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Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2017
RÉSUMÉ
Pour aider à choisir des soins de qualité, et évi-ter des dégâts, nous avons mis à jour début 2017 le bilan des médicaments quePrescrireconseille d’écarter pour mieux soigner.
L’évaluation parPrescrire de la balance bénéfices-risques d’un médicament dans une situation donnée repose sur une procédure rigou-reuse : recherche documentaire méthodique et reproductible, détermination de critères d’effica-cité pertinents pour les patients, hiérarchisation des données scientifiques selon leur niveau de preuves, comparaison versus traitement de réfé-rence, prise en compte des effets indésirables et de leur part d’inconnues.
Pour cette cinquième année de publication, nous avons élargi ce bilan à l’ensemble des médi-caments analysés parPrescrireentre 2010 et 2016 et autorisés dans l’Union européenne. Dans les bilans précédents, nous nous étions limités à ceux commercialisés en France. Cette analyse a recen-sé 91 médicaments (dont 82 commercialisés en France) dont la balance bénéfices-risques est défa-vorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l’Union européenne.
Le plus souvent, quand un traitement médica-menteux apparaît souhaitable, d’autres options ont une meilleure balance bénéfices-risques que ces médicaments à écarter.
En situation d’impasse thérapeutique dans une maladie grave, il n’est pas justifié d’exposer les
patients à des risques graves, quand l’efficacité cli-nique n’est pas démontrée. L’utilisation de ces médi-caments dans le cadre d’une recherche clinique peut être acceptable, mais à condition d’informer les patients des inconnues sur la balance bénéfices-risques et d’une utilité de l’évaluation. Dans les autres cas, mieux vaut se concentrer sur des soins utiles pour aider le patient à supporter l’absence d’option capable de changer le pronostic ou d’amé-liorer sa qualité de vie au-delà de l’effet placebo. Rev Prescrire2017 ; 37 (400) : 137-148
our la cinquième année consécutive,PrescrireP publie un bilan “des médicaments à écarter pour mieux soigner” (1,2). Ce bilan recense des cas flagrants de médicaments plus dangereux qu’utiles, à écarter des soins. L’objectif est d’aider à choisir des soins de qualité, pour d’abord ne pas nuire aux patients et pour éviter des dégâts.
Le résultat d’une méthode fiable, rigoureuse, indépendante
Sur quelles données repose ce bilan des médica-ments à écarter ? Quelle est notre méthode pour déterminer la balance bénéfices-risques d’un mé-dicament ? Ce bilan porte sur les médicaments dont l’analyse détaillée a été publiée dansPrescrireau cours des années 2010 à 2016, soit 7 années.Il s’agit d’ana-lyses de nouvelles spécialités pharmaceutiques, de nouvelles indications, de suivis d’évaluation, tant sur les effets indésirables que sur les données d’efficacité, et parfois de réactualisations de don-
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nées concernant certains effets indésirables d’un médicament. Un des principaux objectifs dePrescrireest d’ap-porter aux professionnels de santé, et ainsi aux patients, des informations claires, synthétiques, fiables et actualisées, indépendantes des conflits d’intérêts commerciaux ou corporatistes, dont ils ont besoin pour leur pratique. L’organisation dePrescrirerépond à ces principes afin de garantir la qualité des informations apportées aux abonnés : une équipe de rédaction issue de di-vers professions de santé et modes d’exercice, exempte de conflit d’intérêts, s’appuyant sur un vaste réseau de relecteurs (spécialistes très divers, métho-dologistes et praticiens représentatifs du lectorat), un processus de rédaction collective (symbolisé par la signature “Prescrire”) avec de multiples contrôles qualité et regards croisés tout au long de la rédaction d’un article (lire “L’histoire collective du chemin d’un texte Prescrire” sur le site www.prescrire.org). Et un principe inaltérable d’indépendance. Prescrireest financé intégralement par les abonnés. Les firmes, pouvoirs publics, assureurs maladie ou organismes chargés de l’organisation des systèmes de soins n’ont aucune prise financière sur le conte-nu des productionsPrescrire.
Comparaison aux options de référence. L’arrivée de nouveaux médicaments, de nouveaux éléments d’évaluation, de nouvelles données sur les effets indésirables remet constamment en ques-tion la balance bénéfices-risques et le choix des options thérapeutiques. Tous les médicaments ne se valent pas. Dans certaines situations, des médicaments sont utiles : ils apportent un progrès thérapeutique par rapport à d’autres options. D’autres médicaments sont plus nocifs qu’utiles et sont à écarter de la panoplie thérapeutique (3). L’évaluation des médicaments parPrescrires’ap-puie sur une recherche documentaire méthodique et reproductible, et un travail collectif d’analyse selon une procédure établie, notamment : – hiérarchisation des données d’efficacité avec priorité aux données de plus fort niveau de preuves, et d’abord celles issues d’essais comparatifs ran-domisés, en double aveugle, bien conduits ; – comparaison au traitement de référence (médi-camenteux ou non) quand il existe, avec détermi-nation précise du meilleur traitement comparateur ; – détermination des critères d’évaluation clinique les plus pertinents pour les patients, en écartant souvent les critères intermédiaires, tels qu’un simple résultat biologique, sans preuve d’une effi-cacité sur la qualité de vie des patients (4,5).
Analyse attentive des effets indésirables. L’analyse des effets indésirables d’un médicament est plus complexe, car ils sont souvent moins étu-diés que l’efficacité. Ce décalage est à prendre en compte. Pour constituer le profil d’effets indésirables, l’analyse s’appuie sur les divers signaux apparus
au cours de l’expérimentation, les parentés phar-macologiques du médicament, les données de pharmacologie animale. Au moment de l’autorisation de mise sur le mar-ché (AMM), beaucoup d’incertitudes persistent. Certains effets indésirables rares mais graves n’ont pas été repérés lors des essais, et le sont parfois seulement après plusieurs années d’utilisation par un grand nombre de patients (3).
