Étude de quelques remarques
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Étude de quelques re marquesa) Les d ifférents ty pes de rem arquesTout a u l ong de s C aractères, on  trouve différents t ypes d e remarques : – certaines sont d'ordre général, et concernent la nature humaine dans sa globalité, un peu à lamanière de s m aximes de  L a R ochefoucauld.– d'autres sont des cas particuliers, (Théonas, Cimon et Clitandre, etc.) où des portraits illustrentdes r emarques.– Enfin, d es réflexions à pr opos d e l a co ur, par e xemple.b) Étu de d e l a rem arque 25 ( « des G rands »)Les caractéristiques formelles :Il   s'agit   d'un   texte   d'opposition,   tant   dans   la   forme   que   sur   le   fond   :   le   rythme   estessentiellement binaire et on peut remarquer une opposition constante et systématiqueentre le  peuple et les grands, comme l'indique  l'introduction. Des antithèses, chiasmes,accumulations,  juxtapositions  de  phrases, champ  lexical  de   la  corruption  ...  La Bruyèreadopte une démarche particulièrement méthodique. Seul la conclusion n'est pas un douteou un e o pposition : la  dé termination de  l'a uteur c ontraste a vec le re ste d u te xte.Les termes  qui p ermettent  de  dégager la  critique  :Les termes s'opposent deux à deux de manière à proposer une vision manichéenne. Lespauvres gens se satisfont du nécessaire et sont inquiets du superflus : ils ont une véritablephilosophie  qui le ur  permet d'aborder  la vie sous un jo ur me illeur. A contrario,  les  grands  sontnuisibles  ...

