Les Héritiers d'Elinas , livre ebook
124
pages
Français
Ebooks
2024
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Claudie Thomas-Dakka
Les Héritiers d'Elinas
© Claudie Thomas-Dakka, 2025
ISBN numérique : 979-10-405-5480-6
Couverture : Pastel réalisé par Philippe Boinot
www.librinova.com
Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À mes parents,
À mes enfants, Sami et Diana, et leurs amoureux, Emilie et Alvaro
Merci pour vos précieux conseils et vos encouragements.
À mes petits-enfants : Lucas, Sofia, Léo et Emma.
Merci à mes premiers lecteurs et correcteurs :
Claire Dandurand, Odette Gibaud, Martine Lopez, Paule Diederich,
Philippe Boinot (également auteur de la couverture du livre).
Brigitte Boinot, François Bon, Claudine Borel, Cécile Guillon, Martine Guilment, Jean Pierre Lavigne, Elisabeth Lebon, Catherine Lemauff, Béatrice Moinard, Dominique Paluel- Marmont, Marie Pirsch-Danel, Sylvie Pizon, Brigitte et Michel Portoleau et leurs petites-filles, Emilie, et Margaux, Alain Schubmehl, Anne Reynier et Sarah de la librairie Florilège de Fontenay-le-Comte.
La légende de Mélusine est difficile à raconter aux enfants. Pour les « affrioler », je l’ai insérée dans un récit d'aventure, teinté de mystère, d’un peu d’amour, de quelques étincelles d’humour et d’un zest de fantastique. Pour pimenter l’imaginaire, l’aventure se déroule dans le merveilleux décor du parc Baron, au cœur des ruines du château-fort de Fontenay-le-Comte. Elle commence en 1975, avant internet et les téléphones portables. Ainsi, la magie peut opérer, avec les jeunes comme avec leurs aînés. Tous le disent, après avoir commencé à lire cette histoire, ils ne l’ont plus lâchée !
Amusez-vous bien !
Claudie Thomas-Dakka
1 - Une étrange rencontre
En septembre 1975, en France, dans le sud de la Vendée.
Sous le soleil, les vieilles rues de Fontenay-le-Comte ont un charme fou. Mais tout s’estompe au crépuscule. Alors, la pénombre révèle le passé tourmenté des vieux murs. Parfois, d’anciennes légendes se réveillent et des drames surgissent...
C’était un dimanche de fin septembre, à l’heure du dîner. Ce soir-là, des voisins ont vu Lucas fuir de chez lui. Comme d’habitude, plus attentifs à l’heure tardive qu’à ses larmes, ils ont pensé qu’un gamin de douze ans ne devrait pas sortir seul à la tombée du jour. Ils habitaient près de l’église Notre-Dame, rue Gaston Guillemet.
En courant, le garçon descendit la rue et passa à gauche de l’église. Puis, il bifurqua dans la plus petite ruelle du quartier. Il traversa une place et gravit une impasse très pentue pour atteindre son refuge, les ruines du château médiéval. Au fil des siècles, la forteresse avait perdu la moitié de ses murs. La végétation avait colonisé les flancs des anciens fossés et le sommet des vieilles tours. Ainsi, le cœur historique de la ville était couvert de verdure sauvage. Splendide le jour, ce bel écrin minéral devenait effrayant la nuit. Lucas adorait cet endroit. Quelle que soit l’heure, il ne s’y sentait jamais en danger.
Sauf peut-être ce soir-là…
Essoufflé, il s’appuya contre un arbre.
En provenance de l’océan, le vent poussait de gros nuages et charriait une rumeur inhabituelle. Le garçon n’y accorda aucune attention, tant il était furieux. Puis la brise se mit à chuchoter « Ressspiiire » !
Alors, dans le ciel, un battement d’ailes attira le regard troublé de Lucas. D’un revers de manche, il essuya ses larmes. Entre nuages et pénombre, il fut sidéré de voir apparaître la silhouette d’une créature magnifique qui lui souriait !
— C’est quoi, ça ? se dit-il, pas une sirène ! Elle a une queue de serpent et des ailes… Peut-être un dragon… mais… avec une tête de femme ! Je la connais ! Non ?
— Tu n’existes pas ! cria-t-il en fermant bien fort les paupières.
Avec bravoure, en rouvrant les yeux, il ajouta : - Que du vent !
Mais la silhouette, dessinée par les nuages, lui souriait toujours, aussi belle que stupéfiante.
Puis, un bruit alerta Lucas et détourna son regard. Des pas dans les feuilles annonçaient une présence. Des intrus ? Ici ? À cette heure-là ?
Il commença à se méfier.
Alors, une silhouette, courte et ronde, émergea de l’ombre et s’approcha de lui. C’était un inconnu de très petite taille, botté de cuir noir et lustré. Il marchait en se balançant d’un pied à l’autre. Sous une cape bleu outremer, il portait un pantalon vert olive et un pull jaune vif. Il s’éclairait avec une lampe-tempête dont la flamme accentuait l’étrangeté de son apparition.
Soudain effaré, le garçon se redressa d’un coup, prêt à fuir.
— N’ayez crainte ! Je ne suis pas dangereux ! Êtes-vous perdu ? dit l’autre, en roulant fortement les « r ».
