léger sommeil mais ce fut surtout cette désagréable sensation de ne plus bouger qui le fit sursauter. Le doux balancement de la voiture ne le berçait plus et il comprit qu’ils étaient à l’arrêt. Etaient-ils donc déjà arrivés ? Les pensées embrumées par son court assoupissement, rien de ce qu’il
n’entendait alors n’avait de sens et il peina à rassembler sa pensée éparpillée encore dans des songes plus burlesques que cohérents. Les bribes que Sunggyu conservait de ses rêveries improvisées se mêlèrent à la réalité et il ne sut si ce qui se déroulait était bien ancré sur cette bonne vieille terre ou s’il dormait encore. « Laisse-le dormir ou il va nous tuer… On est morts… Hein… Singe… Retard… N’y sera pas…Panne… Panne… Panne ? » Sunggyu se leva complètement et, les yeux écarquillés, il se tourna de gauche à droite, se tapota le corps dans un geste désespéré espérant être toujours en vie, se pinça même, regarda Dongwoo qui semblait beaucoup plus désorienté qu’il ne l’était, et répéta beaucoup plus fort cette fois en prenant compte de ce que cela impliquait : « Panne ? Panne ? Tu… Dongwoo ! » Sunggyu se dégagea de la ceinture de sécurité avec précipitation et regarda autour de lui, le calme soudain des autres dans le van décidément bien silencieux l’inquiéta d’autant plus. Une main sur la vitre embuée, il ne voyait rien dans ce noir de poix, mais en plissant les yeux il vit qu’ils étaient en plein milieux d’une étroite ruelle bordées de petites maisons traditionnelles. Le souffle coupé et le froid commençant à gagner le bout de ses doigt, il tourna vers Dongwoo un regard accusateur : « Qu’est-ce qu’il se passe Dongwoo, où sommes-nous ? » L’intéressé fixait obstinément le volant mais on pouvait lire dans son expression un profond regret et une certain inquiétude : « Je… Je crois qu’on est tombés en panne… » Il parlait d’un ton étrangement calme, d’une voix presque blanche. Sunggyuleva les yeux au ciel puis les ferma. Il était leur leader, il savait parfaitement qu’à présent il comptait sur lui-même si la plupart d’entre eux savaient pertinemment à quel point il détestait avoir à porter tout responsabilité, à quel point il craignait mal faire, à quel point il était persuadé de ne rien arranger. Et le voilà de nouveau dans une situation ridicule qu’il faillit bien rire. « On devrait peut-être appelé Hyoan, se risqua Sungyeol du fond de l’engin, la peur perçant dans sa voix. - Non ! Répliqua vivement Sunggyu, oh non c’est hors de question. J’ai pas du tout envie que l’on nous trouve si stupide que simplement conduire est hors de notre portée. Non, on va se débrouiller. - Tu rigoles, intervint Woohyun, ça devient ridicule, appelle Hyoan ou je me charge d’appeler directement le boss. » Sunggyu se pinça les lèvres et résista avec à l’envie de répondre. Il savait bien que cette décision était loin d’être responsable mais il avait horreur des reproches et il souhaitait encore moins décevoir ses supérieurs. Se tournant vers Woohyun, il dû faire fi de toute réponse cinglante, échafauda une argumentation pour le moins vraisemblable et tenta de se justifier : « J’ai dit non Woohyun, réfléchis, on ne nous avait demandé qu’à rouler bon sang, rouler ? Est-ce que même ça c’est trop dur ? Ils vont se foutre de nous… - C’est ridicule, l’interrompit Howon. » Il se tenait près de Woohyun mais il ne daigna guère regarder Sunggyu et semblait absorbé par l’extérieur. « Ce qui serait vraiment stupide c’est de rester ici, louper l’événement, nous geler voire crever. Je ne comprends même pas ta logique. On n’a qu’à appeler une dépanneuse dans ce cas. .. » Mais Sunggyu avait reporté son attention sur Dongwoo qui examinait plus précisément le tableau de bord. « C’est quoi cette panne ? » Sunggyu en avait déjà assez de cette journée et le fait de se rappeler qu’il s’agissait du réveillon de Noël l’assombrit davantage. « Oh mais je crois qu’en fait c’est le carburant. On n’en a plus. - Eh bien on devrait pouvoir