Un prépayé
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Français

Un prépayé

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Description

Vieilles histoires,conventions,institutions,famille, société..
Une vieille histoire au fil des jours qui ne s'achève pas..
Histoire d'un fragment de vie et petite nouvelle..

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Publié le 07 décembre 2011
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Langue Français
Une des journées crasse de mariage ! Aujourd’hui Bada n’a aucune envie de cuisiner ! le rythme cuisine repas l’alourdit ! Elle est plutôt de nature active et se sent disposée pour bouger mais autrement! la routine et la solitude lui pèsent ! Si les conventions mariage dans leur cas n’étaient pas si obscures ! elle aurait déboursé quelques millions encore pour arranger cette maison tombant en pièces de l’extérieur! la terrasse qui lui sert pour l’étalage des couvertures et tapis au soleil est presque inabordable avec ses murs en brèches ! Et puis ces corvées du ménage lui pèsent aussi ! C’est une montagne qu’elle essaie de tasser un peu pour avoir un semblant d’ordre et de propreté! Autrement ce serait la débâcle ménagère à n’en plus finir si elle se mettait à tous les coins et heures de ses journées plutôt paisibles à faire briller d’éclat propreté immaculée cette maison trop chargée ! Sa frêle santé en pâtirait aussi ! Quelle autre journée soudain poisse s’immisce dans ses pensées brouillées du petit matin froid ! Quelle convention de mariage contrat bidon humiliant astreignant remis à jour ! Badai s’effondre au creux de son esprit bousculé ! Elle ne sait pas souvent comment réagir à des sentiments tenaces qui la terrassent ! Et puis elle se sent si seule comme coupée de ses racines ! avec ce type dans sa ville à lui ! ni son mari disparaissant dans son bureau n’apparaissant que quand il ressent la faim ! le besoin urgent du pain ! quand madame n’a pas eu l’envie de pétrir sa pâte il s’apprête quand même à aller en chercher de l’épicerie la plus proche ! du pain de souk infect que celle-ci snobe! Elle veut faire une Détox de dix jours ! surtout ne plus manger ni être obligée de préparer à manger ! ni cet homme familier et étranger ni plus rien dans cette ville poisseuse ni même ce ciel bleu ce soleil doux d’automne marin ni la symphonie des oiseaux la remerciant pour le festin qu’elle leur a préparé au bout du jardin !.. Chaque matin elle sort les ordures et mine
de rien à l’insu des yeux badaud qui s’y mêleraient! pourtant les parages sont vides d’êtres humains ! il n’y a que les chats ! Touche les sachets à ordures que des voisins insouciants sortent toujours et mettent sur les trottoirs ! sans penser utiliser un petit contenant adapté en mica où déposer leurs saletés cuisine ! Bada enveloppée dans sa cape cache tout fait un petit tour prospection et extirpe aux ordures ménagères des sachets distinctement visibles à l’œil et au toucher remplis de pain encore frais ! Souvent c’est des ronds de pains intacts ! des croissants petits brioches galettes sandwichs aussi bourrés à la viande! un vrai régal pour les chats et les oiseaux du jardin ! Elle va disposer les miettes du pain soigneusement sur les bords des parapets assez larges sous les branches du bougainvillier aux feuilles quasiment brûlées par le givre marin ! se cloitrera sur sa chaise longue repliée adossée au mur de la terrasse devant salle séjour porte-fenêtre ouverte par elle aussitôt réveillée descendue yeux enflés bouffis emplis des acariens de la nuit habitant la chambre à coucher de sa fille absente pour ses études depuis plus de cinq mois aux Etats Unis ! elle fait de son mieux pour dépoussiérer ! Les oiseaux enchantés la gavent de leur musique ! ils la reconnaissent ! elle fera fuir les chats rapaces voraces de leur espace !.. ni tout ça ni cet intérieur ne comblent le vide béant qui s’ouvre dans sa poitrine ! Ses bronches sont obstruées elle respire mal ! à qui s’adresser ? Son pc aussi ne fonctionne pas à cette heure ensoleillée sous le parasol assise sur sa chaise longue ! comme sa seule occupation passion thérapeutique de ses heures emplies d’émoi souvenirs sensations amour du texte écrit ! Le voilà monsieur cagoule sorti de son laboratoire masqué! il sait se protéger lui contre toutes les intempéries nourries au fil des saisons dans sa cabosse matraqueuse ! Il cherche à combler sa faim tripale ! Ah tu sais lui dit-il apprenant qu’elle n’a pas cuisiné ! moi et la nourriture ! ya le pain ? je vais aller en chercher ! ya toujours quelque chose à manger !