Données empiriques, expérience person-nelle : évaluation entachée de biais ma-jeurs.L’évaluation empirique de la balance bénéces-risquesdunmédicament,baséesurlex-périence personnelle, est importante pour imaginer des pistes de recherche, mais elle est entachée de biais majeurs qui rendent ses résultats de très faible niveau de preuves (3,4). Ainsi, certaines évo-lutions particulières d’une maladie sont signalées, sans que l’on sache dans quelle mesure le médica-ment en est la cause, ni quel est le rôle d’autres facteurs : évolution naturelle de la maladie, effet placebo, effet d’un autre traitement pris à l’insu du soignant, modification du mode de vie ou de l’ali-mentation, etc. Et quand une amélioration est ob-servée chez certains patients, l’évaluation empi-rique ne permet pas de dénombrer les autres patients aggravés par la même intervention (3). Les données expérimentales obtenues chez des patients ayant participé à des essais cliniques, par-ticulièrement à des essais randomisés en double aveugle versus traitement de référence, sont le principal moyen d’écarter les biais auxquels expose une évaluation ne comportant que l’observation non comparative d’un nombre limité de pa-tients (3,4).
Maladies graves en impasse thérapeutique : informer sur les conséquences des inter-ventions.En situation d’impasse thérapeutique dans une maladie grave, à titre individuel, les pa-tients font des choix divers : du refus de tout trai-tement, jusqu’à l’essai de tout médicament ayant une faible probabilité de procurer une amélioration passagère même au risque d’effets indésirables graves. Dans certaines situations dont l’issue fatale est prévisible à relativement court terme, des soignants estiment justifié de tenter des traitements “de la dernièrechance,sanstoujoursenavertirlespa-tients, ou en leur fournissant une information in-complète, sciemment ou non. Pourtant, les patients en impasse thérapeutique ne sont pas des cobayes. Il est très utile que des patients soient inclus dans une recherche clinique, en connaissance des risques, en sachant que les bénéfices espérés sont incertains. Les chercheurs doivent publier les résultats de ces expérimenta-tions afin de faire évoluer les connaissances. Mais le choix pour un patient de ne pas participer à un essai rigoureux ou de refuser un traitement “de la dernière chance”, dont la balance bénéfices-risques est mal cernée, doit lui être présenté
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Actualisations 2017 dans le bilan des médicaments à écarter
Durant l’année 2016, un seul médicament qui figurait dans le bilan des médicaments quePrescrireconseille d’écartera cessé d’être commercialisé : lapégloticase(Krystexxa°), une uricase recombinée, dans la goutte sévère, pour laquelle la firme a demandé le retrait de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne (n° 398 p. 903).
Panitumumab, varénicline : évaluation de nouvelles don-nées en cours parPrescrireen 2017.Tous les médicaments signalés comme à écarter début 2016 figurent à nouveau cette année, à l’exception dupanitumumab (Vectibix°) dans certains cancers colorectaux et de lavarénicline(Champix°) dans le sevrage tabagique, dont nous rééva-luons la balance bénéfices-risques suite à la publication de nouvelles données durant l’année 2016.
Ajouts : ambroxol, capsaïcine, divers antitumoraux, etc. Après un long recul d’utilisation de l’ambroxol(Muxol° ou autre) et de labromhexine(Bisolvon°), des mucolytiques, les données concernant leurs effets indésirables rendent leur balance bénéfices-risques défavorable, du fait de réac-tions d’hypersensibilité et de troubles cutanés graves, voire mortels. Ces effets sont certes rares mais inaccep-tables pour des médicaments qui ne sont pas efficaces au-delà d’un effet placebo dans diverses affections bénignes (toux, maux de gorge, etc.). Les données concernant ladronédarone(Multaq°) dans la fibrillation auriculaire et lacapsaïcine(Qutenza°) dans les douleurs neuropathiques incitent à écarter ces médi-caments. Nous avons aussi ajouté laphényléphrinevoie par nasale, un décongestionnant vasoconstricteur, non citée par erreur les années précédentes. Parmi les nouveautés analysées en 2016 parPrescrire, 6 médicaments ont une balance bénéfices-risques défavo-rable dans toutes les indications dans lesquelles ils sont
comme une véritable option. Pas comme un aban-don. L’accompagnement, l’attention portée aux patients, les soins symptomatiques, font partie des soins à la personne, même s’ils ne visent pas la guérison ou le ralentissement de l’évolution d’une maladie. Contrairement aux médicaments testés dans des essais cliniques pour lesquels l’incertitude est grande, les médicaments utilisés dans le cadre des soins doivent avoir une balance bénéfices-risques raisonnable. Il est de l’intérêt collectif que l’AMM soit octroyée sur la base d’une efficacité démontrée par rapport au traitement de référence et d’un pro-fil d’effets indésirables acceptable au vu de la situa-tion, car une fois l’AMM accordée, en général, l’évaluation de l’efficacité d’un médicament ne progresse plus, ou que très peu (3).
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autorisés, dont 3 médicaments autorisés dans des can-cers : lenintédanibdans certains cancers bronchiques non à petites cellules (autorisé sous le nom Vargatef°) et aussi dans la fibrose pulmonaire idiopathique (autorisé sous le nom Ofev°), l’olaparib(Lynparza°) dans certains cancers de l’ovaire, lepanobinostatdans certains (Farydak°) myélomes multiples, lemépolizumab (Nucala°) dans l’asthme, laciclosporineen collyre (Ikervis°) dans la séche-resse oculaire, l’idébénone(Raxone°) dans la neuropathie optique de Leber.
Des médicaments avec une AMM européenne non com-mercialisés en France ajoutés dans ce bilan 2017.Prescrireanalyse l’ensemble des médicaments autorisés via une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne ou une AMM nationale française. Jusqu’à cette année, nous n’incluions dans ce bilan des médicaments à écarter pour mieux soigner que ceux commercialisés en France. Dans le souci d’informer au mieux les abonnés exerçant ou vivant hors de France, nous avons élargi ce bilan à l’en-semble des médicaments munis d’une AMM européenne et analysés parPrescrireentre 2010 et 2016, qu’ils soient disponibles ou non en France. Cela nous a conduits à ajouter cette année : l’alemtuzu-mab(Lemtrada°) dans la sclérose en plaques, devenu dis-ponible en France ; ainsi que 9 médicaments qui ne sont pas commercialisés en France début 2017 : l’alogliptine(Vipidia°, et associée avec lametforminedans Vipdomet°), lacanagliflozinela (Invokana°), dapagliflozine (Forxiga°) et lapioglitazone(Actos°) dans le diabète de type 2, l’as-sociation à doses fixesbupropione+naltrexone(Mysim-ba°) dans la perte de poids, lemannitolinhalé (Bronchitol°) dans la mucoviscidose, lemifamurtide(Mepact°) dans les ostéosarcomes, laranolazine (Ranexa°) dans l’angor, le vernakalant(Brinavess°) dans la fibrillation auriculaire. ©Prescrire
91 médicaments autorisés plus dangereux qu’utiles
Nous citons dans ce bilan les médicaments dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les indications figurant dans l’AMM, autre-ment dit, ceux à retirer du marché en raison de leur nocivité. Certains médicaments ont une balance bénéfices-risques défavorable dans une situation particulière mais pas dans une autre : ils ne figurent alors pas dans ce bilan. Pour cette cinquième année de publication, nous avons élargi ce bilan des médicaments à écarter à l’ensemble des médicaments analysés parPrescrireentre 2010 et 2016 et autorisés dans l’Union euro-péenne. Dans les bilans précédents, nous nous étions limités à ceux commercialisés en France. Début 2017, 91 médicaments plus dangereux qu’utiles ont été recensés, dont 82 en France.