De la tête, le garçon lui fit signe que non.
Le petit homme sembla ne pas y croire :
— Tout de même, à votre âge, ce lieu n’est pas fait pour une promenade solitaire, surtout à cette heure-ci. Habitez-vous dans le quartier ?
Intrigué par cet accent et ce vouvoiement inhabituels, Lucas murmura un oui hésitant, en regardant rapidement autour de lui.
Le petit homme semblait être seul. Il poursuivit :
— Vos parents doivent s’inquiéter.
— Non. Pas vraiment, répliqua Lucas avec nervosité.
— Toutefois, vous devriez rentrer au plus vite. Il va pleuvoir. Et il n’y a pas de lune ce soir, bientôt vous n’y verrez plus rien. Tenez ! Prenez ma lampe, elle vous sera plus utile qu’à moi. Vous me la redonnerez demain. J’habite près d’ici, au château Baron.
Il posa sa lanterne devant l’adolescent médusé, et ajouta :
— Dites-moi seulement votre nom, que je puisse vous débusquer si vous tardiez à me la rapporter.
— Je m’appelle Lucas, dit le garçon, avant d’ajouter vivement :
— Le château Baron ? Mais il est à l’abandon.
— Non, plus maintenant. Lucas comment ? Quel est votre nom de famille, je vous prie ?
— Euh… Dalba… je suis Lucas Dalba… Vous vivez vraiment dans cet endroit ? Ce n’est pas en très bon état !
Derrière lui, la serpente émergea encore parmi les nuages. Le nain lui adressa un bref regard. Le voyant, Lucas jeta un œil en arrière, mais l’apparition s’estompait déjà.
— Oui. C’est un peu délabré, mais pas pour longtemps. Bientôt, il y aura des travaux. Filez vite maintenant.
L’homme tourna les talons et s’éloigna rapidement alors que le gamin criait :
— Et vous, monsieur ? Quel est votre nom ?
Mais l’autre avait déjà disparu, happé par la pénombre. Alors, Lucas prit conscience que la nuit le cernait. Il prit la lampe et fila. Après trois cents mètres de course effrénée, il fut soulagé de quitter le parc et de retrouver l’éclairage de la ville. Il ralentit son allure, tout en jetant des regards inquiets derrière lui. Il restait stupéfait de sa vision dans les nuages, puis du personnage singulier qu’il venait de rencontrer. Que se passait-il autour de ce château oublié ?
Lucas arriva devant chez lui alors que la pluie commençait à tomber. Au deuxième et dernier étage du bâtiment où il vivait, il cacha la lampe-tempête dans un placard du palier. Puis, il ouvrit la porte de l’appartement.
Son père ronflait bruyamment sur le canapé, devant un cendrier rempli de mégots et des bouteilles de bière vides. La pièce n’était éclairée que par l’écran de télévision qui diffusait les actualités du soir en sourdine. On évoquait les méfaits d’un certain « gang des châteaux » recherché pour de nombreux vols perpétrés dans toute la France.
Le séjour était en grand désordre et puait le tabac froid, une odeur que Lucas haïssait. Marchant sur la pointe des pieds, il alla ouvrir une fenêtre. Dans le coin cuisine, il prit une bouteille d’eau et de la nourriture, puis il arrêta le téléviseur et fila dans sa chambre. Le mobilier y était simple, mais confortable : un lit, des étagères pleines de livres et de jeux, une commode, un bureau et deux chaises, dont une lui servit à bloquer l’ouverture de sa porte.
Aussitôt, Lucas prit un très vieux livre caché sous le désordre du tiroir de son bureau. Le centre de l’ouvrage était évidé et contenait un petit poignard. Sa lame était protégée par un fourreau de métal, serti de jolies pierres, toutes vertes comme des émeraudes. Un buste de femme ailée était gravé sur le manche de l’arme. Pas de doute, son visage semblait être celui de l’apparition des nuages. Stupéfait de cette ressemblance, Lucas murmura :
— Qui es-tu ?
Alors, il attrapa des crayons, un cahier à dessin et se posa en tailleur sur le lit. Il préférait dessiner plutôt que d’écrire un journal.
En mangeant deux sandwiches à la banane et au chocolat, son menu favori, Lucas traça la silhouette aperçue dans le ciel. Puis, il fit le croquis du petit homme qu’il venait de croiser dans le parc. Satisfait de son travail, il y ajouta un titre : « Étranges rencontres au parc Baron ». Comme à son habitude, il nota aussi l’heure et la date avant de reposer le cahier sur une étagère. Après l’avoir longuement regardée, il remit l’arme dans le livre qu’il cacha de nouveau sous le bazar de son tiroir. Puis il se coucha et plongea dans un sommeil agité, peuplé de nains et de serpentes ailées.
Sous le château Baron
Au même moment, le petit homme descendait un large escalier de pierre en colimaçon. Le bas de chaque marche s’éclairait automatiquement à son passage, puis s’éteignait derrière lui. Accompagné du même éclairage, il traversa trois caves successives, descendit deux autres escaliers puis suivit un long tunnel.
Enfin, il arriva dans une grande salle sans fenêtre, aux murs de pierre taillée dont le plafond était soutenu par quatre gros pilie