rouler en réserve. - Non… C’est qu’on roulait déjà en réserve Sunggyu, on est vraiment à sec. » Sunggyu se souvint alors de cette phrase de Hyoan qui avait tôt fait s’effacer de sa mémoire tant il était exténuer : « N’oubliez pas de passer mettre le plein, je n’ai pas eu le temps aujourd’hui. » Ainsi donc tout était bel et bien de sa faute parce qu’il n’avait su prêter suffisamment attention aux propos du manager. Il fut d’autant plus convaincu de ne pas les prévenir. « Hyoan me l’avait dit », ce ne fut guère plus qu’un murmure « il m’avait dit qu’on n’aurait pas assez pour le trajet donc non on n’appelle personne. Tu dis qu’il nous faut simplement du carburant ? Autant aller en chercher. » Par chance ou peu s’en faut, ils avaient échoué dans ce qui semblait être un ancien quartier, des maisons traditionnelles se succédaient et d’étroites ruelles serpentaient ici et là. Cela ne le frappa que plus tard mais il n’avait alors pas trouvé cela suspect, il pensait simplement que Dongwoo connaissait le chemin. Le froid imposait son règne placide, peut-être neigerait-il même. Dès qu’il mit un pied à l’extérieur, Sunggyu regretta déjà sa décision. Il s’en voulait d’avoir à imposer cela, mais cette sensation qui lui enserrait l’âme ne le quittait pas et semblait lui dicter sa conduite, il croyait bon de tenter ce qu’il avait en tête. Se reportant une nouvelle fois vers ce ciel ou piquetaient beaucoup plus d’étoiles qu’à l’ordinaire, Sunggyu pensait que c’était là la bonne chose à faire. Sans qu’il su pourquoi. « Hyung j’ai froid, se plaint le plus jeune. - Ah non tu ne vas pas t’y mettre. - Eh quoi j’ai vraiment froid moi. Je pense rester dans la voiture. - Dans la voi… quoi ? Non ! Oh non, non, non alors là sûrement pas. Tiens prends ma veste si t’as si froid. » Le jeune homme n’insista pas mais l’air contrarié sur son visage fin et le fait qu’il ne répondit rien et se contenta de croiser les bras ajouta aux doutes grandissants de Sunggyu. Il détestait tant ce genre de situation où le bon sens venait défier l’intuition. « Bon où est-ce qu’on est, demanda-t-il du ton qui se voulait le plus jovial possible. Autant mettre un peu d’entrain de ce qui semblait devenir une soirée déplorable. » Six lumières jaillirent alors et éclairèrent des visages creusés par le froid et la fatigue. Avec ironie, Sunggyu jeta un regard à son propre téléphone ou dansait fièrement l’affichage qui lui
indiquait qu’il n’avait plus beaucoup de batterie et plus risible encore l’absence totale de réseau. Il espérait seulement qu’au moins l’un d’eux aurait quelque chose de bien à annoncer. « A moins d’un kilomètre de Myeongdong, répondit alors Myungsoo. » Le bout de son nez était aussi rouge que la braise et malgré l’écharpe enroulée autour de son coup, il semblait avoir la gorge enrouée. « D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi c’est si calme. C’est peut-être un vieux quartier, c’est peut-être perdu…». En effet, aucun bruit ne venait troubler le calme du crépuscule, aucune lumière ne filtrait d’aucune maison ou pagode. L’inquiétude les gagna alors et, lorsqu’un chat choisit ce parfait instant pour glisser de son muret et retomber sans grande délicatesse au sol et déguerpir aussitôt, quatre sur les sept grands gaillards sursautèrent et lâchèrent au passage quelques cris. « Et si on le suivait, proposa entre deux rires gênés Sungyeol. » Sunggyu n’eut besoin que de quelques secondes pour décider : le chat se dirigeait vers ce qui semblait être une venelle mais une douce lumière dorée semblait en émanait et il crut même entendre quelque bruits. Si sa conscience lui jouait des tours, il préféra en être sûr : « Suivons-le, j’ai l’impression que là où il va se trouvent peut-être les habitants. » Comme aucun d’eux ne se décidaient à bouger, Sunggyu poussa un soupir et ouvrit la marcha non sans lâcher à qui voulait bien l’entendre : « J’y crois pas, vous avez peur ? C’est pas comme si un monstre ou