Compilation érotique
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Orgie au Mariage | Les Potes de mon Mari

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Exrait

Compilation Erotique
Pauline Costa& Mila Leduc
Orgie au Mariage
TOME 1
La première chose qui me frappe chez une personne ce sont ses yeux. On peut être fasciné par la beauté d’un regard. On dit qu’il est une fenêtre sur l’âme. Est-ce vrai ?
Tant d’émotions passentdans ces deux cercles humides, de couleurs variables, de formes différentes, ridés, ou pas, encadrés par de longs cils, ou pas, apprêtés, maquillés, bouffis, cernés, rouges, injectés de sang, et on s’en fait tout un foin, car de beaux yeux, c’est une armede séduction à nulle autre pareille, n’est-ce pas? Mais quel peut bien en être l’intérêt, le fait qu’un œil présente un attrait esthétique, comparé à la profondeur et au vertige des émotions qu’il dévoile, parfois au grand dam de son possesseur ?
Moi j’ai toujours identifié une personne à son regard. Par exemple, mon amie Claire, qui va se marier aujourd’hui. Eh bien lorsque je pense à elle, ce que je convoque dans mon esprit, ce sont ses deux yeux bleus limpides, perpétuellement inquiets, légèrement tristes.
Il y a un regard qui me hante en particulier, c’est celui de mon ex. Oh, des yeux splendides, qu’il avait. Vert d’eau. C’était deux émeraudes qu’il possédait. Je suis tombée sous son charme à cause de ces yeux-là. Il en était conscient, je pense. Il en jouait un peu, pour être honnête. Mais bon. Le pire, c’est vraiment la lueur qui y est apparue lorsqu’il a essayé de me tuer. Et à ce moment-là, alors qu’il brandissait un énorme couteau de cuisine dans ma direction en me dévisageant, je me suis dit : comment des yeux aussi enchanteurs peuvent-ils devenir aussi laids ?
Terrifiants. Vides. Sans âme. Parce que je lis tant de choses dans les yeux des autres, j’y ai lu son désir de me voir mourir, de m’annihiler, de m’oblitérer de la Terre. J’y ai lu sonespoir d’un monde dans lequel je n’existerais plus, et c’est une vision terrifiante, je puis vous le dire. Les yeux ne mentent pas. On n’oublie pas un tel regard. Parfois, à des moments où je suis plus le
vulnérable aux émotions qui risquent de me traverser, cette image du passé resurgit alors que je m’y attends le moins, et je ne peux m’empêcher de me questionner ainsi: « Pourquoi suis-je toujours vivante ? ». Pourquoi est-ce que j’existe? Je ne remplis aucune mission sacrée, aucune catastrophe naturelle ne se déclenchera à ma mort, pourquoi donc est-ce que je veux vivre avec tant d’ardeur? Est-ce que c’est parce que c’est inscrit dans mon ADN?
Je ne sais pas. Je ne sais qu’enfouir cette image au plus profond de moi-même, et lorsque je suis occupée, surchargée (je me débrouille toujours pour accumuler des horaires impossibles), lorsque je cours dans tous les sens, que je n’ai pas le temps de penser, juste de m’effondrer dans mon lit à minuit et de recommencer le lendemain mon marathon quotidien …dans cet équilibre précaire, j’atteins une espèce de contentement qui se rapprocherait le plus de ce que je qualifierais, moi, de « bonheur ».
Voilà, ça recommence. Je ne peux m’empêcher d’avoir des idées défaitistes, de ruminer, de céder à la morosité ambiante. De ne toujours retenir que le côté négatif des choses. Ca me rassure, je suppose. La vraie aventure, c’est de tenter d’être heureux, non? Mais trêve de philosophie. Je n’ai jamais été bonne à ça. Et surtout, cette journée n’est pas à propos de moi, mais à propos de Claire. Oh, ma Claire !
Je suis tellement émue à l’idée qu’elle va se marier! On s’est connues lorsqu’on avait dix-huit ans. C’était vraiment un petit bout de chou, à l’époque. Un petit bébé. Elle me regardait avec de grands yeux,essayait désespérément de m’impressionner par sa culture, mais je la sentais perdue, isolée et malheureuse.
