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Le hameau de la Tène finale du Braden II à Quimper (Finistère) - article ; n°1 ; vol.4, pg 67-89

De
25 pages
Revue archéologique de l'ouest - Année 1987 - Volume 4 - Numéro 1 - Pages 67-89
Le hameau gaulois de la Tène finale du Braden II se situe au coeur d'une zone de la banlieue sud de Quimper en cours d'urbanisation et riche en sites de l'Age du Fer et de l'époque gallo-romaine. Cet établissement n'a pu être fouillé exhaustivement. Délimité dans un premier temps par une palissade, puis par un talus à base de pierres, le hameau présente un plan ovalaire et couvre une superficie de 6 000 m . Une cabane livre un plan trapézoïdal dans sa première phase de construction, puis à abside dans la seconde. Le foyer central à voûte et les parois de clayonnage sont bien conservés. L'étude d'un lot important et homogène de céramique et une datation archéomagnétique confirment une occupation du site durant le premier siècle av. J.-C Premier établissement de cette époque ainsi étudié en Armorique, ce site fournit d'utiles comparaisons pour les nombreuses fouilles actuellement menées dans la région et, notamment, pour le hameau du Braden I, voisin de 200 m, dont l'étude intégrale est déjà très avancée.
Der aus der Spätlatène-Zeit stammende gallische Weiler von Le Braden II befindet im Herzen einer Neubauzone im südlichen Vorortviertel von Quimper, die sehr reich an Fundstellen der Eizenzeit und der gallo-römischen Epoche ist. XXXXX Diese Siedlung konnte nicht vollständig ausgegraben werden. Ursprünglich von einem Palisadenzaun umgeben, dann von einem Steinwall, zeigt sich der Weiler in ovaler Foirm auf einer Fläche von 6 000 m . Eine Hütte zeigt in ihrer ersten bauphase einen trapezeförmigen Grundriß, in ihrer zweiten einen apsisförmigen Anbau. Die zentrale Feuerstelle mit Wölbung und die Wände aus Flechtwerk sind gut erhalten. Die Untersuchung eines bedeutenden, einheitlichen Teils des Tongeschirrs und die archeomagnetische Datierung bestätigen eine Besiedlung des Ortes während des 1Jahrhunderts vor Christus. Als erste länd-liche siedlung aus der genannten Epohe im Armorique, bietet sie nützliche Vergleiche hinsichtlich der augenblicklich in der genannten Gegend vorgenommenen Ausgrabungen und vor allem hinsichtlich des 200 m entfernten Weilers von Le Braden I, dessen vollständige Untersuchung bereits fortgeschritten ist.
The Braden II late La Tene gaulish hamlet lies at the heart of a zone in the southern suburb of Quimper where the urbanization is going on and which has a high density of sites from both the Iron Age and gallo-roman periods. It has not been possible to excavate this settlement thouroughly. It was limited primarily by a fence and later by a stone-based bank. The hamlet shows an oval-like plan and extends over an area of 6 000 sq. meters. A house reveals a trapezium-like plan corresponding to its first period followed by an absid-like plan for the second phase of its construction. The vaulted central hearth and the daub and wattle walls are well preserved. The study of an important and homogeneous collection of pottery and the archaeomagnetic dating confirm that the site was occupied during the first century B.C. This is the first rural settlement of this period to be studied in Brittany in this way and it provides useful comparisons for the numerous excavations currently being carried out in this région, particularly that of Braden I, a neighbouring site some 200 meters away from Braden II, the complète study of which is well under way.
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Jean-Paul Le Bihan
Marie-Yvane Daire
Pierre Carrie
Françoise Goupil
Le hameau de la Tène finale du Braden II à Quimper (Finistère)
In: Revue archéologique de l'ouest, tome 4, 1987. pp. 67-89.