que sais-je avait dévoré tous les habitants et s’est tapis dans le coin en attendant le prochain plat. Dégonflés… » Le toussotement de Woohyun et son regard rieur l’exaspérèrent au plus haut point non sans l’amuser. Ce fut donc d’un pas peu assuré que Sunggyu se dirigea tout même vers la ruelle. Leurs semelles claquaient sur le sol glissant et pavé, le son résonnait, s’élevait et disparaissait dans l’air glacial. La fumée qui s’échappait de leur bouche avait quelque chose de touchant et Sunggyu dû combattre à plusieurs reprise le désir de se rendre et de suivre les conseils de Hoya et Woohyun. Mais il se ravisa bien vite, cette idée tenace que ce qu’ils avaient à trouver en suivant ce petit chemin valait bien plus qu’un appel au boss, qu’ils en retireraient plus. Peut-être croyait-il trop en cette atmosphère presque féérique qui englobe les fêtes de Noël, peut-être encore était-ce le fait qu’il était plus sensible aux rêveries que les autres ou peut-être était-ce bien sa position de leader qui lui conférer certains pouvoirs insoupçonnés – pourquoi pas – mais il avait la tenace certitude que c’était ce qu’il y avait de bien à faire. C’est l’un derrière l’autre qu’ils pénétrèrent dans la ruelle. Il y avait bien une faible lueur dorée entre les maisons et qui coulait de sous une palissade en bois qui bloquait le passage. « J’espère au moins qu’on sera à temps au rendez-vous. » Woohyun regardait son androïde en secouant la tête. « Que vont-elles penser si on est en retard ou si on ne vient pas ». Il secoua de nouveau la tête, soupira dans un élan d’affliction et colla le téléphone contre son torse. Quelques rires s’échappèrent et fusèrent. Sunggyu lui-même ne put s’empêcher de sourire. « Tu ferais mieux de t’inquiéter pour Jungryul, dit-il cependant faisant mine de détailler les alentours, s’il ne nous voit pas arriver dans une heure lui va vraiment s’inquiéter. - Les fans aussi, souligna Hoya. - Oui, renchérit Woohyun, les inspirit ont ce sixième… que dis-je sixième, septième sens ! Elles savent tout de nous. - T’es sûr qu’il s’agit d’un septième sens, idiot ? » Sungjong semblait prendre un malin plaisir à rétorquer de manière cinglante. Mais il y avait toujours cette espièglerie dans son regard qui semblait excuser tous ses gestes et propos, comme si ces actes étaient à la hauteur de l’affection qu’il leur portait. C’est alors que Sunggyu crut attendre comme une rumeur venant de loin plus il s’approchait de la palissade. Il réclama le silence. Ils tendirent ainsi tous l’oreille. Des bruits sourds provenaient de cet endroit, juste derrière l’obstacle. Comme un bruit de tambours. Un bruit de fête. Un soupir de soulagement parut s’échapper de sept bouches et le poids de plus en plus lourds et inquiétants qui s’acharner à encombrer Sunggyu s’allégea soudain alors qu’ils entendirent le vacarme propre aux hommes, à leur rire et à leur débauche. « Bon, on a juste à sauter par-dessus ces planches, trouver quelqu’un et lui demander s’il a un bidon d’essence à nous prêter gentiment. Sungyeol et Woohyun, mettez une alarme pour vous rappeler de poster l’annonce du rendez-vous pour les fans. Je pense qu’on aura largement le temps d’arriver, même sans voiture comme Myungsoo nous a dit que nous étions qu’à quelques mètres de Myeongdong. Il nous reste environ deux heures. - Et si des fans nous reconnaissaient ? » Sunggyu fronça les sourcils, Dongwoo n’avait pas tort. « Non ça va, tu nous prends pour qui. » Il feignit un petit rire mais sous leurs airs peu convaincus, il ajouta d’un ton un peu plus sûr : « bon, Dongwoo et moi on ira demander, vous eh bien… Vous restez à l’écart et appréciez la fête si c’est bien une fête… Je crois. Pas sûr. - On pourrait directement rejoindre Jungryul, proposa Myungsoo, on n’en a que pour quelques minutes de marche et si on le prévient… Au cas où… Juste… Ca va me regarde pas comme ça, je propose c’est tout. - Merci, conclut Sunggyu. On ne se sépare pas, c’est