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achkhar 447

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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e 3 € – 49 ANNEE N° 447 (Nlle SERIE) SAMEDI 17 MAI 2008
«MONDE» BIMENSUEL BILINGUE DE LA VIE ARMENIENNE ET D’INFORMATION
Société 2 Au bout du système Lespauvresse rebiffent Politique 4 Un an de plus. Au fil des commémorations, quait : la publicité auprès de tous les Arméniens le 24 avril s’approche lentement du siècle, avec de la région parisienne qui ne nous connaissentSecondmeeting le pas mesuré d’une dame presque centenaire. A pas parce qu’on ne les connaît pas. de l’opposition Paris, en tête du cortège, Ovsanna Kaloustian, Alors que faire ? Constater d’abord que le née à Adabazar en 1907, en était la figure CCAF, organisateur du 24 avril, est pris au piège emblématique. Pourtant, si cette rescapée du de sa propre constitution. Composé d’associa-Génocide n’a montré aucun signe de fatigue en tions, il n’est pas une organisation, au sens où il parcourant d’un pas alerte les cinq cents mètres aurait des ressources humaines et financières pro-qui séparent la statue de Komitas des Champs- pres en qualité et en quantité suffisantes pour Elysées, la manifestation, dans son ensemble, a donner à ses actions toute l’extension voulue. Pas montré des signes évidents d’essoufflement. de permanents, pas d’équipements propres, peu Quoi qu’on en dise, le nombre des participants de finances. Les jeux sont faits : tout passe néces-Qmpacragan5 n’était pas au rendez-vous. Les slogans, repris sairement par les organisations membres, dont année après année à quelques variantes près, l’influence s’étend peu ou prou à ses membres ou YRGQ)SOV:IVNU` avaient un air de déjà entendu. Les leaders poli-à ses proches sympathisants. En ce sens, le CCAF ANHRA+Y<DOV:IVN tiques non-arméniens, loin de s’y presser comme n’est pas une organisation, mais un assemblage les années passées, se sont fait remplacer par d’organisations, dont l’action ne peut s’étendre Ma3ryrov )r6 des deuxièmes couteaux. Enfin, la réception à au-delà des membres qui la composent. l’Hôtel de Ville a été victime de son faste discret, Il faut constater ensuite que le conseil d’ad-M)R SIRDU tant l’intérêt pour les petits fours l’emportait sur8 ministration et son bureau, c’est-à-dire les équi-les appels au combat. Seule la manifestation sur pes dirigeantes, sont élus par les associations Arxaqi Dicranagyrdin le Parvis de Notre-Dame, le jour d’avant, a membres et ne doivent rendre des comptes qu’à dégagé un air de jeunesse. Pour le reste, leBy.ovmnyru elles. Il suffit que ces dernières soient satisfai-24 avril est entré dans la routine. Comme disait tes. Que l’ensemble de la communauté – la Beckett, l’habitude est une grande sourdine.Musique 10 masse des silencieux – ne soit pas satisfait n’en-e Depuis les grandes manifestations du 90 traîne aucune conséquence puisque les seuls qui Alain Altinoglu anniversaire, que s’est-il donc passé ? Les mani-ont leur mot à dire sont ceux qui font partie du La musique passionnément festations du 24 avril sont organisées par le tissu associatif. Si, en 2001, il était nécessaire CCAF (dont le rédacteur fait partie et dont il de bâtir une organisation communautaire sur assume les actions). Par définition, ce Comité de l’ensemble des associations, il est clair Coordination regroupe les organisations armé-aujourd’hui que l’on est arrivé au bout de ce sys-niennes, qui ont pour charge de mobiliser leurs tème. A agir par le biais de ses associations adhérents. Ce sont donc ces adhérents qui se membres sans avoir les moyens d’aller au-delà, à mobilisent. Guère au-delà. Le reste de la commu-éviter ainsi la sanction du reste de la commu-nauté, rarement informé, peu sollicité, et par là nauté, le CCAF est condamné à fonctionner en même moins motivé, cède à la force naturelle vase clos. d’inertie qui, ne l’oublions pas, est une force. Littérature 12 Le temps de donner la parole à la commu-Faute d’un travail d’information et de mobilisa-nauté silencieuse est venu. Pour cela, il n’y a tion qui s’étende au-delà des cercles associatifs,Krikor Zohrab qu’un moyen : que le CCAF devienne ce qu’il doit la grande masse de la communauté reste en dés-être, à savoir le représentant de toute la commu-Ecrivain et homme hérence. A force de ne se parler qu’entre soi, on politique nauté, élu par elle, financé par elle et jugé par finit par rester seuls avec soi-même. Le confort elle. C’est ce que l’on appelle, en d’autres termes, d’une association en trace la limite. une organisation démocratique. Périodiquement, pour pallier cet enferme-René Dzagoyanment progressif, on invoque une couverture médiatique nationale qui porterait notre mes-sage bien au-delà de nos cercles d’initiés. Mais c’est un peu vite oublier qu’une commémoration, fût-elle celle d’un génocide, est un non-événe-ment. Les Darfouris en savent quelque chose. D’autant qu’un siècle après son exécution, un génocide n’est plus un scoop ; l’événement, c’est la masse de ceux qui le commémorent. Et, dans notre cas, la masse n’y est pas. Les médias ne sont pas là pour mobiliser les foules, mais parce que les foules sont mobilisées. On invoque encore la passivité de la commu-nauté, particulièrement de sa jeunesse. Là encore, à voir comment les jeunes se mobilisent lorsqu’il s’agit du CEP ou des coupes sombres dans le corps enseignant, il est évident que sa passivité est moins une cause qu’un résultat. D’ailleurs, le concept même et la qualité de l’événementiel du Parvis de Notre-Dame, organisé exclusivement par des jeunes, montre de quel côté se trouve la créa-23 avril à Erevan. Veillée de la jeunesse au pied de la statue de Hovhannes Toumanian. tion et l’innovation. Un seul ingrédient lui man-
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