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Demain je commence

De
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Une nouvelle que j'ai écrite à l'occasion d'un concours. A cause d'une erreur de manipulation, le jury n'a jamais reçu mon texte... Peut-être qu'il trouvera ici quelques lecteurs...
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MV
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Demain je commence
Au début il n’y avait rien, juste ce fait d’être, ce sentiment d’exister et d’occuper un espace au
milieu du néant.
Puis il y eut ce désir irrépressible de grandir, de conquérir les ténèbres pour les envahir de ma
présence. Je vis qu’exister c’était vouloir toujours plus : vouloir découvrir ce qu’il y a plus
loin et vouloir grossir pour s’imposer au monde.
L’univers était passif et réceptif. Il se laissait découvrir. Il accueillait
mon
être comme une
évidence, tout en lui posant un défi grandiose : aimer assez le fait de vivre pour amener à son
paroxysme l’élan salvateur qui me pousserait à faire de cet univers
mon
univers.
Je relevai le défi : je doublais, quadruplais de taille, puis redoublais encore… une course folle
était engagée, en réponse à l’immensité du monde.
Le parcours était défini à l’avance et le voyage avait commencé. Je devais avancer et me plier
au jeu de la survie et de l’aventure. Et il y avait en moi ancrée une règle de ce jeu : grandir,
devenir plus fort pour pouvoir affronter l’inconnu vers lequel j’étais guidé.
Et bientôt le sentiment d’espace se renforça, l’univers avait pris une nouvelle dimension et me
confrontait à un nouveau défi, encore plus grand. J’avais l’impression d’être devant mon
avenir et que là se jouait ma chance pour pouvoir le vivre ou non. Et alors la sensation de vide
s’accéléra. Jusqu’ici, j’avais été mené doucement, mais le flux tranquille qui me guidait avait
disparu. J’allais trop vite, je sentais que je courais vers ma fin, sans percevoir réellement le
danger qui me menaçait. Et toujours je grossissais, suivant cet instinct qui me dépassait. C’est
alors que se réveilla en moi une autre loi de cet instinct : trouver où je pourrais arrêter ma
chute, cesser de me laisser entraîner, mais agir pour m’arrimer à un endroit sûr.
Le vide n’était pas un vide infini et il y eut un endroit accueillant où je réussis à m’agripper.
Le sentiment de triomphe m’envahit pour la première fois. J’avais gagné ce pas sur la vie. A
partir de ce moment l’univers ne pourrait plus compter sans moi. J’étais là, je vivrais, je
continuerais de grandir et je le dominerais. Le vide était autour de moi mais il ne pourrait plus
m’engloutir.
L’univers m’accepta. J’avais réussi à trouver ma place et il m’aida. Sans cesse il m’envoyait
l’énergie pour grossir. Avec bienveillance, il m’invitait à le conquérir, à aller à sa rencontre et
le faire mien. J’étais apprivoisé, j’acceptais sa nourriture et son amour comme un dû et j’allais
à sa poursuite, soulevé par le dynamisme incroyable qui s’était emparé de moi. J’étais
beaucoup plus gros qu’au début et je sentais encore en moi des potentialités infinies. J’avais
été face à l’univers, j’étais maintenant
avec
lui. L’amour de l’existence m’amena à mon tour à
aimer cet univers protecteur car sans lui, je n’
étais
pas. Il paraissait se réjouir de ma
croissance et me donnait toujours plus pour poursuivre mon développement infernal.
Après une longue période où j’appris à aimer cette relation entre l’univers et moi, mon
développement se fit anarchique. Sans que ma volonté n’y soit pour rien, je devins difforme,
des excroissances gênantes me poussèrent, grossirent et s’allongèrent. J’arrivais à douter de
mon unité. Mais par elles, j’agrippais l’espace, je l’occupais et l’embrassais. Je sentais en moi
pulser une vie nouvelle.
Puis petit à petit, l’univers se remplit de sensations inconnues, de sensations plus présentes et
plus proches. Le vide n’était plus aussi grand et il n’avait plus rien du néant. Il me
communiquait des sensations étranges, des coups, des bruits indistincts.
Tout d’abord ils me firent peur car ils venaient troubler mon existence tranquille. J’avais
réussi à m’imposer et à vivre, j’avais trouvé un lieu sûr où m’attacher d’où je poursuivais ma
Un pour Un
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