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Nous les présentons ci-après par domaine théra-peutique, puis, dans chaque domaine, par ordre alphabétique de dénomination commune interna-tionale (DCI). Il s’agit : – de médicaments actifs, mais qui compte tenu de la situation clinique exposent à des risques dispropor-tionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent ; – de médicaments anciens dont l’utilisation est dépassée, car d’autres médicaments ont une ba-lance bénéfices-risques plus favorable ; – de médicaments récents, dont la balance bénéfices-risques s’avère moins favorable que celle de médicaments plus anciens ; – de médicaments dont l’efficacité n’est pas prou-vée au-delà d’un effet placebo, et qui exposent à des effets indésirables graves. Les principales raisons qui font que la balance bénéces-risquesestdéfavorablesontexpliquéesaucas par cas. Quand de meilleures options existent, nous les exposons brièvement. Parfois, il s’agit d’une situation clinique, grave ou non, pour laquelle aucun autre traitement avec une balance bénéfices-risques favorable n’est connu, et nous le mentionnons aussi. Les modifications apportées par rapport à l’an dernier sont détaillées en encadré page 139.
Cancérologie - Hématologie
Antitumoraux.Divers antitumoraux ont une balance bénéfices-risques nettement défavorable. Ils sont souvent autorisés dans des situations où les autres traitements semblent inefficaces. Plutôt que d’exposer les patients à une toxicité importante sans bénéfice clinique le justifiant, mieux vaut se concentrer sur des soins symptomatiques adaptés et sur la qualité de vie des patients. • Lemifamurtide(Mepact° - non commercialisé en France) en ajout à une chimiothérapie dans les ostéosarcomes, n’a pas d’efficacité démontrée en termes d’allongement de la durée de vie, et il ex-pose à des réactions d’hypersensibilité graves, des épanchements pleuraux et péricardiques, des effets indésirables neurologiques, des surdités (n° 326 p. 889-892 ; n° 341 p. 236). Il est plus prudent de proposer une chimiothérapie sansmifamurtide. • Lenintédanib (Vargatef° - non commercialisé en France), un inhibiteur de tyrosine kinases autorisé dans certains cancers bronchiques non à petites cel-lules en ajout audocétaxel(Taxotere° ou autre), n’a pas d’efficacité démontrée en termes d’allongement de la durée de vie, et il expose aux nombreux effets indésirables graves liés à son inhibition de l’angio-genèse, dont : thromboses veineuses, hémorragies, hypertensions artérielles, perforations digestives, troubles de la cicatrisation (n° 389 p. 178-179). • L’olaparib(Lynparza°) n’a pas d’efficacité démon-trée en termes d’allongement de la durée de vie dans les cancers de l’ovaire à un stade avancé en traite-ment dit d’entretien chez des femmes en rémission. Il expose à des effets indésirables graves : troubles de l’hématopoïèse, syndromes myélodysplasiques,
leucémies myéloïdes aiguës (n° 392 p. 406-410). • Lepanobinostatn’a pas d’efficacité (Farydak°) démontrée en termes d’allongement de la durée de vie dans le myélome multiple réfractaire ou en re-chute, et il expose à de nombreux effets indési-rables souvent graves et touchant de nombreuses fonctions vitales, hâtant la mort de nombreux pa-tients (n° 392 p. 413-414). • Latrabectédine(Yondelis°), sans efficacité tangible démontrée par des essais comparatifs dans les can-cers de l’ovaire et les sarcomes des tissus mous, expose à des effets indésirables graves très fréquents, digestifs, hématologiques, hépatiques et musculaires (n° 302 p. 896 ; n° 326 p. 892 ; n° 360 p. 792-795). Dans les cancers de l’ovaire, il n’est pas raisonnable de l’ajouter à une chimiothérapie à base de sel de pla-tine. Dans les sarcomes des tissus mous, quand les chimiothérapies n’ont pas été efficaces, mieux vaut se concentrer sur des soins symptomatiques visant à limiter les conséquences de la maladie. • Levandétanibn’a pas d’efficacité dé- (Caprelsa°) montrée en termes d’allongement de la durée de vie dans les cancers médullaires de la thyroïde métasta-sés ou non opérables. Les essais cliniques, en com-paraison à un placebo, comportent trop de perdus de vue (patients ayant quitté l’essai avant la fin) pour démontrer une augmentation du délai avant aggra-vation de la maladie ou décès. Il expose un tiers des patients à des effets indésirables graves (diarrhées, pneumonies, hypertensions artérielles), et aussi à des pneumopathies interstitielles, des torsades de pointes et des morts subites (n° 342 p. 256-259). • Lavinflunine(Javlor°) est d’efficacité incertaine dans les cancers de la vessie avancés ou métasta-sés, avec une différence de durée médiane de survie limitée au mieux à deux mois par rapport aux soins symptomatiques, selon un essai clinique de faible niveau de preuves. Elle expose à des effets indésirables hématologiques fréquents (dont des aplasies médullaires), des infections graves et des troubles cardiovasculaires (torsades de pointes, infarctus du myocarde, ischémies cardiaques), par-fois mortels (n° 320 p. 415 ; n° 360 p. 792-795).