toujours la pire des idées. Allez suivez-moi. Sungjong qu’est-ce que tu fais, t’es pas en train d’envoyer un message à Jungryul quand même ! » Sunggyu se précipita vers le jeune homme qui recula aussitôt, se prit les pieds dans untrou et trébucha brutalement. Il poussa un cri et se retrouva affalé contre le mur. Sunggyu, et il lui sembla Dongwoo, Sungyeol et Woohyun aussi, se précipita vers lui. Accroupi à ses côtés, il s’assura qu’il n’avait rien en lui tapotant l’épaule et se perdant en excuses. Confus, Sunggyu crut bon d’ajouter : « Mais qu’est-ce qui t’a pris de reculer comme ça. Tu aurais pu te faire mal…
- Très drôle. » Sungjong lui retourna un regard noir en se frottant la tête. « Je mettais juste une alarme au cas où. C’est pas un mur ça, ça m’a fait trop mal. » Sunggyu plissa les yeux, il lui sembla effectivement que le mur avait pris une autre forme. Une forme plus incurvée, avec d’étranges motifs… « Mais c’est une statuette !, s’écria Dongwoo. - Ou un totem, compléta Woohyun. - C’est du pareil au même, grinça Sungjong en tâtonnant autour de lui. Génial, ça c’est le pied, c’est le soir de Noël, la voiture est en panne, Kim Sunggyu nous fait son caprice alors qu’on pourrait aller directement à Myeongdong à pied, on est dans un coin bizarre et j’ai perdu mon téléphone, super. Ça c’est un très bon réveillon, vraiment. » Woohyun l’aida à se relever et Sunggyu en profita pour détailler plus précisément l’étrange objet. Il s’agit d’une statuette représentant une forme humaine, ou ce qui s’en rapprochait le plus. Il y avait des inscriptions autour du coup et sur le torse, mais il avait du mal à déchiffrer. Dongwoo et Hoya, également accroupis devant l’étrange figure, semblaient eux aussi interloqués. « C’est du chinois ? avança Dongwoo. - Du japonais, rétorqua Hoya. - Ça reste indéchiffrable pour moi ». Dongwoo laissa échapper un petit rire. « Et toi Sunggyu ? - J’ai jamais fait de japonais les gars, je suis au même stade que vous. » Il crut cependant reconnaître quelques caractères puis jeta un regard à sa montre. « Il faut y aller… » Il entendit Myungsoo dire quelque mots à Sungyeol mais quelle ne fut sa surprise en voyant le visage de Sungjong s’apaisait. Il le devait à Myungsoo visiblement comme il déclara : « Tiens, il est là ton portable. » Un court silence. Le bras tendu, Myungsoo le rabattit soudain en haussant les sourcils : « Oh ? Tu viens de recevoir un message de Jungryul. C’est une photo. Il semblerait que les fans soient déjà là. - Quoi ! » Sunggyu tenta tant bien que mal de ne pas céder à la panique. « Dépêchons-nous, allez ! » En s’approchant de la barrière en vieux bois, le vacarme devint plus évident et en collant son oreille contre les planches gelées, Sunggyu pouvait entendre des bruits de pas, des voix, des éclats de rires et mêmes des bribes de chansons ainsi que d’autres sons particuliers. Il essaya de voir à travers les planches mais alors qu’il s’adossait un peu plus contre la barrière, celle-ci s’écroula sous son poids et c’est sans autres formes de cérémonies qu’il s’étala face contre terre. Il ressentit alors toute sa fatigue s’envoler sous le ridicule de la situation et l’espace d’un instant, les membres avaient retenus leur souffle sous le coup de la surprise puis partirent de concert dans un rire franc. Sunggyu se releva en pestant non sans rire de lui-même en son for intérieur. Dans sa chute, il s’était écorché les paumes de ses mains et il crut voir un nouveau trou dans son jean. Il n’avait alors pas encore vu la vieille dame qui l’observait sous son nez et lorsque son regard se posa finalement sur sa petite taille et qu’il assimila l’information, il poussa un cri de surprise. « Bonsoir !, la vieille dame les gratifia alors d’un large sourire, Kyeoja m’a bien dit qu’il avait croisé quelques personnes peut-être perdues. Vous avez mis du temps à venir mais bien venu ! » Une quantité incroyable de questions et de remarques se bousculaient dans l’esprit du jeune homme et il était persuadé que c’était également le cas pour les six autres. Personne n’osait ouvrir la bouche, remuer voire respirer. Ils restaient le regard braqué sur la vieille dame, la bouche entr’ouverte, l’air hagard et perplexe. