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ACTIVITES ECONOMIQUES
Les unités de production
du BTP en Haute Normandie
Les travaux publics
38 plus sévèrement
touchés
e secteur du bâtiment et nombreux que dans le reste de laEn janvier 1999, le secteur du
des travaux publics (BTP) France, mais ils emploient davan-bâtiment et des travaux Lconstitue un secteur im- tage de salariés : dans la région, lepublics (BTP) compte 7 180
portant de l’économie haut- nombre moyen de salariés par éta établissements et emploie
normande. En 1994, il a produit blissement s’élève à 5, contre 3,636 400 salariés. Les
près de 6% de la valeur ajoutée ré- pour la France entière. Les entre-établissements régionaux
gionale. Au 1er janvier 1999, il preneurs individuels ne représen-sont proportionnellement
comprenait 7 180 établissements en tent que 2% des établissements na moins nombreux qu’en
activité qui employaient près de tionaux et les artisans 2,4%. AuFrance mais emploient plus
36 400 salariés. Rapporté au niveau contraire, les PME et les grands éta de salariés. La Seine Maritime
national, le BTP haut normand re- blissements représentent 6,2% duaccueille la plupart des
présentait 2,2% des établissements parc national. Les effectifs salariésgrands établissements et des
et 3,1% des effectifs. sont très dispersés : de trois salariésPME tandis que l’Eure compte
Les établissements régionaux par établissement en moyenne chezde nombreux artisans et
sont proportionnellement moins les artisans, ils passent à trente entrepreneurs individuels.
Alors que le nombre
d’établissements diminuait LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION
régulièrement depuis 1987, la C’est sous ce terme que la également dans le second oeuvre les
nomenclature d’activités française travaux d’installation électrique,tendance s’est inversée en
(NAF) désigne le secteur du bâtiment d’eau et de gaz, d’équipements1998. Les effectifs salariés du
et des travaux publics (BTP) depuis sa thermiques et de climatisation. Enfin,
mise en application au 1er janvier on retrouve les activités de finitionBTP ont constamment
1993. Le secteur regroupe : comme la plâtrerie, la peinture ou ladiminué depuis 1993 mais • LE BÂTIMENT pose de revêtements de sols et de
plus sévèrement dans les Il s’agit de toutes les activités murs. Cette catégorie intègre
concourant à la construction de également l’agencement des lieuxtravaux publics.
bâtiments. L’activité "bâtiment" de vente.
Enfin, ce sont les grands et
comprend deux niveaux d’activité : • LES TRAVAUX PUBLICS
1 le "gros oeuvre" : ce domaine Ce sont d’une part, les travaux demoyens établissements qui
d’activité correspond à la préparation des sites, c’est à direont le mieux résisté à ces
construction des murs, de planchers, de terrassement, de forage et de
années difficiles, les de terrasses et de toits de bâtiment, sondage et, d’autre part, les
qu’il s’agisse de logements ou de activités de construction d’ouvragesentrepreneurs individuels ont
bâtiments non résidentiels. Sont de génie civil. Ceci inclut la
eu plus de mal à survivre. inclues les réalisations de maisons réalisation de réseaux, la
individuelles "clés en mains" ainsi construction de lignes électriques,
que les travaux de montage et de d’ouvrages d’art, de voies ferrées et
levage. de chaussées routières ainsi que les
2 le "second oeuvre" : ce domaine travaux routiers souterrains,
d’activité comprend les travaux de maritimes et fluviaux. La location
charpente et de couverture, les avec opération de matériel de
travaux d’étanchéité, d’isolation, de construction est aussi une activité
menuiserie et de vitrerie. Entrent des travaux publics.
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999ACTIVITES ECONOMIQUES
quatre dans les PME et grands éta- quentes du BTP, il est normal que
MÉTHODOLOGIE
blissements. Le corps de métier a les corps de métier que l’on rencon
Les données utilisées dans cet article
aussi beaucoup d’importance : on tre le plus fréquemment soient la proviennent de fichiers qui recensent
dénombre en moyenne treize sala maçonnerie générale (18,5%), la les établissements en activité
(champ "industrie, commerce etriés par établissement dans les tra menuiserie bois (12,6%), l’électrici-
services") à chaque 1er janvier
vaux publics contre quatre dans le té (11,1%) et la peinture (10,6%). depuis 1987. L’appariement des
stocks à deux 1er janvier par fusionsecond oeuvre et cinq dans le gros Début 1999, ils représentent plus
sur le numéro SIRET desoeuvre. de la moitié des établissements
établissements permet de calculer
Au plan départemental comme du BTP haut-normand, mais ne re- des flux par période annuelle ou
pluriannuelle (disparitions, créations,au plan régional, les répartitions groupent que 40% des effectifs sala
survies...).
