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La désinformation antinucléaire V courte

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La désinformation antinucléaire 1(Version courte sans les exemples ) 2Librement inspiré de « Le bêtisier antinucléaire » Par Michel Gay 11 janvier 2013 Ce texte est dédié à Simone, une personne éduquée habitant la Savoie qui, mi-décembre 2013, voulait acheter un compteur Geiger pour savoir si elle pouvait manger sereinement des légumes de son jardin qui avait été « irradié » par le nuage de Tchernobyl. L’information est difficile ! Où est la vérité ? Où est la manipulation ? Sommes-nous tous manipulés ? Qui a raison ? Celui qui annonce que le radon, en Forêt Noire, provient de Tchernobyl ? Celui qui annonce des milliers ou des millions de morts après la catastrophe de Tchernobyl ou de Fukushima ? Celui qui annonce 31 morts ? Celui qui annonce qu’un nuage mortel à survolé la France ou celui qui annonce que les retombées radioactives sont minimes et ne présentent aucun danger pour la santé de la population française ? La vérité serait quelque part au milieu. Mais où est le milieu entre 31 et des millions ? Si une planche est blanche mais que certains affirment qu’elle est noire, doit-on définir un « compromis » pour dire qu’elle est grise ? Si elle est blanche, la vérité est qu’elle est blanche. Au nom de quel principe devrait-on dire qu’elle est grise ? Pour faire plaisir à qui ?
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La désinformation antinucléaire

1(Version courte sans les exemples )


2Librement inspiré de « Le bêtisier antinucléaire »

Par Michel Gay

11 janvier 2013

Ce texte est dédié à Simone, une personne éduquée habitant la Savoie qui, mi-décembre 2013,
voulait acheter un compteur Geiger pour savoir si elle pouvait manger sereinement des légumes de
son jardin qui avait été « irradié » par le nuage de Tchernobyl.



L’information est difficile ! Où est la vérité ? Où est la manipulation ? Sommes-nous tous
manipulés ?

Qui a raison ? Celui qui annonce que le radon, en Forêt Noire, provient de Tchernobyl ?
Celui qui annonce des milliers ou des millions de morts après la catastrophe de Tchernobyl
ou de Fukushima ? Celui qui annonce 31 morts ? Celui qui annonce qu’un nuage mortel à
survolé la France ou celui qui annonce que les retombées radioactives sont minimes et ne
présentent aucun danger pour la santé de la population française ?

La vérité serait quelque part au milieu. Mais où est le milieu entre 31 et des millions ? Si une
planche est blanche mais que certains affirment qu’elle est noire, doit-on définir un
« compromis » pour dire qu’elle est grise ? Si elle est blanche, la vérité est qu’elle est
blanche. Au nom de quel principe devrait-on dire qu’elle est grise ? Pour faire plaisir à qui ?

Devant la déferlante antinucléaire, soutenue par des médias instillant la crainte et la peur
auprès du public, il est apparu nécessaire de détromper le public. Car tromperie il y a !
Il a fallu faire un tri parmi «ces injustes critiques» et ces manquements à la plus élémentaire
honnêteté intellectuelle. Quand la manipulation, l’ignorance et la médisance gangrènent les
esprits et les médias, il est difficile de faire entendre une voix différente.

"Quand tous vont vers le débordement, nul n'y semble aller. Celui qui s'arrête fait remarquer
l'emportement des autres, comme un point fixe". (PASCAL : Pensées)

________________


1
Version courte pour ceux qui souhaitent simplement survoler le sujet. Une version complète (19
pages) existe avec les exemples, si le sujet vous intéresse.
2
Bêtisier antinucléaire / L'auteur : Jacques DUMAS, d'après une idée de Robert BODU.
Comité de rédaction : Georges CHAPOT, Jacques DUMAS, Pierre LEBLANC.
Disponible en deux parties sur le site http://www.ecolo.org/base/basefr.htm janvier 2003
1


