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La France adopte un moratoire de fait sur la culture d'OGM

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La France adopte un moratoire de fait sur la culture d'OGM

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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La France adopte un moratoire de fait sur la culture d’OGM
Conséquence attendue du fameux « Grenelle de l’environnement », la France a décidé,
vendredi 11 janvier, d’activer la clause de sauvegarde concernant le maïs génétiquement
modifié de
Monsanto
, MON 810. L’interdiction de la seule plante OGM cultivée en France
rend ainsi effectif le moratoire sur les cultures d’OGM. La polémique a cependant fait rage
dans l’Hexagone, les scientifiques consultés ayant eu de puissants états d’âmes face à
l’expression « doutes sérieux ». Retour sur une décision pas si facile à prendre…
Par Guy Kastler
Après avoir participé à l’élaboration d’un rapport constatant que la baignoire est pleine d’eau,
quatorze membres de la Haute Autorité contestent avoir laissé entendre que tout corps plongé
dedans sans protection puisse en ressortir mouillé. Tel est le sens du communiqué publié,
jeudi 10 janvier, par quatorze membres du Comité de préfiguration de la Haute Autorité sur
les OGM contestant les « doutes sérieux » mis en lumière par son avis du 9 janvier.
Impact sur les productions agricoles sans OGM ou l’impossible coexistence
Pour la première fois dans l’évaluation officielle française d’un OGM, le Comité de
préfiguration a refusé de limiter son travail à la santé et l’environnement sauvage pour
s’intéresser aussi à l’impact sur les productions agricoles sans OGM, suivant en cela les
recommandations du Conseil européen de l’environnement du 18 décembre 2006. Ces
recommandations encourageaient les états à « prendre plus en compte les structures agricoles
et les écosystèmes régionaux ». Les premières études nouvelles qu’il cite l’amènent à
constater « l’impossibilité d’une absence de pollinisation croisée entre champs OGM et
champs sans OGM à une échelle locale ». Plus loin, il constate l’absence d’études d’impact
sur les abeilles « en conditions normales d’exploitation ». Il ne tranche pas, car cela n’est pas
son rôle, le débat pour savoir s’il faut une coexistence avec un peu d’OGM partout ou pas de
coexistence du tout. Mais il est incontestable que ces éléments nouveaux concernant « la
dispersion du pollen sur de grandes distantes (kilométriques) » génèrent un doute sérieux sur
la possibilité de la coexistence avec les distances d’isolement de quelques dizaines de mètres
préconisées par les scientifiques payés par l’association des producteurs de maïs.
L’avis du comité fait aussi état d’études économiques montrant un gain possible à l’hectare de
plusieurs dizaines d’euros grâce à la technologie Bt… à prix égal des maïs OGM et non
OGM, alors que le maïs européen non OGM vaut aujourd’hui le double du maïs OGM
américain ! Ces études qui n’ont jamais été évaluées étaient présentées comme incontestables,
ce n’est plus le cas aujourd’hui et c’est peut-être ce qui justifie les protestations des
scientifiques qui les ont menées ou cautionnées.
Des éléments scientifiques réellement nouveaux
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