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Bâtiment : quand le bâtiment va ... (Octant n° 81)

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Au niveau régional comme au niveau national, la croissance du secteur du bâtiment - logements et bâtiments non résidentiels - s'est confortée en 1999. la Cellule économique de Bretagne situe à 4 % l'augmentation en volume de la production dans la région en 1999. Au total, en termes d'opinion des chefs d'entreprise, 1999 sera la meilleure année de la décennie.
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Quand le bâtiment va ...
a bonne orientation du sec duction se sont amplifiées. En-Lteur du bâtiment - loge avril 1999, 55 % des entrepre- -
ments et bureaux - résulte de la neurs estimaient ne plus pou-
conjonction de deux facteurs : voir faire face à des commandes
un environnement économique supplémentaires sans devoir
porteur et une demande des développer leur appareil de
ménages dopée par les effets de production en hommes et en
l’arrivée à son terme du disposi machines. En fin d’année 1999,-
tif Périssol. cette proportion augmentait en-
core pour atteindre 61 %.
Accélération au cours
Croissance de l’emploi etde l’année
difficultés de recrutement
Dans le prolongement
d’une année 1998 marquée par En un an, de décembre
la reprise, l’activité du bâtiment 1998 à décembre 1999, l’em-
Au niveau régional s’est montrée particulièrement ploi a progressé de 4,5 % dans
comme au niveau dynamique dans le gros-oeuvre l’ensemble du secteur de la
comme dans le second-œuvre construction - bâtiment et tra-national, la croissance
dès le début de l’année 1999. A vaux publics - soit 2 500 em-
du secteur du bâtiment partir de l’été, elle a continué de plois. Toutefois, concernant le
- logements et bâtiments s’accélérer pour répondre au seul secteur du bâtiment, les ef-
haut niveau de la demande et fectifs ont été renforcés sans ja-non résidentiels - s’est
est restée ferme jusqu’à la fin de mais atteindre le niveau souhai-
confortée en 1999. la l’année. Début janvier 2000, les té par les chefs d’entreprise car
Cellule économique de professionnels anticipaient en- les difficultés de recrutement
core un bon niveau de produc en personnel qualifié se sont ac- -Bretagne situeà4%
tion pour les premiers mois de centuées. 69 % des chefs d’en-
l’augmentation en l’année 2000. Les carnets de treprise déclaraient éprouver
volume de la production commandes sont restés étoffés des difficultés de recrutement
tout au long de l’année. La lors de l’enquête réalisée endans la région en 1999.
charge de travail par salarié avril 1999. Fin décembre, ils
Au total, en termes s’est élevée à 4,5 mois de travail étaient 73 % dans ce cas. En
d’opinion des chefs en avril et en octobre, et attei- janvier 2000, les entrepreneurs
gnait encore 4,3 mois de travail du bâtiment envisagent d’ac-d’entreprise, 1999 sera
en fin d’année 1999. Corollaire croître leurs effectifs au cours
la meilleure année du développement de l’activité, des prochains mois pour hono-
de la décennie. les tensions sur l’outil de pro- rer leurs commandes.
14 Octant n°81 - Mars 2000 Bilan économique 1999Bâtiment
Le marché de l’entre-Retombées positives
tien-amélioration a connu unsur l’investissement
bon niveau d’activité en 1999,
grâce à des mesures de réduc-
Sur l’ensemble de tions d’impôts et surtout, (à par-
l’année 1999, l’investissement tir de septembre) à la baisse de
s’appuyant sur la vigueur de la la TVA pour les travaux de gros-
demande est resté dynamique. ses réparations, d’amélioration
90 % des chefs d’entreprise ont et d’entretien de l’habitat des
déclaré avoir investi en 1999, ménages. Cette dernière me-
soit6%de plus qu’au cours de sure continuerait à soutenir
l’année 1998. La part du chiffre l’activité en l’an 2000.
d’affaires de ceux qui investis-
sent reste pratiquement stable, Le bâtiment profession-
elle est en moyenne de 2 %. nel a enregistréégalement de
Pour ces deux raisons, l’inves- bons résultats en 1999 et les
tissement s’est donc probable- premiers mois de 2000 s’an- Source : INSEE - Enquêtes de conjoncture
ment accru en 1999. L’année noncent bien.
2000 serait moins propice à
l’investissement. Marie-Paule LE BRIS
Production soutenue pour
tous les types de chantiers
En 1999, la construction
de logements a été soutenue par La plupart des indicateurs portent sur
la fin de la mesure “ Périssol ”, le bâtiment - logements et bâtiments
non résidentiels (agricoles, indusmais aussi par des taux d’intérêt -
triels, publics ...) - et n’incluent pas lesattractifs et des prix bas. Ce type
travaux publics.d’ouvrage devrait conserver
Une exception : les données sur l’em-
une activité robuste au cours ploi couvrent l’ensemble du secteur
des prochains mois en raison de construction (bâtiment et travaux
publics).la fermeté de la demande.