Citer ce document / Cite this document :
Le Bihan Jean-Paul, Daire Marie-Yvane, Carrie Pierre, Goupil Françoise. Le hameau de la Tène finale du Braden II à Quimper
(Finistère). In: Revue archéologique de l'ouest, tome 4, 1987. pp. 67-89.
doi : 10.3406/rao.1987.905
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709X_1987_num_4_1_905Résumé
Le hameau gaulois de la Tène finale du Braden II se situe au coeur d'une zone de la banlieue sud de
Quimper en cours d'urbanisation et riche en sites de l'Age du Fer et de l'époque gallo-romaine. Cet
établissement n'a pu être fouillé exhaustivement. Délimité dans un premier temps par une palissade,
puis par un talus à base de pierres, le hameau présente un plan ovalaire et couvre une superficie de 6
000 m . Une cabane livre un plan trapézoïdal dans sa première phase de construction, puis à abside
dans la seconde. Le foyer central à voûte et les parois de clayonnage sont bien conservés. L'étude d'un
lot important et homogène de céramique et une datation archéomagnétique confirment une occupation
du site durant le premier siècle av. J.-C Premier établissement de cette époque ainsi étudié en
Armorique, ce site fournit d'utiles comparaisons pour les nombreuses fouilles actuellement menées
dans la région et, notamment, pour le hameau du Braden I, voisin de 200 m, dont l'étude intégrale est
déjà très avancée.
Zusammenfassung
Der aus der Spätlatène-Zeit stammende gallische Weiler von Le Braden II befindet im Herzen einer
Neubauzone im südlichen Vorortviertel von Quimper, die sehr reich an Fundstellen der Eizenzeit und
der gallo-römischen Epoche ist. XXXXX Diese Siedlung konnte nicht vollständig ausgegraben werden.
Ursprünglich von einem Palisadenzaun umgeben, dann von einem Steinwall, zeigt sich der Weiler in
ovaler Foirm auf einer Fläche von 6 000 m . Eine Hütte zeigt in ihrer ersten bauphase einen
trapezeförmigen Grundriß, in ihrer zweiten einen apsisförmigen Anbau. Die zentrale Feuerstelle mit
Wölbung und die Wände aus Flechtwerk sind gut erhalten. Die Untersuchung eines bedeutenden,
einheitlichen Teils des Tongeschirrs und die archeomagnetische Datierung bestätigen eine Besiedlung
des Ortes während des 1Jahrhunderts vor Christus. Als erste länd-liche siedlung aus der genannten
Epohe im Armorique, bietet sie nützliche Vergleiche hinsichtlich der augenblicklich in der
Gegend vorgenommenen Ausgrabungen und vor allem des 200 m entfernten Weilers von
Le Braden I, dessen vollständige Untersuchung bereits fortgeschritten ist.
Abstract
The Braden II late La Tene gaulish hamlet lies at the heart of a zone in the southern suburb of Quimper
where the urbanization is going on and which has a high density of sites from both the Iron Age and
gallo-roman periods. It has not been possible to excavate this settlement thouroughly. It was limited
primarily by a fence and later by a stone-based bank. The hamlet shows an oval-like plan and extends
over an area of 6 000 sq. meters. A house reveals a trapezium-like plan corresponding to its first period
followed by an absid-like plan for the second phase of its construction. The vaulted central hearth and
the daub and wattle walls are well preserved. The study of an important and homogeneous collection of
pottery and the archaeomagnetic dating confirm that the site was occupied during the first century B.C.
This is the first rural settlement of this period to be studied in Brittany in this way and it provides useful
comparisons for the numerous excavations currently being carried out in this région, particularly that of
Braden I, a neighbouring site some 200 meters away from Braden II, the complète study of which is well
under way.67
Rev. archéol. Ouest, 4, 1987, p. 67-89.