I) Origine de la désinformation antinucléaire en France


Brice Lalonde, dans la revue « Futurible » de juin 1985 nous explique clairement le
mécanisme «totalitaire» de certains mouvements écologistes à l'origine de cette
désinformation organisée et de leur direction d'action.
« Le choix fut purement bureaucratique, mené par les Etats-majors écologistes existant
alors, et on a longtemps hésité entre la voiture et le nucléaire. C’est finalement le nucléaire
qui fut retenu. Il fallait un paradigme associant finalement la notion d’amour des
animaux à celle de conviction antinucléaire. Cette association d’idée, dans l’esprit du
public, sera martelée jusqu’à ce qu’elle soit accepté de façon réflexe. Le but étant de
faire que les pronucléaires n’osent même plus afficher cette conviction, de crainte
d’être pris pour des ennemis de la nature. De même, devait être dénoncée toute
nouvelle association qui n’accepterait pas de s’aligner sur l’antinucléarisme
dominant ».

Dans le monde du 19 mars 1992 : « Quand nous avons créé l’écologie politique, il fallait
une mise en scène pour réunir les acteurs, il fallait un conflit, il fallait créer un adversaire
pour mieux mobiliser : ce fut le nucléaire. Du même coup, j’ai créé les curés. »

C'est ainsi que le nucléaire va cristalliser les exigences de protection de
l'environnement : on ne peut être «écolo» sans être antinucléaire. Les médias, piégés
par le paradigme, vont suivre, en général, dans cette direction. Ils vont épouser les
humeurs et les griefs, plutôt que de répondre à des questions de fond que
sont l’approvisionnement énergétique d'une population mondiale en augmentation,
l’appréciation des risques réels par rapport aux risques «perçus», la perception des effets
positifs vis-à-vis de l'effet de serre, la stabilité économique des coûts,… etc.



II) Tchernobyl :

La danse macabre des médias alimentés par les associations antinucléaires.

«Tout mensonge répété devient une vérité». (Chateaubriand Mémoire d'Outre-tombe. 27-III)

Il est 1h23, le samedi 26 avril 1986 : après une série d’erreurs humaines, le réacteur
explose, avec rejet de matières radioactives dans l'atmosphère sous forme de gaz,
d'aérosols et de combustible finement fragmenté. C'est l'accident nucléaire le plus grave
survenu dans le monde qui va entrainer le déplacement de 270.000 personnes.

Dans les jours, les mois, et les années, qui ont suivi la catastrophe des informations souvent
farfelues, ont été diffusées.
En France, les spécialistes en matière de radioprotection, mondialement reconnus pour leur
expérience, ont donné des avis sur les retombées attendues. Ces avis seront confirmés
ultérieurement par les rapports officiels. Ils ont été soit ignorés, soit déformés, sans aucun
souci de vérité. Cela ira jusqu'à la diffamation, reconnue par la justice, du Professeur
Pellerin, avec le fameux "nuage arrêté aux frontières".

3Le 26 avril, le SCPRI dans un communiqué à l'AFP donne la composition exacte du nuage,
grâce à un réseau de prélèvement sur les avions long-courriers, alors que le nuage n'est pas
encore sur la France, où il arrive dans la nuit du 30 avril au 1er mai.

3
SCPRI : Service Central de Protection contre les Radiations Ionisantes.
2


Dès le 2 mai, donc dès l'origine, l'annonce publique par le SCPRI du passage du
nuage sans danger pour la population française est claire et indiscutable.
Mieux, dès le 6 mai l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publie un rapport
précisant que la radioactivité des retombées en Europe (hors Ukraine et Biélorussie)
est tout à fait dérisoire.

Pour les uns, sans doute, il est plus rentable de vendre du catastrophisme que du
«rassurant», et de critiquer les institutionnels. Pour d'autres, ainsi que le disait le fameux Dr.
Goebbels, rejoignant hélas Chateaubriand dans ce constat : «Un mensonge répété 500.000
fois devient une vérité.»

«De toutes les passions, la peur est ce qui affaiblit le plus le jugement». (Cardinal de Retz)

Et puis on va confondre d'une façon ambiguë le fait que le nuage est dit sans danger
pour la santé avec son « arrêt à la frontière », qui est une invention « journalistique »
de Noël Mamère alors présentateur du journal télévisé de France 2.
Ce dernier déclare, lors d'une émission de France 2, le 23 octobre 1999 : «je présentais le
journal de 13 heures en 1986, le jour de la catastrophe de Tchernobyl, il y avait un sinistre
personnage qui s'appelait Monsieur Pellerin, qui n'arrêtait pas de nous raconter que la
France était tellement forte, complexe d'Astérix, que le nuage n'avait pas franchi nos
frontières.»
Après plainte en diffamation déposée par le Professeur Pellerin et reconnue comme telle par
la 17e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, le 11 octobre 2000, la Cour
d'Appel de Paris du 23 octobre 2001 a débouté Monsieur Mamère Noël ayant fait appel de
4ce jugement, et confirmé la condamnation prononcée par le Tribunal de Grande Instance .

Le professeur Pellerin obtient un non-lieu définitif le 21 novembre 2012. Son honneur a donc
été rétabli 25 ans plus tard pour lui, sa famille et tous ceux qui estimaient ce grand
scientifique injustement brocardé. Son décès est survenu le 3 mars 2013.
Quel média a donné autant d'importance à ce jugement qu'au fameux «nuage bloqué aux
frontières» ?
Le Figaro du 21 novembre 2012 écrira simplement que « L’injustice de Tchernobyl est
réparée ». « La Cour de cassation a prononcé un non-lieu, mettant hors de cause le
Pr Pierre Pellerin » ; «Avec le recul, on sait que le Pr Pellerin avait raison, il n'y a eu
aucune conséquence sanitaire en France, comme l'a reconnu l'arrêt de la Cour de
cassation».


La naissance d'une rumeur.

2000, 7000, 8000, 12.519, cent mille, quinze millions de morts ? «Peu importe » dirait
Tchitchikov, le héros de Gogol « j'achète ! et ainsi je pourrai emprunter beaucoup !» Nos
médias font comme Tchitchikov, ils "achètent" tous les chiffres, pour satisfaire leur
propension au catastrophisme qui se vend si bien.

Et si on allait voir ailleurs que dans les médias. Par exemple dans les informations officielles,
dans les rapports fournis par des instances internationales chargées des études sur les
conséquences de la catastrophe. Curieusement, les médias, ou bien les ignorent ou, au
mieux, s'ils y font partiellement allusion, c'est pour les dénigrer. Car bien sûr, il n'y a que les
organisations dites "indépendantes" qui sont dignes de foi.

Allons donc y voir sérieusement.


4
Voir le jugement dans « le bêtisier antinucléaire ».
3

En 1996, soit 10 ans après l'accident, une publication de l'Agence pour l'Énergie
Nucléaire, publiée par l' organisation de coopération et de développement européen
(OCDE), donne les indications suivantes sur les personnes hospitalisées :

- "Trente et une personnes sont décédées au cours de l’accident ou peu de temps
après, tandis que 137 autres souffrant du syndrome d’irradiation aiguë ont été
traitées.
- Dans les régions touchées de l’ex-URSS, on observe des effets psychologiques de
vaste portée, qui se manifestent par un état d’anxiété et de stress et, dans les cas
graves, suscitent un sentiment d’apathie et de désespoir, conduisant à un repli sur
soi. Dans le reste du monde, ces effets individuels ont été minimes.
- La dernière décennie a été marquée par une progression réelle et importante des
cancers de la thyroïde chez l’enfant et, dans une certaine mesure chez l’adulte dans
les régions contaminées de l’ex URSS, laquelle devrait être, sauf preuve du contraire,
attribuée à l’accident.
- Aucune progression n’a été observée en ce qui concerne la leucémie, les
malformations congénitales, les taux d’avortement spontanés ou toute autre affection
induite par les rayonnements sur la population, soit des régions contaminées, soit de
l’Europe occidentale, qui puisse être imputée à cette exposition. Selon toute
vraisemblance, la surveillance de l’ensemble de la population ne fera pas apparaître
une augmentation notable de la fréquence des cancers".

Il faut noter que le cancer de la thyroïde se soigne bien, notamment chez l'enfant et 99% des
5cas ont été guéris , même s'il est encore trop tôt pour se prononcer sur d'éventuelles
séquelles.

