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Lagroalimentaire : un marché intérieur arrivé à maturité

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Au troisième trimestre 2009, le volume de la production agroalimentaire baisse, en glissement annuel, de - 0,4 %. Ce résultat est toutefois meilleur que celui des autres industries manufacturières (- 10,5 %). Les industries agroalimentaires (IAA) confirment ainsi leur aptitude à mieux résister aux crises que les autres activités manufacturières. Depuis longtemps, elles réagissent aux variations de la conjoncture de façon moins marquée. Cela s’explique principalement par l’inertie de la consommation alimentaire des ménages (où les produits des IAA occupent une place prépondérante). À l’étroit sur le marché intérieur où elles sont en concurrence avec l’agriculture, le commerce et la restauration pour le partage du marché de la consommation alimentaire, les IAA dégagent un solde commercial extérieur positif mais en repli par rapport à celui des premières années 2000. Transformation de biens agricoles en produits alimentaires Les IAA manquent de marges de croissance Deux modèles de croissance Une internationalisation tardive Entre agriculture et commerce Le déclin de l’alimentaire dans la consommation
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N° 1283 - FÉVRIER 2010
Prix : 2,30€
L’agroalimentaire : un marché
intérieur arrivé à maturité
Jean- Paul Girard, division Agriculture , Insee
u troisième trimestre 2009, le part de l’activité proche de celle des industries
de biens de consommation (550 000 person-volume de la production agroali-
nes soit environ 2 % de l’emploi total).Amentaire baisse, en glissement
annuel, de – 0,4 %. Ce résultat est toutefois
meilleur que celui des autres industries Les IAA manquent de marges
manufacturières(–10,5 %). de croissance
Les industries agroalimentaires (IAA)
Les IAA échappent au très fort repli industrielconfirment ainsi leur aptitude à mieux
qui s’amorce à la fin de l’année 2008, mais
résister aux crises que les autres activi-
elles étaient également restées à l’écart de la
tés manufacturières. Depuis longtemps, vigoureuse reprise industrielle de la fin des
elles réagissent aux variations de la années 1990 (graphique 1).L’inertiedela
conjoncture de façon moins marquée. consommation alimentaire des ménages est
le principal facteur explicatif des différencesCela s’explique principalement par
de rythme entre IAA et autres industries : lal’inertie de la consommation alimentaire
consommation finale de produits agroalimen-
des ménages (où les produits des IAA
taires protège les IAA des crises, mais ne leur
occupent une place prépondérante). accorde pas, en revanche, les embellies que
À l’étroit sur le marché intérieur où elles l’on peut constater sur d’autres activités
sont en concurrence avec l’agriculture, le industrielles, tout particulièrement celles qui
sont tirées par l’investissement ou marquéescommerce et la restauration pour le
par des innovations technologiques impor-partagedumarchédelaconsommation
tantes.
alimentaire, les IAA dégagent un solde
Les IAA rassemblent des activités dont la
commercial extérieur positif mais en repli croissance est régulière ; mais ces activités
par rapport à celui des premières années interviennent sur des marchés parvenus à
2000. maturité et manquant de marges de crois-
sance.
Les principales productions des IAA en 2008Les industries agroalimentaires (IAA) regrou-
en %pent principalement les activités de trans-
Activité Partformation de biens agricoles en produits
alimentaires (pour l’homme mais aussi Industrie des viandes 21,7
Industrie du lait, dont : 16,3pour les animaux). On y rattache égale-
fabrication de fromages 7,1ment quelques fabrications non alimentai-
Industrie des boissons, dont : 18,8
res comme celles de l’amidon ou des
boissons alcooliques distillées 2,2
produits à base de tabac, et la production champagnisation 3,7
de toutes les boissons y compris celles qui vins 6,6
eaux et boissons rafraîchissantes 4,2n’ont pas d’origine agricole (eau minérale).