LE HAMEAU DE LA TENE FINALE DU BRADEN II
à Quimper (Finistère)
Jean-Paul LE BIHAN * Marie-Yvane DAIRE **, Pieire CARRIE ***, Françoise GOUPIL ****
Résumé : Le hameau gaulois de la Tène finale du Braden II se situe au coeur d'une zone de la banlieue sud de
Quimper en cours d'urbanisation et riche en sites de l'Age du Fer et de l'époque gallo-romaine. Cet établi
ssement n'a pu être fouillé exhaustivement. Délimité dans un premier temps par une palissade, puis par un talus à
base de pierres, le hameau présente un plan ovalaire et couvre une superficie de 6 000 m . Une cabane livre un
plan trapézoïdal dans sa première phase de construction, puis à abside dans la seconde. Le foyer central à voûte
et les parois de clayonnage sont bien conservés. L'étude d'un lot important et homogène de céramique et une
datation archéomagnétique confirment une occupation du site durant le premier siècle av. J.-C Premier établi
ssement de cette époque ainsi étudié en Armorique, ce site fournit d'utiles comparaisons pour les nombreuses
fouilles actuellement menées dans la région et, notamment, pour le hameau du Braden I, voisin de 200 m, dont
l'étude intégrale est déjà très avancée.
Abstract : The Braden II late La Tene gaulish hamlet lies at the heart of a zone in the southern suburb of Quimp
er where the urbanization is going on and which has a high density of sites from both the Iron Age and gallo-
roman periods. It has not been possible to excavate this settlement thouroughly. It was limited primarily by a
fence and later by a stone-based bank. The hamlet shows an oval-like plan and extends over an area of 6 000 sq.
meters. A house reveals a trapezium-like plan corresponding to its first period followed by an absid-like plan for
the second phase of its construction. The vaulted central hearth and the daub and wattle walls are well preserved.
The study of an important and homogeneous collection of pottery and the archaeomagnetic dating confirm that
the site was occupied during the first century B.C. This is the first rural settlement of this period to be studied in
Brittany in this way and it provides useful comparisons for the numerous excavations currently being carried out
in this région, particularly that of Braden I, a neighbouring site some 200 meters away from Braden II, the comp
lète study of which is well under way.
Zusammenfassung : Der aus der Spàtlatène-Zeit stammende gallische Weiler von Le Braden II befindet im Her-
zen einer Neubauzone im sùdlichen Vorortviertel von Quimper, die sehr reich an Fundstellen der Eizenzeit und
der gallo-rômischen Epoche ist. XXXXX Dièse Siedlung konnte nicht vollstàndig ausgegraben werden. Ursprùn-
glich von einem Palisadenzaun umgeben, dann von einem Steinwall^zeigt sich der Weiler in ovaler Foirm auf ei
ner Flache von 6 000 m . Eine Hutte zeigt in ihrer ersten bauphase einen trapezefôrmigen GrundriB, in ihrer
zweiten einen apsisfôrmigen Anbau. Die zentrale Feuerstelle mit Wôlbung und die Wànde aus Flechtwerk sind
gut erhalten. Die Untersuchung eines bedeutenden, einheitlichen Teils des Tongeschirrs und die archeomagne-
tische Datierung bestàtigen eine Besiedlung des Ortes wàhrend des Uahrhunderts vor Christus. Als erste lànd-
liche siedlung aus der genannten Epohe im Armorique, bietet sie nùtzliche Vergleiche hinsichtlich der augenbli-
cklich in der genannten Gegend vorgenommenen Ausgrabungen und vor allem hinsichtlich des 200 m entfernten
Weilers von Le Braden I, dessen vollstàndige Untersuchung bereits fortgeschritten ist.
Mots-clés : La Tène finale, hameau, enclos, cabane, foyer, clayonnage, céramique.
Key-words : Late La Tene, hamlet, enclosure, house, heart, daub and wattle walls, pottery.
Stichwôrter : Die Spâtlatène-Zeit, der Weiler, das umzaiinter Platz, die Hutte, die Feuerstelle, das Flechtwerk,
das Tongeschirrs.
