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12Magazine numero 5 fevrier 2015

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32 pages
DouzeFrance est une plate forme médias spécialisée dans l'actualité culturelle.
Si ce projet est encore aujourd'hui un laboratoire de type Start-up, certains de nos supports sont en passe de devenir leader sur leur marché.
C'est ainsi que 12Magazine, le webmagazine proposant des articles de fond, réuni chaque mois plus de 80.000 lecteurs et que la page Facebook de12france a dépassé les 10.000 abonnés en moins de six mois d'activité.
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Un think tank réunissant journalistes, acteurs, techniciens, élus, chefs d’entreprise, responsables associatifs... Nous vous proposons de nous rejoindre à titre personnel ou comme représentant de votre structure.
LE CLUB 12 est avant tout un lieu de convivialité.
Rejoignez-nous : douzefrance@gmail.com
Sommaire
Edito de Philippe Dupayage
Liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté, libertés…Les événements dramatiques de ce début d’année dans les locaux de Charlie Hebdo nous ont fait prendre une nouvelle fois conscience que rien n’est jamais acquis. Ni la liberté, ni l’égalité, ni la fraternité ! Ces principes se défendent au jour le jour. Des millions de gens sont descendus dans la rue pour redire, qu’au pays des Droits de l’Homme, que ces principes étaient des valeurs fondamentales. Et maintenant ? Au-delà des jolies phrases des uns et des autres, au-delà des grands principes rappelés par tous, irons-nous au-delà de l’aspect philosophique ? Porterons-nous au débat les malheurs du quotidien ? Penserons-nous à ceux qui sont abandonnés par tous à ceux qui se retrouvent à la rue, sans domicile fixe, à ceux qui ont souffert du harcèlement au travail, à ceux qui suite à un divorce malheureux ont tout perdu, tout…Et ce n’est pas de la philosophie, je suis de ceux là … Je n’aime pas les juifs, je n’aime pas les musulmans, je n’aime pas les catholiques, non, moi ce que j’aime ce sont les gens, et peu importe leur confession, leur religion, leurs appartenances, moi j’aime les gens ! Mon seul souci est de m’efforcer de les rendre heureux… Je n’aime pas les extrémistes, je n’aime pas les terroristes… J’aime ceux qui sont aujourd’hui capables de se réunir afin de réfléchir au Mieux Vivre Ensemble… J’aime celles et ceux qui souhaitent et qui ont la volonté de débattre et d’apporter des solutions concrètes aux violences, au mal-être, à l’agonie de certains… 12Magazine a su rassembler des talents… Cette équipe exprime à travers ses mots toute la latitude culturelle qui porte la société de demain. Merci à Chahdi, créateur de mode, Merci à Michael Guedj, cuisinier, Merci à Patricia Lété, artiste peintre, Merci à Rabah Bekda, conteur, ils viennent de rejoindre l’équipe et vont contribuer à son succès. Merci à Louis Donval qui nous rejoindra dès le numéro prochain. Merci à tous les rédacteurs de la première heure qui ont tout de suite cru au projet, Isabelle Chopin, Bernadette Salvador, Nelly Marais,Thierry Berthou, Elizabeth Florin. Merci à vous chers lecteurs, vous qui nous avez fait le plaisir d’établir 80.000 contacts, 80.000 amis à travers le monde. 12Magazine s’inscrit dans le dynamisme du groupe12, start-up spécialisée dans les médias, devenue la première plateforme d’actualités culturelles et pédagogiques. Je suis fier de pouvoir compter sur vous pour piloter avec moi ce paquebot qui va nous emmener vers des eaux plus tranquilles, j’allais dire plus pacifiques… En 2015, plus que jamais, nous sommes bien avec vous !!!
Eugène Delacroix La liberté guidant le peuple (1830)
Directeur de la rédaction : Philippe Dupayage Ont participé à ce numéro: Rédacteurs : Bernadette Salvador, Nelly Marais, Thierry Berthou, Rabah Bekda, Isabelle Chopin, Patricia Lété, Michael Guedj, Chahdi, Elizabeth Florin, Correspondants: Louis Donval, Pierre Charby. 12MAGAZINE est une publication de l’association La Douzième Vague. contact: douzefrance@gmail.com Le numéro précédent de ce magazine a interéssé plus de 80.000 personnes. Merci à nos lecteurs pour cette confiance. Merci à vous !!!