Complications des cancers ou de leurs trai-tements.Certains médicaments sont autorisés dans des complications de cancers telles que l'as-cite quand un cancer atteint le péritoine, ou dans des complications d’un traitement d’un cancer. • Lecatumaxomabdans l’ascite ma- (Removab°) ligne expose plus de trois quarts des patients à des effets indésirables graves, parfois mortels (n° 319 p. 332-335). Mieux vaut choisir d’évacuer l’ascite en traitement symptomatique par ponction, effectuée à intervalles guidés par les symptômes. • Ledéfibrotideun antithrombotique (Defitelio°), autorisé dans la maladie veino-occlusive hépatique sévère liée à une greffe de cellules souches hémato-poïétiques, n’a pas été plus efficace en termes de mortalité ou de rémission complète de la maladie que des soins symptomatiques dans un essai non aveugle. Mais il expose à des hémorragies parfois mortelles (n° 380 p. 418-419). Mieux vaut se concen-
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trer sur les mesures préventives et les traitements symptomatiques.
Cardiologie
• L’aliskirène(Rasilez°), un antihypertenseur inhibi-teur de la rénine, n’a pas d’efficacité démontrée en termes de diminution des accidents cardiovascu-laires. À l’opposé, un essai chez des patients diabé-tiques a montré qu’il expose à un surcroît d’acci-dents cardiovasculaires et d’insuffisances rénales (n° 290 p. 885-888 ; n° 341 p. 183 ; n° 349 p. 820 ; n° 381 p. 506). Choisir parmi les nombreux anti-hypertenseurs éprouvés avec succès est une meil-leure option, notamment un diurétique thiazidique ou un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC). • Lebézafibrate(Befizal°), leciprofibrate(Lipanor° ou autre) et lefénofibrate(Lipanthyl° ou autre), des hypocholestérolémiants sans efficacité préventive cardiovasculaire au-delà d’un effet placebo, ex-posent à de nombreux effets indésirables, notam-ment cutanés, hématologiques et rénaux (n° 194 p. 282-288 ; n° 271 p. 296 ; n° 329 p. 193). Quand un fibrate est justifié, legemfibrozil(Lipur°) est le seul qui ait une certaine efficacité démontrée sur les complications cardiovasculaires de l’hypercholes-térolémie. Mais à condition de surveiller étroite-ment la fonction rénale et l’activité CPK sérique. • Ladronédaroneun antiarythmique (Multaq°), proche de l’amiodarone(Cordarone° ou autre), est moins efficace que l’amiodaroneen termes de réci-dives de fibrillation auriculaire, avec au moins autant d'effets indésirables graves, notamment hépatiques, pulmonaires et cardiaques (n° 316 p. 90-94, n° 339 p. 17-18). L’amiodaroneest un meilleur choix. • L’ivabradine(Procoralan°), un inhibiteur du cou-rant cardiaque IF, expose à des troubles visuels et des troubles cardiovasculaires, notamment des infarctus du myocarde, des bradycardies parfois sévères et autres troubles du rythme cardiaque. Elle n’apporte pas de progrès dans l’angor ni dans l’in-suffisance cardiaque (n° 278 p. 806 ; n° 321 p. 488 ; n° 348 p. 729 ; n° 350 p. 900 ; n° 373 p. 827 ; n° 380 p. 421). Dans l’angor, on dispose de traitements éprouvés et efficaces : des bêtabloquants, voire l’amlodipine(Amlor° ou autre) ou levérapamil(Isoptine° ou autre), des inhibiteurs calciques. Dans l’insuffisance cardiaque, il existe de meilleurs choix : s’abstenir d’ajouter un médicament au trai-tement déjà optimisé, ou utiliser un bêtabloquant d’efficacité démontrée sur la mortalité. • Lenicorandil(Adancor° ou autre), un vasodilatateur sans efficacité démontrée au-delà de l’effet sympto-matique en prévention de la crise d’angor d’effort, expose à des ulcérations cutanéomuqueuses parfois graves (n° 321 p. 514 ; n° 336 p. 742-743 ; n° 342 p. 268 ; n° 345 p. 516). Un dérivé nitré est une meil-leure option en prévention de la crise d’angor d’effort. • L’olmésartan(Alteis°, Olmetec°, et en association à doses fixes avec l’hydrochlorothiazidedans Alteis-duo°, Coolmetec° ou avec l’amlodipinedans Axeler°, Sevikar°), un antagoniste de l’angiotensine II (alias
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sartan), n’est pas plus efficace que les autres sartans sur les complications cardiovasculaires de l’hyper-tension artérielle. Mais il expose à des entéropathies avec des diarrhées chroniques parfois sévères et des pertes de poids, et peut-être un excès de mortalité cardiovasculaire (n° 324 p. 742 ; n° 362 p. 913 ; n° 374 p. 901 ; n° 388 p. 110-111). Il est préférable de choisir un autre sartan parmi les nombreux disponibles tels que lelosartanou autre) ou le (Cozaar° valsartan(Nisis°,Tareg° ou autre), qui ne sont pas connus pour exposer à ces effets indésirables. • Laranolazine(Ranexa° - non commercialisé en France), un anti-angoreux de mécanisme d’action mal connu, expose à des effets indésirables dispro-portionnés en regard de son effet minime en termes de diminutions du nombre de crises d’angor : troubles digestifs et neuropsychiques, palpitations, bradycardies, hypotensions artérielles, allonge-ments de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme, œdèmes périphériques (n° 305 p. 168-171 ; n° 350 p. 317 ; n° 386 suppl. 2-3-7). • Latrimétazidineou autre), une sub- (Vastarel° stance aux propriétés incertaines utilisée dans l’an-gor sans efficacité démontrée au-delà d’un modeste effet symptomatique, notamment lors de tests d’ef-fort, expose à des syndromes parkinsoniens, des hallucinations et des thrombopénies (n° 342 p. 260-261 ; n° 357 p. 507). Il est préférable de choisir des traitements mieux éprouvés dans l’angor : certains bêtabloquants, voire l’amlodipineou levérapamil, des inhibiteurs calciques. • Levernakalant(Brinavess° - non commercialisé en France), un antiarythmique injectable utilisé dans la fibrillation auriculaire, est sans efficacité démontrée en termes de mortalité, ou de diminu-tion des accidents thromboemboliques ou cardio-vasculaires. Il expose entre autres à de nombreux troubles du rythme cardiaque (n° 339 p. 16). En cas de cardioversion médicamenteuse, il est plus pru-dent d’utiliser en premier choix l’amiodarone.