* 56 lient Roazhon, 29000 Quimper, ** 26 square H. Dunant, 35700 Rennes, *** 29000 St Evarzec, **** 7 allée Vi
valdi, 72100 Le Mans. I
I
I
I
68
Z.A.C. du Braden bouleverse brutalement les donLe site archéologique du Braden se développe sur
nées du problème. En effet, sur plus de trente hecun élément du robuste plateau granitique de Cor-
tares, se succèdent, à un rythme très rapide, le pernouaille qui domine, au sud, la ville antique et mé
cement d'une rocade et d'un réseau de voirie secondiévale de Quimper. Ce plateau, orienté d'est en
daire, la construction de petits immeubles et d'îlots ouest, est limité, au nord et à l'ouest, par une pro
pavillonnaires. Ces derniers sont le fruit de prfonde faille occupée par le fond de ria de l'Odet, au
ogrammes d'ensemble traités par des promoteurs prisud, par la vigoureuse vallée creusée par un affluent
vés ou issus d'opérations individuelles engagées dde l'Odet. Une série de talwegs d'inégale importance
irectement par les propriétaires. Sur le plan archéologriffe le plateau et draine les eaux du nord vers le
gique, cela se traduit par la mise au jour, entre 1980 sud par suite de sa légère inclinaison. L'altitude
et 1983, de huit sites, dont trois hameaux de la Tène, moyenne se situe entre 60 et 70 m et les ruptures de
quatre établissements gallo-romains et une petite pentes, bien marquées, se manifestent entre 60 et
carrière médiévale. A cela, il faut ajouter la décou50 m.
verte d'une voie romaine révélant un itinéraire inédit Les établissements gaulois et gallo-romains mis au
(Le Bihan, 1984). jour sont situés à proximité de la ferme du Braden, le
Le hameau gaulois du Braden II (5) appartient à long d'une bordure sud-ouest de la plate-forme.
cette série et se situe, en bordure de plateau, très Les conditions d'implantation humaine sont excel
précisément au contact de la rupture de pente, tout lentes avec une bonne exposition au soleil, de vastes
en bénéficiant d'une surface relativement plane. surfaces planes pour la culture ; sans préjuger de la
Ainsi, il est largement exposé au sud-ouest et jouit situation à l'Age de Fer, il convient de souligner
d'une très belle vue sur la vallée de l'Odet. Au mol'existence actuelle d'une épaisse couche de terre
ment de sa découverte (6), en février 1981, les dégâts arable, rarement inférieure à 0,20 m. L'eau n'est ja
causés par les travaux de voirie sont déjà très impormais éloignée dans cette zone où le granité broyé a
tants et plusieurs structures archéologiques sont arlterne avec les bancs d'arène et de légères dépressions
rachées, notamment un angle de la cabane. Les perargileuses. En outre, il ne faut pas négliger la gran
mis de construire sont délivrés, ou en cours d'attrdeur du paysage sur ce site de hauteur aux belles
ibution, à la vingtaine de propriétaires qui se échappées sur l'Odet. Cependant, en dépit de tous
partagent les 6 000 m du hameau laténien. Tout cela ces éléments favorables, de la présence d'une
interdit une fouille d'envergure et l'établissement ne parcelle dénommée "Parc-Moguer" (1), malgré un
fait donc l'objet que d'études ponctuelles. Ainsi, la travail de prospection non négligeable (2), aucun site
cabane, ses fossés et son espace environnants doivent archéologique n'est signalé (3) dans ce secteur du
être analysés en une semaine seulement (7). Les plateau avant 1980 (4).
La mise en chantier de la première tranche de la résultats obtenus permettent, toutefois, de se faire
Occupation gauloise
Occupation romaine
Occupation médiévale
Courbe de niveau de 50m
Fig. 1 : Quimper gaulois et antique. 69
centre, à l'emplacement du poteau. Le volume des une bonne idée de l'habitat et de l'organisation de ce
trous peut paraître impressionnant, voire inhabituel. petit établissement.
