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Tueur à gages de Omirbaev Darejan

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4 pages
Fiche produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
Site : abc-lefrance.com
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Tueur ‡ gages Killer de Darejan FICHE FILM Fiche technique
Kazakhstan/France - 1998 - 1h20 - Couleur
RÈalisateur : Darejan Omirbaev
ScÈnario : Darejan Omirbaev et Limara Jeksembaeva
Montage image : R. Beliakova
Montage son : Claude Reznik
Son : AndreÔ Vlaznev
Image : Boris Troshev
InterprËtes : Talgat Assetov Marat Roksana Abouova Aijan
L E
Talgat Assetov Marat(Marat)
D O C U M E N T
loche et trousser nos scripts girls ! Rassurons nos spectateurs, jamai espËces tricolores destinÈes ‡ secouri une cinÈmatographie ÈtrangËre en diffi cultÈ ne furent mieux employÈes. Ces foutus Kazakhs, avec trois francs si sous, nous ont tricotÈ un vÈritable che dÕÏuvre qui laissa ce printemps derni plus dÕun festivalier cannois sur le fesses. Il faut dire que lÕ‚pretÈ de lÕhi social de ce petit pays au bout de tout brutalement mis en lumiËre sur l Croisette aprËs le petit dÈjeuner conti nental dÈgustÈ au Carlton, avait de quoi remuer les plus fiers thurifÈraires d lÕÈconomie de marchÈ. Vous lÕaurez compris, futÈs que vou Ítes,Tueur ‡ gagesne relËve pas prÈ cisÈment du plaisir des sens, pas plu quÕil ne sollicite les zygomatiques. Il n cherche guËre ‡ sÈduire les amateurs d polar ni les fondus du film dÕaction, p de folklore Tarentinesque, aucune chan ce dÕy croiser Bogart. SÈduire !É l sociÈtÈ kazakh aujourdÕhui nÕen a p vraiment les moyens. (É) Annonciateur de toutes les apoca-lypses,Tueur ‡ gagesnÕexhibe po convaincre quÕune pauvre poignÈ dÕaccessoires, une 4L pourrie, un coupl larguÈ des amarres, un enfant malade e un misÈrable appartement HLMÉ Quatre ÈlÈments fondateurs dÕune trag die qui lËve un coin du voile terrifian recouvrant lÕex-patrie des travailleur On sent bien pardi, dÕo˘ notre pÈtoch que cette horreur totalitaire nÕest p une mÈchante spÈcialitÈ kazakh, mai quÕelle grignote, mondialisation oblig la planËte toute entiËre. Trop dÕÈtat tue lÕÈtat : cÕest le credo rab‚chent jusquÕ‡ la nausÈe les ador teurs du veau dÕor libÈral. On doit reco naÓtre quÕils sont servis : sous les pav du socialisme scientifique, la plage nÈo libÈrale nourrit une vÈgÈtation de cau chemar. Malheur aux pauvres, malheu aux femmes, aux enfants, aux vieillards malheur aux faibles, aux malades, au solitaires, aux poËtes, aux marginaux.. malheur ‡ celui qui nÕÈtale pas sa f
brute. On savait que Òlaisser faire les mar chÈsÓ cÕÈtait abandonner Jane et Tarz dans la jungle de Jurassic Park e pariant que leurs gros cerveaux en impo seraient aux dinosaures pour en faire faÁon Tarzan et Jane, les maÓtres de l forÍt. La potion magique libÈrale, cÕÈta que du bon qui les rendrait riches cÈlËbres, beaux et heureux. Ce que lÕo ignorait, car on nÕavait jamais ÈtÈ aus loin dans lÕexpÈrience et dans lÕabs respect du dogme, cÕest que l IibÈralisme, abandonnÈ sans contraint lui mÍme, ne fixe aucune limite aux loi de sa nature, jusquÕ‡ Èpouser la mÈt morphose la plus fruste mais aussi l plus efficace : le pouvoir mafieux. On n remerciera jamais assez nos ami Kazakhs dÕen faire, avec altruisme, l dÈmonstration. Ainsi, il nÕexisterait plu dans ce pays de cocagne libÈral, l moindre trou de souris pour planquer s faiblesse ou sa trouille.Tueur ‡ gages cÕest les travaux pratiques aprËs la thÈ rieÉ La Gazette Utopia n∞ 18
