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AVRIL 2011N°16POURL'ALSACE
Le système décisionnel
dans l'industrie alsacienne
Au-delà de sa fonction première Filiales de groupes :Fin 2007,
de production, l'établissement concentration dans la moitié norden Alsace,
industriel s'inscrit souvent dans
plus de 80 %
une organisation complexe pou-
des salariés de l'industrie vant comporter un ou plusieurs
travaillent établissements, dépendre d'une
autre entreprise ou encore appar-dans un établissement
tenir à un groupe. Chaque établis-sous contrôle
sement ou unité géographique est
d'un groupe,
alors plus ou moins autonome en
en grande partie termes de prises de décision.
dans des filiales L'étude des établissements selon
le type et la localisation du centrede groupes étrangers.
de décision économique permetLa présence de groupes
de quantifier leur degré de dépen-
se manifeste
dance, en particulier au regard de
plus nettement Salariés des établissements industrielsl'emploi.
contrôlés par un groupe (en %)dans les zones d'emploi
80,7 ou plusEn Alsace, 75 % des 3 800 établis-à caractère industriel. de 78,0 à moins de 80,7
sements industriels employeurs
de 66,1 à moins de 78,0
dépendent d'un centre de décision moins de 66,1
régional (tête de groupe ou siège
France métropolitaine : 78,6 %
d'entreprise), mais il s'agit princi- France de province : 78,1 %Les groupes emploient 81 % des
palement d'unités de taille mo-salariés de l'industrie alsacienne,
proportion supérieure à la moyenne deste et, de ce fait, leurs effectifs regroupent que 14 % des emplois
France de province, 78 %. salariés ne représentent que 35 % industriels. Ces unités sont surtout
L'Alsace est la première région du secteur (40 % pour la France de présentes dans l'édition-imprimerie
métropolitaine pour le nombre de
province). En particulier, les éta- et dans l'industrie des équipements
salariés travaillant dans des
blissements indépendants (56 %) du foyer, en particulier dans la fabri-groupes étrangers.
qui sont de petites structures, ne cation de meubles.
1Atlas de l'industrie en Alsace Chiffres pour l'Alsace · n°16 · avril 2011
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Clap 2007 - Lifi 2007Huit salariés sur dix dans des établissements dépendant de groupes...
Structure des centres de décision en 2007
Alsace France de province France métropolitaine
Établissements Effectifs Établissements Effectifs Établissements Effectifs
Ensemble des structures 3 800 146 320 108 550 2 915 600 129 610 3 450 130
dont en %
Groupes 33,2 81,4 32,4 78,1 31,8 78,6
Entreprises hors groupes 10,5 4,7 11,8 5,1 12,1 5,0
Indépendants* 56,3 13,9 55,8 16,8 56,1 16,4
* mono établissements de la région
Allemagne, États-Unis :Pour des raisons d'efficacité pro- Poitiers-Lyon, où la part des grou-
ductive, financière et fiscale, de pes, en nombre de salariés, est premiers investisseurs étrangers
plus en plus de sociétés s'organi- supérieure à celle de la France de 1,7 % 6,7 %
2,1 %sent sous forme de groupes : une province.
3,5 %
société, tête de groupe, contrôle
4,3 %
une ou plusieurs sociétés, les filia- Une forte présence 31,7 %
les.Au plan national, l'organisation 4,4 %de groupes étrangers
en groupes, français et étrangers,
5,9 %
a fortement augmenté en quinze Exception faite de PSA Peugeot
ans dans l'industrie. Le nombre de Citroën, les groupes français,
filiales de groupes est passé de presque exclusivement privés,
13,5 %
40 % en 1994 à 65 % en 2007. sont relativement peu présents en
Alsace. Ils emploient 38 % des 26,2 %
Ce type d'organisation est très salariés de l'industrie. Parmi ces
Allemagne Japon
présent dans les secteurs indus- établissements, seuls 10 % dépen- États-Unis Canada
Luxembourgtriels lourds (biens d'équipement dent de groupes publics, essentiel- Suisse
SuèdeRoyaume-Uniet biens intermédiaires) et dans lement d'Électricité de France.
AutresPays-Bas
l'automobile, secteurs bien repré-
sentés dans la région avec plus La présence d'implantations étran- nettement supérieur à la moyenne
des deux tiers des salariés de l'in- gères en France est d'abord indus- des régions de France de province
dustrie. Le poids des groupes, trielle. L'Alsace a toujours été une (28 %). Entre 1997 et 2007, le
français et étrangers, est de ce fait région ouverte à l'international, ce nombre de salariés travaillant dans
relativement important dans la qui explique en grande partie des filiales de groupes étrangers a
région. Par ailleurs, les groupes, l'importance des investissements augmenté de 6 %, alors que, dans
étant l'attribut des grandes unités étrangers, notamment dans l'in- le même temps, les effectifs glo-
dans l'industrie, la quasi-totalité dustrie. Elle est donc de fait baux dans l'industrie diminuaient
des établissements alsaciens de concernée. Elle est même la pre- de 10 %.