Travail des céréales 11,1Les IAA comportent des activités très
Industries alimentaires diverses, dont : 31,6
diverses (tableau 1) entre lesquelles exis-
poissons et produits de la mer préparés 2,3
tent assez peu de synergies ; ce ne sont transformation des fruits et légumes 4,9
pas les mêmes entreprises qui produisent boulangerie : pain et pâtisserie fraîche 8,9
sucre 2,3la viande et le lait, le vin et la bière, la mou-
chocolaterie, confiserie 3,2tarde et le chocolat... alors que la distribu-
Industrie du tabac 0,6
tion des produits alimentaires est, au
Ensemble 100,0
contraire, principalement assurée par quel-
Note : il s'agit de la part de chaque activité (voir : nomenclature d’activités
ques groupes de grandes surfaces généra- et de produits) mesurée par la production en valeur.
listes. Les IAA occupent actuellement une Source : Insee, comptes nationaux annuels, base 2000.
INSEE
PREMIEREDans un pays comme la France où les Deux raisons possibles à ce contraste : par les médicaments nouveaux. À cela
besoins alimentaires sont largement une différence de rythme d’innovation, s’ajoute, pour ces mêmes biens, une
satisfaits, la croissance des IAA passe une différence de pression de la concur- plus forte pression de la concurrence par
en grande partie par la croissance de la rence étrangère. les prix des importations. Par contraste,
population : la consommation de biens Lorsqu’un produit de meilleure qualité ou les IAA semblent moins en mesure
des IAA comme la population totale aug- rendant des services nouveaux vient d’augmenter sensiblement les quantités
mentent de 0,6 à 0,7 % par an sur les dix remplacer un plus ancien, l’éventuelle ou d’introduire des produits nouveaux, et
dernières années. hausse de prix liée à l’innovation n’est la pression à la baisse des prix des
Les révolutions techniques dans la pro- pas en principe retenue dans les indices importations est plus faible.
duction des biens alimentaires sont plus de prix et par conséquent les améliora-
modérées que celles qui sont en train de tions de qualité sont comptées au titre du Une internationalisation tardive
bouleverser d’autres activités. L’apperti- volume. Dans le cas des biens de
sation (définitions), la pasteurisation, la consommation, ces améliorations sont Les IAA sont moins internationalisées
surgélation ou la stérilisation par nombreuses pour les produits bénéfi- que les autres industries : elles sont à la
ultra-haute température (UHT) ont évi- ciant des progrès de l’électronique et fois moins soumises à la concurrence
demment beaucoup transformé les des technologies de l’information et de la extérieure et moins exportatrices (gra-
moyens de l’industrie agroalimentaire, communication ; on peut également citer phique 2). Les IAA sont toutefois suffi-
mais il ne s’agit pas de procédés permet- l’industrie pharmaceutique qui est tirée samment exportatrices pour dégager un
tant de produire beaucoup plus ou de
produire des produits entièrement nou-
Volume trimestriel de la production aux prix de l'année 2000veaux, comme c’est le cas avec les tech-
en milliards d'eurosnologies de l’information et de la
communication : il ne s’agit que de diffé-
Autres branches manufacturières
rentes manières de desserrer un peu la
100
contrainte liée au caractère périssable
des denrées.
50
Deux modèles de croissance
IAA
Sur les dix dernières années, la valeur
20de la consommation de produits des IAA
a augmenté de plus de 3 % par an,
comme celle des biens de consomma-
10
tion. Mais dans le cas des IAA, les
accroissements de valeur sont dus prin- 1969 T1 1974 T1 1979 T1 1984 T1 1989 T1 1994 T1 1999 T1 2004 T1 2009 T11949 T1 1954 T1 1959 T1 1964 T1
cipalement aux augmentations de prix et trimestres
Note : l’activité de la branche est mesurée par le niveau de la production aux prix de l'année 2000.assez peu aux volumes (définitions).
L'ordonnée du graphique est logarithmique de sorte qu'en chaque point des deux courbes, la pente mesure le taux de crois-Dans l’industrie des biens de consom-
sance de la production.
mation, en revanche, les prix diminuent, Lecture : la courbe des IAA indique un ralentissement progressif du rythme de croissance et une quasi-stagnation dans les an-
nées 2000. La courbe des autres industries manufacturières marque au contraire les péripéties de la conjoncture : impact deet les volumes augmentent (tableau 2).
mai 1968, reculs du quatrième trimestre 1974 (premier choc pétrolier), de l'année 1993 et de la fin de l'année 2008, faible crois-
sance des années 1980, vigoureuse reprise de la fin des années 1990.
Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2000.
