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Comment la formation syndicale contribue-t-elle rendre le salaire acteur de son volution professionnelle

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La Formation syndicale Cgt Espace vie syndicale 263, rue de Paris 93516 Montreuil Cedex Tél : 01.48.18.84.87 Fax : 01.48.18.84.56 E-mail : form-synd@cgt.fr Site internet : http://www.formationsyndicale.cgt.fr Intervention de Jacques Thibault au Colloque de Strasbourg des 12 et 13 octobre 2006 Comment la formation syndicale contribue-t-elle à rendre le salarié acteur de son évolution professionnelle ? Il y a plusieurs niveaux de réponses possibles. Une réponse théorique un peu évidente à partir des syndicalistes qui découvrent ou redécouvrent l’intérêt de la formation en général par leur participation à une formation syndicale. La formation appelle la formation. Mais cela amène immédiatement une question : combien cela peut-il concerner de personnes ? Quelques milliers sans doute. En tout cas, trop peu pour que ce soit par la participation individuelle des salariés à la formation syndicale, qu’on puisse imaginer faire bouger les lignes pour que le salarié devienne acteur de son évolution professionnelle. Cela nous renvoie donc immédiatement au rôle du collectif, le collectif de travailleurs organisés, pour nous cela s’appelle un syndicat. Autrement dit, nous sommes renvoyés à l’action syndicale et à son efficacité. C’est vrai pour l’utilisation offensive de l’ANI (Accord National Interprofessionnel) et la loi sur la formation professionnelle avec tous ses volets. C’est vrai pour la compléter par de nouvelles conquêtes auxquelles ...
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La Formation syndicale Cgt
Espace vie syndicale
263, rue de Paris 93516 Montreuil Cedex
Tél : 01.48.18.84.87
Fax : 01.48.18.84.56
E-mail :
form-synd@cgt.fr
Site internet : http://www.formationsyndicale.cgt.fr
Intervention de Jacques Thibault au Colloque de Strasbourg
des 12 et 13 octobre 2006
Comment la formation syndicale contribue-t-elle à rendre le salarié acteur de son
évolution professionnelle ?
Il y a plusieurs niveaux de réponses possibles.
Une réponse théorique un peu évidente à partir des syndicalistes qui découvrent ou
redécouvrent l’intérêt de la formation en général par leur participation à une formation
syndicale. La formation appelle la formation.
Mais cela amène immédiatement une question : combien cela peut-il concerner de
personnes ?
Quelques milliers sans doute. En tout cas, trop peu pour que ce soit par la participation
individuelle des salariés à la formation syndicale, qu’on puisse imaginer faire bouger les
lignes pour que le salarié devienne acteur de son évolution professionnelle.
Cela nous renvoie donc immédiatement au rôle du collectif, le collectif de travailleurs
organisés, pour nous cela s’appelle un syndicat.
Autrement dit, nous sommes renvoyés à l’action syndicale et à son efficacité. C’est vrai pour
l’utilisation offensive de l’ANI (Accord National Interprofessionnel) et la loi sur la formation
professionnelle avec tous ses volets. C’est vrai pour la compléter par de nouvelles
conquêtes auxquelles l’ensemble de nos travaux et le ministre lui-même nous ont invités,
pour que les pétitions de principe et les discours se traduisent par une véritable Sécurité
Sociale professionnelle –pour reprendre notre vocable CGT, mais on voit bien que quels que
soient les termes que l’on emploie, on est sur les mêmes problématiques-.
Mais c’est vrai aussi sur l’ensemble des champs revendicatifs concernant la vie des salariés
avec toute leur diversité.
Oui, ce qui est décisif pour que le salarié devienne réellement acteur de son évolution
professionnelle, c’est la place et le rôle du syndicalisme dans notre société.