des établissements selon les corps riés. Selon l’effectif salarié, on distingue 39
quatre types d’établissements : lesde métier au 1er janvier 1999 sont
entrepreneurs individuels sans aucuntrès proches de celles du 1er janvier
salarié, les artisans pour des
1987. Le second oeuvre totalise Moins d’établissements... établissements de 1 à 9 salariés, les
PME pour des établissements de 10 àplus des deux tiers de l’ensemble
49 salariés et les grands
des établissements. Par contre, les Depuis le 1er janvier 1998, le
établissements pour ceux de 50
effectifs moyens dans les PME et mouvement général de décrois- salariés et plus.
les grands établissements ont nette sance du secteur s’est inversé.
ment décliné, passant de quarante Alors que depuis 1987, on enre- tière, il faut cependant la nuancer
salariés par établissement à trente gistrait une diminution du nom- selon les secteurs. Entre 1987 et
quatre, baisse due aux fortes réduc- bre d’établissements de 22% dans 1998, les entreprises de second
tions d’effectifs salariés dans les les travaux publics, de 20% dans oeuvre et surtout celles de gros
travaux publics entre 1993 et 1999. le gros oeuvre et de 12% dans leoeuvre ont été l’objet d’une dé-
Trois sur quatre des PME et second oeuvre ; tous ces grands croissance continue alors que le
grands établissements sont situés corps de métiers sont en légère secteur des travaux publics a
en Seine Maritime alors que l’Eure hausse sur l’année 1998. Sur la pé connu une hausse de près de
se distingue par de très nombreux riode de 1987 à 1997, la baisse a15% entre 1987 et 1992 et s’est ef
entrepreneurs individuels et arti- commencé beaucoup plus tôt en fondré à partir de cette date,
sans. Au 1er janvier 1999, l’Eure ac Seine-Maritime que dans l’Eure et avec une baisse de 30% entre
cueillait 42% des établissements du en France. Elle a été ininterrompue 1992 et 1998. Par rapport à 1987,
BTP haut normand mais ne totali- de 1987 à 1998, alors qu’elle ne s’eston observe un recul très net des
sait qu’un quart des effectifs sala- déclarée qu’à partir de 1991 au ni entrepreneurs individuels dans
riés. veau national et en 1992 dans les deux départements ( 31% pour
Comme les entrepreneurs indi- l’Eure. la région) et une augmentation
viduels et les artisans sont de loin Si cette évolution globale est du des artisans dans l’Eure (+5,2%).
les unités de production les plus fré même ordre que pour la France en Au cours des six dernières années
les métiers les plus pratiqués par
ÉVOLUTION DU NOMBRE D’ÉTABLISSEMENTS EN HAUTE NORMANDIE ces unités n’ont guère progressé
ou même franchement reculé
115
comme la maçonnerie générale
110 (-13% contre 5,7% pour l’ensem
ble du secteur). En revanche, le
105
Travaux nombre d’établissements de cou-publics
100 verture de bâtiment progresse de
16%. Par contre, les PME et les
95
Second
Gros grands établissements sont enoeuvre
oeuvre
90 augmentation en Seine Maritime
(+2%), mais au prix d’une baisse
85
Ensemble sensible des effectifs avec une
80 moyenne qui s’établit à trente six
salariés par établissement au 1er75
1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 janvier 1999 (contre 27 dans
l’Eure).
