Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Les fouilles de Phanagorie : nouveaux documents archéologiques et épigraphiques du Bosphore - article ; n°1 ; vol.150, pg 255-292

De
38 pages
Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres - Année 2006 - Volume 150 - Numéro 1 - Pages 255-292
38 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

COMMUNICATION
FOUILLES DE PHANAGORIE : NOUVEAUX DOCUMENTS ARCHÉOLOGIQUES ET ÉPIGRAPHIQUES DU BOSPHORE, PAR MM. GRIGORI BONGARD-LEVINE, ASSOCIÉ ÉTRANGER DE L’ACADÉMIE, GENNADI KOCHELENKO ET VLADIMIR KOUZNETSOV
Notre propos est de présenter à l’Académie les fouilles de la cité antique de Phanagorie et les quatre inscriptions qu’elles ont livrées lors de la campagne de l’été 2004. Phanagorie, on le sait, est située sur la côte asiatique de l’actuel détroit de Kertch, l’an-tique Bosphore Cimmérien, à l’endroit où celui-ci se resserre entre la presqu’île de Kertch et la presqu’île de Taman (fig. 1). Phanagorie a été fondée au milieu duVIesiècle av. notre ère (vers 543) par des habitants de la cité de Téos, en Asie Mineure, qui, selon Hérodote, avaient dû quitter leur patrie menacée par les Perses. Elle joua, face à Panticapée, l’actuelle Kertch, un rôle majeur durant toute l’Antiquité. C’était, en quelque sorte, la seconde capitale, asiatique, du royaume grec du Bosphore. La ville cessa définitivement d’exister au début duXesiècle. La cité était installée en bordure du golfe de Taman et s’éta-geait sur deux plateaux, inférieur et supérieur. La partie aujourd’hui visible du site couvre une surface d’en-viron 1 000 m sur 400 m, auxquels il faut ajouter ce qui a été sub-mergé par les eaux du golfe (fig. 2). La ville ancienne couvre en fait une superficie de plus de 60 hectares. Particulièrement riche, la couche archéologique, de 6 à 7 m d’épaisseur, recèle une très grande quantité de vestiges archéologiques qui se sont accumulés au cours des quelque seize siècles de l’existence de la cité. En effet, à la différence des autres sites grecs de la presqu’île de Taman, et de nombre d’autres villes antiques de la mer Noire et de la Médi-terranée, Phanagorie a été construite non pas sur le rocher, mais sur un sol sableux ou argileux (lœss), si bien que les niveaux d’oc-cupation, peu ou pas nivelés au cours du temps, s’y sont superposés
256COMPTES RENDUS DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS
FIG. 1. – Carte du Nord de la mer Noire.
depuis l’époque archaïque jusqu’à l’anéantissement de la ville, offrant une stratigraphie d’une grande richesse. Et comme le terrain est resté vierge de constructions ultérieures, Phanagorie est un site tout à fait unique pour la prospection archéologique. L’attention des savants russes s’est portée sur Phanagorie dès la fin duXVIIIesiècle, après le rattachement de la presqu’île de Taman à la Russie, époque où les premières fouilles de la nécro-pole ont été effectuées1. Pourtant, auXIXesiècle (fig. 3), les fouilles étaient fort peu rigoureuses et parfois même carrément barbares2. Entreprise en 1936, l’étude véritablement scientifique de la cité et de sa nécropole a abouti à des résultats substantiels : on a établi les limites du site, sa séquence stratigraphique et sa chronologie. Des données intéressantes ont été obtenues sur bien des aspects de l’histoire et de la culture matérielle de la ville. Pourtant, malgré
1. Pour l’histoire des études archéologiques à Phanagorie voir : K. K. Gerc [Goertz], « Istoričeskij obzor arxeologičeskix issledovanij i otkrytij na Tamanskoj poluostrove s konca XVIII stoletija do 1 859 g. »,Drevnosti6, vyp. 1, Moscou, p. 5-37 ; M. M. Kobylina, « Fanagorija »,Fanagorija57 (1956), p. 5-12 ; I. V. Tunkina,, MIA Russkaja nauka o klassi-českix drevnostjax juga Rossii (XVIII-seredina XIX v.),Saint-Pétersbourg, 2002. p. 558-582 ; V.D. Kuznetsov, « Kepoi-Phanagoria-Taganrog », dans D. V. Grammenos et E. K. Petro-poulos (éd.),Ancient Greek Colonies in the Black Sea, vol. II, Thessalonique, 2003, p. 902-908. Voir aussi n. 23. 2. V. D. Blavatskij, « Raskopki v Fanagorii v 1938-1939 gg. »,Vestnik Drevnej Istorii3-4 (1940), p. 288.
NOUVEAUX DOCUMENTS DE PHANAGORIE
FIG. 2. site de Phanagorie vu d’avion dans les années 1960. – Le
257
FIG – Vue. 3.site de Phanagorie en 1859 (dessin de de la nécropole (au premier plan) et du K. Goertz).
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin