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La peste

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La peste

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Ajouté le : 19 mai 2011
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De l’origine de la peste bovine A. Bertreux 1872 Format djvu
Ce n’est pas sans appréhension que j’aborde un sujet aussi épineux que l’est celui de l’origine de la peste bovine. Que pourrais-je dire d’original sur une question pour la solution de laquelle, en France et ailleurs, tant d’intelligence a été dépensée ? Rien assurément. Je n’ai d’autre intention dans les pages qui vont suivre que celle de chercher à exposer l’état actuel de la question. Si je n’y réussis pas, qu’on ne s’en prenne qu’à moi seul, mais que des censeurs trop sévères veuillent bien tenir compte de mon inexpérience, de la virginité de ma plume et du petit nombre de matériaux dont j’ai pu disposer. Ceci soit dit sans fausse modestie.
J’offre cette humble compilation aux professeurs dont les savantes leçons et les conseils incessants vont me permettre d’entrer dans la grande famille que des appellations différentes d’une même maladie. Les deux dernières sont presque exclusivement usitées.
Dans l’étude du typhus contagieux des bêtes à cornes, la question de son origine a été certainement l’une des plus controversées. Elle a donné lieu, surtout dans la première moitié de ce siècle, à des discussions nombreuses, vives, entre les hommes les plus autorisés que possède la science vétérinaire. Et peut-être aujourd’hui sommes-nous encore loin de la solution véritable.
Actuellement, l’opinion la plus accréditée en France et en Allemagne est celle qui tend à considérer le typhus comme originaire des steppes de la Russie, ou au moins des contrées orientales, et comme ne pouvant se développer spontanément que sur les seules races de ces pays. Cette doctrine n’est pas neuve et n’est pas à l’abri de toute objection. M. Gerlach en a formulé de très sérieuses contre elle ; je m’y rallie cependant jusqu’à plus ample informé. Avant d’aller plus loin, je vais sommairement rapporter les indications historiques sur lesquelles elle s’appuie en considérant seulement les épizooties les plus récentes. On ne peut arguer, en effet, des observations recueillies avant le dernier siècle, parce qu’elles ne présentent pas, un caractère suffisant de certitude.
L’épidémie terrible qui parcourut toute l’Europe de 1710 à 1717, et dont Ramazzini et Lancisi ont été les historiens principaux, ravagea, en les envahissant progressivement la Pologne, la Hongrie, la Moldavie, la Croatie, la haute Italie, la France et l’Angleterre. On croit, par les relations de Lancisi et de Ramazzini, sa marche le laisse bien à supposer du reste, que l’épizootie eut pour centre initial l’Europe orientale. Kanold a cru pouvoir affirmer qu’elle était née en Tartarie.
En 1740, la peste bovine décima les parcs d’approvisionnement de l’armée française faisant le siége de Prague, et s’étendit à la Bavière, au Tyrol, à l’Italie, au midi de la France et à l’Angleterre, où elle s’éteignit en 1745. La peste avait été apportée en Bohême par des bœufs de la Hongrie.
Des importations commerciales firent éclater la maladie en Hollande en 1770 ; de là elle s’étendit à la Belgique, au nord de la France et au midi par Bayonne.
Sous la République et le premier empire, à la faveur des grandes guerres dont l’Europe fut le théâtre, le typhus régna presque constamment dans les troupeaux d’approvisionnement des armées, et suivit les marches de celles-ci. C’est ainsi qu’en 1793 les troupes autrichiennes l’importèrent dans la Lombardie et le Piémont, d’où il se répandit dans toute l’Italie. En 1795 et 1796, le typhus exerça des ravages dans les parcs qui suivaient l’armée de Sambre-et-Meuse. Ces ravages s’étendirent à tout le nord de la France. Le fléau avait été communiqué par l’armée autrichienne qui, en se retirant de la Lombardie, avait exécuté des mouvements vers le Rhin et avait infecté la Bavière, le Wurtemberg, le grand-duché de Bade, la Hesse.
De 1795 à 1815, le typhus a suivi constamment les armées russes, mêlées à la plupart des conflits, et a sévi en Autriche, Bohême, Prusse, Saxe, Pologne, Silésie, Hongrie, France.
En 1814-15, ce fléau vint s’ajouter à toutes les calamités que dût supporter notre
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