Si l'on veut atteindre une profondeur de un mètre, il
1 - LA CABANE (fig. 6) est nécessaire, à cause de la dureté de la roche feuil
letée du sous-sol, de se ménager un diamètre de la
rgeur identique, faute de quoi le travail de creuseL'élément le plus important mis en évidence est
ment devient impossible. donc une grande cabane trapézoïdale, longue de
- Les trous de taille moyenne, profonds de 0,50 m 10 m, large de 5 à 6 m. Bâtie à l'extrémité occidentale
environ (n° 7 à 12) bordent la façade ouest. Leur du village, elle s'oriente approximativement nord-sud
forme, plus irrégulière, donne l'impression, soit d'un avec un décalage nord-est, sud-ouest de 22°. L'angle
sud-est se trouve écorné par le tracé d'une rue mo réaménagement pour un deuxième état de la cabane,
derne qui ne laisse en place, dans ce secteur, que les soit un creusement en deux temps avec un large
avant-trou puis un orifice plus étroit correspondant fonds de trous de poteaux. La cabane est cependant
préservée à 85 % ; comme elle a été détruite par un exactement au poteau. Ils sont souvent comblés de
grosses pierres. violent incendie et qu'aucun bouleversement n'a af
- Les trous repérés à l'emplacement de la route fecté cet espace depuis lors, nous sommes devant un
sont plus petits et moins profonds. Il faut tenir état de conservation assez exceptionnel.
compte de l'arrachement du sol dû au chantier ac
tuel. Ce groupe est (n° 13 à 21), par sa forme, sa disa) Les murs
tribution et ses dimensions originelles, à rapprocher Les trous de poteaux du précédent.
Au nombre de vingt et un, nous pouvons les disso
cier en trois types. Les parois de clayonnage
n° - Les grands trous, 1 à 6, présentent un dia D'abondants éléments de murs sont relevés en
mètre et une profondeur de un mètre. Nous les place. Deux zones, particulièrement riches, les livrent
trouvons au milieu des pignons nord et sud, ainsi que sous des aspects différents (fig. 3).
sur la façade est, au nombre de trois. Le trou le plus Au sud-est, la paroi de clayonnage, violemment
septentrional de la façade ouest se classe dans cette brûlée, s'est effondrée sur le sol et l'argile ; brutale
catégorie. Peut-être faut-il y ajouter les exemplaires 9 ment cuite, elle s'est fossilisée, conservant les em
et 10 situés sur cette même paroi. Le trou du pignon preintes de toutes les armatures de bois. Sur 2 m ,
sud contient des fragments de clayonnage et celui du l'orientation de celle-ci démontre que la cloison sud
milieu de façade est comblé de terre noire en son s'est couchée vers le centre de la cabane. Le réseau
FOSSE DEGAGE
FOSSE PROBABLE
RESTITUTION HYPOTHETIQUE
MATIERES ORGANIQUES
BRULEES
CABANE 2 EPOQUES)
0 lOn
Fig. 2 : Le Braden II : plan d'ensemble. .
I
.
:
70
serré et horizontal des branchettes de coudrier appar durcie, le lien entre la paroi et l'habitation.
L'angle nord-est de la cabane livre également un aît grâce à l'excellente qualité des empreintes. Nous
mur effondré, sous un aspect différent cependant. repérons, par leurs alignements perpendiculaires, les
Sur le sol intérieur, la stratigraphie présente en effet emplacements et distances exacts des montants verti
caux cylindriques autour desquels s'entrelacent ces trois couches : de l'argile, une mince pellicule très
chargée en charbons de bois de 1 à 2 cm d'épaisseur fines tiges. Leur diamètre moyen correspond à celui
et, à nouveau, une couche d'argile légèrement durcie. d'un doigt de main. Celui des montants, distants d'un
empan, est de 3 à 5 cm. Un examen minutieux de L'épaisseur totale varie de 0,10 à 0,15 m. Nous pen
l'argile met en évidence la technique de fabrication sons que, dans ce secteur, la paroi s'est également
de la paroi. Un bourrage du treillis, assez laborieux si effondrée au moment de l'incendie. Elle n'a pas subi
l'action d'un feu aussi intense qu'à l'autre extrémité l'on se réfère aux empreintes de doigts et aux vides
de la cabane. Nous croyons que c'est le sud de celle- encore visibles, précède l'application des couches ex
ci qui s'est enflammé, rubéfiant les parois et terne et interne grossièrement lissées. L'ensemble
entraînant, quelques instants plus tard, l'écroulement n'excède pas 0,10 ou 0,12 m d'épaisseur. C'est dans
de l'ensemble de l'habitation, et sans doute, l'étouf- cette partie de la cabane que l'incendie a été le plus
fement du feu vers le nord de la construction. Dans violent et les destructions causées par la chaussée
moderne nous privent de renseignements très pré ce secteur, les plaques d'argile ont simplement durci
tandis que l'armature de bois se consumait douce- cieux. Il aurait été intéressant de lire, dans l'argile
LEGENDE
Argile blanchie sous action de la chaleur
paroi du four
i Argile rubéfiée j L j so|e du (our
Terre noire chargée de matières organiques brûlées
effondrement de ta toiture
Paroi de clayonnage effondrée
au sud fossilisation por incendie
Trou de poteau
Emprise de voirie structures arasées
Fig. 3 : Habitat du Braden. 71
térioration n'est sans doute pas la cause de cet aminment. L'ensemble, couché sur le sol, s'est maintenu
cissement vers le haut. Cette ceinture est, en effet, en l'état jusqu'à la fouille.