Sous l'égide des Nations Unies, de très nombreux experts, de plusieurs nations, travaillent
à identifier et évaluer les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl. Cette
enquête, de longue haleine, est périodiquement actualisée à la lumière des travaux
poursuivis par les différentes équipes d'experts et des données systématiquement recueillies
sur le terrain. Les dernières conclusions de l'UNSCEAR, Comité scientifique des Nations
Unies pour l'étude des rayonnements atomiques, ont été remises, pour l'année 2000, à
l'Assemblée générale de l'ONU. En voici un extrait.

Le paragraphe 413, sur les cancers de la thyroïde et l’absence d’autres types de cancers.

« 413. Excepté une augmentation substantielle au Bélarus, dans la fédération de Russie et
en Ukraine des cancers de la thyroïde observée chez les enfants après une irradiation, il
n’existe 14 ans après l’explosion de Tchernobyl, aucune preuve d’un impact majeur des
rayonnements ionisants sur la santé publique. Aucune augmentation de l’incidence globale
des cancers ou de la mortalité pouvant être associée à l’irradiation observée. Pour certains
cancers, aucune augmentation ne serait être attendue, étant donné la période de latence
d’environ 10 ans pour les tumeurs solides. Aucun risque élevé de leucémie, un des
indicateurs les plus sensibles de l’irradiation n’a été constaté, même chez les ouvriers de
recouvrement ou les enfants. Il n’existe aucune preuve scientifique d’une augmentation
d’autres troubles bénins associés aux rayonnements ionisants. »

Apprécions le gouffre, l'abîme, qui sépare ces informations de celles de nos médias.
Pourquoi ? N'y a-t-il pas, pour le moins, une propension au catastrophisme ? Les rédactions
seraient-elles complaisantes vis-à-vis des antinucléaires "indépendants" (?) qui les
alimentent en "informations" alarmantes ?

On peut imaginer ce dialogue « fictif » dans une salle de rédaction : « Monsieur le Rédacteur
en chef, réfléchissez ! Comment pouvez-vous publier 31 morts à Tchernobyl, alors que Jean-

5
http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/Tchernobyl_consequences_sanitaires.htm
4

Yves Le Guigan, notre grand écologiste national, annonce dans La Dépêche du matin de
Brigoux, 15 millions de morts dans les 10 ans à venir, à cause de cette catastrophe !
Encore une fois réfléchissez, mon cher, à l avenir de notre journal… et au vôtre ! »

En résumé :

Oui, Tchernobyl a été la cause directe d'une trentaine de morts et la cause première de
plusieurs centaines de décès prématurés dus au traumatisme des déplacements et aux
suites psychologiques de ce drame (alcoolisme, maladies diverses, suicides,…).

Non, Tchernobyl n'est pas une raison suffisante pour décider de se passer du nucléaire pour
les pays, dont la France, qui ont les capacités humaines et industrielles de bénéficier de
cette technologie.
Au contraire, il faut y investir nos talents pour développer de plus en plus en toute sureté la
production d'électricité à partir de l'énergie nucléaire. Ses avantages sont bien supérieurs à
ses inconvénients en terme de santé et de confort grâce à sa contribution notable à la
production d'énergie massive et bon marché nécessaire au développement et à
l'épanouissement de l'humanité.



III) La désinformation des médias sur le nucléaire.

1) Désinformation « tous azimuts »

C'est par exemple, l'information qui, à travers une banalité, va attirer l'attention du public en
jouant sur la peur, tellement facile à exploiter. Seul, parfois, le titre compte, qui n'a rien à voir,
ou peu à voir, avec le contenu de l'article.
Ce peut être également la marque du degré zéro de la connaissance scientifique du
phénomène de la radioactivité.
C'est aussi l'information tronquée, volontairement antinucléaire, sans comparaison avec les
autres modes de production de l'électricité. Enfin ce peut être carrément des mensonges
entièrement fabriqués.

Un accident du travail, même bénin, dans une centrale nucléaire fera l'objet d'une
information dans les médias. La boutade "une échelle qui tombe dans une centrale nucléaire
devient un incident nucléaire" est devenue réalité le 5 septembre 2012 à Fessenheim où
deux salariés se sont légèrement brulés les mains avec un dégagement de vapeur d'eau
(non radioactive). Ce banal accident du travail (qualifié comme tel par le Ministère de
6l'écologie) est devenu un "incident à la centrale nucléaire de Fessenheim " avec une
couverture médiatique nationale, y compris dans les journaux télévisés.

