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Panorama des zones urbaines sensibles

De
8 pages
Le Nord-Pas-de-Calais compte 72 zones urbaines sensibles, soit un dixième de l'ensemble des ZUS nationales. Un habitant sur dix est concerné par les mesures de relance de l'activité économique appliquées dans ces quartiers en difficulté. Toutefois, une typologie permet de distinguer trois groupes de ZUS dont les caractéristiques socio-économiques sont proches. On observe alors un contraste entre les zones très défavorisées et les zones dont la situation est relativement moins alarmante. Les zones urbaines sensibles du bassin minier sont classées à part, du fait notamment de la spécificité de leur habitat.
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NORD-P AS-DE-CALAIS
ROFILS
MAI 1998Prix : 15 francs N°5P
françaises. Le Nord est le départementLe Nord-Pas-de-Calais compte 72Panorama des le plus affecté puisqu’il regroupe deuxzones urbaines sensibles, soit un
zones sur trois. Ce sont les aggloméra-dixième de l’ensemble des ZUS
tions de Lille, Valenciennes et Lensnationales. Un habitant sur dix est
les plus concernées : elles comportentconcerné par les mesures de relancezones urbaines
chacune une quinzaine de ZUS.de l’activité économique appliquées
Du point de vue de la population,
dans ces quartiers en difficulté.
10,9% des habitants de la région
Toutefois, une typologie permet vivent en ZUS. En moyenne, une ZUSsensibles de distinguer trois groupes de comporte 6 000 habitants mais la
ZUS dont les caractéristiques socio- moitié des ZUS abrite moins de 4 400
économiques sont proches. On observe personnes. Dans les agglomérations
alors un contraste entre les zones de Lille et de Calais, la population
très défavorisées et les zones dont moyenne des ZUS dépasse tout de
la situation est relativement moins même 10 000 habitants. La ZUS de
Lucile Richet Roubaix-Nord est la plus peupléealarmante. Les zones urbaines
avec 50 500 habitants tandis quesensibles du bassin minier sontDivision Synthèses
celle de La Solitude, à Vieux-Condé,classées à part, du fait notamment
démographiques et sociales ne regroupe que 650 individus.de la spécificité de leur habitat.
Une ZUS peut être composée d’un
ou de plusieurs quartiers dits sensibles ;
Les ZUS, phénomène
elle peut alors appartenir soit à unedes grandes villes
même commune soit à des communes
Soixante-douze zones urbaines sen- différentes. Soixante-six communes sont
sibles (ZUS) ont été définies dans le concernées dans le Nord-Pas-de-Calais
Nord-Pas-de-Calais par le Pacte de et les deux tiers d’entre elles ont plus de
relance pour la ville en décembre 10 000 habitants. Sur les quinze
1996. Elles représentent 10% des ZUS communes les plus peuplées de la
Population des ZUS par agglomération
Unités : nombre, %
Agglomérations Population Nombre Population Part de la Population moyenne
totale de ZUS des ZUS population concernée par ZUS
Arras 79 614 2 15 024 18,9 7 512
Béthune 261 572 4 18 355 7,0 4 589
Boulogne-sur-Mer 91 250 2 14 591 16,0 7 296
Calais 101 792 2 20 352 20,0 10 176
Lens 323 208 14 54 514 16,9 3 894
Pas-de-Calais 857 436 24 122 836 14,3 5 118
Douai 199 611 6 25 895 13,0 4 316
Dunkerque 190 904 4 29 014 15,2 7 254
Lille 959 433 15 180 165 18,8 12 011
Maubeuge 102 820 7 23 384 22,7 3 341
St-Amand-les-Eaux 19 984 1 2 979 14,9 2 979
Valenciennes 338 528 15 47 916 14,2 3 194
Nord 1 811 280 48 309 353 17,1 6 445
Nord-Pas-de-Calais 2 668 716 72 432 189 16,2 6 003
Source : Insee - Recensement de la population 1990
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00région, seules Villeneuve-d’Ascq et les villes elles-mêmes. Par contre, le record : 59,2% et 62,8% de la popu-
Marcq-en-Barœul sont épargnées. phénomène s’inverse dans quelques lation active des 15-25 ans se décla-
En moyenne, c’est 30% de la popula- communes et notamment à Rouvroy : rent au chômage.
tion d’une commune qui habite en ZUS. 14,5% de la population active de la En fait, ce sont des zones où presque un
Certes, à Vieux-Condé et à Auchel, Cité de Nouméa est ouvrière contre habitant sur deux a moins de 25 ans.