préservée sur 0,25 m au-dessus de la sole. Elle
s'interrompt au sud, ménageant l'entrée du foyer b) Le sol
orientée vers le plus grand espace de la cabane, mais Le sol de la cabane est aménagé par la simple aussi, assez naturellement, vers la partie de l'habitechnique de la terre battue. Un déroctage est néces tation qui a brûlé le plus intensément. Comme c'est
saire pour égaliser le niveau avant de compacter de également la direction de la porte, le lien avec la terre argileuse aussi horizontalement que possible. l'incendie est peut-être établi. Cette technique est attestée par la présence de nom L'argile compacte de la paroi recèle, en outre, un breux petits cratères comblés de terre noire qui ap réseau de traits rectilignes imbriqués, de un centiparaissent lorsque l'on gratte ce sol. Il est difficile de mètre de diamètre environ et comblés de terre noire. discerner d'éventuelles réfections ou reprises et les Il faut songer à une armature de type clayonnage lépetits tessons découverts dans le remplissage de ces ger, destinée à soutenir la paroi d'argile, au moins dépressions ne nous aident guère à ce sujet. Sous pendant les premières cuissons, jusqu'au durcissl'effondrement de la paroi sud en feu, le sol s'est ru ement définitif. Nous avons là les restes d'un four très béfié par l'action des braises, ceci sur une épaisseur élaboré mais d'un usage courant à cette époque (8) de 2 à 3 cm. Dans l'ensemble, la limite du sol se re (Arcelin, 1981). Le foyer contient une couche de père aisément. le secteur nord, le contour inté deux à quatre centimètres de charbon de bois et les rieur de la cabane est parfaitement marqué car le sol, fragments d'une urne sans doute utilisée pour sensiblement horizontal, est surcreusé dans le rocher l'ultime repas mijoté au moment de l'incendie fatal. composé, en cet endroit, de granité broyé. Ainsi, au Hors de l'habitation, à environ 2 m au sud-est de la cun doute n'est possible quant à l'absence de trou de façade est, subsiste la base d'une structure circulaire poteau porteur dans les angles. Il ne faut cependant de 1,20 m de diamètre. Une faible dépression ceinte pas exclure la présence de tels poteaux s'appuyant d de petites pierres et comblée de cendres, de quelques
irectement sur le sol. Leur efficacité serait, toutefois, tessons gaulois, évoque un foyer de plein air. Les tralimitée. vaux de voirie en ont arraché la partie supérieure,
Les indices sont minces pour étudier la manière mais il faut certainement le relier à la cabane, sans dont les murs de la cabane se raccordent au sol. Ce plus de précision. pendant, le long de la façace ouest, entre les trous de
poteaux n° 6 et 7, deux montants de l'armature de e) Interprétation du plan clayonnage d'un diamètre de 3 cm, totalement calci
En dépit de la simplicité apparente de l'ensemble, nés, sont fichés dans ce sol. Ils prouvent que la paroi
plusieurs problèmes se posent en ce qui concerne le était directement implantée dans celui-ci. De toute
plan de l'édifice. Il n'est pas possible d'intégrer tous manière, dans la zone nord et nordjouest, du côté
les trous de poteau dans le cadre d'un plan unique de des vents froids et humides, la cabane s'enfonce de
cabane et l'hypothèse d'un réaménagement, d'une plusieurs dizaines de centimètres par rapport au n
restructuration s'impose. Nous proposons donc le iveau extérieur grâce à la pente naturelle du terrain.
