Dernier acte du catalogue des réformes ou insinuation de candidature du Président de la république ?

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Exceptionnelle pour un chef d'État français, cette prise d'antenne d'un Président de la République mobilise pour la première fois de l'histoire l'audimat de pas moins de six chaines en simultané… Destinée à apporter les dernières solutions à la crise et à la récession économique de l'emploi et de la compétitivité, cet ultime baroud d'honneur suscite des réactions mouvementées.
Ceux qui s'attendaient à une entrée en campagne pour la présidentielle n'auront pu que s'y tromper ou s'abuseront de leur précipitation tant il était évident que cette allocution de Nicolas Sarkozy ne pouvait constituer qu'un prolongement à ce qui constitue la dernière étape de son quinquennat, à savoir la partie finale de son œuvre réformatrice… Qu'il voudrait jouer au chat et à la souris qu'il ne s'y prendrait pas mieux… Des réformes à la pelle sur fond de crise marqueraient presque la nécessité réformante, inéluctable maintenant, pour pallier à la dette engrangée… Taxe sociale ou exonération en cas d'embauche d'un chômeur longue durée, baisser le coût du travail, favoriser la formation et développer les adaptations nécessaires propices à un retour à l'emploi, les initiatives ne font pas défauts et la volonté prononcée n'enlèvent en rien à l'inclinaison galopante de la courbe des sans emplois qui s'apprête à franchir le seuil des 3 millions…
Publié le : dimanche 29 janvier 2012
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Dernier acte du catalogue des réformes ou insinuation de candidature du Président de la république ?
Exceptionnelle pour un chef d'État français, cette prise d'antenne d'un Président de la République mobilise pour la première fois de l'histoire l'audimat de pas moins de six chaines en simultané… Destinée à apporter les dernières solutions à la crise et à la récession économique de l'emploi et de la compétitivité, cet ultime baroud d'honneur suscite des réactions mouvementées.
Ceux qui s'attendaient à une entrée en campagne pour la présidentielle n'auront pu que s'y tromper ou s'abuseront de leur précipitation tant il était évident que cette allocution de Nicolas Sarkozy ne pouvait constituer qu'un prolongement à ce qui constitue la dernière étape de son quinquennat, à savoir la partie finale de son œuvre réformatrice… Qu'il voudrait jouer au chat et à la souris qu'il ne s'y prendrait pas mieux… Des réformes à la pelle sur fond de crise marqueraient presque la nécessité réformante, inéluctable maintenant, pour pallier à la dette engrangée… Taxe sociale ou exonération en cas d'embauche d'un chômeur longue durée, baisser le coût du travail, favoriser la formation et développer les adaptations nécessaires propices à un retour à l'emploi, les initiatives ne font pas défauts et la volonté prononcée n'enlèvent en rien à l'inclinaison galopante de la courbe des sans emplois qui s'apprête à franchir le seuil des 3 millions…
Ce n'est donc, par conséquent, pas un candidat qui s'offre à vous mais bel et bien un chef d'État en plein pouvoir de sa fonction qui n'a qu'une prévision, celle d'appliquer son programme même si le soutien officiel de Mme Merkel pour sa campagne était d'actualité. Il se refuse à commenter ce partenariat et remet l'idée au moment venu… Le plus urgent est de poursuivre l'application des mesures nécessaires pour agencer un redressement économique effectif. Ors, il ne reste pas moins de trois mois avant l'échéance du renouvellement du personnel de l'Élysée et le bilan est affligeant pour l'Ump montrée du doigt pour avoir pratiqué des politiques qui ne sont pas bonnes. Alors cela équivaudra bien au moins à trois réformes encore, peut-être un peu plus si le monde s'emballe. Par conséquent Nicolas Sarkozy se devait de donner une dernier coup de patte à l'économie et, dans ce contexte de crise européenne de l'endettement, d'annoncer ses dernières mesures choc. Ce qui est surprenant - là est le choc - c'est qu'il adopte certains des principes que la gauche préconisait autrefois, depuis toujours, à savoir la taxe sur les transactions financières et une forme de décentralisation qui accentuerait le pouvoir des régions en matière de logement dans leur pouvoir de décision dans l'élaboration du parc immobilier d'une part. D'autre part, cette taxe sur les transactions financières viendrait du fait qu'il aurait trouvé un moyen de stopper les délocalisations et se dit maintenant disposé - avant il ne l'était pas -, dans la possibilité de pouvoir aujourd'hui instaurer cette taxe, comme si il l'avait inventée, tout en empiétant sur les plates-bandes d'un Hollande ou d'un Mélenchon, mais à un degré bien inférieur.
De tous les pays européens il est certes rassurant de considérer que le nôtre (la
France) s'en est le mieux sorti de la crise internationale mais qu'il faut commencer à rogner là où les autres ont déjà commencé. Allongement de l'âge à la retraite, freiner la hausse du chômage en diminuant les coûts du travail tout en gardant une politique incitative pour les embauches et les financements… Le triple A infirmé par une agence de notation et confirmé par une autre ne pénalise pas la France mais serait plutôt un appel pour resserrer les boulons et inciter à poursuivre dans l'austérité la marche vers le redressement économique.