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Langue Latin

Exrait

Étude de quelques remarques
a) Les différents types de remarques Tout au long des Caractères, on trouve différents types de remarques : certaines sontd'ordre général, et concernent la nature humaine dans sa globalité, un peuàla manière des maximes de La Rochefoucauld. d'autres sont descas particuliers, (Théonas,Cimon et Clitandre, etc.) oùdes portraits illustrent des remarques. Enfin, desréflexionsàpropos de la cour, par exemple.
b) Étude de la remarque 25 (« des Grands »)
Les caractéristiques formelles :
Il s'agit d'un texte d'opposition, tant dans la forme que sur le fond : le rythme est essentiellement binaire et on peut remarquer une opposition constante et systématique entre le peuple et les grands, comme l'indique l'introduction. Des antithèses, chiasmes, accumulations, juxtapositions de phrases, champ lexical de la corruption ... La Bruyère adopte une démarche particulièrement méthodique. Seul la conclusion n'est pas un doute ou une opposition : la détermination de l'auteur contraste avec le reste du texte.
Les termes qui permettent de dégager la critique :
Les termes s'opposent deuxàdeux de manièreàproposer une vision manichéenne. Les pauvres gens se satisfont du nécessaire et sont inquiets du superflus : ils ont une véritable philosophie qui leur permet d'aborder la vie sous un jour meilleur.A contrario, les grands sont nuisibles et sont méchants par nature, comme le montre l'opposition entre « ingénument » et « sève maligne » ou entre « guère d'esprit » et « point d'âme ».
L'implication de l'auteur :
L'intervention du « je » est d'habitude assez rare et mérite d'être soulignée : sa préférence va pour le peuple, d'un strict point de vue humain. Il ne faudrait bien sûr pas croire qu'il ne rêve que de laisser ses privilèges pour devenir un simple paysan ...
c) Étude de la remarque 50 (« des Grands »)
Elle est assez longue, et La Bruyère se plaîtàdévelopper pour permettre au lecteur de se faire observateuràson tour (cette technique diffère complètement de celle de la maxime, qui est une affirmation laconique et péremptoire). Ici, il s'agit du portrait dePamphile« qui aime tout ».
La progression du portrait :
Dans une première partie, La Bruyère s'intéresse au comportement dePamphile quand ce dernier est isolé: la manière dont il se considère, la haute opinion qu'il a de lui même et qu'il fait bien sentiràtous ceux qui l'abordent.
Ensuite, l'auteur l'observe en société: on a touràtour le portrait d'un individu puis d' « un Pamphile », (antonomase) c'est-à-dire un type d'homme. Finalement, La Bruyère achève sa remarque en parlant « des Pamphiles », ce qui a pour effet d'accroître leur nombre.
Le tout passe passe par une mise en situation, puis dans le troisième paragraphe, on s'intéresseàattitudes (il n'y a plus de verbes d'action) qui renvoient desà destraits de
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caractère (le timide, le muet, le hardi ...).
Le vocabulaire de l'artifice :
Le rythme est binaire – on trouve dans cette remarque de nombreuses figures d'insistance, des accumulations, des juxtapositions de «phrases »courtes et un effet d'accélération (le grand reçoit et congédie tout aussi vite). On trouveégalement un paradoxe (le grand estàla fois civil et hautain, il a une fausse grandeur qui l'abaisse ou encore une honnêtetéimpérieuse). Et pourtant il fait des efforts pour paraître, pour se faire valoir.
Le rapport qu'il entretient avec son entourage :
« UnPamphile en un mot» : cette formule est complètement artificielle, puisque La Bruyère va développer son portrait après. Suit une succession d'exemples concrets ... « Aussi les Pamphiles sont-ils toujours comme sur un théâtre », d'oùla référence aux Floridors et aux Mondoris. Ce qui explique la fadeur du personnage, c'est qu'ils s'adaptent au vent et n'ont pas d'opinion stable – ils empruntent leurs idées aux gensàla mode.
d) Étude de la remarque 52 (« des Grands »)
On a trois phrases, séparées en deux par des points-virgules, qui forment des thèses et antithèses.
Si... –Ils n'ont aucun pouvoir : s'ils peuvent faire le bien, ils n'en n'ont pas la volonté, et s'ils ont le désir de nuire, ils n'en n'ont que rarement l'occasion.procIl 'agit d'un chiasme,édéd'insistance.
Ainsi– Répétition de la première thèse : on se trompe si on les vénère par espoir ou crainte, et l'on n'obtient jamais rien de bien ni de mal – il s'agit de la même idée, tournée d'une manière différente.
La seule raison d'honorer les grands, c'est parce que la mode le veut. La Bruyère s'exprime sous la forme d'un conseil ambiguë(« nous devons »).
Finalement, l'auteur nous répète trois fois la même chose en variant les procédés stylistiques. Ce n'est pas tant de l'observation qu'une réflexion de La Bruyère ; cette remarque a une valeur argumentative, puisqu'elle débouche sur une idée.
La raison de cette répétition : Un procédéd'insistance. Pour trouver la bonne formule. Un jeu littéraire.
« Entre toutes les expressions qui peuvent rendre un seule de nos pensées, il n'y en a qu'une qui soit la bonne» : La Bruyère a le souci de l'exactitude, et pour mieux cerner la réalité, prend le parti de composer quelque chose de fragmentaire.
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e) « A la cour, à la ville, mêmes faiblesses » (r. 53 « des Grands »)
La cour estàl'image du peuple ... Cela est constitutif de l'homme et n'a aucun rapport avec la naissance ou la faveur.
La répétition de « même », « partout » : cetteanaphorevient appuyer la similitude entre la cour et le peuple, de même que la comparaison entre Versailles et la rue St-Denis. Ce n'est pas le fond, mais la forme qui change : finalement, l'on est bien plus perfideàcour ... C'est uniquement la parce que les gens mettent les formes qu'ils s'imaginentêtre supérieurs. « Tous méprisent le peuple, et ils sont peuple » : tout le monde finit dans le même sac, grands ou petits.
C'est une vision assez pessimiste sur le fond même de la nature humaine. La Bruyère se distingue ici des philosophes du XVIIIe siècle qui ont une vraie vocationà corriger la nature humaine.
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