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Autobiographie J Chirac Extraits

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Extraits de lAutobiographie de Jacques Chirac Novembre 2009 Ces passages sont extraits du livre de l'ancien chef de l'État. • Sur Valéry Giscard d'Estaing : L'homme m'était apparu d'une intelligence et d'une stature exceptionnelles. Mais avec une propension manifeste à considérer que les autres comptent peu, bien qu'il eût le souci d'en être aimé autant qu'il estimait devoir l'être. Sans doute a-t-il mis beaucoup de temps avant de s'apercevoir de ma propre existence (…). Doté d'une propension naturelle à tout contrôler, à exercer son pouvoir jusque dans les moindres détails, il est en outre encouragé sans cesse par son entourage à rabaisser le premier ministre et, le cas échéant, à le blesser (…). (Après 1981), il n'aura plus de cesse, désormais, que de remâcher ses griefs et de me désigner comme le seul coupable de son renvoi de l'Élysée (…). Pour néfaste qu'elle fût à mes yeux, l'arrivée de la gauche au pouvoir ne signifiait pas la fin de la République, ni celle de ses institutions. Tout au plus était-ce le prix de l'alternance souhaitée par les Français. En démocratie, la défaite d'un homme n'est jamais, ou rarement, une perte irréparable. • Sur Nicolas Sarkozy : «J'ai l'intention, m'annonce-t-il, de soutenir Édouard Balladur s'il est candidat à l'élection présidentielle. - C'est très bien, lui dis-je, mais pourquoi viens-tu me dire cela ? Je suis un politique, me répond-il, je fais de la politique et il est évident que Balladur sera élu. Donc, ...
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Extraits de lAutobiographie de Jacques Chirac
Novembre 2009
Ces passages sont extraits du livre de l'ancien chef de l'État.
• Sur Valéry Giscard d'Estaing :
L'homme m'était apparu d'une intelligence et d'une stature exceptionnelles. Mais avec une
propension manifeste à considérer que les autres comptent peu, bien qu'il eût le souci d'en être
aimé autant qu'il estimait devoir l'être. Sans doute a-t-il mis beaucoup de temps avant de
s'apercevoir de ma propre existence (…). Doté d'une propension naturelle à tout contrôler, à
exercer son pouvoir jusque dans les moindres détails, il est en outre encouragé sans cesse par
son entourage à rabaisser le premier ministre et, le cas échéant, à le blesser (…). (Après
1981), il n'aura plus de cesse, désormais, que de remâcher ses griefs et de me désigner comme
le seul coupable de son renvoi de l'Élysée (…). Pour néfaste qu'elle fût à mes yeux, l'arrivée
de la gauche au pouvoir ne signifiait pas la fin de la République, ni celle de ses institutions.
Tout au plus était-ce le prix de l'alternance souhaitée par les Français. En démocratie, la
défaite d'un homme n'est jamais, ou rarement, une perte irréparable.
• Sur Nicolas Sarkozy :
«J'ai l'intention, m'annonce-t-il, de soutenir Édouard Balladur s'il est candidat à l'élection
présidentielle. - C'est très bien, lui dis-je, mais pourquoi viens-tu me dire cela ? Je suis un
politique, me répond-il, je fais de la politique et il est évident que Balladur sera élu. Donc, j'ai
décidé de le soutenir.» Je ne cherche pas à l'en dissuader, lui recommandant tout au plus de ne
pas se précipiter, de ne pas mettre «tous les oeufs dans le même panier» (…). Cette première
défection ne me laisse pas indifférent. Nicolas Sarkozy est à mes yeux bien plus qu'un simple
collaborateur (…), prenant part efficacement à toutes mes campagnes, avec cette volonté, qui
ne l'a pas quitté, de se rendre indispensable, d'être toujours là, nerveux, empressé, avide d'agir
et se distinguant par un sens indéniable de la communication.
• Sur Édouard Balladur :
Sceptique par nature et libéral par conviction, Édouard Balladur est un calculateur froid, qui
répugne aux emballements et aux coups d'éclat, comme à toute forme de conflit ouvert. Il me
livre son appréciation des hommes et des situations avec une sorte de raffinement acéré,
rarement exempt d'ironie ou de causticité. Pleinement conscient de sa valeur intellectuelle, il
ne fait pas mystère auprès de moi de se sentir supérieur à tous ceux qui m'entourent et
d'espérer désormais, après avoir longtemps occupé, dans l'ombre, les seconds rôles, se voir
octroyer la place éminente qu'il estime mériter (…). Sans doute étions-nous aux antipodes l'un
de l'autre sur bien des plans, mais il n'est rien de mieux que les contraires pour s'attirer. Je
faisais figure de provincial un peu rustique à côté de ce grand bourgeois de la capitale, aux
allures distantes et pétri de bonnes manières.
• Sur Bernadette Chirac :
Un pour Un
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