Du Kazakhstan, que sait-on ? Il est rar que nous parviennent des images d cette rÈpublique immense dÕAsie centr le (cinq fois la France !). Et sÕil y en a e on serait bien en peine de dire quel ÈvÈnements elles couvraient (conflit inter-ethniques ? changement de gou vernement ?).Tueur ‡ gages, troisiËm film du Kazakh Darejan Omirbaev, vien justement nous rappeler que le cinÈma parfois mieux que la tÈlÈvision, ser aussi ‡ Áa : donner des nouvelles d monde. Un marchÈ grouillant, un b‚ti ment labyrinthique au modernism vieillot, une grise avenue rectiligne bor dÈe de stands de fortune, voil‡, nous sommes ‡ Almaty, ancienne Alma-Ata
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durs, cela se sent, cela sÕentend : lÕÈmi-nent scientifique qui emploie Marat, le hÈros, comme chauffeur, rÈÈcoute dans la voiture lÕentretien quÕil vient de don-ner ‡ la radio sur la crise Èconomique, la perte des repËres, le capitalisme sauva-ge. Tous ces maux, annoncÈs dÕemblÈe, le film va les dÈpeindre ‡ travers une fiction tranchante, concise, sËche comme un coup de trique.Tueur ‡ gages, cÕest ‡ la fois un film social et un drame criminel. Le portrait dÕun inno-cent dont le quotidien se transforme en cauchemar, et celui dÕun pays dÈsorga-nisÈ en proie aux trafics, au racket, ‡ la mafia. Omirbaev radiographie lÕescalade vers la violence de Marat. Un processus dÕÈtranglement social qui dÈmarre par un banal accrochage - Marat a percutÈ la Mercedes dÕun nouveau riche puis-sant et menaÁant - pour finir en tragÈ-die. Parce quÕil doit trouver co˚te que co˚te de lÕargent - cÕest une question de vie ou de mort -, Marat est tenaillÈ par lÕangoisse. Mais il ne dit rien. Seuls ses rÍves de suicide expriment sa peur. Sinon, cÕest une icÙne mutique. Rares sont les Èmotions qui transparaissent sur son visage. Ses gestes sont crispÈs, un peu hÈsitants. Plus spectateur quÕacteur de son destin, il subit les ÈvÈ-nements en regardant ce qui lÕentoure ‡ la dÈrobÈe. Et plus il subit en silence, plus le spectateur sÕidentifie ‡ lui et ‡ sa souffrance. Omirbaev filme un monde o˘ le moindre pÈpin, le moindre Ècart, la moindre maladie dÈbouchent sur une catastrophe. La mise en scËne capte lÕessentiel en donnant une intensitÈ aux choses les plus ÈlÈmentaires. Rarement une voiture aura ÈtÈ autant une voiture, une liasse de billets une liasse de billets, un tÈlÈphone un tÈlÈphone. De mÍme, certaines situations anodines -un bÈbÈ malade qui pleure, un enfant qui perd son ballon - sont transcendÈes par une sorte dÕinnocence dÈsarmante du regard. Le danger est l‡, inscrit dans chaque i
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va se passer. Effet voulu par le cinÈast pour lequel le suspense ne rÈside pa dans le secret mais dans la maniËre d diffÈrer ce que le spectateur redoute. deux reprises - la visite chez Marat d propriÈtaire de la Mercedes et de se sbires, et le vol de sa voiture par de motards -, il retarde le moment d lÕagression. Et quand elle surgit, il ne l filme pas, prÈfÈrant saisir ses amorce ou ses contrecoups en pratiquant ave brio lÕart de la synecdoque et de lÕell se. On ne manquera pas ici de senti lÕinfluence de Bresson mais aussi cell dÕAntonioni (sur le rÙle de lÕarchitec re). Reste quÕOmirbaev sÕen dÈgage Ètant en prise directe avec le monde. Plus abouti que ses deux premiers films Tueur ‡ gagestÈmoigne dÕune vrai maturitÈ. ExtrÍmement rigoureux dan sa maniËre de concentrer et de rÈprime sa violence, Èconome jusque dans s durÈe (une heure vingt), il laisse un pro fond sentiment dÕimpuissance. On e ressort tout estourbi. Jacques Moric TÈlÈrama n∞2556 - 6 Janvier 199
Entretien avec le rÈalisateur
Le personnage de Marat est-il emblÈma tique de votre pays aujourdÕhui ? Les tueurs ‡ gages sont apparus rÈcem ment au Kazakhstan avec lÕÈmergenc du nouveau systËme social et politique. Pendant le tournage deTueur ‡ gages plusieurs assassinats commanditÈs ont ÈtÈ perpÈtrÈs ‡ Almaty. De tels assassi-nats sont beaucoup moins frÈquent quÕen Russie, mais cela arrive ici aussi.