Il y a, en France 650 000 accidents du travail chaque année en moyenne dont environ 500
7sont mortels. Soit au total en moyenne plus d'un accident mortel par jour .
Pourquoi nos médias ne traitent ils pas les divers accidents, mortels ou non, aussi largement
que ceux du nucléaire ?
Est-ce trop fade comme information ? Est-ce une trop lourde tâche pour les professionnels
de l'information d'en faire matière à intéresser le grand public ? Mais n'est-ce pas finalement
une marque de mépris pour les malheureuses victimes restées anonymes, d'un accident
jugé trop «banal» ?

Dans Santé magazine d'avril 1996, au milieu d'une étude particulièrement «dure» pour les
scientifiques, considérés comme des apprentis sorciers, on peut lire : «aucune dose de

6
http://www.huffingtonpost.fr/2012/09/05/debut-incendie-centrale-fessenheim_n_1857682.html
7
http://www.inrs.fr/accueil/produits/mediatheque/doc/publications.html?refINRS=DW%2065
5

radioactivité, aussi faible soit-elle, n'est inoffensive, mais nous manquons d'enquête
épidémiologique pour mieux mesurer les effets réels sur la santé».
Malgré ce manque d'enquête, on nous signale une étude du Centre International de
recherches sur le cancer de Lyon : «sur 100 000 personnes suivies, pendant 25 ans, 9
cancers sont liés aux faibles doses de radioactivité». Or, le taux de mortalité par cancer
étant de l'ordre 3 pour mille, par an, on peut évaluer pour 100 000 personnes, et sur 25 ans,
le nombre total de décès par cancer à… 7 500 (!) dont 9 seulement seraient dus aux faibles
doses. Bien sûr on ne peut qu'admirer la précision, qui en dit long sur la validité de ces
chiffres, pas du tout mis en doute par une revue, à priori «scientifique» et qui, évidemment,
ne joue pas «aux apprentis sorciers». A trop vouloir prouver…

Qu'en est-il exactement ? Et si on demandait, par exemple à l'Académie des Sciences, ce
qu'elle pense des faibles doses "sournoises" ? «L’existence d'effets spécifiques,
dommageables ou bénéfiques, induits par les faibles doses n'a pas été prouvée
statistiquement, malgré le nombre et l'importance des travaux sur les faibles doses et en
particulier sur les faibles doses de radon». (Rapport n° 34, d'octobre 1995 de l'Académie des
Sciences). Ceci est d'ailleurs valable dans de nombreux domaines, en dehors de la
radioactivité.

Le débat sur les faibles doses, éminemment scientifique, avec des unités rébarbatives,
sievert, gray, becquerel, ne va guère intéresser les médias. Bien souvent, ils vont reprendre,
pour argent comptant, les affirmations des antinucléaires, sans contrôle ni recoupement.

A quoi sert donc de dire la vérité
Quand le premier venu,
Trop écouté,
L'empêche d'être entendue.


2) Les déchets : l’arme absolue contre le nucléaire.

Les discours sur le nucléaire se terminent généralement par ces refrains : « On ne sait pas
quoi faire des déchets radioactifs ! Sait-on les détruire ? Peut-on les stocker ? »

Les antinucléaires ne tiennent pas à ce que le problème des déchets soit résolu, puisque
c'est leur principal point d'appui pour justifier l'arrêt du nucléaire. L’objectif est de
« constiper » la filière nucléaire pour qu’elle meure d’une « occlusion intestinale ». Le
raisonnement tient en quelques mots : « Puisqu’on ne sait pas quoi faire des déchets, il faut
tout arrêter immédiatement ! ». Et une fois la filière arrêtée, comme en Allemagne, on
8s'oriente, comme par miracle, vers une solution acceptable par les antinucléaires … qui est
le stockage géologique combattu en France.