L'énergie du Président sera consacrée à rattraper la croissance, réduire les déficits… Dans la ligne de mire, le logement, dont le parc n'augmente pas, aurait tendance à faire augmenter considérablement les loyers et les tarifs des propriétés immobilières selon la terrible loi de la pénurie de logement. Tendance qu'il veut inverser en incitant l'OSEO à contribuer à la création d'une banque des industries dès février avec 1 milliard de fonds propres devant contribuer à l'aide aux PME.Au sujet du contrat de compétitivité-emploi au travers duquel le salarié et le patron définiront l'évaluation du salaire par rapport au temps de travail, Jean-Luc Mélenchon interviewé en premier immédiatement après l'allocution du président suri-télétrès bien pressenti ce qui se tramait derrière cette présentation…En a effet, à comprendre, il s'agirait de laisser au patron le choix de décider lui-même du salaire et des horaires qu'il imposera à la personne qu'il embauchera en dehors de toutes conventions collectives du droit civil qui est le code du travail. Ablation des droits ?... Espérons que ça ne finisse pas par le chantage ou l'emploi au rabais sur un terrain où le salarié n'aurait plus qu'à baisser la tête. Une hausse graduelle du SMIC étalonnée jusqu'à 2,4% devrait accompagner l'éventuelle réélection de Nicolas Sarkozy… Questionné sur le maintien de la protection sociale, Nicolas Sarkozy souhaite aussi taxer les produits de l'importation, si possible le "haut de gamme" (informatique…). D'autre part, le quotient familial ne bougera pas car la politique familiale est faite pour encourager la natalité et non pas la redistribution. Pour favoriser la croissance démographique, il est hors de question d'en modifier l'échelle ce que les classes moyennes supporteraient difficilement.
En ce qui concerne la reprise effective de l'emploi, Nicolas Sarkozy préconise pas moins qu'une baisse des salaires puisse être envisagée en échange du maintient de l'emploi (? !) ainsi que la mise en place dissuasive d'une amende pour le entreprises qui n'emploieraient pas suffisamment d'apprentis ce qui devrait faire s'hérisser les cheveux de la tête de tous les syndicats et certainement de tous les citoyens qui gagnent moins de 2000par mois... Ajoutée à cela également net une augmentation de la CSG des revenus du patrimoine et des placements financiers à raison de 2 points, sachant que les dépenses publiques et la fiscalité sont les plus lourdes chez nous et qu'il faudrait faire encore plus de réformes pour parvenir à inverser cette tendance ; on perçoit la détermination du Président Sarkozy, pugnace et motivé qui semble décidé à briguer toutes les marques d'arrogance qui viendraient du niveau du caniveau.
Qualifiées de "suicide politique" par Lionnel Luca, membre de sa propre majorité Ump ou d'inutiles sur d'éventuelles influences sur le coûts du travail pour François
Bayrou, assurément ces directives font craindre la pire des conséquences sur le pouvoir d'achat et l'annonce à demi-mot d'une hausse de la TVA d'un point six passant à 21,2 (19,6% précédemment) corroboreront les craintes effectivement envisagées à faire comprendre que c'est bien dans le porte-monnaie des Français que Nicolas Sarkozy compte éponger les déficits. Mais il n'était pas venu pour "annoncer du rêve aux Français"lance-t-il tout en se projetant sur le 1er octobre pour appliquer sa hausse de la TVA marquant ainsi sa ferme volonté à être encore là une fois passées les élections. Habile projection dans l'avenir et sens aiguisé de l'emploi, Nicolas Sarkozy est réellement futé et se joue du calendrier tout en insinuant encore plus sournoisement qu'il est bel et bien toujours candidat sans jamais le dire...
Dans la certitude d'un président courageux, c'est du moins la manière dont il se décrit, qu'il revendique non sans une certaine fierté, Nicolas Sarkozy investi de sa fonction ne se considère absolument pas sur une lame de rasoir… Cette volonté tellurique à vouloir réformer le pays avec des lois pouvant paraître impopulaires à beaucoup d'égards pourrait bien se présenter comme un tremblement de terre social, tant cette dernière ligne droite réformatrice semble austère, inadaptée et dangereuse en soi, quitte à risquer de rompre l'équilibre social déjà suffisamment malmené comme ça. Habile et consternant, Nicolas Sarkozy se projette avec un modèle allemand qu'il ne cesse d'ériger en idéal-type allant jusqu'à faire référence à Gerard Schröder dont beaucoup disent que ce modèle n'est malheureusement pas applicable à la France. Bien entendu, toutes ces solutions et les dernières - dans le cerveau de Mr Sarkozy ce sont toujours les suivantes - déroulées ici, correspondent plutôt à un palliatif d'un programme électoral tant son projet s'inscrit dans un après 6 mai qui pourrait mener tous ses espoirs aux oubliettes. Vraiment maligne cette manière de s'inscrire dors et déjà dans la vie institutionnelle et constitutionnelle sans passer par des élections comme si il incarnait la continuité républicaine… En attendant le 16 mars, qu'il assume son devoir ou qu'il se cache derrière la charrette en dépit d'une certaine hypocrisie comme le souligne déjà Michel Sapin* (député de l'Indre), invité sur le plateau pour le débriefing, ami de François Hollande depuis 35 ans et chargé du "programme 2012" ; Nicolas Sarkozy sent peser la contrainte et le poids de sa responsabilité et il ne faudra pas s'attendre à ce qu'il plie… D'ici-là, il aura certainement lancé et mis en application, à sa manière, toutes les propositions lâchées par un Hollande et raffermies au plus haut point par Jean-Luc Mélenchon.
* Fait-il double fonction ?… Manière intéressante, mais sûrement pas intelligente, de lutter contre le cumul des mandats !
Les commentaires (1)
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laurentgantner

http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/4819-jean-luc-melenchon-reagit-a-lintervention-de-nicolas-sarkozy

lundi 30 janvier 2012 - 01:24