Vous nous avez dit que vous aviez envi-sagÈ de tourner deux sÈquences d meurtre : lÕune dans laquelle Marat tu le journaliste, lÕautre dans laquelle Èchoue. Le plus important ce nÕest pas quÕil tue mais quÕil est dans la nÈcessitÈ d tuer. Dans le scÈnario, nous avions Ècrit que Marat nÕarrivait pas ‡ tuer le journalist car il prend le pistolet comme sÕil sÕag sait dÕun jouet. Le passage ‡ lÕacte nÕ pas le problËme central, on aurait d˚ fil mer les deux versions et voir. Mais je nÕai pas pu le faire car, lÕan derni lÕhiver a commencÈ trËs tÙt, de la neig est tombÈe et nous nÕavons pas eu l temps de filmer cette version.
Vos trois films (Kairat,Kardiogramm etTueur ‡ gages) racontent finalemen lÕhistoire dÕun seul personnage, dÕ personnalitÈ. Est-ce liÈ ‡ votre propr histoire ? CÕest sans doute parce que je suis fil unique, un peu ÈgoÔste peut-Ítre e assez solitaire. JusquÕ‡ 17 ans, jÕai vÈ en province puis je suis venu ici ; ‡ Almaty, jÕai d˚ me familiariser avec u autre environnement. Je me sentais trË proche de lÕoeuvre de Kafka car il parl de gens qui vivent dans un milieu hosti le. Maintenant je suis dans un Ètat un peu diffÈrent. JÕai lu dansLibÈrationqu KairatÈtait lÕhistoire de la solitud sexuelle dÕun jeune homme. JÕai co
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sant, je me suis dit que cela devait Ítre vrai. Dans ce film il nÕy a pas de sexe, ce nÕest pas Èrotique, mais lÕessence du film est bien la solitude.
Quels sont les rÈalisateurs qui vous ont influencÈ ? Il est difficile de parler de sa propre Ïuvre. En tant que spectateur, jÕaime les films de Bresson, Vigo, Godard, Ozu, mais dire ‡ quel point ils mÕinfluencent, cela mÕest difficile. Je crois que seuls les critiques peuvent le faire.
Tueur ‡ gagesest un film assez pessi-miste. Allez-vous continuer ‡ vous pen-cher sur lÕhistoire contemporaine du Kazakhstan dans vos prochains films ? Si le sujet du film est certes pessimiste, deux sÈquences apportent une note dÕespoir. Lorsque le journaliste est assis prËs de la riviËre, il dit que lÕhiver a ÈtÈ long et froid mais que, de toute faÁon, il se termine et fait place au printemps. CÕest une allusion au fait quÕici aussi tout peut Ítre normal et que lÕespoir est possible. Ensuite, ‡ la fin du film, la femme du hÈros allume une bougie, un symbole dÕespoir. Mais lÕespoir nÕest pas quelque chose de frivole, qui peut se greffer artificiellement sur une histoi-re ou une sociÈtÈ. Car une sociÈtÈ est un organisme vivant, qui sÕorganise sponta-nÈment, et cÕest pour cette raison quÕil est trËs difficile dÕen parler.
Que pensez-vous de lÕavenir du Kazakhstan et de sa cinÈmatographie ? Je nÕen sais rien, je ne suis ni historien ni homme politique mais je veux croire que le plus dur est derriËre nous. Dans Tueur ‡ gages, jÕai utilisÈ une citation de Kafka sur les passagers dÕun train accidentÈ au milieu dÕun tunnel. DerriËre et devant eux, cÕest lÕobscuritÈ. JÕespËre que la lumiËre se voit maintenant au bout du tunnel. Si les Kazakhs se sont retrouvÈs au milieu du tunnel, ‡ perdre leurs repËres alors que les valeurs habi-tuelles et lÕidÈologie sÕeffondraient, le .