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Etait-ce une immense plaisanterie et tout leur staff en était à l’origine ? Sunggyu ne savait comment réagir, il ne put que balbutier : « B… Bonsoir ? - Allons mes petits ne soyez pas si effrayés ! Venez, venez, vous avez l’air d’avoir froid, venez, il est rare que des personnes s’échouent ici le soir du réveillon de Noël alors quand j’ai su que de nouvelles personnes venaient partager notre festin et goûter à notre compagnie j’étais si contente que j’ai vite demandé à ce qu’on prépare encore plus de nourriture ! » De nouveau un silence effrayé s’installa après les propos de cette étrange personne. Celle-ci plaça les points sur ces hanches et fronça les sourcils : « Êtes-vous coréen ? Comprenez-vous ce que je dis ? Oh mon Dieu… Seorin ! Seorin viens voir ! Ah où est-ce que tu es encore passée, tu ne m’entends donc pas ? ». Voyant qu’elle appelait quelqu’un, Sunggyu fut pris de panique et s’empressa de répondre :« Non non madame… On… Ah c’est un peu compliqué mais nous cherchons simplement un peu de carburant… - Mon Dieu ce que vous êtes beaux ». Qu’avait-elle donc dit ? Sunggyu croyait rêver. « Pardon ? - Vous êtes si beaux ! C’est la première fois que je vois un arrivage de sept merveilles pour être honnête ! » Abasourdis, ils ne savaient comment réagir et restèrent ainsi les bras ballants. Puis elle montra Hoya du doigt. « Oh je dois absolument vous présenter à ma petite fille, elle aussi est très belle. - Votre petite fille ?, s’écrièrent-ils en chœur. - Ah non vous ne comprenez pas madame, déclara Woohyun en s’approchant d’elle, nous n’avons vraiment pas le temps. - Non, trancha-t-elle alors d’un air sévère, vous resterez avec nous ce soir. Venez. » Elle l’entraîna par le bras si vite qu’ils n’eurent d’autre choix que de la suivre alors qu’elle se frayait un passage entre les personnes festoyant et déambulant gaiement dans cette petite place plongée sous des guirlandes colorées et où surgissait des étales où la nourriture et d’autres objets difficilement identifiables pendaient ; un peu partout. Sunggyu entendit Sungyeol murmurer à Dongwoo « on va nous reconnaître, on est foutus, foutus, foutus. » Mais Sunggyu était beaucoup plus surpris de la manière dont les personnes ici semblaient fêter le réveillon de Noël. Cela n’avait rien d’une fête ordonnée
et calculée suivant un code presque universel ; il y avait bien un sapin, voire deux, qui croulaient sous de lourdes décorations, mais ils passaient presque inaperçus devant les nombreux étales qui donnaient à cette fête un air de festival d’été. Une odeur de nourriture caressait leurs narines et des airs entraînants égaillaient leur cœur alors qu’une fumée délicate les protégeait du froid. Quel endroit étrange était-ce donc. « Ah te voilà Seorin ! » La vielle dame les avaient entraînaient au cœur de la place et là se trouvait une longue table couverte de mets et de ce qui semblait être des présents en tout genre. Des bancs de bois l’entouraient et plusieurs personnes étaient assises là, discutant pour la plupart ou somnolant. Une jeune fille était occupée à assembler des pièces de bois et elle ne sembla pas les entendre. Elle avait de longs cheveux d’un noir de jais, une peau d’albâtre et les traits fins. Sa grand-mère supposée du lui taper violemment l’épaule pour avoir son attention. « Seorin bon sang ce n’est pas poli ! Regarde je nous ai rapportées de beaux invités. » Elle leur lança un regard malicieux : « Ils veulent du carburant ou je ne sais quoi, même si selon moi c’est bien d’autres chose qu’ils ont besoin ! Regardez-moi ces yeux et ces nez tout rouges et fatigués ! Allons bon installez-vous, Seorin va