En effet, des solutions existent. Aujourd’hui, c’est notamment le stockage géologique qui est
reconnu internationalement comme la meilleure solution, au moins dans un premier temps.
Demain, c'est-à-dire dans 30 ou 40 ans, se pourrait être la transmutation dans des réacteurs
à neutrons rapides, ou dans des accélérateurs dédiés, ou une combinaison des deux ou des
trois avec le stockage géologique pour les éléments restants. Il faudra décider dans
quelques années. Il n'y a pas d'urgence puisque les combustibles usagés doivent refroidir
plusieurs dizaines d'années en surface avant un éventuel stockage en profondeur.

Soulignons que les déchets radioactifs existent depuis… très longtemps ! Il existe des
concentrations naturelles d'éléments radioactifs tels que l'uranium et le thorium : ce sont

8 "Revue de l'ARSCA "Nucléaire et énergies" n°62 de décembre 2013, p20.

6

notamment les gisements de ces métaux. Enfouis dans l'écorce terrestre, ils ont perduré
pendant les époques géologiques.
Ces derniers ne peuvent-ils pas être considérés comme les résidus, les déchets, liés à la
formation des roches ? On peut prendre comme exemple les gisements d'uranium, exploités
en France, qui sont situés dans certains granites. Ces gisements, comme d'autres, nous
offrent des exemples de conservation, ou de confinement, sur de très longue durée (plus
de cent millions d'années), dans des conditions naturelles.


3) La sécurité, les risques et la perception du risque : Ne marcherait-on pas sur la
tête ?

La perception du risque nucléaire par le public est évidemment dans la logique de
présentation de cette industrie par les médias.

Par exemple, la transcription médiatique de l'accident de Tchernobyl est telle que chaque
centrale française, de type cependant différent de celle de Tchernobyl, va être considérée
comme une menace, et où le moindre incident, même très banal, est mis en relief comme s'il
aurait pu conduire à une catastrophe. Le nucléaire est craint, non pour ce qu'il est, mais pour
ce qu'il pourrait être ! C'est le risque "perçu" qui imprègne le public. Le risque "réel" est mis
de côté.
Conséquence : les pouvoir publics, les responsables professionnels, vont chercher à agir en
fonction du risque "perçu", pour le réduire, quitte à prendre des mesures coûteuses que
l'esprit scientifique ne justifie pas, mais qui sont vivement encouragées… par les
antinucléaires. L'objectif étant d'étouffer la production d'électricité d'origine nucléaire sous les
charges financières et les contraintes en tout genre.

D'où la recherche de la centrale toujours plus "sûre". D'où également la recherche de
normes de protection toujours plus draconiennes, à la limite de l'absurde : le 1 mSv/an
nouvellement exigé correspond à des différences naturelles de radioactivité suivant le lieu
d'habitation ; c'est l'ordre de grandeur de la différence entre le Parisien et le Breton.
C'est également la différence entre la radioactivité au niveau de la mer est celle à 4 000 m
d'altitude.



IV) Et "Fukushima" ?

Après nous avoir annoncé des centaines de milliers de morts potentiels, que s’est-il
réellement passé ?

Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami a provoqué directement
20.000 morts et des dégâts considérables dans la région de Fukushima.

Suite à l’inondation de la centrale nucléaire de "Fukushima - Daiichi", due à une vague de 14
m de haut, l’alimentation électrique des pompes de refroidissement a été interrompue. Trois
des six réacteurs et la piscine de désactivation sont impliqués dans l'accident. Il y a
notamment un dégagement explosif d’hydrogène, une fonte partielle des cœurs, des
dégagements d'eaux radioactives et des incendies. Des particules radioactives sont émises
et retombent de manière importante dans une zone d’environ 50 km de long sur 20 km de
large. La population est évacuée de ces zones ce qui provoquent des traumatismes psycho-
sociaux précipitant certainement le décès des personnes fragiles (malades, cardiaques,…).
Ces quelques dizaines de victimes « indirectes » se rajoutent aux drames des 20.000 morts
du tremblement de terre et du tsunami.
Cette catastrophe industrielle a aussi provoqué dans la centrale électrique moins d'une
dizaine de morts (noyade, problèmes cardiaques, etc…) et une trentaine de blessés dus aux
7

explosions et aux incendies et le déplacement de 150.000 personnes mais n’a provoqué
aucun décès par irradiation nucléaire. Le tsunami, lui rappelons le, a entrainé la mort de près
de 20.000 personnes.