Unité : indice base 100 au 1er janvier 1987 Source : INSEE SIRENE
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999ACTIVITES ECONOMIQUES
... mais un déclin modéré ÉVOLUTION DE L’EFFECTIF SALARIÉ DANS LE BÂTIMENT ET LES TRAVAUX PUBLICS
EN HAUTE NORMANDIEdes effectifs
130
En ce qui concerne les effectifs
120
GrosSecondsalariés, la situation est beaucoup oeuvreoeuvre
110plus contrastée. Sur l’ensemble de
la région, la diminution des effec- 100
tifs n’a été effective qu’à partir de Ensemble
901996, alors qu’elle était amorcée de
Travaux
publicspuis 1993 au niveau national. Jus- 80
qu’en 1992, l’Eure a connu une
40 70forte hausse (+23%) alors que les
effectifs de Seine-Maritime étaient 60
quasiment stables (+2%). Ce n’est
50
qu’à partir de cette date que le
1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999
nombre de salariés du BTP de la ré-
Unité : indice base 100 au 1er janvier 1987 Source : INSEE SIRENEgion a régulièrement diminué pour
retrouver, en 1996, le niveau de
1987 et atteindre 10% au 1er jan-
ÉVOLUTION DES CRÉATIONS D’ÉTABLISSEMENTS DANS LE BÂTIMENT ET LES TRAVAUX PUBLICSvier 1999. C’est mieux qu’au ni-
PAR CORPS DE MÉTIER EN HAUTE NORMANDIE
veau national où la chute atteint
18
Gros 14%.
oeuvre
Entre 1987 et 1993, le nombre
16
de salariés du gros oeuvre et des
Ensembletravaux publics a été relativement
14stable. Depuis 1993, ce chiffre s’est
effondré pour les travaux publics
12
( 42% de 1993 à 1999 dont 26%
Second
oeuvrepour la seule année 1993). Dans le
10
gros oeuvre, après une augmenta- Travaux
publicstion de 28% en 1993, l’effectif sala
8
rié décroit régulièrement : en 1999,
il est 5% au dessus du niveau de 6
1987 malgré la diminution continue 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
du nombre d’établissements. Les
Unité : taux en moyenne annuelle (%) Source : INSEE SIRENE
effectifs salariés du second oeuvre
ont augmenté régulièrement pour
atteindre +12% de 1987 à 1993, et
ÉVOLUTION DES DISPARITIONS D’ÉTABLISSEMENTS DANS LE BÂTIMENT ET LES TRAVAUX PUBLICS
PAR CORPS DE MÉTIER EN HAUTE NORMANDIEdiminué tout aussi régulièrement
jusqu’en 1999 pour atteindre 2% 22
sur l’ensemble de la période.
20
Gros
oeuvre
18
Beaucoup de défaillances
16
jusqu’en 1997
14
EnsembleSur les 8 270 établissements en
12
activité début 1987, 76% avaient Travaux Second
publics oeuvre10cessé leur activité au 1er janvier
1999. En revanche, les créations 8
sont aussi très nombreuses : sur
6les 7 610 établissements en activi
1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
té en Haute Normandie début
Unité : taux en moyenne annuelle (%) Source : INSEE Fichier DEMO/SIRENE1999, 72% avaient moins de 12 ans
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999ACTIVITES ECONOMIQUES
d’existence. Globalement, entre s’est nettement ralenti depuis 1997. les établissements qui sont toujours
1987 et 1999, 13 101 établissements Une première vague de restructu- actifs, on rencontre très peu de
du BTP ont disparu alors que seu rations avait eu lieu en 1995 et changements d’activité. Cepen-
lement 11 927 étaient créés. Ce sont,1996, ce qui avait permis, à travers dant, les transferts du BTP vers
en moyenne, quelque 1 100 unités de nombreuses disparitions et créa l’industrie, ou inversement, restent
disparaissant chaque année contre tions et au prix de réductions d’ef- marginaux et ne concernent que 20
moins de 1 000 créations annuelles. fectifs salariés, de stabiliser le nom à 30 établissements dans chaque
C’est dans le gros oeuvre que les bre d’établissements. En 1998, les sens en 12 ans. Le secteur industriel
taux de disparition et de création mouvements ont fortement dimi- le plus concerné est celui de la fa-
sont les plus élevés. L’année 1992 a nué et, pour la première fois depuisbrication de matériaux de construc-
été la plus sombre, avec le plus fai 12 ans, le nombre d’établissements tion. Les autres établissements sur
41
ble taux de création (11,6%) et le est en augmentation. vivants de chaque département
plus fort taux de disparition Plus l’effectif salarié est impor- sont restés à plus de 95% dans leur
(16,3%). Malgré quelques années tant, plus l’établissement a de chan corps de métier initial, second oeu
atypiques, disparitions et créations ces de survivre. Ainsi, entre 1987 et vre ou gros oeuvre, et à près de
ont diminué tout au long de la pé 1999, 29% des grands établissements 90% dans les travaux publ ics
riode, tous les corps de métier étantont survécu contre seulement 23%
touchés. Cependant, le mouvement des entrepreneurs individuels. Parmi Francis COUVOUT
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999

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