Dermatologie - Allergologie
• Laméquitazineun antihistami- (Primalan°), nique H1 sédatif et atropinique dans les allergies, d’efficacité modeste, expose plus que d’autres anti-histaminiques H1 à des troubles du rythme car-diaque par allongement de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme chez les patients dont l’isoenzyme CYP 2D6 du cytochrome P450 métabo-lise lentement (ce qui n’est le plus souvent pas connu), et en cas d’association avec des médica-ments inhibiteurs de cette isoenzyme (n° 337 p. 819). Un antihistaminique dit non sédatif et non atropinique tel que lacétirizineou autre) (Zyrtec° ou laloratadine(Clarityne° ou autre) est une meil-leure option dans cette situation. • L’omalizumab(Xolair°) dans l’urticaire chronique spontanée (lire aussi dans la section Pneumologie - ORL page 146) (n° 377 p. 174-175). • Laprométhazineinjectable (Phénergan°), un anti-histaminique H1 dans l’urticaire sévère, expose à
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des thromboses, des nécroses cutanées et des gangrènes après extravasation ou injection par voie intra-artérielle par erreur (n° 327 p. 59). Ladexchlor phéniramineinjectable (Polaramine°), qui ne semble pas exposer à ces risques, est une meilleure option. • Letacrolimusdermique (Protopic°), un immuno-dépresseur dans l’eczéma atopique, expose à des cancers cutanés et des lymphomes, des effets in-désirables disproportionnés au regard d’une effi-cacité peu différente de celle d’un dermocorticoïde (a) (n° 245 p. 805-809 ; n° 311 p. 653 ; n° 331 p. 393 ; n° 343 p. 345 et 361 ; n° 367 p. 343). Un dermo-corticoïde géré à bon escient lors des poussées est une meilleure option dans cette situation.
Diabétologie  Nutrition
Diabète.Divers hypoglycémiants ont une balance bénéfices-risques défavorable. Ils sont faiblement hypoglycémiants, sans efficacité clinique démon-trée sur les complications du diabète (accidents cardiovasculaires, insuffisances rénales, atteintes neurologiques, etc.), mais apportent surtout des effets indésirables. Un traitement éprouvé avec la metformineou autre) voire, en cas (Glucophage° d’effet insuffisant, un traitement avec un sulfamide hypoglycémiant tel que leglibenclamide (Daonil° ou autre) ou une insuline, et parfois accepter de viser une HbA1c moins stricte, sont des choix beau-coup plus raisonnables. • Les gliptines, alias inhibiteurs de la dipeptidyl pep-tidase 4 (DPP-4), l’alogliptine (Vipidia°, et associée avec lametforminedans Vipdomet° - non commer-cialisés en France), lalinagliptine(Trajenta°, et asso-ciée avec lametformineJentadueto° - non dans commercialisés en France), lasaxagliptine(Onglyza°, et associée avec lametforminedans Komboglyze°), lasitagliptine(Januvia°, Xelevia°, et associée avec la metforminedans Janumet°, Velmetia°) et lavildaglip tine(Galvus°, et associée avec lametforminedans Eucreas°), ont un profil d’effets indésirables chargé, notamment des réactions d’hypersensibilité graves (dont des anaphylaxies et des atteintes cutanées telles que des syndromes de Stevens-Johnson) ; des infections, notamment urinaires et des voies respira-toires hautes ; des pancréatites ; des pemphigoïdes bulleuses ; des obstructions intestinales (n° 347 p. 655 ; n° 349 p. 811 ; n° 352 p. 97 et 105 ; n° 354 p. 255 ; n° 362 p. 900 ; n° 365 p. 170 ; n° 366 p. 256 ; n° 373 p. 829 ; n° 379 p. 326-327 ; n° 383 p. 665). • Lacanagliflozine(Invokana° - non commercialisé en France) et ladapagliflozine(Forxiga° - non com-mercialisé en France) exposent à des hypotensions artérielles, des infections urinaires et génitales, des insuffisances rénales, des acidocétoses, des aug-mentations de l’hématocrite avec ses risques thromboemboliques, et peut-être à des cancers de la vessie, du sein et de la prostate (n° 361 p. 813-814 ; n° 372 p. 733-736 ; n° 383 p. 673). • Lapioglitazone(Actos° - non commercialisé en * France) a un profil d’effets indésirables chargé avec notamment des insuffisances cardiaques, des
fractures osseuses et des cancers de la vessie (n° 342 p. 262 ; n° 374 p. 915-923).
Perte de poids.Début 2017, aucun médicament ne permet de perdre du poids de façon durable et sans risque. Mieux vaut s’en tenir à des modifica-tions d’activité physique et diététiques avec, si nécessaire, un soutien psychologique. • L’associationbupropione+naltrexone(Mysimba° - non commercialisé en France), comporte une sub-stance chimiquement proche des amphétami-niques, labupropione, associée avec un antago-niste des récepteurs opioïdes (lire aussi dans la section Psychiatrie - Dépendances page 146) (n° 380 p. 406-412). • L’orlistat(Xenical° ou autre) a une efficacité mo-deste et temporaire en termes de perte de poids, environ 3,5 kg de plus qu’avec un placebo en 12 à 24 mois, sans preuve d’effet favorable à long terme, au prix de troubles digestifs très fréquents, d’at-teintes hépatiques, d’hyperoxaluries, et de fractures osseuses chez les adolescents. L’orlistat modifie l’absorption digestive de nombreuses substances et expose à des carences et à une diminution de l’efficacité de certains médicaments : vitamines liposolubles A, D, E et K, hormones thyroïdiennes, certains antiépileptiques. L’efficacité des contracep-tifs oraux est diminuée en cas de diarrhées sévères (n° 222 p. 740-743 ; n° 305 p. 175 ; n° 349 p. 829 ; n° 386 suppl. 13-1-3).
Douleur  Rhumatologie
Parmi les antiinflammatoires non stéroï diens.Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont un profil d’effets indésirables commun, mais certains exposent à moins de risques. Quand leparacétamol n’est pas suffisant, l’ibuprofène(Brufen° ou autre) et lenaproxène(Naprosyne° ou autre), à la plus petite dose efficace et pour une durée aussi courte que possible, sont les options les moins à risque. • Les coxibs : lecélécoxibou autre), (Celebrex° l’étoricoxib (Arcoxia°) et leparécoxib (Dynastat°) exposent à un surcroît d’accidents cardiovascu-laires (dont thromboses et infarctus du myocarde) et d’effets indésirables cutanés par rapport à d’autres AINS aussi efficaces (n° 344 p. 419 ; n° 361 p. 831 ; n° 374 p. 902 ; n° 384 p. 748-750). • L’acéclofénac(Cartrex° ou autre) et lediclofénac(Voltarène° ou autre) par voie orale exposent à un surcroît d’effets indésirables cardiovasculaires (dont infarctus du myocarde, insuffisances car-diaques) et de morts d’origine cardiovasculaire par rapport à d’autres AINS aussi efficaces (n° 362 p. 899 ; n° 374 p. 898 ; n° 384 p. 748-750).
aLe tacrolimus sous forme orale ou injectable (Prograf° ou autre) est un immunodépresseur de base chez les patients greffés, situation dans laquelle sa balance bénéficesrisques est nettement favorable (n° 386 suppl. 101).