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Peinture
Chagall Bernadette Salvador
Marc Chagall est un peintre que j’affectionne beaucoup, peut-être par le cheminement intellectuel que j’ai trouvé à travers sa peinture et à mon ressenti, qui est entre les abîmes de la conscience, l’infi-ni des rêves surréalistes et le Néo-primitivisme qui privilé-gie les formes naïves et primi-tives de l’Art. Venu au monde le 7 juillet 1887 dans un quartier pauvre de Vitebsk en Biélorussie, il était l’aîné de neuf enfants de famille juive dans laquelle l’appartenance religieuse avait beaucoup d’importance. Très jeune, l’enfant présente de re-marquables dispositions pour le dessin.
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En 1906, âgé de dix-neuf ans, il entre dans l’atelier d’un ar-tiste peintre, Jehoula Pen. En 1907, il est reçu à l’école de la société impériale, s’ouvre alors pour lui une carrière qui le conduira à la célébrité mon-diale. Dans le même temps, Chagall est ébloui par la découverte de l’art français qui est alors à la pointe de l’avant-garde mondiale. Chagall arrive à Pa-ris en 1910, l’année où Matisse finalise son tableau «la danse». Premières impressions de Paris : «J’y découvrais la lumière, la cou-leur, la liberté, le soleil, la joie de vivre. C’est dès mon arrivée que j’ai enfin pu exprimer dans mon oeuvre la joie plutôt lunaire
que j’avais parfois connue en Russie, celle de mes souvenirs d’enfance de Vitebsk. Je n’avais jamais voulu peindre comme les autres et je rêvais d’un art qui serait nouveau et différent. À Pa-ris, j’eus enfin la vision de ce que je voulais créer, l’intuition d’une nouvelle dimension psychique dans mon art. Non pas que je me cherchais un moyen d’ex-pression, dans un style essentiel-lement latin comme celui d’un Courbet. Non, ma peinture n’est pas un art de self-expression, ni un art littéraire, mais quelque chose de construit, un univers de formes.»
Peinture
Le peintre s’acclimate très rapidement et multiplie les contacts avec le monde cultu rel français en 1916. Chagall est alors à son zénith, des toiles diverses et embléma-tiques telles que le «Cimetière au-dessus de la ville», «Double portrait au verre de vin» ou la célèbre «Maison Bleue». Parti quelques temps en Rus sie de 1917 à 1922, Chagall quitte Moscou pour Berlin où il rencontre le peintre George Grosz.
Dès son retour à Paris en 1923 il établit de fabuleux contacts avec le marchand et éditeur d’art Amboise Vollard, qui lui commande des illustrations pour les «Âmes mortes». La même année, il peint le ta-bleau «Le juif errant» qui re-flète l’état d’esprit du peintre russe. Prenons parmi toutes ses oeuvres un tableau qu’il réa-lisa en 1939 «Le songe d’une nuit d’été» et analysons ce Songe qui illustre un passage de la comédie de William Shakespeare, celui de la reine des fées, Tatiana, qui est sé-duite magiquement par le tis-serand à tête d’âne «Botton» dont la laideur est compensée par une maîtrise surnaturelle du chant lyrique, variation de la Belle et la Bête. La liberté de l’imaginaire dicte à Chagall de représenter les figures aé-riennes de l’ange rouge et du violoniste vert. La protection réciproque des deux protago-nistes de cet étrange mariage est une idée forte, le peintre use de couleurs chatoyantes et rayonnantes qui semblent surgir de la palette dont aurait rêvé un Paul Gauguin.