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Maintenant, les Kazakhs sÕy sont hab tuÈs et commencent doucement ‡ rÈagir, mais il faudra au moins une gÈnÈration pour que ce processus abou-tisse ‡ son terme. En ce qui concerne le cinÈma, la crise est mondiale. On dit partout que le cinÈma est en train de mourir. Je ne pense pas quÕil puiss mourir car tant que les gens auront des yeux et des oreilles, le cinÈma, tout comme la musique, existera. CÕest un certaine forme de cinÈma qui est en crise. Au Kazakhstan, son existence dÈpend de lÕÈmergence dÕun marchÈ. nÕy a pas de marchÈ, il est impossible d produire des films.
Vos films sont-ils diffusÈs au Kazakhstan ? Non, ici le marchÈ du cinÈma nÕest pa dÈveloppÈ comme en Europe. La tÈlÈvi-sion nÕachËte pas les films ou, quan cÕest le cas, elle achËte ‡ trËs bas prix. est vrai quÕactuellement les prix ont te dance ‡ augmenter mÍme pour la tÈlÈvi-sion, qui tÙt ou tard, finira par program-mer nos films. Quant aux salles de cinÈ-ma, autrefois nombreuses, elles ont maintenant toutes fermÈ. De nouvelles salles devraient rouvrir prochainement et jÕespËre quÕun marchÈ va apparaÓt mais cela va se faire trËs lentement.
Tueur ‡ gagessera-t-il distribuÈ en salles ‡ Almaty ? Une distribution en salles est impossible puisquÕil nÕy en a presque plus. Le s espoir dÕune diffusion, cÕest la tÈlÈ sion. Je sais quÕen Europe les vente vidÈo sont trËs importantes, mais ici, cela ne marche pas encore. JÕai bea coup dÕespoir dans la nouvelle gÈnÈr tion. De jeunes critiques, de jeunes pro-ducteurs sortent de notre Institut du CinÈma, ils devraient apporter un nou-veau souffle.
Les coproductions sont-elles indispen-sables au cinÈma kazakh Pour les cinÈastes kazakhs, les cop ductions sont primordiales. En eff
lÕEtat ne finance quÕune partie du bud de la production dÕun film, il faut trouv par ailleurs des financements complÈ mentaires. Et au Kazakhstan, il es impossible de trouver cet argent. Il nÕy pas de telles sommes ici ou, lorsquÕell existent, les financiers savent quÕil nÕ pas de marchÈ pour le cinÈma dans c pays. Les gens font du commerce, achË tent des usines, crÈent les fondation pour le futur. Alors les coproduction sont de rÈels canots de sauvetage. San producteur franÁais,Tueur ‡ gage nÕaurait jamais vu le jour. Propos recueillis ‡ Almat par JoÎl Farges et Denis Vasli Dossier distributeu
Le rÈalisateur
Darejan Omirbaev est nÈ le 15 mar 1958 au village dÕUyuk, dans la rÈgio de Djambul, au Kazakhstan. En 1980, il obtient son diplÙme de l facultÈ de mathÈmatiques appliquÈes d lÕuniversitÈ du Kazakhstan et travaill ensuite comme professeur et monteu au studio Kazakh Film. En 1987, il termi ne ses Ètudes au VGIK (Institut de Hautes Etudes CinÈmatographiques d Moscou) et prÈsente une thËse sur l sÈmiotique au cinÈma consacrÈe au travaux thÈoriques de Pasolini, Metz Jakobson et Mitry. Pendant deux ans, il travaille au sein de la rÈdaction d magazine ´New Filmª, o˘ il se rÈvËle u critique et un thÈoricien majeur. E 1988, il rÈalise son premier court mÈtra ge,Shilde(La chaleur de lÕÈt)È, sÈlec tionnÈ en 1990 lors dÕune tournÈe d prÈsentation du cinÈma kazakh dans un vingtaine de villes au Canada et au
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annÈe, la MontgolfiËre dÕArgent au Festival des Trois Continents de Nantes, ainsi que le Grand Prix et le Prix de la Critique au Festival de Strasbourg lÕannÈe suivante. En 1995, son deuxiËme long mÈtrage,Kardiogramma, est sÈlectionnÈ en compÈtition officielle au Festival de Venise et reÁoit le Prix SpÈcial du Jury au Festival des Trois Continents de Nantes. Dossier distributeur
Filmographie
Court mÈtrage Shilde La chaleur de lÕÈtÈ
1988
Court mÈtrage Documentaire Ticket collector by profession1993
Longs mÈtrages Kairat Kardiogramma Killer
1991 1995 1998
Documents disponibles au France
Positif n∞445 - Janvier 1999 ∞ -
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