Nous étions toutes les deux à l’étranger afin de parfaire notre anglais. Nous nous sommes rencontrées là-bas. Paradoxe amusant. Elle était romantique et avait de grandes idées sur l’amour. J’étais tout aussi romantique qu’elle mais je me donnais beaucoup de mal pour avoir l’air cynique et désenchantée. Pendant cette année, elle tomba violemment amoureuse d’une espèce de Don Juan nommé Pablo. Pablo ne la méritait guère, et il alla chercher ailleurs. Je n’en suis pas fière, mais, de manière tout à fait éphémère, je fis partie de cet ailleurs.
Pablo et moi, c’est fini maintenant, et de toutes façons, nous n’avons jamais été autre chose qu’un «coup d’un soir», mais je me rappelle clairement cette nuit où il me fit l’amour, moi, à califourchon sur lui, m’efforçant d’incarner au mieux la parfaite fille facile et dévergondée que je m’efforçais d’être. Belle époque. Tout cela est bel et bien fini maintenant. Et aujourd’hui, c’est le mariage de Claire et de Pablo que nous fêtons. Un vrai conte de fées, n’est-ce pas ? La vie est parfois bien plus incroyable et cocasse que tout ce que nous avons l’audace d’imaginer. Parfois, elle dépasse juste l’entendement.Claire est mariée avec Pablo, et moi je suis en train de ramasser à la petite cuillère les derniers morceaux de mon cœur brisés.
Suffit, Julia. Prends une inspiration, tu sais, comme ta prof de théâtre te le dit tout le temps, en fermant les yeux, en t’imaginant sur une plage de cocotiers, tes orteils enfoncés dans le sable fin, et dans ta tête, en même temps que tu soupires, exclame-toi : « Aaaaah ! Quel bonheur d’être ici!» Ca ne marche jamais complètement à tous les coups, mais c’est toujours quelquechose. A défaut, ça me donne un objet sur quoi fixer mon attention, et je n’en demande pas plus. Bref.Ah quel bonheur d’être ici.Je toque à la porte.
-C’est ouvert! me répond une voix que je connais bien.
J’ouvre la porte. Ma petite Claire (je dis petite car elle fait un mètre cinquante deux) est debout près de la fenêtre. Elle observe la vue. Ca alors. Moi qui la croyais en train de vérifier frénétiquement son apparence devant la glace, j’en suis pour mes frais. Elle est immobile, comme si elle-même était constituée de glace, indifférente et impassible comme une statue. Mais dans les grandes occasions toujours nous sommes plats et nous perdons l’art de nous exprimer. Il n’y a que dans les films et les livres que nous savons quoi dire et quoi faire.
Pendant un instant, je l’observe ainsi, appuyée contre le balcon. Sa robe est magnifique. Même si nous l’avons choisie ensemble, je suis toujours émerveillée par ces voiles de tulle, la finesse des motifs qui courent le long des bretelles, et la somptueuse beauté de l’ouvrage. Je ne
reconnais pas mon amie, dont les cheveux sont délicatement relevés en un chignon banane. J’ai l’impression de me retrouver devant une princesse. Claire soutient mon examen sans ciller.
-Alors ? me demande-t-elle.
-Oh…Claire…Tues…hyper belle.
Elle rougit quelque peu.
-Allons, n’exagérons bien. Je suis toujours le vilain canard que tu connais bien, je suis juste dissimulée sous des tonnes de maquillage !
-C’est vrai. Comment va réagir Pablo lorsqu’il va découvrir le vrai Toi?
-Arrête !
Elle me donne une tape sur le bras. Nous rions pendant un moment. Lorsqu’elle reprend son calme, elle observe, l’air de ne pas y toucher:
-En tout cas, Julia, cette petite robe de demoiselle d’honneur te va à ravir.
Une vague de chaleur et d’appréhension m’envahit.
-Tu trouves ? je murmure, embarrassée comme une adolescente de quinze ans.
Je m’étais bien dit que la robe vert pomme de demoiselle d’honneur m’allait plutôt bien mais je ne pensais pas que mon opinion trouverait échochez Claire. D’habitude, elle et moi sommes à l’opposé niveau goûts vestimentaires. Elle a toujours eu un style impeccable, alors que je suis
plutôt dans un style débraillé, je-m’en-foutiste. J’aime cultiver le côté garçon manqué bien dans mes baskets.