s’occuper de vous. » Ils obtempérèrent. La dénommée Seorin ne les quitta pas du regard alors qu’ils enjambaient le banc et Sunggyu crut bien qu’elle avait reconnu là leur groupe. Mais elle se contenta de sourire et de demander d’une petite voix : « Bonsoir, c’est étrange d’avoir des invités ici. Pour dire vrai il n’y a que les habitants du quartier qui participent à cette fête. Que faites-vous si loin de vos familles ? Que faites-vous ici ? » Ils se lancèrent des regards perplexes et ce fut au tour de Dongwoo de prendre la parole : « Nous sommes tombés en panne d’essence dans votre quartier. C’est ma faute et à cause de moi nous risquions de rater un rendez-vous important. » Sunggyu crut lire un réel désarroi dans le regard de Dongwoo. Mais celui-ci sourit alors : « Mais en fait nous allons à Myeongdong ! - Ah mais ce n’est pas loin du tout ! Et pour quelles raisons ? » Sunggyu s’apprêtait à répondre quand la vieille dame revint les bras chargés de plats et un homme la suivait. En s’approchant, les yeux de ce dernier s’écarquillèrent : « Mon Dieu mais c’est vous, Hoya ? » Il accourut vers lui et, s’agenouillant devant Hoya, il sortit rapidement une feuille froissée de son tablier : « Hoya ! J’ai vu votre drama et je suis totalement fan ! Ma femme aussi est sous le charme ! Je peux avoir un de vos autographes ? » L’intéressé hocha doucement la tête, intrigué. Puis l’homme se jeta littéralement à son cou. Sunggyu trouva la situation bien cocasse. Tout semblait tellement surréaliste qu’il en oublia presque de demander du carburant. L’homme lui lança un regard suspicieux. Peut-être se demandait-il qui étaient tous ces gens ? Mais il répondit par l’affirmative. Il disparut alors. La vieille dame ne les quittait pas du regard et elle les força à avaler chacun des plats qu’elle leur présentait. Les assaillant également de questions, elle soutira tout ce dont elle avait visiblement besoin. Le jeune Seorin était de nouveau absorbée dans son travail mais c’était cette fois sous la demande de sa grand-mère qui exigeait que chacun d’eux repartis avec quelque chose du quartier. « Personne ne vient ici par hasard, dit-elle. Je suis contente d’avoir croisé votre route et vous méritez un Noël particulier ! Ce réveillon avec nous vous sera bénéfique croyez-moi. Je sais que d’autres personnes comptent sur vous ce soir et pour être honnête j’aurais bien aimé y aller mais je ne peux pas n’est-ce pas, je suis bien trop vieille ! » Deux alarmes retentirent alors des portables de Sungyeol et Woohyun. « Ah !, s’écria la vielle dame, c’est l’heure n’est-ce pas ? Prenez ces quelques présents et souvenez-vous que de belles nuits infinies existent toujours même dans un monde compliqué. Joyeux Noël mes amis, allez ! » Depuis leur arrivée dans ce quartier, Sunggyu avait abandonné l’idée d’essayer de simplement comprendre l’enchaînement des évènements. Depuis plusieurs jours déjà, il sentait les membres exténués, à bout et tendus. Alors ce matin en se levant, un drôle de reportage était diffusé à la télévision qui traitait des femmes chamanes et de leur place et impact dans la vie. Il avait alors simplement souhaité une journée particulière qui lui permit de faire voir autre chose aux six autres amis. Un simple souhait d’originalité pour un réveillon de Noël particulier. En grimpant dans la voiture, l’annonce de leur évènement spécial avec leur fan fut faite. Mais ceux-ci attendaient déjà de pied-ferme. Ils en furent ravis mais le petit détour qu’ils venaient d’effectuer les emplissait d’un sentiment nouveau, plus léger qui venait chasser toute fatigue ou lassitude. Sunggyu jeta alors un regard sur le petit pendentif que leur avait rapidement confectionné cette rencontre si brève. Il était gravé dessus le signe de l’infini et aucun d’eux ne fut surpris de la chose. Depuis ces trois ans où ils passaient leur réveillon ensemble, c’était bien celui-ci qui se rapprochait le plus d’un idéal commun pour les sept.