schéma suivant : Toujours dans ce même secteur, des pierres, alignées
à l'extérieur de la cabane, contribuent au calage et à
1er plan (fig. 4) l'isolation du bas de la paroi.
Simple, il s'appuie sur les gros trous de poteaux, un c) La toiture coupje en pignon et trois en façade. Le nombre est
certes réduit mais compensé par la taille robuste des II faut sans doute en voir les restes dans la couche
éléments porteurs. Il n'y a pas de trous de poteaux de terre noire chargée de matières organiques pulvé
d'angles. Bien que nous puissions imaginer, en ces risées et brûlées relevées le long de la paroi sud. Ce
angles, de petits madriers reposant sur des pierres serait le signe de l'effondrement du toit. Quelques
plates ou, plus vraisemblablement, directement sur le fragments de bois brûlé, récupérés sur le sol, évo
quent des poutrelles de charpente. Elles semblent
grossièrement équarries.
d) Les foyers
Au coeur de la cabane, légèrement excentré vers le
nord, un foyer (fig. 7 et 8) demeure en bon état de
conservation. Malheureusement, sa fouille s'effectue
en catastrophe et une destruction prématurée par la
pelleteuse empêche, par exemple, le démontage des
parois.
Ce foyer se compose d'une sole d'argile fortement
rubéfiée sur près de 0,10 m d'épaisseur, d'un dia
mètre d'environ 1,20 m pour une forme sub-circu-
laire. Ce coeur est ceint d'un bourrelet d'argile
blanche, durcie sous l'effet de la chaleur, rougie sur
sa face interne. Son épaisseur varie de 0,60 à 0,40 m
à la base, à 0,20 à 030 m au sommet conservé. La dé- Fig. 4 : Charpente de 1ère phase de la cabane. :
72
sans nous préoccuper des techniques d'assemblage sol, il s'agit là d'une autre anomalie (9). Nous rete
nons cependant cette solution car, à partir d'obser des pièces de bois.
vations claires, il n'en existe pas d'autres. La fouille
du nord de la cabane est formelle. 1ère charpente (fig. 4)
Malgré une faible différence de longueur entre les C'est celle qui nous pose le plus de problèmes deux pignons, 5,25 m au nord et 6,50 au sud, il n'est compte tenu de l'absence des trous de poteaux d'anpas interdit de présenter ce plan comme trapézoïdal. gle. Nous retenons cependant une solution simple, Aucune comparaison n'est possible en Armorique. admettant que les arbalétriers d'angle s'appuient sur Par contre, quelques cas analogues apparaissent dans des montants, certes assez légers et dépourvus de les vallées de la Marne, à La Chaussée sur Marne fondation, mais suffisants grâce à la robustesse des (Villes, 1981) et de l'Aisne à Cuiry Les Chaudardes poteaux porteurs principaux (13). Par ailleurs, ce (U.R.A. n" 12, 1974) rappellent que ce phénomène
système présente l'avantage de ménager un toit à de plan trapézoïdal est un fait mineur dans les bât quatre pans avec réduction de la longueur de la iments des Ages du Bronze et du Fer dans l'ensemble
du domaine continental tempéré (Villes, 1981), 60° panne et faîtière. des murs Nous bas n'excédant adoptons une pas pente 1,60 m de toit hau à
même si des découvertes l'attestent en Allemagne teur. Ainsi, la cabane est parfaitement calée, dans sa (10) et en Suisse (11). A. Villes considère comme partie nord, dans un terrain fortement excavé. prématuré d'établir une permanence de tradition
avec la construction néolithique (Villes, 1981) ; il 2ème charpente (fig. 5) faut, bien entendu, être encore plus prudent pour la
région armoricaine et pour une époque encore plus Elle reprend les mêmes principes et n'est modifiée
basse que les exemples qu'il évoque. qu'au niveau de l'abside.