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• Lekétoprofèneen gel (Ketum° gel ou autre) ex-pose à un surcroît de photosensibilisations (eczé-mas, éruptions bulleuses) par rapport à d’autres AINS topiques aussi efficaces (n° 316 p. 114 ; n° 319 p. 338-339 ; n° 321 p. 501 + III de couv. ; n° 324 p. 735 ; n° 362 p. 899). • Lepiroxicamvoie générale (Feldène° ou par autre) expose à un surcroît de troubles digestifs et cutanés (dont des syndromes de Lyell), sans être plus efficace que d’autres AINS (n° 321 p. 498).
Ostéoporose.Plusieurs médicaments autorisés dans l’ostéoporose sont à écarter car leur efficaci-té est au mieux modeste, alors qu’ils exposent à des effets indésirables graves. Dans cette situa-tion, quand les moyens non médicamenteux et l’apport de calcium et de vitamine D sont d’effica-cité insuffisante, l’acide alendronique(Fosamax° ou autre), ou leraloxifène (Evista° ou autre) en alternative, ont une meilleure balance béné-fices-risques, malgré les limites importantes de ces médicaments. • Ledénosumabdosé à 60 mg dans l’ostéoporose (Prolia°) a une efficacité très modeste en prévention des fractures dans l’ostéoporose et n’a pas d’effi-cacité clinique démontrée dans la “perte osseuse” au cours du cancer de la prostate. Il expose à des effets indésirables disproportionnés : des douleurs dorsales et musculosquelettiques, et des infections graves (dont des endocardites) liées aux effets immunodépresseurs de cet anticorps monoclonal (n° 329 p. 168-172 ; n° 362 p. 901 ; n° 385 p. 806). Danslaperteosseuse,onneconnaîtpasdemé-dicament satisfaisant (b). • Leranélate de strontium(Protelos°) a une effica-cité modeste en prévention des récidives de frac-tures vertébrales. Ses effets indésirables sont dis-proportionnés : des troubles neuropsychiques ; des troubles cardiovasculaires dont des thromboses veineuses et des embolies pulmonaires, des infarc-tus du myocarde, des morts d’origine cardiovascu-laire ; des hypersensibilités dont des syndromes de Lyell et des syndromes d’hypersensibilité multi-organique (alias Dress) (n° 338 p. 902 et 910 ; n° 354 p. 256 et 267 ; n° 357 p. 512 ; n° 361 p. 820 ; n° 365 p. 185 ; n° 372 p. 743).
Arthrose.Des médicaments autorisés pour leur action supposée sur le processus aboutissant à l’arthrose sont à écarter, car ils n’ont pas d’efficaci-té démontrée au-delà de l’effet placebo, et des ef-fets indésirables notables. On ne connaît pas de médicament agissant sur l’altération des articula-tions avec une balance bénéfices-risques favorable. • Ladiacéréine (Art 50° ou autre), expose à des troubles digestifs (dont des hémorragies digestives et des mélanoses coliques), des œdèmes de Quincke et des hépatites (n° 282 p. 273-274 ; n° 321 p. 153 ; n° 375 p. 12 ; n° 380 p. 420). • Laglucosamine(Voltaflex° ou autre) expose à des réactions allergiques (angiœdèmes, néphropathies interstitielles aiguës) et à des hépatites (n° 300 p. 732 ; n° 323 p. 663 ; n° 353 p. 183 ; n° 380 p. 420).
OUVERTURES
Divers.D’autres médicaments utilisés pour des douleurs spécifiques ou en rhumatologie sont à écarter. • Lacapsaïcineen patchs (Qutenza°), un extrait de piment rouge utilisé dans les douleurs neuro-pathiques, est à peine plus efficace qu’un placebo, mais elle expose à des irritations, des douleurs importantes et des brûlures (n° 318 p. 250-253 ; n° 396 p. 734-736). Même après échec des autres médicaments de la douleur par voie générale ou locale, telle lalidocaïneen emplâtres (Versatis°), il n’est pas prudent d’utiliser lacapsaïcine. • Des myorelaxants sans efficacité démontrée au-delà de l’effet placebo : leméthocarbamol(Lumirelax°) expose à de nombreux effets indésirables, dont des troubles digestifs et des atteintes cutanées (dont des angiœdèmes) ; lethiocolchicoside(Miorel° ou autre), proche de lacolchicine, expose à des diarrhées, des gastralgies, des photodermatoses, peut-être des convulsions, il est génotoxique et tératogène (n° 282 p. 258 ; n° 321 p. 498 ; n° 313 p. 833 ; n° 367 p. 342 ; n° 384 p. 751-753 ; n° 400 p. 101-102). Il n’est pas jus-tifié d’exposer les patients à ces effets indésirables pour si peu d’efficacité. Un médicament efficace sur la douleur, tel leparacétamolen maîtrisant sa poso-logie, est une meilleure option. • Laquinine (Hexaquine°, Okimus°) dans les crampes, expose à des effets indésirables graves, parfois mortels : des réactions anaphylactiques, des troubles hématologiques (dont des thrombopénies, des anémies hémolytiques, des agranulocytoses, des pancytopénies), des troubles du rythme cardiaque, disproportionnés au regard d’une efficacité faible (c) (n° 337 p. 820 ; n° 344 p. 421). On ne connaît pas de médicament avec une balance bénéfices-risques favorable dans les crampes ; des étirements réguliers sont parfois utiles (n° 362 p. 930-931). • L’associationcolchicine +poudre d’opium +tié moniumdans la spécialité Colchimax°, en raison de la présence de lapoudre d’opiumet dutiémoniumqui masquent les diarrhées, un des premiers signes de surdose parfois mortelle de lacolchicine(n° 350 p. 901). Un anti-inflammatoire non stéroïdien, voire lacolchicineseule (Colchicine Opocalcium°), sont de meilleures options dans la crise de goutte. • L’associationdexaméthasone +salicylamide+salicylate d’hydroxyéthyledans la spécialité Percu-talgine° (n° 345 p. 505), et l’associationprednisolone+salicylate de dipropylène glycoldans la spécialité Cortisal° (n° 338 p. 898) en application cutanée, ex-posent aux effets indésirables des corticoïdes et aux réactions d’hypersensibilité des salicylés. D’autres options ont une balance bénéfices-risques plus fa-
bautre spécialité à base de dénosumab, dosé à Une 120 mg, Xgeva°, est autorisée notamment chez les patients atteints de métastases osseuses d’une tumeur solide. Dans cette situation, le dénosumab n’a pas d’avantage clinique tangible, sans que sa balance bénéfices-risques soit nette-ment défavorable (n° 341 p. 174-176). cLa quinine (Quinimax°) fait partie des médicaments de référence dans le paludisme (n° 360 p. 732).