Il masque ainsi l’angoisse et l’irrésolution qui l’ accablent au moment de procéder à des choix esthétiques décisifs. La palette est ici celle du rêve et de l’utopie. La figure séra-phique de la mariée en blanc se dévoile dans la tendresse enveloppante de son époux. On remarque la mélancolie dans la douceur de son vi-sage.…L’univers de Chagall reste celui de la fable poétique. Apparaissent des nuances at-tristées,comme si la recherche du bonheur relevait du seul royaume de l’illusion. L’amour est la source de l’énergie uni-verselle et celle de toutes les métamorphoses pour Chagall. Même dans les oeuvres por-tant la marque du douloureux parcours de l’artiste après la mort de sa femme Bella, les trois thèmes ne feront jamais défaut : l’art, l’amour et la fête forment la triade sur laquelle s’est construite l’une des pro-ductions picturales les plus originales du XXe siècle.
Chagall s’éteint à Saint-Paul de Vence le 26 mars 1985. Son lyrisme semble avoir eu pour seule mission de mettre en place une sorte d’alphabet du merveilleux. La grande dimen-sion poétique de son oeuvre reste marquée d’une prédilec-tion pour un univers délivré des contraintes du temps et de l’espace.
«J’ai choisi la pein-ture: elle m’était aus-si indispensable que la nourriture, elle me paraissait comme une fenêtre à travers la-quelle je m’envolerais vers un autre monde».
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Voyages
Carnets de voyages
Cette nouvelle rubrique de 12Magazine propose de vous faire voyager ...Des écrits, des récits, des rencontres... Autant de paysages que de valeurs humaines....Préparez vos valises, nous vous emmenons...
Elizabeth Florin
Egypte
De Claudine Goldstein
1991 : Éric aimait se promeneril aimait aussi nager et courir jusqu’à l’épuisement de ses forces. Il avait 26 ans et c’était un grand garçon blond aux yeux bleus qui sa rage de ne pas vivre avait musclé. Catho-lique de façon obsessionnelle, il ne supportait pas d’être ho-mosexuel et se repliait , sans doute dans sa culpabilité. Il aimait à se promener en ma compagnie en revenant du cinéma dans les rues qui bordent le sud de Montmartre et qui avaient été habitées par des artistes, autrefois, près du cimetière. Je rêvais d’un ap-partement grand, clair, confor-table situé dans ce quartier marqué de rêves d’orient, lui imaginait sans doute une vie d’artiste. Il faisait des études de musicologie mais suppor-tait sans rage de ne plus jouer de piano durant des mois. Éric aimait les beaux objets qu’il accumulait avec ferveur et se détestait sans que je com-prenne pourquoi. Il avait vécu trop longtemps chez moi et pourtant nous étions restés copains.
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1993 : Je fus très contente quand il me raconta à la fois vivre dans une communauté de sœurs, débuter une analyse et avoir rencontré un grand amour. Rencontrer l’objet de sa flamme fut un choc. Luc por-tait le sida dans sa silhouette, était vaniteux comme un ac-teur et fier comme un paysan sorti de la pauvreté. Il racon-tait se plaire à tourmenter les autres et tout spécialement ses amants. Éric l’aimait pour son corps torturé, le com-parait sans cesse à un Christ en souffrance, cherchait des reproductions du corps du Christ pouvant évoquer celui de Luc.
Éric s’est jeté sous un métro à la station Laumière, comme lumière, peu de temps après cette rencontre. Sa montre même n’était pas reconnais-sable. À l’enterrement, Luc ré-pétait, en un rictus de sourire:«je ne suis pas la veuve, tout de même». La condamnation à mort qu’ Éric s’était infligée me laissais dans un immense désarroi. Je réussissais à dormir, c’est tout. Août 1993 : l’ami Philippe, chaleureux et salvateur, me proposa de voyager et nous sommes partis en août pour l’Égypte. L’éclat du ciel et le fait de voir pour de vrai les ves-tiges impressionnants des pha-raons devaient me distraire de la peine monstrueuse causée par ce suicide. Le voyage commençait par une escale de trois jours au Caire.