Source : INSEE - Enquêtes de conjoncture
Plus de 21 000 logements
construits en 1999
’année 1999 est encore une cés, en hausse de 12 %, niveau 10 %, conséquence de la fin an-Lbonne année pour le bâti le plus élevé depuis 1989. noncée du dispositif “ Périssol ”-
ment. Les mises en chantier ont qui avait généré un afflux massif
progressé de 6 %, conséquence La croissance de la cons d’autorisations de construire-
du niveau exceptionnel d’auto truction de maisons individuel dans les derniers mois de 1998.- -
risations de construire délivrées les se poursuit, ce type d’habitat France entière, la progression
en fin d’année 1998. En termes restant particulièrement prisé est générale tant pour la maison
de logements autorisés, le ni des bretons. Elle est régulière individuelle (+ 13 %) que pour-
veau de 23 300 atteint cette depuis 1992, et ce sont 14 700 le collectif (+ 6,6 %).
année revient à la normale et maisons qui sont sorties de terre
laisse augurer une année 2000 en 1999 soit 4 % de plus qu’en
plus calme. 1998. Les raisons de la bonne Recul des autorisations
santé de ce segment de marché de construire
sont bien connues : des taux
d’intérêt bas, diminution de laProgression
TVA sur les terrains, succèsdu Le niveau des autorisa-des mises en chantier
prêt à taux zéro ( voir encadré). tions de construire est en recul
Toutes ces raisons soutiendront de près de 4 600 unités après
sans doute encore dans la réEn Bretagne, 21 200 lo - une année 1998 exception- -
gements ont été construits en gion, le dynamisme de ce sec nelle. S’établissant à 23 300 lo- -
teur pour l’année à venir.1999, contre 20 000 l’an passé, gements pour 1999, il reste
soit une hausse de 6 %. France néanmoins largement supérieur
Les logements construitsentière, ce sont près de 318 000 à la moyenne des dix dernières
logements qui ont été commen en collectif progressent de années. La fin du dispositif de-
Bilan économique 1999 15Bâtiment
port à 1998. A l’inverse la ten là, le marché breton avait-
dance nationale connaît une connu une année noire avec
progression annuelle de 10,5 % une chute de prèsde40%du
avec plus de 35 millions de m2. volume des ventes marquant la
La Bretagne représente cepen fin du boom du logement étu- -
dant près de 10 % de la surface diant en particulier à Rennes.
construite au plan national. Les Cependant, les deux-tiers des
plus fortes progressions en ter ventes de 1999 ont eu lieu au-
mes de surfaces construites premier semestre, la fin d’année
concernent les entreprises du étant particulièrement atone. Le
secteur privé non agricole en repli est consécutif à l’arrêtdu
particulier les bâtiments indus dispositif “ Périssol ”, les candi- -
triels (+ 35 %) en adéquation dats à ce type d’investissement
avec la reprise de l’activitééco devaient signer l’acte notarié-
nomique. Les équipements col avant le 31 août 1999.-
lectifs sont quant à eux en
diminution. Un nombre important de
nouveaux programmes de loge-
Avec 4,75 millions de ments est mis en vente (+ 18 %).
m2 autorisés en 1999, les auto Les stocks disponibles s’alour- -
soutien à l’investissement loca- risations de construire des lo dissent et les délais moyens-
tif privé“ Périssol ” explique à caux non résidentiels baissent d’écoulement passent de 8 mois
lui seul ce repli. Les autorisa- de 7 % par rapport à l’an passé. fin 1998 à 16 mois à la fin 1999.
tions de construire du collectif Les locaux agricoles, soit 2,9
sont passées de 10 000 pour millions de mètres carrés, repré Dans le même temps, le-
l’année 1998 à 6 000 en 1999 sentent en Bretagne plus de marché se réoriente. Le loge-
soit une baisse de 40 %. Le fort 60 % de la surface autoriséeet ment de type 1 pièce qui repré-
recul de la promotion privée sont en baisse de 3 % à l’inverse sentait 43 % des ventes en 1994
n’est pas compensé par la mise de la tendance nationale. Les ne représente plus que 8 % des
en place de financements spé- évolutions par type d’ouvrage ventes en 1999 à l’inverse des
ciaux des organismes HLM qui sont très proches de celles des grands logements (4 pièces et
restent très prudents. A l’in- mises en chantier. plus) dont le poids est passé de
verse, dans l’individuel le 8 % en 1994 à 16 % en 1999.
nombre d’autorisations de La hausse des prix s’accélère et
construire se maintient. Une fin d’année mitigée s’établit à 6 % sur l’année avec
un prix moyen au m2 de 10 918pour la promotion
francs, les zones touristiquesimmobilière bretonneLa construction dépassant 12 000 francs du m2.
de locaux non résidentiels
Un peu plus de 4 400 lo-marque le pas
gements ont été vendus par des
promoteurs en 1999 soit une Georges RIÉZOU
hausse de 5 % par rapport àLes mises en chantier de DRE
1998. Les ventes connaissentlocaux non résidentiels s’éta-
un rythme de croissance régu-blissent à 3,5 millions de mètres
lier depuis 1995. Cette annéecarrés en baisse de 8 % par rap-
Le prêt à taux zéro ne connaît pas l’usure
Mis en place à la fin 1995, le prêt à taux zéro fait partie Cette progression qui s’élève à 15 % sur un an est
des mesures prises pour favoriser l’accession sociale à la pro conforme à celle de la construction neuve et en particulier-
priété des primo-accédants. La Bretagne se place dans le pelo de la maison individuelle. Le prêt à taux zéro continue de-
ton de tête des régions françaises avec plus de 10 000 prêts dis jouer l’effet de levier sur l’individuel. Il sert à 80 % à fi- -
tribués de septembre 1998 à septembre 1999 : soit une nancer la construction d’un pavillon et concerne dans
moyenne de 3,5 prêts pour 1 000 habitants, la moyenne natio 70 % des cas des jeunes ménages dont le chef est âgé de-
nale se situant à environ 2 prêts pour 1 000 habitants. moins de 35 ans.
16 Octant n°81 - Mars 2000 Bilan économique 1999

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