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OUVERTURES
vorable pour soulager la douleur en cas d’entorse ou de tendinite, en complément de mesures non médicamenteuses (repos, glace, attelles, etc.) telles que leparacétamoloral en maîtrisant sa posologie, ou l’ibuprofènetopique (Advil° gel ou autre).
Gastro-entérologie
• Ladompéridone(Motilium° ou autre) et ledropé ridol(Droleptan°), des neuroleptiques, exposent à des troubles du rythme ventriculaire et des morts subites, disproportionnés par rapport aux sym-ptômes traités et à leur faible efficacité sur les nau-sées et vomissements ; et, pour ladompéridone, sur les reflux gastro-œsophagiens (n° 340 p. 108 ; n° 341 p. 196 ; n° 353 p. 182 ; n° 365 p. 195-197 et III de couv. ; n° 369 p. 555 ; n° 371 p. 662 ; n° 391 p. 351-354). Dans les reflux gastro-œsophagiens, d’autres médicaments ont une balance bénéfices-risques beaucoup plus favorable, tels les antiacides ou l’oméprazole(Mopral° ou autre). Dans les rares situations où un neuroleptique antiémétique semble justifié, mieux vaut choisir lemétoclopramide(Prim-péran° ou autre), qui expose aussi à des accidents cardiaques graves, mais dont l’efficacité est démon-trée sur les nausées et vomissements : à utiliser à la plus faible dose possible, sous surveillance rap-prochée avec prise en compte des interactions. • Leprucalopride(Resolor°), un médicament appa-renté aux neuroleptiques et autorisé dans la consti-pation chronique, a une efficacité modeste, chez environ un patient sur six. Son profil d’effets indé-sirables est mal cerné, notamment les effets indé-sirables cardiovasculaires (palpitations, accidents cardiovasculaires ischémiques, doutes sur un al-longement de l’intervalle QT de l’électrocardio-gramme), les dépressions et idées suicidaires et les risques tératogènes (n° 328 p. 90-94 ; n° 339 p. 16 ; n° 391 p. 336-337). Une constipation ne justifie pas d’exposer à de tels risques. Quand des mesures diététiques ne suffisent pas, les laxatifs de lest et les laxatifs osmotiques, ou très ponctuellement d’autres laxatifs (lubrifiants, voire stimulants, ou par voie rectale), gérés avec patience et minutie, sont des choix moins risqués que leprucalopride.
Gynécologie - Endocrinologie
• Latibolone(Livial°), un stéroïde de synthèse dans le traitement hormonal substitutif de la méno-pause, a des propriétés androgéniques, estrogé-niques et progestatives. Elle expose à des troubles cardiovasculaires, des cancers du sein ou de l’ovaire, etc. (n° 223 p. 807-811 ; n° 320 p. 432). Quand un traitement hormonal est choisi malgré les risques, une association estroprogestative la plus faiblement dosée et pendant la durée la plus courte possible est l’option la plus raisonnable.
Infectiologie
• Lamoxifloxacine(Izilox° ou autre), un antibiotique fluoroquinolone pas plus efficace que d’autres, expose à des syndromes de Lyell, des hépatites fulminantes, et un surcroît de troubles cardiaques (n° 231 p. 565-568 ; n° 305 p. 174 ; n° 327 p. 12 ; n° 371 p. 661). Une autre fluoroquinolone telle que laciprofloxacine (Ciflox° ou autre) ou l’ofloxacine(Oflocet° ou autre) est une meilleure option. • Latélithromycine(Ketek°), un antibiotique macro-lide sans avantage sur les autres, expose à un surcroît d’allongements de l’intervalle QT de l’élec-trocardiogramme, d’hépatites, de troubles visuels et de pertes de connaissance (n° 233 p.731-734 ; n° 316 p. 115 ; n° 369 p. 512-515 ; n° 386 suppl. 16-1-11). Un autre macrolide tel que laspiramycine(Rovamycine° ou autre) ou l’azithromycine(Zithro-max° ou autre) est une meilleure option.
Neurologie
Maladie d’Alzheimer.Les médicaments de la maladie d’Alzheimer disponibles début 2017 ont une efficacité minime et transitoire. Ils sont peu maniables en raison d’effets indésirables dispro-portionnés et exposent à de nombreuses inter-actions. Aucun de ces médicaments n’a d’efficacité démontrée pour ralentir l’évolution vers la dépen-dance et ils exposent à des effets indésirables graves, parfois mortels. Or ils sont utilisés en trai-tement prolongé et impliqués dans des interactions dangereuses (n° 363 p. 23 ; n° 364 p. 114). Mieux vaut se concentrer sur l’aide à l’organisation du quotidien, le maintien d’activité, l’accompagne-ment et l’aide de l’entourage. • Ledonépézil(Aricept° ou autre), lagalantamine(Reminyl° ou autre), larivastigmineou (Exelon° autre), des anticholinestérasiques, exposent à : des troubles digestifs dont des vomissements parfois graves ; des troubles neuropsychiques ; des troubles cardiaques, dont des bradycardies, des malaises et des syncopes, et des troubles de la conduction cardiaque (n° 337 p. 824-825 ; n° 340 p. 109 ; n° 344 p. 425-426 ; n° 349 p. 833 ; n° 376 p. 105 ; n° 381 p. 506 ; n° 386 suppl. 12-5 ; n° 398 p. 904). • Lamémantine(Ebixa° ou autre), un antagoniste des récepteurs NMDA du glutamate, expose à des
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troubles neuropsychiques tels qu’hallucinations, confusions, sensations vertigineuses, céphalées, conduisant parfois à des comportements violents, des convulsions ; des insuffisances cardiaques (n° 359 p. 665 ; n° 386 suppl. 12-5 ; n° 398 p. 904).
