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Libération de Paris : discours d'Anne Hidalgo, maire de Paris

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Paris, le 25 août 2014 Discours d’Anne Hidalgo, Maire de Paris ème70 anniversaire de la Libération de Paris Seul le prononcé fait foi Monsieur le Président de la République ; Monsieur le Premier Ministre ; Monsieur le Président du Sénat ; Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ; Mesdames, Messieurs les Ministres ; Monsieur le vice-Président du Conseil d'Etat ; Monsieur le Chancelier de l'ordre de la Libération ; Cher Fred Moore ; Chers Compagnon de la libération ; Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ; Mesdames, Messieurs les élus ; M. le Maire honoraire de Paris ; Cher Bertrand Delanoë, Mesdames, Messieurs ; Il y a 70 ans que la liberté a repris pied à Paris. Il y a 70 ans qu’elle a réuni dans un combat commun civils et combattants, soldats de la France Libre et Résistants, Parisiens et Alliés, Français et étrangers. Il y a 70 ans que d'heure en heure elle a progressé quartier après quartier, rue après rue, immeuble après immeuble, vers la victoire irrévocable annoncée par le général de Gaulle ici-même. Aujourd'hui le vacarme assourdissant des armes a laissé place à l'ordre solennel et silencieux du cérémonial. La paix règne à l’endroit même où la liberté a souffert puis triomphé par les armes. Ce spectacle est sans doute le plus beau témoignage de fidélité que nous puissions offrir à celles et ceux qui se sont battus ici à la fin du mois d’août 1944. La guerre qu'ils ont livrée a enfanté une paix qu'ils ont espérée.
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Paris, le 25 août 2014
Discours d’Anne Hidalgo, Maire de Paris ème 70 anniversaire de la Libération de Paris Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Président de la République ;
Monsieur le Premier Ministre ;
Monsieur le Président du Sénat ;
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
Mesdames, Messieurs les Ministres ;
Monsieur le vice-Président du Conseil d'Etat ;
Monsieur le Chancelier de l'ordre de la Libération ; Cher Fred Moore ;
Chers Compagnon de la libération ;
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ;
Mesdames, Messieurs les élus ;
M. le Maire honoraire de Paris ; Cher Bertrand Delanoë,
Mesdames, Messieurs ;
Il y a 70 ans que la liberté a repris pied à Paris. Il y a 70 ans qu’elle a réuni dans un combat commun civils et combattants, soldats de la France Libre et Résistants, Parisiens et Alliés, Français et étrangers. Il y a 70 ans que d'heure en heure elle a progressé quartier après quartier, rue après rue, immeuble après immeuble, vers la victoire irrévocable annoncée par le général de Gaulle ici-même.
Aujourd'hui le vacarme assourdissant des armes a laissé place à l'ordre solennel et silencieux du cérémonial. La paix règne à l’endroit même où la liberté a souffert puis triomphé par les armes.
Ce spectacle est sans doute le plus beau témoignage de fidélité que nous puissions offrir à celles et ceux qui se sont battus ici à la fin du mois d’août 1944. La guerre qu'ils ont livrée a enfanté une paix qu'ils ont espérée. La ville qu'ils ont reconquise au nom de la liberté est acquise à la liberté.
1
Au nom du Peuple de Paris, je m'incline aujourd'hui face au courage de ces combattantes et combattants. Héros de guerre et artisans de paix, vous avez fait bien davantage que restituer à notre ville l'intégrité de son territoire. Vous l’avez aidée à retrouver son identité. Vous lui avez permis de renouer avec son génie. Vous l’avez rendue à elle-même. Vous avez adressé un formidable message d’espoir à toutes celles et tous ceux qui se battaient pour la liberté – un message entendu sur le parvis Notre-Dame et partout dans le monde où les cloches ont sonné pour célébrer la Libération de Paris.
Votre histoire est maintenant celle de chaque Parisienne, de chaque Parisien où qu'il soit né. C’est l’histoire d’un élan qui a rassemblé les hommes et les femmes de bonne volonté bien au-delà des partis, des religions, des convictions, des nationalités. Cet héritage de la Libération a modelé Paris.