c’est moins de 10%. Mais dans six 17,4% dans la commune. Ces ZUS abritent donc de nombreux
communes de la région, le chiffre des La part des étrangers est en moyenne étudiants mais également beaucoup de
50% est dépassé. Parmi elles, Roubaix plus importante dans les quartiers en jeunes sans diplôme. Par contre, peu de
où 75% des habitants résident en ZUS. difficulté que dans leurs communes. Là diplômés de l’enseignement supérieur,
Les cinq autres ont moins de 10 000 encore, les situations sont très dispa- de cadres, de professions intermédiaires
habitants, ce sont Saint-Laurent-Blangy, rates : les étrangers sont quatre fois y résident tandis que la part des ouvriers
Pecquencourt, Le Portel, Quiévrechain plus représentés à La Mouchonnière est importante (18,3%).
et Saint-Nicolas. qu’à Seclin (10% contre 2,5%) tandis On note également une présence
qu’ils le sont deux fois moins dans importante des étrangers dans ces
Les différences entre les quartiers les quartiers sensibles d’Anzin que zones : ils représentent 13,2% de la
en ZUS et leurs communes dans la commune même. population soit une part trois fois plus
On note également la forte concentra- conséquente que dans la régionLes quartiers sensibles ont des caracté-
tion des familles nombreuses dans les (4,2%). Ces quartiers concentrent uneristiques généralement très différentes
ZUS, ce qui est sûrement lié aux carac- forte proportion de familles nom-de celles de leurs communes. L’habitat
téristiques précédentes. Les ménages breuses ainsi que de ménages ne pos-est plus récent : on y trouve de nom-
sans voiture sont également très pré- sédant pas de voiture.breux HLM et beaucoup moins de
sents, ce qui découle à la fois de La difficulté de la situation économiquerésidences anciennes et sans confort.
la situation économique délicate, de la se ressent dans la précarité de l’emploi :En moyenne, le taux de chômage y est
jeunesse de la population et de la en moyenne, plus de deux emplois surenviron une fois et demie plus élevé.
proximité de la ville. dix sont des contrats d’apprentissage,L’écart atteint un taux record dans
Une analyse statistique permet de de qualification, des CDD, des TUC,les communes de Marly et Seclin : les
discerner trois groupes de ZUS dont des stages ou des emplois intérimaires.quartiers de La Briquette et de La
les caractéristiques socio-économiques C’est plus d’un emploi sur trois dans leMouchonnière abritent une proportion
sont relativement proches. quartier du Rotois à Courrières et dansde chômeurs deux fois et demie plus
la zone Résidence Lebas, Vent de Bise,importante que leurs communes. De plus,
Les ZUS en difficulté Rollencourt à Liévin.les emplois précaires sont légion ce qui
Ce sont des zones où les logements col-Le premier groupe rassemble 37 ZUSvient confirmer la difficulté économique.
lectifs sociaux sont nombreux puisquedont la situation semble particulière-Les ZUS abritent en général plus d’ou-
près de 80% des locataires habitent enment préoccupante. Elles se caractéri-vriers et de personnes sans diplôme
sent par un taux de chômage élevé, en logement HLM. D’ailleurs, le parc desque les communes. Ainsi, les ouvriers
particulier chez les jeunes. Les ZUS de logements est relativement récent carsont nettement plus concentrés dans
un peu moins de la moitié des rési-les quartiers sensibles de Valenciennes, Roquelles à Jeumont et du Faubourg du
dences principales ont été construitesChâteau à Denain atteignent deux tauxde Dunkerque et de Seclin que dans
après 1967. Les trois quarts des loge-
Des ZUS bien différenciées de leur agglomération ments sont tout confort c’est-à-dire pos-
Indices de spécificité des quartiers en ZUS par rapport à l’agglomération d’appartenance sèdent des WC et une salle de bains
base 100 : l’agglomération de rattachement des ZUS intérieurs ainsi que le chauffage cen-
dans les quartiers en ZUS
tral, alors que c’est le cas de moins de
Agglomérations Part des Part de résidences
Taux de Part des Part deux tiers des logements régionaux.(nombre de quartiers en ZUS) locataires construites
chômage étrangers des ouvriersHLM (1) avant 1967 Géographiquement, ces zones sont loca-
Douai (12) 160 243 74 117 112 lisées sur le littoral, près de Roubaix-
Béthune (6) 176 232 110 108 107
Tourcoing, de Maubeuge, de Liévin et de
Saint-Amand-les-Eaux (1) 100 74 58 119 119
Carvin. On retrouve dans ce groupe trente-Maubeuge (7) 145 166 136 81 104
Dunkerque (5) 147 349 151 55 128 deux zones de redynamisation urbaine
Valenciennes (18) 157 215 125 102 117 et les quatre zones franches de la région.
