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La mondialisation enjeux et perspectives

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Dossier : LA MONDIALISATION : ENJEUX ET PERSPECTIVES  Un dossier conçu et réalisé par Samuel WAFO, Docteur en relations internationales, avec la contribution du Dr Richard ETOUNDI MVENG et du Dr Yves-Alexandre CHOUALA.     Après la défaite par abandon de l'Union Soviétique dans l'arène idéologique, le monde est devenu un théâtre d'ordres et de désordres1. Rien n'est plus figé, tout bouge. A chaque facteur d'espoir et d'optimisme répond un motif d'inquiétude. Les peuples semblent être saisis d'une série de fièvres somme toute justifiée : enraciner la démocratie pluraliste, mettre fin à la pénurie, accéder à l'abondance... Les rêves impérialistes paraît bel et bien morts de leur belle mort: il s'agit dorénavant de vivre ensemble grâce aux interdépendances économiques, grâce à la mondialisation. Toutefois, l'Occident riche apparaît«égoï ste et myope»,doutant er d'être agrippé par les continents«embourbés dans leur pauvreté», lui demandant toujours de l'argent2. En plus, si les ambitions expansionnistes battent de l'aile, si les grandes puissances se sont assagies par leur enrichissement néocolonialiste et leur confort«insolent», c'est pour laisser la scène aux passions nationales et autres conflits internes (Voir article du Dr CHOUALA). Aussi le monde est actuellement confronté à un triple questionnement : Quelle sécurité ? Quelle organisation économique ? Quel équilibre entre les valeurs communes et l'affirmation des différences ?
                                                          1 Voir «Ordre et désordre dans le monde»,Cahiers Français, n°263, Paris , La documentation française,1993.  2  Voir Philippe MOREAU DEFARGES «Quels ordres ou quels désordres pour l’Europe»,in Cahiers Français, n° 257.L'Europe dans le monde, Paris, La documentation française, 1993, PP.132-136.  
Monde post-bipolaire : L’UNIVERS INTERNATIONAL EN PLEINE EXPANSION
  Pendant plus de quarante ans, l'ordre EST-OUEST a largement structuré les relations internationales. La chute du mur de Berlin a provoqué une recomposition politique, militaire, économique, voire juridique. Ces bouleversements ont poussé les dirigeants politiques puissants à inscrire leurs actions internationales dans le sillage d'une quête pour un«nouvel ordre mondial». Pendant ce temps, la législation internationale publique doit faire face à une contradiction éprouvante de la société internationale.   
I- LA QUETE D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL   Faisant le constat d'une mondialisation des grands problèmes, saisis jusque-là sous l'unique angle national, Mikhaï l GORBATCHEV, dans un discours prononcé à la tribune des Nations Unies le 7 décembre 1988, a lancé, le premier, le thème du«nouvel ordre mondial». La guerre du Golfe persique de 1990 semble avoir donné à cet appel une légitimité, en l'institutionnalisant grâce à l'affirmation de la primauté des règles du droit international et le renouveau de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Selon le président Georges BUSH,«la crise du golfe persique, si grave soit-elle, offre aussi une occasion rare de progresser vers une période historique de coopération. De ces temps troublés,[...] un nouvel ordre mondial peut émerger ; une nouvelle époque, plus libre de menaces et de terreur, plus forte dans la poursuite de la justice et plus sûre dans la quête de la paix, une ère dans laquelle les nations du monde -Est et Ouest, Nord et Sud- peuvent
prospérer et vivre en harmonie»3 monde. Cette quête d'un ordre adapté à notre instable, bien qu'encore inachevée, apporte un élément de satisfaction aux espoirs qu'invoquait Emmanuel KANT dans sonProjet de paix perpétuelle: «si c'est un devoir et s'il existe une espérance sérieuse de réaliser l'ordre du droit public, (...) la paix perpétuelle qui suivra ce que l'on a nommé à tort jusqu'ici des traités de paix n'est pas une idée creuse, mais un problème qui, solutionné peu à 4 peu, se rapproche constamment de son but» .  A la vérité, le couple ordre et désordre s'affirme de plus en plus comme «l’envers et le revers d'une monnaie: indissociables»5. L'ordre se définit généralement comme principe d'organisation toujours intelligible et souvent désirable6. Ce terme a deux faces difficilement séparables : celle du constat, d'une réalité existante, déjà inscrite dans les faits et, par conséquent, susceptible d'être découverte et vérifiée; celle de la prescription, d'un devoir-être encore à réaliser qui n'a d'existence que pour ceux qui le conçoivent et l'espèrent. Son antonyme, le désordre, s'étend sur un champ sémantique rempli d'incertitudes7.   L'ordre international -qui peut«se comprendre comme l'ensemble des principes d’organisations intelligibles qui régissent ou doivent régir les rapports entre les nations»8-, par la magie de la fin des repères idéologiques, est soumis à une obligation de passage d'un ordre interétatique réaliste -c'est -à- dire l'ordre par                                                           3 world order», message du président George BUSH au Congrès des Etats-UnisVoir «Toward a new d'Amérique, 11 septembre 1990.  4Emmanuel KANT,Projet de paix perpétuelle(1795), Traduction de J. GIBELIN, Paris, Librairie philosophique J. VRIN, 1992, p. 85.  5 Pour reprendre la formule de Georges BALANDIER,Le désordre, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1988, p. 117.  6 Voir Michel GIRARD, «Les conceptions de l'ordre dans les relations internationales», inCahiers Français, n°263, Op. cit. -, p. 4.  7amples informations sur la question, voir Michel GIRARD, Ibid.Pour de plus  
la puissance- à deux ordres nouveaux : l'ordre international spécifique et l'ordre mondial global. Le premier type d'ordre vise la régulation des rapports entre les nations par des normes, des procédures, des institutions ou structures qui possèdent, d'origine ou par acquisition, un caractère extra-national, voire supranational. L'ordre mondial global, lui, tient du fait que les rapports internationaux, dans l'ère post-moderne, sont fortement influencés par les réseaux transnationaux que les firmes multinationales, les organisations non gouvernementales (ONG), les mouvements associatifs et les individus tissent quotidiennement en brisant toutes les frontières.   Ainsi, les bouleversements politiques et culturelles, les merveilles technologiques et scientifiques de cette fin de siècle, le sentiment individuel et collectif de vivre une accélération du temps nouveau imposent une renégociation collective des rapports internationaux. Ici, l'impression de participer à un«temps mondial»9, caractérisé par la mondialisation technique, économique et financière, conduit, bien évidemment, à penser à une société internationale associée à l'idée de promotion de l'objectif commun et de valeurs partagées à travers un réseau de normes et d'institutions.   Avec l'éclatement des grands ensembles politiques (décolonisation et dislocation de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques), certains acteurs internationaux ont cru voir leur rêve et leurs aspirations sur le point de se réaliser corps : la création et le raffermissement d'un Etat mondial, d'un Gouvernement mondial qui fera échec aux souverainetés nationales. Mais, cette vision généreuse des rapports internationaux dans un monde post-moderne se heurte à une subite réaffirmation du droit à la souveraineté et à une identité au sein de la communauté                                                                                                                                                                                      8Idem  . -9 Le «temps mondial» est un concept, forgé par Wolfram EBERHARD, qui désigne l'existence d'un climat international qui influence les choix politiques ou sociaux d'un domaine particulier. Cette notion rend