Forte de ce passé qui l'élève et qui l'oblige, notre ville ne tolère ni le racisme, ni l’antisémitisme. Elle n’accepte pas davantage aujourd’hui le sexisme ou l'homophobie. Forts ensemble de l'exemple donné par nos aînés, ne laissons jamais les ferments de la division et de la discrimination pervertir le projet humaniste et démocratique qui nous lie.
L'hommage de Paris va d'abord aux femmes et aux hommes qui ont perdu la vie dans les combats de la Libération. Je pense aux FFI qui se sont effondrés au coin d’une rue à portée de voix de la victoire. Je pense aux résistantes et aux résistants capturés et torturés à quelques heures, à quelques mètres, à quelques larmes de la liberté. Je pense aux Français Libres et aux Alliés survivants de tant de combats et dont le sol parisien a recueilli le dernier souffle
Je pense à tous ces étrangers venus donner leur vie pour une ville qu’ils savaient être aussi la leur : les 23 partisans arméniens, polonais, hongrois ou italiens du groupe de Missak Manouchian, les Républicains espagnols de la Nueve derrière le capitaine Dronne et le lieutenant Granell, tous unis pour faire triompher les valeurs universelles de l’Humanité.
Paris est et restera toujours témoin de cette communion des braves qui éclaire l'humanité soixante-dix ans après l'avoir libérée. A cette communion participent pleinement tous ceux qui nous ont quittés depuis le 25 août 1944.
Survivants de combats où ils ont tout risqué et tant perdu, ils se sont soumis à l'épreuve du quotidien avec une dignité et une humilité rayonnantes, avant de fermer les yeux sur un monde qu'ils espéraient définitivement émancipé du totalitarisme.
Où que leur vie les aient emmenés dans les années et les décennies qui ont suivi la victoire, une part d'eux-mêmes est restée attachée à ce lieu.
Paris les considère à jamais comme ses enfants et honore leur mémoire avec la même ferveur respectueuse que celle de leurs frères d'armes qui n'en sont jamais revenus.
C'est avec beaucoup d'émotion que je me tourne enfin vers vous, Résistants avec le Colonel Henri Rol-Tanguy, chère Cécile Rol-Tanguy, qui déclara l’insurrection, Français libres, Vétérans de la Deuxième DB du Général Leclerc, soldats alliés et amis, compagnons bien vivants qui avez survécu aux années de guerre et aux décennies de paix.
2
Si cette cérémonie est le mémorial de la liberté combattante, alors vous êtes ses sentinelles dressées face à l'oppression et à l'oubli.
La liberté qui a élevé vos cœurs et guidé vos pas il y a soixante-dix ans sait pouvoir compter encore et toujours sur votre courage et votre générosité.
Elle sait que vous la défendrez jusqu'au dernier souffle, pour la mémoire de ceux que vous avez perdus et pour l'honneur de ceux que vous avez sauvés.
Pour vous être fidèle, cette cérémonie ne doit pas se réduire à une commémoration, si belle et si poignante soit-elle. Elle doit s'élever à la célébration des valeurs universelles de Liberté, d'Egalité et de Fraternité que vous avez passé votre vie à éprouver, à défendre et à promouvoir.
Pour vous être fidèle, cette cérémonie ne doit pas non plus se réduire à une leçon d'histoire, si clairvoyante et décisive soit-elle.
Elle doit se vouer à transmettre aux nouvelles générations une leçon de vie.
Ville Compagnon de la Libération, Paris s’engage avec l’Ile de Sein, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors pour faire vivre les valeurs de la Résistance.
Comme l’avait souhaité le général de Gaulle en visionnaire, il nous revient de faire vivre cet héritage auprès notamment auprès des enfants de nos écoles.
Ensemble, avec vous cher Colonel Moore, et comme les Compagnons nous l’ont appris, nous nous élevons face aux forces qui menacent l’Humanité. Nous luttons contre la haine, l’extrémisme, le fanatisme, l'exclusion, le racisme, l’antisémitisme, mais aussi contre le sexisme et l’homophobie.
Nous nous opposons en paroles et en actes à tout ce qui menace, abime et nie la dignité de l'homme.
Comme vous, nous vivons chaque jour de l'espérance concrète des « jours heureux » et d'un monde meilleur.
Dans cet esprit nous nous investissons totalement dans l'éducation, la santé, la solidarité et bien sûr le respect, la protection de l'environnement qui est notre bien commun.