Voyages
Philippe loua les services d’un guide, Mahat, parfaitement francophone, amoureux d’une dame belge, préparant son voyage en Belgique qui se prit d’affection pour nous. Nous allâmes un peu au-delà de la visite des pyramides, du mu-sée des antiquités et de la vue du vieux cimetière. Au bout de deux jours, il me demanda si mon patronyme était alle-mand et je lui dis qu’il était juif. Il perdit toute couleur et res-ta sans voix durant quelques heures, acceptant juste de ba-varder avec Philippe qui porte un nom très chrétien. Le len-demain, il voulut nous inviter à dîner. Il s’excusait et raconta ce qu’était l’antisémitisme en Égypte, le rôle des feuilletons. Il me narra comment il s’était dit qu’une femme comme moi ne pouvait être radicalement mauvaise, diabolique et il affir-ma qu’il avait changé d’avis. Je l’en remerçiais, à la fois émue, bouleversée et révoltée. 4 jours à Louksor. Philippe rentra à Paris et je continuais le voyage à Louk-sor, seule. J’étais mal à cause de ce choc, du chagrin et aussi parce que la chaleur et la façon d’être des gens me perturbait. Un ballet d’hommes venait frapper à ma porte dans l’hô-tel et je dus me souvenir avoir lu un entrefilet sur la prostitu-tion masculine près des lieux hantés par les Pharaons. Je fis l’immense effort de me pré-senter à la réception pour de-mander à l’élégant concierge de me laisser vivre mon veu-vage, veuvage me semblait le plus proche de l’abime que je ressentais.
Pourtant il me fallait choisir un guide local pour traver-ser le fleuve et aller visiter les tombeaux de la vallée des rois. D’une part la chaleur m’empêchait de marcher de longues heures, d’autre part, je comprenais que des familles entières ne pouvaient vivre que du tourisme et que je devais contribuer à la bonne marche de cette économie. Je choisis parmi les nombreux harceleurs, l’homme le plus laid parce qu’il me dit tout fier qu’il allait bientôt être père. Je pensais qu’il ne serait pas dangereux pour moi. Il parlait ce curieux anglais du Moyen Orient si facile à comprendre, proche d’un pinyin, qui jux-tapose des mots et néglige les temps des verbes : tout est au présent, ce dont j’avais besoin. Je lui demandais comment il voulait que je le nomme et il me répondit que « the cat » était son surnom et que tous le connaissaient sous ce nom.Cet homme dégageait une joie de vivre et une force morale peu communes..
Il me présenta ses copains dont un malheureux type adopté par un archéologue suisse et sa femme qui ne se sentait ni suisse ni égyptien et qui errait davantage que les âmes entrevues dans les tom-beaux. Je passais mes matinées à visiter la vallée des rois en tentant de copier les fresques ou à me laisser envahir par la majesté des temples de l’autre côté du fleuve. Le midi, je man-geais avec « le chat » qui me donnait des nouvelles de son épouse et me racontait sa vie quotidienne L’après-midi, je dormais avant d’aller à la pis-cine de l’hôtel en priant pour qu’aucun touriste britannique doté d’un accent de Manches-ter ne m’apprenne combien il est déplaisant de se faire ser-vir par un être à la peau brune qui ne connaît rien aux bonnes manières. Les Égyptiens ne me dra-guaient plus et j’arrivais à converser avec des familles, à la nuit tombante.
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Voyages
Je me sentais aussi bien que possible; la contagion du sui-cide s’éloignait de moi. Magie du soleil et de cette curieuse interprétation des renais-sances que l’on peut ressentir devant les motifs de certains motifs de l’Ancien Empire, le scarabée, la majesté d’Anubis, la beauté d’Isis. L’hospitalité, l’amitié du «chat» qui me fit venir chez lui et me présenta son épouse, m’avait émue et avait réparé une par-tie du mal que je me faisais. Le dernier soir, je proposais au «chat» de me conduire le len-demain matin avec son taxi à l’aéroport, lui promettant non seulement le prix de sa course mais aussi de lui donner ma monnaie égyptienne, tous mes médicaments et produits de beauté. J’avais acheté des vê-tements de nouveau-né pour sa fillette qui venait de naître. Il me dit qu’elle porterait mon prénom. Je le remerçiais, très émue. Nous fîmes des projets ; je reviendrais voir les temples et sa fille, je l’aiderais. Il me de-manda mon nom de famille, je le lui dis. Il posa la question :c’était un nom allemand ? je lui dis la vérité. Son visage se fi-gea , il me raccompagna à mon hôtel sans un mot. Le lendemain matin, il ne vint pas et un autre chauffeur re-çut mes cadeaux. J’en étais furieuse et désolée. Pour la troisième fois de ma vie, je rencontrais l’antisémitisme. Par rapport à mon père ou à ses ancêtres, qui eux avaient