Deux cas contrastés du partage
Les IAA moins internationalisées que le reste de l'industrievolume-prix
en %
en %
Taux de croissance 50
annuel moyen Volume Prix Valeur Importations/production de l'industrie
45
(1999-2008) Expor deie
40 Impor des IAAIndustries agricoles et alimentaires
Exportations/production des IAA35
Production du produit
30
(prix de base) 0,0 2,2 2,2
25Importations 3,9 1,1 5,1
Consommation finale 0,6 2,7 3,3 20
Industrie des biens de consommation 15
Production du produit
10
(prix de base) 1,6 – 0,1 1,5
5
Importations 8,5 – 2,4 5,9
0Consommation finale 3,8 – 0,4 3,4
1969 1974 1979 1984 1989 1994 1999 2004 20091949 1954 1959 1964
Note : le taux de croissance de la valeur comporte deux com-
posantes, l'une qui retrace l'évolution des prix, et l'autre celle Note : les ratios importations / production et exportations / production des IAA sont toujours inférieurs à ceux de l'ensemble de
des volumes. l'industrie.
Source : Insee, comptes nationaux annuels, base 2000. Source : Insee, comptes nationaux annuels, base 2000.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREsolde extérieur positif. Ce solde est milliards. Cette production ne parvient au introduit les IAA dans le schéma précé-
encore largement positif en 2008 mais consommateur final que par le biais d’une dent, s’ajoute celui qui passe par l’é-
en repli par rapport aux premières activité commerciale de gros et de détail tape de la restauration hors domicile.
années 2000. qui introduit une nouvelle partie prenante Même en tenant compte de cette der-
Ce solde positif apparaît au début des àlacréationdelavaleur totale nière composante assez dynamique, la
années 1980 et il connaît son apogée à la consommée. Cette marge commerciale part de la consommation alimentaire est
fin des années 1990. Il repose sur quel- (de 66 milliards sur les produits agroali- en déclin (tableau 4).
ques produits et tout particulièrement sur mentaires) n’est pas la marge bénéficaire Les entreprises de la sphère agroali-
les vins, champagnes et alcools, sur les du commerce mais elle doit s’analyser en mentaire explorent diverses voies pour
fromages, sur le travail des céréales une valeur ajoutée et des consomma- affronter la concurrence extérieure et
(tableau 3) : une performance liée à une tions intermédiaires spécifiques à l’acti- augmenter leurs débouchés. Sur le
spécificité des produits, un savoir-faire vité commerciale. Au total, on comprend marché intérieur, elles peuvent baisser
artisanal, une image de marque tradi- mieux pourquoi les variations de prix les prix ou proposer des produits inno-
tionnelle. agricoles n’expliquent qu’une partie de la vants.
L’inertie des habitudes alimentaires est variation des prix à la consommation des Si les consommateurs considèrent les
une des causes de la faible internationa- produits agroalimentaires. produits alimentaires comme des biens
lisation de la production. Sans doute « inférieurs » dont ils cherchent en fait
d’autres facteurs jouent-ils également, à minimiser la dépense lorsque le prixLe déclin de l’alimentaire dans
en particulier le fait que beaucoup d’en- diminue (par exemple le paquet de
la consommation
treprises agroalimentaires transforment pâtes que l’on va acheter dans un
les produits au plus près du lieu de pro- hard-discount), la baisse de prix va seÀ ces deux circuits alimentaires, celui
duction agricole : abattoirs, laiteries… La traduire par une de la valeurqui va directement de l’agriculture à
peur des crises sanitaires joue sans consommée.l’assiette du consommateur, et celui qui
doute aussi, car l’on suspecte souvent
les autres pays d’être moins stricts sur Commerce extérieur en 2008 : un solde positif tiré par quelques produits
les normes à respecter.
en millions d'euros
Activité Exportations Importations Solde
Entre agriculture et commerce Industrie des viandes 4 329 4 687 – 358
Industrie du lait, dont : 5 580 2 566 3 014
Les IAA sont un des maillons de la filière fabrication de fromages 2 686 1 028 1 658
Industrie des boissons, dont : 11 952 2 708 9 244qui va de l’agriculture à la consommation
boissons alcooliques distillées 2 698 817 1 881finale des ménages. Agriculture, IAA et
champagnisation 2 439 44 2 395
commerce sont en concurrence pour se
vins 4 492 558 3 934
partager la valeur des produits alimen- Travail des céréales 4 068 2 092 1 976
taires consommés par les ménages. Les Industries alimentaires diverses, dont : 10 654 17 407 – 6 753
poissons et produits de la mer préparés 877 2 940 – 2 063comptes nationaux (sources) permettent
huiles et graisses brutes 592 2 692 – 2 100de donner quelques ordres de grandeur.