250 salariés et plus sont sous le mière région métropolitaine pour le
contrôle d'un groupe. nombre de salariés travaillant dans L'implantation des groupes étran-
Ces établissements concentrent des groupes étrangers, avec plus gers s'est fortement développée
81 % des salariés de l'industrie de 62 000 salariés, soit 43 % des dès les années 1970 et encore
alsacienne, soit une proportion su- effectifs de l'industrie. Ce taux est davantage dans les années 1980.
périeure à la moyenne de France
de province (78 %) alors qu'ils ne
...situés majoritairement en dehors de la région
représentent qu'un tiers des éta-
Répartition des salariés selon la localisation géographique du centre de décision (en %)
blissements employeurs. Ainsi
parmi les quelques 146 000 sala- France France
Alsace
de province métropolitaineriés de l'industrie, plus de quatre
Part des salariés dépendant d'un centre de décisionsur cinq sont rattachés à une
situé dans la région 35,1 40,0 44,8structure de groupe. L'Alsace se
extérieur à la région 64,9 60,0 55,2situe au deuxième rang des ré-
- en Île-de-France 18,9 25,9 21,9gions après la Haute-Normandie.
- dans une autre région 3,3 6,6 6,2Elle s'inscrit dans l'ensemble des
treize régions, au nord d'une ligne - à l'étranger 42,7 27,5 27,1
2 Chiffres pour l'Alsace · n°16 - avril 2011 Atlas de l'industrie en Alsace
Sources : Insee, Clap 2007 - Lifi 2007
Sources : Insee, Clap 2007 - Lifi 2007
Sources : Insee, Clap 2007 - Lifi 2007Centres de décision en Alsace
selon les zones d'emploiLa proximité géographique et cultu- groupes Ricoh company LTD,
relle de l'Allemagne a fait de ce pays Sony corporation ou encore THK
Wissembourgle premier investisseur dans l'in- company limited dans les zones
dustrie alsacienne. Les États-Unis d'emploi de Colmar-Neuf-Brisach
Saverne-Sarre-Union
et la Suisse sont également très et de Mulhouse. Ces filiales ne re-
Haguenau-Niederbronn
présents. Ces trois pays regrou- groupent cependant que 4 % des
pent plus de 70 % des salariés de effectifs relevant d'un groupe
Strasbourgfiliales sous contrôle étranger dans étranger. Lorraine
Molsheim-l'industrie régionale.
Schirmeck
Des zones d'emploi
Les investissements étrangers se industrielles plus
portent plutôt sur les secteurs de dépendantes Sélestat-
moyenne et de haute technologie, Sainte-Marie-aux-Mines
soit selon les pays investisseurs : Les zones d'emploi où l'industrie
est proportionnellement plus im-
Colmar-Neuf-Brisach- l'Allemagne, pour laquelle deux portante en termes d'effectifs, sont ALLEMAGNE
salariés sur trois travaillent dans la aussi celles où la présence des
fabrication de matériel électrique et groupes se manifeste plus fortement.
Guebwiller
d'équipements mécaniques avec Ainsi dans les zones d'emploi de
en particulier les groupes Hager Wissembourg, Molsheim-Schirmeck, Mulhouse
Holding GMBH et Industriewerk Saint-Louis, Saverne-Sarre-Union et
Thann-Cernay
INA Schaeffer, établissements im- Haguenau-Niederbronn, la propor-
plantés dans les zones d'emploi tion de salariés travaillant dans des
Saint-LouisAltkirchde Haguenau-Niederbronn et de filiales de groupes français ou étran-
Molsheim-Schirmeck ; gers est supérieure à 80 %. Franche-Comté
SUISSE
- les États-Unis : près de six sala- La zone d'emploi de Mulhouse,
Type d'établissement Nombre de salariésriés sur dix sont employés dans moins importante sur le plan de
33 100
Groupes françaisl'industrie pharmaceutique, la fabri- l'industrie avec 22 % de salariés,
11 000 étrangerscation d'équipements automobiles s'apparente néanmoins aux zones
Autres structuresou mécaniques, d'emploi précédentes avec 86 %
(indépendants et établissements
sont représentés par les groupes de salariés travaillant au sein des
d'entreprises hors groupe)
Eli Lilly and Company, General groupes, 74 % pour des groupes
motors corporation, The Timken nationaux, essentiellement avec le
company, établis dans les zones site de PSA Peugeot Citroën. Un rayonnement
d'emploi de Strasbourg et de Col- limité
mar-Neuf-Brisach ; Le poids des groupes étrangers est
plus important dans six zones d'em- En 2007, 260 établissements in-
- la Suisse est surtout présente ploi : Wissembourg, Saint-Louis, dustriels extérieurs à la région
dans l'industrie mécanique avec Guebwiller, Colmar-Neuf-Brisach, dépendent d'un centre de décision
les groupes Liebherr international Haguenau-Niederbronn et Mols- implanté en Alsace ce qui repré-
et Bucher industries AG, et dans heim-Schirmeck. Celles-ci regrou- sente près de 7 000 salariés. Ils
l'industrie pharmaceutique avec pent 43 % des effectifs de l'industrie sont principalement localisés dans
Novartis AG, Firma Weleda ou en- et 58 % des salariés des filiales de les régions voisines, Lorraine et
core Octapharma AG. Les zones groupes internationaux. Franche-Comté (respectivement 14 %
d'emploi de Saint-Louis et de Col-
mar-Neuf-Brisach, proches du ter-
ritoire helvétique, accueillent la Centre de décision (ou tête de groupe) : le centre de décision est la société-mère
du groupe ou le siège social de l'entreprise si celle-ci n'est pas contrôlée par unplupart de leurs filiales, les autres
groupe.étant situées dans la zone d'em-
Un établissement est considéré contrôlé par un groupe si l'entreprise, à laquelle il
ploi de Saverne-Sarre-Union.