oui ya des restes ! Ce n’est pas la peine j’ai gardé un quart de pain je vais le mettre à la micro-onde ! Une aubaine un si bon pain pétri ! Elle saisit l’occasion du déjeuner de fortune pour discuter avançant des idées sur le mariage tel qu’il est conçu dans leur entourage! affirmations saines qui aiguillonnent monsieur ! c’est ainsi monsieur est là madame sert !? tu sers à quoi ? je te ramène pas des invités moi ! et pourquoi tu cherches pas une Bonne ? que va-t-elle me faire ? je n’en veux pas ! c’est ça tu as acquis une d’office ! je peux très bien me débrouiller seule tu sais ! je n’ai besoin de personne moi ! je me sens bloquée à cause de toi !.. Cela va dégénérer sur un scandale langagier comme à leur habitude ! monsieur s’enflamme et crache sa larve crasseuse souillant ses jours ! quand elle a la maladresse de vouloir discuter avec lui de choses qui touchent leur union ! et ça se répète cette histoire de prépayé !!! quelle crasse !!! quel con ! Elle ! sent avoir surpayé ! elle la conne ! C’est la condition féminine crie-t-il ! je ne te demande en plus rien moi ! tu es libre va chez ta mère ! non ! je ne suis pas libre directement ou indirectement tu me retiens ! puisque tu ne veux pas comprendre prends tes affaires et va-t-en vivre avec ta mère ! mais je veux et je suis capable de vivre seule ! c’est toi qui me retiens ! mais pourquoi tu ne veux pas bouger ? tu es collé à la maison !? remets-moi ces papiers contrat sadaq ! mais je n’ai que la traduction ! tu auras ta liberté puisque tu ne veux pas comprendre ! c’est ça le mariage ! je ne savais pas que c’était comme ça le mariage ! ah si tu savais ! si j’avais la tête de maintenant je ne me serais jamais mariée ! une vraie connerie le mariage ! Bada va s’esseuler ! Prendra-t-elle sa voiture pour voler vers ce lieu? Elle n’en n’a pas tellement envie bien qu’elle en meure d’envie! Combien elle souhaite avoir son propre domicile où elle peut couver ses peines d’existence ses insatisfactions son mal de vivre ses peurs ses doutes son cœur gros ! Elle regrette ses actes manqués comme ce studio dans cette région montagneuse ! Quelle poisse quelle chance ! Elle va se mettre
dans un petit coin pour se réchauffer les idées ! Lui est monté dans son laboratoire livresque au comble des acariens amis fidèles compagnons des yeux narines blindés ! Elle va prendre son courage s’habiller pour sortir faire des petits tours dans ce quartier vide ! Elle se retrouve avec les chats ! ça pullule dans les rues baignées de soleil d’après-midi vides de ses habitants les chats de toutes couleur de tout calibre ! Un combat entre deux roux coriaces l’effraie ! elle court après ! ils risquent de la griffer !! elle s’en éloigne à toute allure ! Quelle misère des chats furieux ! Sauf les matelas tapis et couvertures étalés sur les terrasses! Où sont les ménagères zélées ? Le silence emplit le vide des rues emplies du bruit de la circulation des véhicules empruntant la route côtière! Elle avance ! Les rayons de soleil chauffent son cache-col entouré sur sa gorge étouffée ! Pas âme qui vive dans toutes ces rues où sont alignées des villas face à face ! Elle va continuer son chemin au hasard des voies lumineuses qui s’offrent à sa vue vitrée ! Elle parle à voix haute ! se plie à la nostalgie vive qui l’empoigne au souvenir triste amer de ces ruelles affiliées à cette petite ville du moyen Atlas dont la douceur et l’intimité de l’atmosphère ambiante chatouillent suavement amoureusement son cœur ! rafraichissant ses sens perdus dans l’instant solitaire de sa promenade rare ! sortie motivée au départ pour aller prendre son laxatif transit chez le pharmacien encore fermé ! Elle sollicite son courage âcre et avance ! le pas décidé à faire un peu de marche !!! quel évènement échappé à la routine de presque quatre ans quand elle se retrouve prisonnière de son mari et de sa maison ! Pourquoi Bada tu te fais recluse dans cette maison en permanence ? ..ni enchantée ni malheureuse ni rien du tout ! tu inventes tes pas comme une invalide ! Et là tu vois une femme mohحt تajibaavec son manteau mi jambes sur un pantalon noir porter un cartable sûrement d’enseignante! C’est bien tu te dis à voix haute de travailler et de retourner chez-soi! toi tu as laissé ton travail ! Tu ne veux pas y penser ! C’est encore plus poisseux !
Quel état d’âme ébranle ta démarche plutôt légère tu t’appuies sur tes plantes mortifiés de pieds alertes tu te sens dégourdie! Tu vas allonger tes pas vers le centre du quartier là où il y a épiceries boulangerie pâtisserie et d’autres échoppes de multiple commerce alimentaire! Tu n’as aucune envie ! Tu vas prendre une baguette une tablette de chocolat noir à croquer ! Tu retournes chez le pharmacien tu ne le trouves pas! Ta démarche devient souffrante ton aspect alourdi te dictent de rentrer! Tu vois au retour de tes pas soudain transis deux vieilles femmes emmitouflées dans leur djellaba et cape foulards en laine assises égarées! Leur regard éteint irrite tes pupilles ! Je comprends pourquoi tu psalmodies elles s’avisent de venir s’asseoir dans la rue! Si je me mettais à côté d’une et engageais une conversation me sentirais-je mieux? Tu penses à cette petite vieille d’il y a quelques années rencontrée au bord de la mer admirant avec toi le coucher du soleil ! Elle t’avait raconté en une heure sa vie ! Une femme de l’autre époque ! Vit-elle toujours ? Tu l’avais rencontrée d’autres fois au retour du lycée assise sur des trottoirs toute rabougrie ! tu aurais aimé l’amener avec toi et la dorloter ..quelle misère tu aurais brisé l’harmonie d’un couple enfant douillettement gorgés de leur abri ! enveloppés de leur égotisme chasse gardé ! L’alerte humaine est absente de nos coutumes urbaines au rythme des multiples besoins de la vie de stress accumulé au fil des jours et des nuits tourbillon ! Quelle misère ! Qu’est ce que tu peux sentir ? Rien ! vide ! Docile ! Mièvre ! Triste mine de compagne fougueuse des instants irrésolubles ! En ouvrant la porte tu iras à la cuisine sans envie faire du thé ! juste histoire d’ingurgiter du chaud ! Ton pain et chocolat tu le fouilles au congèle ! Quelques heures après tu l’entendras fouiller furieusement dans les congèles….tu te fermeras au crisse merdre! Qu’est ce que tu peux sentir ? Rien ! vide ! Docile ! Mièvre ! Triste mine de compagne fougueuse des instants irrésolubles ! La nourrice se rebiffe ! ….Tu te fermeras au crisse merde des courroux jamais altérés…