Une fois, elle m’a accompagnée à un festival de musique, et elle est venue entalons hauts. Elle a piétiné dans la boue pendant six heures sans émettre une seule plainte, mais, à minuit passé, elle a fini par déclarer forfait et a refusé de rester pour le concert du DJ Fakear. Elle a essayé de prétendre qu’elle en avait assez de la musique et voulait rentrer se coucher mais je savais qu’elle avait seulement atrocement mal aux pieds. Afin de préserver sa fierté personnelle, je n’ai rien dit et ai acquiescé.
Ma robe de soie verte est d’une simplicité enfantine, d’une coupe basique mais décolletée dans le dos. Je l’ai choisie car elle est peu chère et confortable. Elle est peut-être un poil courte, ceci dit on a déjà vu pire à des mariages, je pense. Je me suis décidée pour des sandales simples mais chics pour aller avec. Inutile que je m’humilie devant toute l’assemblée en démontrant combien je maîtrise peu l’art de marcher avec des chaussures à talons.
-Mais oui, tu es…parfaite, m’assure Claire. Un rien sensuelle, mais pas trop débraillée. Par contre, ta tresse s’est défaite.
-Ah.
Je vérifie mon reflet dans le miroir. En effet, des mèches d’inégales longueurs, restes d’un ancien dégradé, se sont échappées de ma tresse. Je renfonce les cheveux coupables en les insérant de nouveau, bon gré mal gré, au jugé, à l’intérieur de ma coiffure. Je suis loin d’être convaincue du résultat. Claire éclate de rire.
-Julia, je ne m’émerveille jamais autant que devant tes lacunes! Mets donc une épingle.
-Je n’en ai pas surmoi…j’avoue alors avec un sourire honteux.
Avec un bruit désapprobateur, mon amie se dirige vers la coiffeuse à notre gauche, se saisit d’un boîtier métallique, et soulève le couvercle d’une poussée experte avec son ongle manucuré. Elle pousse aussitôt un soupir déçu.
- Zut alors! Je les ai déjà toutes utilisées… Que faire?
-Ne t’inquiète pas, il y a sûrement quelqu’un qui en a en bas…dis-je pour la rassurer.
-Bon, ce n’est pas grave, c’est ton charmerock and roll! rit-elle.
Je souris. Un silence.
-Ca va aller? dis-je.
-Mmmh.
Question stupide. Pourquoi cela n’irait-il pas ? Ma meilleure (et seule) amie (sur cette foutue planète) est sur le point de se marier, de devenir comme qui diraitune femme(un bien grand mot pour désigner ce rite de passage étrange que constitue une cérémonie de mariage), et je lui pose cette question rhétorique, bizarroïde, qui ne veut rien dire ?
Elle est là, sublime, à croquer dans sa belle robe en dentelle blanc cassé, les cheveux plaqués contre son crâne en un chignon banane. Ses yeux bleus limpides examinent soudainement son reflet dans le miroir avec inquiétude.
-Tu es parfaite, je lui assure en passant un bras autour des épaules.
Je suis absolument sincère et elle l’entend. Elle me jette un regard plein de reconnaissance. Elle tend un bras vers moi et je l’étreins, en faisant attention à ne pas défaire sa coiffure ni à froisser sa robe.
-Je me sens toute engoncée, peste-t-elle avec inquiétude. Je n’ai pas trop l’air d’une meringue, tu promets ?
Je secoue la tête.
-Promis. Mais si ça te gêne vraiment, je reprends pour plaisanter, on peut toujours échanger, si tu veux !
Elle éclate de rire en faisant une moue délicieuse.
-Voilà qui rendrait les choses cocasses !
-Allez, à tout à l’heure. Ca va bien se passer. Ca va être magique. Ne t’en fais pas. J’ai confiance.
Elle me serre le bras.
-A tout à l’heure, chuchote-elle.
Je la quitte en catimini, le cœur plein d’amour et battant la chamade, impressionnée parla solennité de l’évènement à venir. Je résous aussitôt de me trouver une barrette afin de discipliner mes cheveux rebelles, et ensuite de m’assurer que les invités soient bien arrivés et que tout soit parfaitement en ordre. Aucune place pour la moindre pensée nuisible dans mon esprit pour l’instant, et c’est d’un pas aérien que je descends la volée d’escaliers me menant au rez-de-chaussée.
