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La datation des rois de Byblos Abibaal et Élibaal et les relations entre l’Égypte et le Levant au Xe siècle av. notre ère - article ; n°4 ; vol.150, pg 1697-1716

De
20 pages
Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres - Année 2006 - Volume 150 - Numéro 4 - Pages 1697-1716
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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COMMUNICATION
LA DATATION DES ROIS DE BYBLOS ABIBAAL ET ÉLIBAAL ET LES RELATIONS ENTRE L’ÉGYPTE ET LE LEVANT AU X e SIÈCLE AV. NOTRE ÈRE, PAR M. ANDRÉ LEMAIRE, CORRESPONDANT DE L’ACADEMIE
Les inscriptions des rois de Byblos Abibaal et Élibaal figurent en bonne place dans les manuels d’épigraphie ouest-sémitique de H. Donner et W. Röllig 1 , d’une part, et de J.C.L. Gibson 2 , d’autre part. Cependant, alors que l’inscription d’Élibaal est clairement mentionnée comme étant actuellement exposée au Louvre, ces deux manuels n’indiquent pas où se trouve l’inscription d’Abi-baal. La « redécouverte » de l’inscription d’Abibaal au Vorder-asiatisches Museum de Berlin et la récente proposition de rabaisser la date de ces deux inscriptions du X e siècle av. notre ère au IX e , voire au début du VIII e siècle, plus spécialement vers 850-750 av. notre ère 3 , nous invitent à réexaminer la datation et l’in-terprétation historique de ces deux inscriptions. Ce réexamen portera d’abord sur la lecture des inscriptions phéniciennes, puis sur la signification, pour leur datation, du fait que ces deux ins-criptions royales sont gravées sur des statues de pharaon, enfin nous élargirons l’interprétation historique au Sud du Levant en exploitant la tradition littéraire historiographique.
I. Les inscriptions royales phéniciennes sur statue de pharaon Les deux inscriptions royales d’Abibaal et d’Élibaal sont toutes les deux gravées sur des statues de pharaon. Le fait est par-
1. Kanaanäische und aramäische Inschriften (KAI) , 3 volumes, Wiesbaden, 2002 5 , n os 5 et 6. 2. Textbook of Syrian Semitic Inscriptions , II. Phoenician Inscriptions , Oxford, 1982, n os 7 et 8. 3. B. Sass, The Alphabet at the Turn of the Millennium. The West Semitic Alphabet ca. 1150-850 BCE. The Antiquity of the Arabian, Greek and Phrygian Alphabets , Tel-Aviv Occa-sional Publications 4, Tel-Aviv, 2005, spéc. p. 48-49 et 73. Pour une critique préliminaire, cf. M. Heltzer, Ugarit-Forschungen (UF) 36 (2006), p. 711-716.
1698 COMPTES RENDUS DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ticulièrement évident pour l’inscription phénicienne d’Élibaal, achetée avant 1881 par un banquier-collectionneur de Naples, M. Meuricoffre, avant de finalement entrer au Louvre 4 (fig. 1). L’inscription phénicienne y enchâsse, en quelque sorte, le car-touche du pharaon Osorkon I er ; elle reste légèrement incomplète mais on peut la restituer de façon presque assurée 5 : 1. M .ZP‘L.’LB‘L.MLK.GBL.BY [ MLK.MLK GBL ] 2. [ L ] B ‘LT.GBL.’DTW.T’RK.B‘LT[ .GBL ] 3. [ YMT.’ ]LB‘L.W NTW.‘L[ .GBL ] 1. « Statue 6 qu’a faite Élibaal, roi de Byblos, fils de Ye i [milk, roi de Byblos, ] 2. [ pour la maî ]tresse de Byblos, sa Dame. Que la maîtresse [ de Byblos ] prolonge 3. [ les jours d’ É]libaal et ses années sur [ Byblos. ] » Dans cette inscription, Élibaal affirme donc clairement que c’est lui qui a fait, c’est-à-dire qui a fait faire 7 , la statue du pharaon Osorkon I er . Cette inscription éclaire quelque peu le texte de l’inscription d’Abibaal acquise à Jbeil/Byblos par Loytved, consul du Dane-mark à Beyrouth, et publiée par Ch. Clermont-Ganneau dans une communication à l’Académie en 1903 8 . Elle est moins bien
4.On trouvera l«étrange fortune» de ce monument éÉvoquée draoin sd le e B d y it b i l o o p s r » i , ncSeps de R. Dussaud, « Dédicace d’une statue d’Osorkon I er par liba‘al, yria 6 (1925), p. 101-117, à compléter éventuellement par P. Montet, Byblos et l’Égypte. Quatre campagnes de fouilles à Gebeil 1921-1922-1923-1924 , Bibliothèque archéologique et histo-rique (BAH) 11, Paris, 1928, p. 49-54 ; M. Dunand, Fouilles de Byblos I , 1926-1932 , Texte, Paris, 1939, p. 17-18. Pour une présentation brève récente, cf. P. Amiet et Ch. Ziegler, « 43. Statue d’Osorkon I er provenant de Byblos », dans J. Yoyotte (éd.), Tanis. L’or des Pharaons, Catalogue, Galeries nationales du Grand Palais, Paris 26 mars-20 juillet 1987, Marseille 19 septembre-30 novembre 1987 , Paris, 1987, p. 166. 5. L’examen de la statue du Louvre révèle une petite trace inférieure de l’extrémité du B au début de la ligne 2, tandis que la lecture B‘LT à la fin de la ligne 2 s’appuie sur un petit fragment de la même statue retrouvé par les fouilles de M. Dunand à Byblos ( loc. cit. [n. 4]). 6. Sur ce mot, cf. P. Xella, « Fenicio M(’) , “statua”. (Matériaux pour le lexique phéni-cien – III) », dans K. Geus et K. Zimmermann (éd.), Punica-Libyca-Ptolemaica. Festschrift für Werner Huss , Studia Phoenicia 16, Orientalia Lovaniensia Analecta (OLA) 104, Louvain-Paris, 2001, p. 21-40. 7. S’il s’agit d’un verbe à la conjugaison simple, cette interprétation est classique lors-qu’un chef s’exprime. Bien que R. Dussaud ait proposé de voir dans cette statue un « présent » d’Osorkon I er , il avait noté : « On peut encore imaginer qu’Élibaal a commandé en Égypte la statue du pharaon. L’expression “a fait” serait alors plus en situation » ( Syria 6 [1925], p. 111, n. 3). 8. Ch. Clermont-Ganneau, « Inscription égypto-phénicienne de Byblos », CRAI 1903, p. 1-6 ; Id., « Inscription égypto-phénicienne de Byblos », Recueil d’archéologie orientale VI, Paris, 1905, p. 74-78 ; Répertoire d’épigraphie sémitique II, 501-1200 , Paris, 1907-1914, n° 505.
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