L'absence de trous et, vraisemblablement, de gros
2èmeplan (fig. 5) poteaux porteurs aux angles du bâtiment de première
période, nous paraît une source de faiblesse, d'autant Plus complexe, il récupère et intègre nécessair plus gênante que le bâtiment s'élargit. ement la partie nord de la première cabane, mais, au Alors, nous pouvons nous demander si cette presud, le relais est pris par une succession de trous plus mière cabane n'a pas connu, au bout d'un certain nombreux, de taille plus modeste. Ils dessinent un temps, de sérieux problèmes, voire une destruction plan absidial et nous avons l'impression que les po partielle. Nous constatons en effet que la partie sud, teaux sont réunis par couples. La cabane se réduit remaniée, est la plus fragile car beaucoup moins enalors à une superficie de 50 m au lieu de 60 m dans castrée dans le sol. La pente naturelle met cette la phase initiale. faiblesse en relief. En outre, ce même angle sud- La chronologie relative s'impose d'elle-même. Si le ouest est exposé aux vents dominants et subit, sur le bâtiment à abside avait précédé, on n'imagine pas rebord du plateau, la pleine pression des grandes qu'il ait pu comporter une structure mixte aussi comp tempêtes. Ainsi, nous pouvons envisager un accident lexe. Le plan le plus compliqué est, en fait, le ré tel que cette partie, seule, nécessite une réfection. La sultat d'avatars. partie nord, bien calée, n'exige pas de réparation. Au
sud, une solution sage, avec multiplication presque f) Tentative de reconstruction de la charpente exagérée des poteaux porteurs et resserrement du
plan est adoptée. Nous connaissons les risques d'une En dépit de tous les risques d'erreurs, nous ten
telle hypothèse fondée sur l'histoire d'un échec. Elle tons, à partir de ces propositions de plan, de reconst
a le mérite d'être cohérente. ituer les charpentes des deux étapes de la cabane. Il
est important de le faire, ne serait-ce que pour matér
ialiser nos hypothèses. De toute manière, un tel tra 2 - LES FOSSES ET AUTRES STRUCTURES
vail n'est pas définitif (12) et nous connaissons aléas
et limites de ce type d'entreprise. Du reste, nous ne Une série de sondages d'importance inégale nous
proposons ici qu'une structure globale simplifiée, permettent, par ailleurs, de cerner la structure d'en
semble du hameau, notamment les fossés qui l'e
ntourent.
a) Le secteur D
L'extrémité occidentale du village est la mieux
connue malgré les destructions profondes causées
par la voirie moderne. Elle épouse globalement la
forme de la cabane, qu'elle enserre à une distance
moyenne de 5 m. Deux fossés, D.l et D.2, se réunis
sent au sud de l'habitation.
Le fossé D.l
Repéré sur 40 m de longueur, il est fouillé sur 30 m
répartis en quatre secteurs d'étude, D.l a, b, c, d
(fig. 9). En D.la, le fond est plat et les flancs
fortement inclinés ; en D.lb, le fond en V débouche Fig. 5 Charpente de 2ème phase de la cabane. 73
Fig. 6 : Vue générale de la cabane ; au second plan, le fossé D.l.
Fig. 7 : La cabane : partie nord et foyer central.
Fig. 8 : La cabane : le foyer central ; la paroi d'argile est sectionnée. 74
lm
TERRE VEGETALE
TERRE FINE GRASSE
TERRE BRUNE SECTION a
k&joia TERRE ARGILEUSE
TERRE GRAVELEUSE
O-SO
TERRE BRULEE
18*881 ARENE GRANITIQUE
SECTION b
PIERRE
S-SO
SECTION C
O-SO E-NE
SECTION dl
Fig. 9 : Fossés du secteur D.