Cela ne dépend pas que de nous, car derrière les belles envolées sur le rôle incontournable
de la démocratie sociale et des partenaires sociaux, nous ne pouvons pas ignorer que trop
souvent encore le syndicalisme n’a pas droit de cité dans un certain nombre d’entreprises,
notamment les PME. Nous ne pouvons ignorer que la discrimination syndicale existe, que
les droits pour les salariés de se réunir pour s’organiser, pour se former syndicalement, sont
bafoués ou inexistants. Ainsi le congé pour formation syndicale ne s’applique pas dans les
entreprises de moins de 10 salariés et le financement des pertes de salaires limité à 0,08
pour mille est ridicule.
Mais l’efficacité du syndicalisme, cela dépend aussi de nous.
A l’image de ce qui a été dit ici à propos des Instituts du travail et notamment ce qu’a dit
Marcel David hier soir, nous devons être des syndicalistes capables de garder le meilleur de
ce qui a fait l’histoire de chacune de nos organisations et de notre histoire commune, nos
valeurs faites d’engagements, d’idéal, d’utopies, mais aussi de réalisme parce que l’on sait
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Intervention de Jacques Thibault au Colloque de Strasbourg des 12 et 13 octobre 2006 (suite)
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que les résultats d’une lutte et d’une négociation, sont souvent partiels mais toujours bons à
prendre s’ils amènent un plus aux salariés.
Des syndicalistes capables aussi, et dans chacune de leurs organisations, sinon de ruptures
pour exprimer ici les mêmes réticences que Michel Rocca à propos de ce mot, mais au
minimum capables de construire des changements incontournables dans nos analyses, nos
conceptions, notre regard les uns sur les autres, notre pratique.
Peut-être certains d’entre vous se disent : «
mais c’est de la formation syndicale qu’il devait
nous parler, pas du syndicalisme en général
».
Mais quel sens aurait la formation syndicale si son objectif n’était pas de mieux équiper les
syndicalistes quel que soit leur niveau de responsabilité, à être en capacité de rendre l’action
syndicale plus efficace ?
Chère Fabienne,
En ouvrant ce colloque hier matin, tu t’es fait l’écho de la frustration ressentie parfois par des
universitaires au sein des Instituts. Pourquoi ne pas le dire : ici il y a eu aussi de la frustration
des syndicalistes et cela s’est déjà exprimé tout à l’heure. Ils auraient voulu pouvoir
s’exprimer davantage.
Alors je voudrais dire deux choses en conclusion à ce propos :
1/ la frustration est l’expression d’un manque qui lui-même peut être source du désir
qui fait naître la motivation, condition indispensable pour se former efficacement.
Je suis persuadé que ce colloque va nous permettre, aux uns et aux autres, de
construire de nouveaux objectifs de formation et de recherche ;
2/ je pense que le choix que nous avons fait ensemble, les administrateurs de
l’Institut dans toutes ses composantes, d’organiser ce colloque et de l’organiser dans
les formes proposées et mises en oeuvre avec efficacité par le comité de pilotage,
était un choix excellent. Nous ne voulions pas d’un colloque uniquement « célébration
du cinquantenaire », même s’il fallait cela. Tant la valorisation de l’action des
hommes et des femmes qui ont construit cet Institut et singulièrement celle de Marcel
David que je salue ici, méritait cela.
Mais nous voulions surtout que ce soit l’occasion de nous tourner vers l’avenir.
Opération réussie !
Nous sommes quand même mieux pour aller maintenant refrapper à la porte du
Ministre et plus globalement des Pouvoirs publics en s’appuyant sur son propre
discours.
Ce n’est pas rien que le Ministre déclare ici que les Instituts du travail sont en fait un
élément décisif de notre démocratie sociale, elle-même au centre de l’avenir de notre
société. Et nous accepterions qu’une région sur deux soit toujours dépourvue d’un
Institut du travail, et que d’autres manquent cruellement de moyens ?
Quel que soit l’avenir, c’est un ministre de la République qui a fait cette déclaration ce
matin.
Alors n’hésitons pas. Allons frapper à sa porte, à celle des pouvoirs publics en
général pour faire vivre la formation syndicale et les instituts du travail, pour que vive
le syndicalisme efficace dont les salariés ont besoin.
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