Les associations antinucléaires, soutenues ou relayées complaisamment par les médias, ont
tout fait pour associer ces 20.000 morts à la catastrophe de la centrale de Daiichi en
célébrant la date anniversaire de « Fukushima », assimilant implicitement le terrible drame
du tremblement de terre et du tsunami (20.000 morts) avec celui de l’accident de la centrale
de Fukushima- Daiichi.


Deux rapports ont été produits sur les conséquences sanitaires des contaminations
radioactives autour de la centrale nucléaire depuis les annonces alarmistes des
antinucléaires annonçant des milliers de morts par irradiations et maladies diverses qui
auraient dues être attribuées à l’accident de la centrale de Daiichi,.
1) Un an après l'accident, le 23 mai 2012, le Comité Scientifique des Nations Unies sur
les Effets des Rayonnements Atomiques (UNSCEAR) a présenté ses constations
9préliminaires à l’occasion de son assemblée annuelle. Voici les points saillants des
constatations préliminaires.

Pour les travailleurs et pour les intervenants d’urgence (environ 23 000 travailleurs) :
• Jusqu’à maintenant, l’exposition des membres du personnel d’urgence au
rayonnement n’a pas entraîné d’effet visible sur la santé.
• Bien que plusieurs travailleurs aient été exposés à des niveaux élevés de
contamination de la peau, aucun effet clinique n’a pu être observé.
• On a estimé une augmentation du risque relatif de cancer de la glande thyroïde au-
delà des niveaux de référence, pour environ un tiers des travailleurs qui ont reçu une
dose efficace totale supérieure à 30 mSv surtout pour les jeunes travailleurs, bien
que ces valeurs comportent une incertitude considérable.

Pour le public :
• Pour le public habitant en dehors des secteurs géographiques les plus touchés
par le rayonnement, le risque prévu demeure faible et aucune augmentation
observable du risque de cancer au-delà des niveaux de référence n’est prévue.
• En ce qui concerne les résidents des secteurs les plus touchés de la préfecture
de Fukushima, des estimations prudentes des doses indiquent des augmentations
potentielles du risque de certains cancers au-delà des niveaux de référence en
fonction du groupe d’âge et du sexe, mais qui seront probablement en deçà
des niveaux détectables.


102) Jeudi 28 février 2013, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une
"évaluation exhaustive d'experts internationaux sur les risques pour la santé de la
catastrophe survenue à la centrale nucléaire de Fukushima" qui confirme les grandes
lignes du précédent rapport :
"Les risques prévus sont faibles pour l'ensemble de la population à l'intérieur et à
l'extérieur du Japon", estime l'OMS.

9
http://www.nuclearsafety.gc.ca/fr/readingroom/healthstudies/fukushima-health-
reports.cfm#unscear / Fukushima : Rapports sur la santé
10
http://www.actu-environnement.com/ae/news/oms-evaluation-impact-sanitaire-fukushima-
17945.php4 Fukushima : l'OMS publie une évaluation rassurante de l'impact sanitaire de la
catastrophe
8


Conclusion

"Désinformez, désinformez, il en restera toujours quelque chose" disait Staline.

«Personne n’est exempt de dire des sottises, le malheur est de les dire sérieusement».
(Montaigne)

Voilà une autre réalité, loin des médias médisants prompts à répandre la peur, et loin de la
propagande drapée dans de la pseudoscience d’associations antinucléaires ignorantes ou
haineuses envers la société moderne. Ces dernières concentrent leurs actions en France sur
le nucléaire parce que, pour certains, c'est un "ennemi fédérateur" bien commode pour
souder un parti politique. Pour d'autres, c'est un pilier de la production d'électricité bon
marché nécessaire au monde industriel et une source de création de richesses qu'il faut
détruire.

Et si on prenait un peu de recul pour comprendre les avantages du nucléaire ?
Mais c'est difficile, ça demande du temps et c'est si peu vendeur…

La peur, en revanche, est facile et rapide à répandre. C'est un réflexe naturel de protection
ancestrale contre l'inconnu. Elle ne se combat qu'en faisant connaître et comprendre la
réalité afin que chacun puisse exercer son libre arbitre. Hélas, cela prend du temps dans une
société qui n'en a guère et qui "zappe" tellement rapidement.