Mon dernier combat contre moi-même a consisté à maîtriser l’art périlleux et ô combien difficile de la logistique. Je voulais désespérément prouver à Claire que j’étais fiable, mature et qu’on pouvait compter sur moi afin de devenir sa demoiselle d’honneur. Je ne pense pas avoir trop mal réussi mais c’était au prix d’une extrême violence sur moi-même. Ceci dit, j’ai fini par comprendre le truc. C’était tout simple.
Comme tout, il suffisait d’y penser. De se donner du mal. Il suffit de se donner de la peine pour les choses qu’on veut, et on finit par toutes les obtenir, à force de persévérance. Le piège, en vérité, réside dans la substance même de nos rêves.
Combien de fois consacrons-nous des années de nos vies à un objectif, qui, une fois atteint, nous déçoit par sa banalité, loin de la réalité alternative et fantasmée que nous nous étions
imaginée ? Nous ouvrons lesyeux et réalisons comme l’accomplissement du but nous satisfait peu. Il nous faut recommencer, atteindre d’autres buts, c’est une course sans fin pour quelques miettes de bonheur éphémères. Haha. Quelle grosse blague !
Les invités sont déjà arrivés. Quelques visages me sont familiers. La famille de Claire est présente au complet avec toute sa fratrie. Ils sont sept enfants en tout, et le plus jeune a douze ans.
Leurs petites têtes blondes semblent illuminées de joie sous les rayons du soleil qui se déverse à travers les baies vitrées. Pour cette famille chrétienne profondément croyante - « nous, nous ne sommes pas juste deschrétiens des quatre saisons» - avait coutume de me dire dédaigneusement Claire, le mariage de leur fille est un grand évènement. J’aperçois même Marie, la grande sœur trisomique (elle doit avoir trente et un ans, si mes calculs sont bons), resplendissante dans une longue robe bleu ciel, un lys blanc dans les cheveux.
Alors qu’elle scrute avec émerveillement chaque détail du parc splendide où la cérémonie est censée se dérouler, son visage semble transfiguré de joie et de bonheur.
Elle m’évoque un chérubin jovial sur le point d’entrer au Paradis. Je sais qu’aucune pensée négative ou dépressive n’entrera jamais dans son esprit, ou en tout cas n’y demeurera longtemps. Catherine Weiss, la maman de Claire, solide et volumineuse, la grande matriarche, le pilier de la famille, avance dans ma direction.
-Tout va bien ? me demande-t-elle avec inquiétude, mais d’un ton toujours autoritaire.
-Oui, oui.
-Bon. Tu es superbe, Julia, tu devrais mettre une robe et te maquiller comme ça tous les jours.
-Haha !
-Sauf tes cheveux. C’est trop nu, c’est trop triste. Il te manque des fleurs. Quand même. Qu’est-ce qu’une demoiselle d’honneur sansfleurs ?
Et elle me lance un regard courroucé comme si j’étais en train d’insulter la Grande Déesse des Demoiselles d’Honneur en personne.
-Euh…en effet…
-Approche, Marie.
La grande sœur, son sourire gigantesque toujours étalé sur le visage, vient à notre rencontre. Sa mère lui ôte sans pitié le magnifique lys blanc qui était piqué dans sa chevelure. D’un même geste, elle me le plante durement dans ma tresse.
-Hé !
Le sourire de Marie s’évanouit aussitôt et une expression de choc et d’outrage absolu le remplace.
-Voilà, comme ça, c’est beaucoup mieux, murmure Catherine.
-Mais, Maman !!!!!!!
-Non, mais vraiment, ce n’était pas nécessaire, je bafouille, au comble de la confusion. Vraiment, je n’en ai pas besoin, je…
-Tu es la demoiselle d’honneur, martèle la mère de Claire. Je t’interdis de ressembler à une débraillée au saut du lit. Si ça te coûte tant d’avoir l’air pur et virginal, au moins, fais un effort pour Claire.
-Mais…Marie…
-Marie s’en accommodera. De toutes manières, j’ai d’autres fleurs dans monsac.
J’avais amené des roses blanches au cas où. Ne t’inquiète pas, je prévois toujours tout. Allez, va. Ca va bientôt commencer, tu ne veux pas te tromper de place !
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