huiles et graisses raffinées 459 1 389 – 930
La partie de la production agricole qui
sucre 1 130 346 784
est achetée par les consommateurs chocolaterie, confiserie 1 552 1 988 – 436
sans avoir été transformée par les IAA pâtes alimentaires 141 484 – 343
thé et café 330 823 – 493(exemple-type : les fruits et légumes
Industrie du tabac 441 1 607 – 1 166frais) représente une valeur (32 milliards
Ensemble des produits des IAA 37 024 31 067 5 957
d’euros en 2008) à peu près équivalente
Source : Insee, comptes nationaux annuels, base 2000..à celle qui est achetée par les IAA pour
transformation (35 milliards). Les légu-
La valeur de la consommation alimentaire : une part divisée par deux enmes frais sous plastique par exemple
50 ans dans la c effective des ménagessymbolisent assez bien comment les en %
IAA s’intercalent entre agriculture et
1959 1969 1979 1989 1999 2008
consommation finale. L’équilibre de la
En proportion de la consommation effective des entre agriculture et IAA ménages
n’est cependant pas modifié sur la 1. Agriculture, sylviculture, pêche 6,4 4,8 3,4 2,9 2,5 2,3
2. Industries agricoles et alimentaires 23,0 17,7 14,4 12,9 12,3 11,1période récente.
3. Restaurants, cafés et cantines 4,1 3,6 3,5 3,7 3,9 3,7À côté de ces 35 milliards de produits
Consommation alimentaire (1 + 2 + 3) 33,6 26,1 21,3 19,6 18,7 17,1
agricoles transformés par les IAA, les
Consommation effective des ménages 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
approvisionnements autres que les
En proportion de la consommation alimentaire
biens agricoles pèsent pour 68 milliards
1. Agriculture, sylviculture, pêche 19,2 18,4 15,7 15,1 13,4 13,2
et la valeur ajoutée (définitions) spéci- 2. Industries agricoles et alimentaires 68,5 67,9 67,6 66,1 65,9 65,0
fique de l’activité agroalimentaire est de 3. Restaurants et cantines 12,3 13,8 16,6 18,8 20,7 21,8
Consommation alimentaire (1 + 2 + 3) 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,033 milliards. La valeur de la production
totale des IAA était donc en 2008 de 136 Source : Insee, comptes nationaux annuels, base 2000.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREci-dessus à quoi il faut ajouter 8 milliards de actionnaires et une autre constituer l’au-Mais les consommateurs peuvent égale-
production de vin, 31 milliards d’importa- tofinancement de l’entreprise.ment considérer certains biens alimen-
tions, 66 milliards de marges de commerce, Partage volume-prixtaires comme des biens « supérieurs »
8 milliards de marges de transport et Les notions de volume et de prix sont com-
et accepter une augmentation du budget 24ds d’impôts, TVA déductible et plémentaires. Dans une évolution en va-
à y consacrer si cette augmentation est droits de douanes, nets de subventions. leur d’un panier de produits, on appelle
Cette « ressource » peut se ventiler entre lesjustifiée par un service rendu (les légu- évolution de prix la composante de l’évo-
divers « emplois » suivants : 157 milliards lution qui tient aux variations de valeur àmes frais sous plastique) ou par la
de consommation finale, 37 milliards d’ex- composition du panier constante et à qua-garantie que le produit est bio, bon pour
portations, et 79 milliards de consommation lité constante de chaque élément du pa-
la santé, équitable pour le producteur intermédiaire soit par les IAA, soit par d’au- nier. Par conséquent, l’évolution en
(avec par exemple le succès de diffé- tres branches comme la restauration (il volume est égale à la partie de l’évolution
s’agit ici des consommations intermédiai-rents labels correspondant à ces divers en valeur qui peut s’expliquer par l’évolu-
res de produits agroalimentaires et non tion des quantités, par la modification deaspects ou celui des oméga 3). Les IAA
plus, comme au paragraphe précédent, de la structure du panier et par la variation den’ont pas ménagé leurs efforts en ce
consommation de divers produits par l’acti- la qualité des différents produits élémen-
sens et y sont à vrai dire fortement inci- vité agroalimentaire). taires qui le composent.