Ce texte participe modestement à la lutte permanente contre l'obscurantisme pour permettre
à "Simone" de manger sereinement des légumes de son jardin et de profiter de la vie. Elle se
souviendra peut-être en appuyant sur un interrupteur dans sa maison pour faire fonctionner
ses appareils domestiques (y compris la télévision) qu'elle bénéficie de l'électricité la moins
émettrice de gaz à effet de serre, la plus sûre et la moins chère parmi les grands pays
11d'Europe . Et tout cela grâce une production due majoritairement (plus de 75%) au nucléaire
qui évite d'acheter à l'étranger (ce qui est "bon pour le portefeuille") et de consommer (ce qui
est "bon pour la planète") beaucoup de charbon et de gaz…

Etes-vous prêts à croire cette « autre vérité » avec le recul du temps ?

Esprit critique, réveille toi !
Michel Gay

11
A l'exception notable de la Norvège (100% d'hydroélectricité et seulement 6 millions d'habitants) et
de la Pologne (quasiment 100% de centrale au charbon avec une main d'œuvre bon marché).
9

Annexe

Les Unités :

Le Becquerel (Bq)
C'est le nombre de désintégrations, ou le nombre d'atomes, qui disparaissent en une
seconde. C'est une unité très petite. Les atomes sont très petits... Pour se faire une vague
idée, il suffit de penser que dans une seule goutte d'eau, il y a autant d'atomes que de
gouttes d'eau dans la méditerranée toute entière…

Exemple : le corps humain (qui représente beaucoup de gouttes d'eau) est le siège d'environ
8000 désintégrations par seconde - soit 8000 Becquerels - dues aux isotopes radioactifs du
potassium (K 40) et du carbone (C 14).
Cette unité ne préjuge en rien de la nocivité des rayonnements émis au cours des
désintégrations. Pour cela, il faut deux unités supplémentaires : le Gray et le Sievert, du nom
de physiciens.

Le Gray (Gy)
C'est l'unité d'énergie que cède le rayonnement, ou les particules, en traversant la matière :
soit 1 joule par kilo. Mais à énergie égale, la nocivité dépend également de la nature des
rayonnements ou des particules et de la partie exposée du corps. D'où l'unité suivante.

Le Sievert (Sv)
Pour tenir compte de la nocivité relative des rayonnements, il faut faire intervenir un facteur
Q qui sera attribué à l'unité d'énergie, c'est-à-dire le Gray. Ainsi pour les rayonnements béta,
gamma, X durs, Q = 1. Ou si l'on veut 1 Gray de ces rayonnements égale 1 Sievert.
Pour les X mous, Q = 3. Ou 1 Gray de X mous égale 3 Sieverts.
Pour les neutrons rapides et les protons Q = 10. Ou 1 gray de ces particules égale 10
Sieverts.
Très souvent on utilise un sous-multiple : le millisievert, ou mSv (un millième de sievert).


Pour illustrer ces différentes unités, on peut faire la comparaison suivante : la source de
radioactivité sera un pommier et un dormeur fait la sieste sous ce pommier, dont les
pommes commencent à tomber.
- le nombre de pommes qui tombent, dans l'unité de temps, c'est le Becquerel.
- les pommes acquièrent plus ou moins de vitesse suivant la hauteur de leur chute, et
l'énergie transmise sur le dormeur, au pied de l'arbre, c'est le Gray.
- les pommes sont plus ou moins grosses, plus ou moins mûres, elles tombent sur des zones
plus ou moins sensibles (les yeux, la tête, les pieds) ce peut être l'équivalent du Sievert.

Quelques comparaisons :
En médecine, une injection d'iode 131, en une seule fois, pour un examen de thyroïde,
représente 740 000 Becquerels.
Pour soigner certains cancers, les doses de rayonnement utilisées localement peuvent
atteindre plusieurs dizaines de Gray, souvent en plusieurs fois; c'est-à-dire plusieurs dizaines
de Sieverts (soit plusieurs dizaines de milliers de mSv) car il s'agit en général de rayons
gamma.
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