Sclérose en plaques.Le traitement “de fond” de référence de la sclérose en plaques est uninter-féron bêta(Avonex°, Rebif°, Betaferon° ou autre), malgré ses limites et ses nombreux effets indési-rables. La balance bénéfices-risques des autres traitements “de fond” n’est pas plus favorable, voire nettement défavorable. C’est notamment le cas pour trois immunodépresseurs qui exposent à des risques disproportionnés et qui sont à éviter. • L’alemtuzumab(Lemtrada°), un anticorps mono-clonal antilymphocytaire, n’a pas d’efficacité cli-nique démontrée, et il expose à de nombreux effets indésirables graves, parfois mortels, notamment : réactions liées à la perfusion (dont fibrillations auriculaires et hypotensions), infections, troubles auto-immuns fréquents (dont troubles thyroïdiens, purpuras thrombopéniques, cytopénies et néphro-pathies) (n° 374 p. 897 ; n° 384 p. 795). • Lenatalizumab(Tysabri°), un anticorps monoclonal, expose à des infections opportunistes graves, parfois mortelles, dont des leucoencéphalopathies multifo-cales progressives, des réactions d’hypersensibilité parfois graves, des atteintes hépatiques (n° 330 p. 261 ; n° 333 p. 508 ; n° 374 p. 896 ; n° 398 p. 899). • Letériflunomide (Aubagio°) expose à des effets indésirables graves, parfois mortels : atteintes hépa-tiques, leucopénies et infections. Il expose aussi à des neuropathies périphériques (n° 373 p. 808-812).
Divers.Des médicaments utilisés dans la migraine et la maladie de Parkinson sont à écarter. • Laflunarizine(Sibelium°) et l’oxétorone(Nocer-tone°), des neuroleptiques en prévention des crises de migraine, ont une efficacité au mieux modeste (environ une crise en moins tous les deux mois pour laflunarizine), et exposent à des troubles extrapyramidaux, des troubles cardiaques et des prises de poids (n° 321 p. 499 ; n° 359 p. 662). Mieux vaut choisir d’autres options telles que leproprano-lol(Propranolol Teva° ou autre). • Latolcapone(Tasmar°), un antiparkinsonien in-hibiteur de la COMT, expose à des atteintes hépa-tiques parfois mortelles (n° 330 p. 273-279). Quand les autres options thérapeutiques sont épuisées, l’entacapone(Comtan° ou autre) est une meilleure option.
Ophtalmologie
• Laciclosporineen collyre (Ikervis°) dans la séche-resse oculaire avec kératite sévère expose à des dou-leurs et irritations oculaires fréquentes, à des effets immunodépresseurs et peut-être des cancers ocu-laires ou péri-oculaires, alors qu’elle n’a pas d’effica-cité clinique démontrée, par rapport au même collyre sans laciclosporine(d) (n° 397 p. 805-806). Il est plus
OUVERTURES
prudent de rechercher un soulagement par exemple avec les divers substituts de larmes disponibles. • L’idébénonen’est pas plus efficace (Raxone°) qu’un placebo selon un essai dans la neuropathie optique héréditaire de Leber, et elle expose à des effets indésirables dont des atteintes hépatiques (n° 395 p. 651-652). En 2017, on ne connaît pas de traitement avec une balance bénéfices-risques fa-vorable dans cette maladie rare.
Pneumologie - ORL
• Les décongestionnants par voies orale et nasale (l’éphédrine, lanaphazoline, l’oxymétazoline, laphé nyléphrine, lapseudoéphédrine et letuaminohep tane) sont des sympathomimétiques vasoconstric-teurs. Ils exposent à des troubles cardiovasculaires graves voire mortels (dont des poussées hyperten-sives, des accidents vasculaires cérébraux, des troubles du rythme cardiaque) et à des colites isché-miques, effets indésirables disproportionnés pour des médicaments destinés à soulager des troubles bénins et d’évolution rapidement favorable tels que le rhume (n° 312 p. 751-753 ; n° 342 p. 263-264 ; n° 345 p. 505 ; n° 348 p. 738 et 743 ; n° 351 p. 25 ; n° 352 p. 103 ; n° 361 p. 834 ; n° 395 p. 666-667). • L’ambroxolou autre) et la (Muxol° bromhexine(Bisolvon°), des mucolytiques, n’ont pas d’efficacité clinique démontrée au-delà d’un effet placebo, et ils exposent à des réactions anaphylactiques et à des réactions cutanées graves, parfois mortelles, telles que des érythèmes polymorphes, des syndromes de Stevens-Johnson et des syndromes de Lyell (n° 400 p. 101). Ces effets indésirables sont disproportionnés pour soulager des maux de gorge ou des toux. • Lapholcodine, un opioïde utilisé dans le traite-ment symptomatique de la toux, expose à un risque de sensibilisation aux curares utilisés en anesthésie générale (n° 349 p. 830 ; n° 400 p. 106). Ce risque grave n’est pas connu avec d’autres opioïdes. La toux est une affection bénigne qui ne justifie pas l’exposition à de tels risques. Quand un médica-ment actif contre la toux apparaît souhaitable, mieux vaut choisir ledextrométhorphane malgré ses limites (n° 358 p. 818). • Letixocortol(associé avec lachlorhexidine(Thio-valone° ou autre)), un corticoïde autorisé dans les maux de gorge, expose à des réactions allergiques à type d’œdèmes cutanéomuqueux de la face, de glossites, voire d’œdèmes de Quincke (n° 320 p. 417). Quand un médicament semble nécessaire pour soulager les maux de gorge, leparacétamol, en maîtrisant sa posologie, est une meilleure option. • L’omalizumab(Xolair°), un anticorps monoclonal anti-IgE autorisé dans l’asthme persistant sévère et l’urticaire chronique spontanée, et lemépolizumab
dLa ciclosporine sous forme orale ou injectable (Neoral°, Sandimmun°)estunimmunodépresseurdebasechezlespatients greffés, situation dans laquelle sa balance bénéfices-risques est nettement favorable (n° 386 suppl. 10-1).
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