Dans cet esprit nous transmettons aux générations à venir les biens précieux que vous-mêmes nous avez transmis : le refus de la résignation, le courage, la foi dans la République, la liberté et la paix.
Cette République qui doit se vivre comme une exigence ou une quête bien davantage que comme une évidence ou pire une abstraction.
Cette liberté qui doit se vivre comme un risque bien davantage que comme une rente.
3
Cette paix, enfin, dont vous avez payé le prix et dont trop souvent nous ignorons la valeur dans nos actes quotidiens.
Nous relevons ces défis comme vous avez relevé le vôtre : avec humilité et confiance, espoir et détermination.
Nous devons aujourd’hui mériter pour vous ce que nous avons hérité de vous.
Cet héritage est inscrit dans le programme du Conseil National de la Résistance et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.
Cet héritage est d’une grande modernité mais aussi d’une immense fragilité. Les messages qu’il porte sont intemporels et universels.
Les femmes et les hommes qui l’ont imaginé, construit et défendu ne se sont pas trompés en consacrant aussi les droits économiques et sociaux, comme partie intégrante du pacte républicain et comme condition de toute démocratie et de paix.
Je le dis ce soir au nom de Paris : leur postérité a plus que jamais besoin de notre fidélité.
Une fidélité sans nuance et sans prudence à l'image de celle qui vous animait durant les combats du mois d’août 1944.
Une fidélité clairvoyante sur les dangers qui menacent encore et toujours nos Nations.
Si nos peuples ne sont pas entièrement occupés à faire vivre la démocratie et les valeurs de notre République alors ils peuvent la faire mourir.
Vous ne nous dites pas autre chose, vous qui avez refusé de céder face à la barbarie nazie.
Vous n’avez pas fui vos responsabilités quand Paris était plongée dans la nuit, quand les délateurs prospéraient, quand les enfants juifs étaient raflés dans les écoles.
Vous ne vous êtes pas dérobés quand il a fallu affronter ceux de vos concitoyens qui accomplissaient leur devoir au rebours des valeurs les plus essentielles de l'Humanité.
Vous avez su récuser et refuser d’avancer sur le chemin du totalitarisme que jalonnent les grands crimes et les petites trahisons, les haines terribles et les égoïsmes étriqués, les idéologies empoisonnées et les spectacles empoisonnants.
A l’heure où nous vous rendons hommage, n’oublions ni la folie criminelle des nazis, ni la cruauté des collaborateurs zélés, ni-même l'indifférence et la lâcheté coupable de ceux qui se sont tus.
N'oublions pas ce qui s'est passé hier dans les classes, dans les rues, dans les immeubles de Paris.
N’oublions pas ce qu’il a fallu de sacrifices héroïques pour sauver notre ville de l’horreur et de la honte. 4
Compagnons de la Libération, Résistants, Anciens de la deuxième DB, c’est cet héroïsme dont vous avez témoigné avec une modestie qui m'a toujours bouleversée - comme tous ceux qui ont eu la chance d'avoir pu entendre de votre bouche les histoires simples et héroïques de vos vies.
Les menaces que vous avez bravées, les peurs et les tortures auxquelles vous avez résisté, les arrestations auxquelles vous avez échappé éclairent le temps présent d'un jour à la fois bienveillant et exigeant.
Où vous avez parlé nous n'avons pas le droit de rester silencieux.
Où vous avez résisté nous n'avons pas le droit d'abdiquer.
Je le dis avec émotion mais également avec la plus grande détermination nous n'avons pas le droit de laisser périr ce que vous avez su sauver
Compagnons de la Libération, Résistants, Anciens de la deuxième DB, vous incarnez magnifiquement cette République qui est notre bien le plus précieux et que Jaurès aimait définir comme "un grand acte de confiance".
Instituer la République, écrivait-il, c'est proclamer que des millions d’hommes et des femmes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action.
Il y a 70 ans, vous avez à la fois sauvé et rétabli la République en la vivant comme un grand acte de confiance et un grand acte d'audace.
Contre tout fatalisme et contre tout fanatisme, c'est cet acte de confiance que toutes les générations de Parisiens sont fières de poser ce soir avec vous.
Pour que vive Paris
Pour que vive la liberté
Pour que vive la République Vive la France
Contact presse :Service de presse / 01 42 76 49 61 /presse@paris.fr
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