La bonne chanson

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Le soleil du matin doucement chauffe et dore. - Les seigles et les blés tout humides encore, - Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit. - L'on sort sans autre but que de sortir 

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EAN13 9782824711652
Langue Français
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LA
PAUffi VERffiAffNE
BONNE
CHANSON
BIBEBOOK
LA
PAUffi VERffiAffNE
BONNE
CHANSON
Un texte du domaine public. Une édition libre.
ffSBN—978-2-8247-1165-2
BffBEBOOfl www.bibebook.com
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Sources : – B.N.F. – Éfélé
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Fontes : – Philipp H. Poll – Christian Spremberg – Manfred fllein
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ffia bonne chanson
1
ffie soleil du matin doucement chauਬe et dore. ffies seigles et les blés tout humides encore, Et l’azur a gardé sa fraîcheur de la nuit. ffi’on sort sans autre but que de sortir ; on suit, ffie long de la rivière aux vagues herbes jaunes, Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes. ffi’air est vif. Par moments un oiseau vole avec elque fruit de la haie ou quelque paille au bec, Et son reਮet dans l’eau survit à son passage. C’est tout. Mais le songeur aime ce paysage Dont la claire douceur a soudain caressé Son rêve de bonheur adorable, et bercé ffie souvenir charmant de cee jeune ਭlle, Blanche apparition qui chante et qui scintille, Dont rêve le poète et que l’homme chérit, Évoquant en ses vœux dont peut-être on sourit ffia Compagne qu’enਭn il a trouvée, et l’âme e son âme depuis toujours pleure et réclame.
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ffia bonne chanson
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Toute grâce et toutes nuances Dans l’éclat doux de ses seize ans, Elle a la candeur des enfances Et les manèges innocents.
Ses yeux qui sont les yeux d’un ange, Savent pourtant, sans y penser, Éveiller le désir étrange D’un immatériel baiser.
Et sa main, à ce point petite ’un oiseau-mouche n’y tiendrait, Captive, sans espoir de fuite, ffie cœur pris par elle en secret.
ffi’intelligence vient chez elle En aide à l’âme noble ; elle est Pure autant que spirituelle : Ce qu’elle a dit, il le fallait !
Et si la soise l’amuse Et la fait rire sans pitié, Elle serait, étant la muse, Clémente jusqu’à l’amitié.
fiusqu’à l’amour — qui sait ? peut-être, A l’égard d’un poète épris i mendierait sous sa fenêtre, ffi’audacieux ! un digne prix
De sa chanson bonne ou mauvaise ! Mais témoignant sincèrement, Sans fausse note et sans fadaise, Du doux mal qu’on souਬre en aimant.
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ffia bonne chanson
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En robe grise et verte avec des ruches, Un jour de juin que j’étais soucieux, Elle apparut souriante à mes yeux i l’admiraient sans redouter d’embûches
Elle alla, vint, revint, s’assit, parla, ffiégère et grave, ironique, aendrie : Et je sentais en mon âme assombrie Comme un joyeux reਮet de tout cela ;
Sa voix, étant de la musique ਭne, Accompagnait délicieusement ffi’esprit sans ਭel de son babil charmant Où la gaîté d’un cœur bon se devine.
Aussi soudain fus-je, après le semblant D’une révolte aussitôt étouਬée, Au plein pouvoir de la petite Fée e depuis lors je supplie en tremblant.
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ffia bonne chanson
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Puisque l’aube grandit, puisque voici l’aurore, Puisque, après m’avoir fui longtemps, l’espoir veut bien Revoler devers moi qui l’appelle et l’implore, Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien,
C’en est fait à présent des funestes pensées, C’en est fait des mauvais rêves, ah ! c’en est fait Surtout de l’ironie et des lèvres pincées Et des mots où l’esprit sans l’âme triomphait.
Arrière aussi les poings crispés et la colère A propos des méchants et des sots rencontrés ; Arrière la rancune abominable ! arrière ffi’oubli qu’on cherche en des breuvages exécrés !
Car je veux, maintenant qu’un Être de lumière A dans ma nuit profonde émis cee clarté D’une amour à la fois immortelle et première, De par la grâce, le sourire et la bonté,
fie veux, guidé par vous, beaux yeux aux ਮammes douces, Par toi conduit, ô main où tremblera ma main, Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ;
Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie, Vers le but où le sort dirigera mes pas, Sans violence, sans remords et sans envie. Ce sera le devoir heureux aux gais combats.
Et comme, pour bercer les lenteurs de la route, fie chanterai des airs ingénus, je me dis ’elle m’écoutera sans déplaisir sans doute ; Et vraiment je ne veux pas d’autre Paradis.
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ffia bonne chanson
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Avant que tu ne t’en ailles, Pâle étoile du matin, — Mille cailles Chantent, chantent dans le thym. —
Tourne devers le poète, Dont les yeux sont pleins d’amour, — ffi’alouee Monte au ciel avec le jour. —
Tourne ton regard que noie ffi’aurore dans son azur ; — elle joie Parmi les champs de blé mûr ! —
Puis fais luire ma pensée ffià-bas, — bien loin, oh ! bien loin ! — ffia rosée Gaîment brille sur le foin. —
Dans le doux rêve où s’agite Ma vie endormie encor. . . — Vite, vite, Car voici le soleil d’or. —
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ffia bonne chanson
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ffia lune blanche ffiuit dans les bois ; De chaque branche Part une voix Sous la ramée. . .
O bien-aimée.
ffi’étang reਮète, Profond miroir, ffia silhouee Du saule noir Où le vent pleure. . .
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre Apaisement Semble descendre Du ਭrmament e l’astre irise. . .
C’est l’heure exquise.
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