appartient, est contrôlée directement ou indirectement à plus de 50 % du capital par
un groupe, ou s'il est contrôlé par une joint venture (coentreprise).
Les groupes japonais sont égale-
Filiale : société contrôlée par une tête de groupe, directement ou indirectement.ment présents. Ils contrôlent presque
exclusivement des établissements
Groupe étranger : par convention internationale, la nationalité d’un groupe doit cor-
de haute technologie, avec les respondre au pays où est situé son centre de décision. La plupart du temps, celui-ci
coïncide avec le siège social.
3Atlas de l'industrie en Alsace Chiffres pour l'Alsace · n°16 - avril 2011
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, CLAP 2007 - Lifi 2007et 11 % des effectifs de ces unités), Un taux de rayonnement inférieur à la France de province
et à un niveau moindre en Aquitaine,
France métropolitaine
Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France et Auvergne
Champagne-ArdenneRhône-Alpes. Île-de-France
Pays de la Loire
Taux de rayonnement* : 66,7 %Ce sont surtout des industries de Bretagne
Lorrainel'agro-alimentaire, des équipe-
Franche-Comté
ments mécaniques et du bois-pa- Picardie
France de provincepier pour plus de la moitié des sa-
Provence-Alpes-Côte d'Azur
lariés de ces établissements. Rhône-Alpes
Bourgogne
Aquitaine
Les centres de décision alsaciens Limousin
Nord - Pas-de-Calaiscontrôlent des effectifs salariés
Midi-Pyrénées
Centrelocalisés, hors de la région, à hau-
Alsace
teur de 12 %. Le taux de rayonne- Haute-Normandie
Basse-Normandiement de l'Alsace est inférieur de
Languedoc-Roussillon
quatre points au taux moyen de Poitou-Charentes
Corse Taux de rayonnement* en %France de province.
0 3010 20 40
* Taux de rayonnement : rapport entre le nombre de salariés travaillant dans des établissements
extérieurs à la région contrôlés par des centres de décision internes à la région, et le total des effectifsPatricia BOUILLEAUX
salariés travaillant dans des établissements contrôlés par les centres de décision internes à la région.
Chambres de Commerce
et d'Industrie d'Alsace
Olga de POPOW
Insee
Lifi - Enquête sur les liaisons financières entre sociétés
L'enquête sur les liaisons financières est réalisée tous les ans par l'Insee auprès des entreprises françaises détenant
plus de 1,2 million d'euros de titres de participation ou bien employant plus de 500 salariés ou bien réalisant plus de 60
millions de chiffres d'affaires. Les entreprises qui ne satisfont pas l'un de ces critères mais qui étaient repérées comme
tête de groupe l'année précédant l'année d'enquête sont également interrogées, ainsi que celles qui étaient détenues
par des capitaux étrangers l'année précédente.
L'Atlas de l'industrie en Alsace est un dossier réalisé en partenariat entre l'Insee-Alsace, la Direction régionale des
entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Alsace (Direccte Alsace), la Région
Alsace et les Chambres de Commerce et d'Industrie d'Alsace.
Il est composé de 22 fiches sectorielles et de 16 fiches territoriales déjà disponibles, et d'études thématiques.
Pour en savoir plus
"Un panorama de l'industrie en Alsace", Chiffres pour l'Alsace n° 9, avril 2010.
"Des groupes étrangers de plus en plus diversifiés", Chiffres pour l'Alsace revue
n° 36, décembre 2006.
www.insee.fr/alsace
rubrique publications, autres publications, dossier Atlas de l'industrie en Alsace.
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Tél : (33) 03 88 52 40 40 - Fax : (33) 03 88 52 40 48 - Internet :www.insee.fr/alsace
Directeur de la publication : Guy Bourgey❍ Rédactrice en chef : Simone Schnerf❍ Secrétaire de rédaction : Chantal Rousselle
Mise en page : Thana Kim, Christian Milanini, Patricia Sourine❍ Cartographie : Christiane Kuhn
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Maquette : Carré Blanc - Strasbourg
© INSEE 2011❍ ISSN : 2104-4945❍ Dépôt légal : avril 2011
Sources : Insee, Clap 2007 - Lifi 2007