tées par les initiatives comme celles du Nomenclature d’activités et de produits Le suivi de chaque élément à qualité
Programme national nutrition santé. La nomenclature utilisée est la NES constante est plus difficile que celui des
(nomenclature économique de synthèse) quantités et des modifications de struc-
associée à la NAF (nomenclature d’activi- ture (exemple : comment définir un indiceSources
tés française) révision 1. annuel de prix du vin à qualité cons-
Le libellé officiel des IAA est « Industries tante ?).
agricoles et alimentaires » abrégé souvent Appertisation, pasteurisation, stérilisa-Comptes nationaux
comme ici en « agroalimentaire ». IAA, tion…Tous les chiffres cités dans cet article sont
« Autres industries manufacturières » Une grande partie de l’innovation dans leissus des comptes nationaux (annuels ou
(quelquefois appelées « industries manu- domaine agroalimentaire a consisté àtrimestriels) qui, partant des informations
facturières»,danslescomptestrimestriels prolonger la durée de vie des aliments. Ni-statistiques de base, cherchent à donner
en particulier) et énergie constituent l’in- colas Appert invente au début duune image cohérente de l’activité écono-
edustrie. 19 siècle le procédé qui porte son nom etmique en appliquant des définitions aussi
Les tableaux 1 et 3 font référence à un qui consiste à chauffer les aliments danshomogènes que possible dans l’espace
niveau de la NES qui distingue six grandes un récipent fermé. Le procédé va être(différentes activités économiques) et dans
activités au sein des IAA : industrie des amélioré et décliné suivant diverses tech-le temps (séries remontant pour certaines
viandes (abattage et transformation, dont niques : pasteurisation, ultra-haute tem-jusqu’à 1949). Les comptes nationaux pro-
charcuterie y compris artisanale) ; industrie pérature…posent deux points de vue sur la produc-
du lait (lait, beurre, fromages, glaces...) ;
tion, ici celle des IAA.
industrie des boissons (alcools, vins, bière,
Le premier est celui de l’activité produc-
eaux, sodas...) ; travail du grain, fabrication Bibliographie
trice et conduit à considérer la production
d’aliments pour animaux (abrégé ici en
agroalimentaire comme résultant d’une
travail des céréales) ; industries alimentai-
valeur ajoutée à des produits consommés
res diverses ; industrie du tabac. J.-F. Audroing, « Les industries agro-ali-intermédiairement. Dans le cas des IAA,
mentaires », collection Économie Poche,la production de l’année 2008 (136 mil-
Economica, 1995.liards d’euros) correspond à une valeur
Définitions M. Vincenau, « L’atonie de la demandeajoutée de 33 milliards et à des produits
pèse sur l’activité », Agreste-Primeurtransformés de 103 milliards (dont
n° 146, Scees, juillet 2004.35 milliards de biens agricoles, mais
Valeur ajoutée K. Pénard, « Les industries agroalimen-aussi de l’énergie, des emballages, des
La valeur par une entreprise est taires - Atonie en 2003, croissance régu-produits des IAA intra-consommés,
égale à la différence entre la valeur des lière sur 25 ans », Insee Première n° 988,comme la farine pour produire le pain…).
biens et services produits et celle des septembre 2004.Le second est celui du marché du produit et et qui ont été détruits J. Paris, « IAA 2008 : repli de l’activité »,fait de la production une des contributions
(consommation intermédiaire) pour obte- Agreste Conjoncture Synthèses n° 2009/71,(avec les importations, les marges de
nir les premiers. Dans les comptes d’une avril 2009.commerce…) à la valeur d’acquisition
entreprise cette valeur ajoutée a pour J. Paris, « Les IAA touchées par la crisefinale d’un produit dont on va ensuite détail-
contrepartie des salaires, des impôts et économique mondiale au premier trimestreler les différentes utilisations. En 2008, les
des intérêts versés ainsi qu’un bénéfice 2009 », Agreste Conjoncture Synthèsesressources en produits agroalimentaires
dont une partie va être versée aux n° 2009/81, juillet 2009.comprennent les 136 milliards mentionnés
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