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«Je ne suis jamais retournée en Égypte. Je lis des romans et je regarde des documentaires»
risqué leurs vies, ce n’était rien. C’était trop. Un homme bien se privait de l’aide que j’aurais pu lui donner, pour rien, une idée aberrante, transmise par une propagande bien faite.. Cela me faisait peur.La révolte contre la stupidité du racisme remplaça partiel-lement le deuil, partiellement, seulement. Hiver 94. Des mois plus tard, en hiver, je reçus un coup de fil d’in-connus. C’était un couple qui revenait d’Égypte. Ils avaient quelque chose pour moi, au nom du «chat» : pouvais-je venir les voir ? La voix de l’homme me sembla rassu-rante. Je décidais d’aller chez eux. Ils habitaient ce quartier du bas de la butte Montmartre, dans un appartement-atelier splendide, habité de tableaux somptueux. L’homme descen-dait d’une famille d’encadreurs et son grand père avait acheté les immeubles du périmètre, cent ans plus tôt. Je leur par-lais d’Éric comme s’il vivait. L’homme m’expliqua que son grand père le bâtisseur rêvait d’orient et que l’architecture choisie, que certains mo-tifs décoratifs le plongeaient dans les charmes de ce rêve. Le petit –fils, lui, accomplissait tous ses voyages de noces en Égypte.
Ce couple était désassorti, lui, un homme petit, âgé, aigri style rocker-cocker et elle une très jolie femme sans maquil-lage, à la silhouette de manne-quin jeune et souple comme une danseuse évaporée, ces deux -là que je jugeais dure-ment, avaient pris la peine d’écrire une lettre sous la dictée du « chat ». L’arrivée d’une ancienne épouse brune et sophistiquée interrompit la narration. Elle venait cher-cher sa pension alimentaire et prouver avec force paroles et cliquètements de bijoux dorés qu’elle ne se droguait plus. . Le monde « du chat » me pa-rut loin, à des années lumière. Pourtant ces gens d’ici me ra-contaient que leur chauffeur s’excusait, qu’il leur avait parlé de ce qu’il nommait sa sottise, qu’il comprenait que les liens avec moi étaient brisés mais qu’il garderait le meilleur sou-venir de la naissance de sa fille. Je fus soulagée. J’ai fait transmettre au «chat» des vêtements et de l’argent.
Je ne suis jamais retournée en Égypte. Je lis des romans et je regarde des documentaires.
Voyages
Vietnam
Le Vietnam n’est pas seule-ment ce pays naguère déchi-ré et bombardé que plusieurs guerres successives ont rendu tristement célèbre: il possède par ailleurs une civilisation unique et riche, des paysages et sites naturels spectaculaires, et un peuple particulièrement cultivé et hospitalier. L’isole-ment dans lequel il s’est trouvé après la réunification de 1975 a fait place à l’ouverture, et il vit désormais en paix. Encore relativement peu fréquenté malgré ses richesses, ce pays aux deux deltas, aux rizières scintillantes, au charme et à la beauté légendaires dégage un parfum d’authenticité: l’oc-casion ou jamais de partir à sa découverte. Un voyage au Vietnam c’est un parcours dans un paysage sonore.
Si le silence bruité des vélos a été balayé par le vacarme des mobylettes, les cris des cra-pauds de Nha Trang étranglés par les karaokés, on peut voir aussi les sons de l’intérieur, re-trouver, sur le lac Hoan Kiem au petit matin, derrière les cris étouffés de la ville, le rythme millénaire qui trotte dans la tête de ceux qui font chaque matin leur ode au jour qui vient, salutation au soleil ver-sion Tai ji kuan, calme comme une montagne, mouvant comme une rivière, disent les maîtres. On écoutera aussi l’histoire de l’Indochine ado-rée par nos grands pères et les bruits de la jungle dans le del-ta de ce Mékong tant raconté. M a r g u e r i t e D u r a s l a p e -tite française vietnamienne elle aussi chuchote si bien!
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