Lille (22) 179 184 146 95 141
Arras (5) 182 260 153 108 132 Les ZUS intermédiaires
Boulogne-sur-Mer (2) 173 188 175 69 139
du bassin minierCalais (2) 180 110 163 79 125
Lens (17) 151 127 153 88 113 Les treize zones urbaines sensibles qui
Toutes (97) 159 195 131 93 122
ont été regroupées ont la particularité
(1) part des locataires HLM parmi les locataires d’être localisées dans le bassin minier.
Lecture : en moyenne, le taux de chômage des 12 quartiers en ZUS de l’agglomération de Douai est supérieur de 60% au taux
Elles s’étalent sur une bande allant dede chômage de l’agglomération.
Source : Insee - Recensement de la population 1990
2 INSEE NORD-PAS-DE-CALAISBully-les-Mines à Vieux-Condé en pas-
sant par Hénin-Beaumont et Douai.Pour comprendre ces résultats
La situation économique est aussi déli-
cate que dans le groupe précédent carPour réaliser une typologie des 72 ZUS de la région, deux méthodes d’analyse
le chômage touche 31% de la popula-des données ont été mises en œuvre :
tion et 40,5% des 15-24 ans. Cela dit,
- une analyse en composantes principales (ACP) a été réalisée pour contrairement aux autres quartiers en
tenir compte du nombre important de variables et de leur corrélation. Elle difficulté qui se caractérisent par leur
consiste à rechercher des variables synthétiques (composantes princi- jeunesse, le poids des jeunes est ici du
pales) non corrélées entre elles et résumant aussi bien que possible les même ordre que celui du Nord-Pas-de-
données. Sur un graphe, les axes principaux représentent ces nouvelles Calais. En conséquence, les étudiants
variables. Les individus peuvent être projetés sur un plan factoriel consti- sont faiblement représentés dans la
tué par les axes principaux. population : leur part est de 10% alors
qu’elle atteint 15% dans les autres ZUS. Le premier axe factoriel oppose le taux de chômage, la part des inactifs et
Les deux tiers des habitants n’ont aucundes sans diplôme aux parts d’employés, de professions intermédiaires, de
diplôme ce qui semble un handicapcadres, des titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme de l’enseignement
pour restaurer l’emploi. La détentionsupérieur.
d’un diplôme, quelque soit le niveau
Le deuxième axe factoriel oppose la part des retraités à celles des jeunes, des
considéré, est beaucoup plus limitée
ouvriers, des titulaires du BEPC, d’un BEP ou d’un CAP et des locataires en
que dans les autres quartiers sensibles.
HLM.
Ainsi, seule la Cité de Nouméa à
- une classification ascendante hiérarchique (CAH) est ensuite réalisée en Rouvroy abrite plus de bacheliers que
reprenant les variables significatives obtenues. Elle permet de rassembler l‘ensemble des ZUS (4,9% contre
les ZUS qui ont des caractéristiques proches en des groupes distincts. On 4,2%). Toutefois, la situation est moins
obtient ici trois groupes de ZUS qu’on peut ensuite caractériser à partir grave si on considère les diplômes des
des variables qui ont servi à la classification et d’autres variables, dites 15-24 ans : 5% d’entre eux ont un
“supplémentaires“. BEPC et 17,2% ont un BEP ou un CAP ;
Les ZUS se répartissent en trois groupes
4
Cité VanderveldeLes ZUS en difficulté
Les ZUS intermédiaires
Quartier du Parc
Les ZUS moins défavorisées Provinces françaises Mouchonnière La Liberté
Grande RésidenceRotois Beau Marais
2 DegrooteChemin Vert Rés. Lebas Briquette Lambreçon Europe Zac
Quartier République Bourgogne Blanches Laines Beaulieu Saint-Nicolas
Cité Fénelon Quartier Ouest Les Épis Champs Nation
Fbg Château Pont Rompu Quartiers Sud Mont Liébaut Zac Aérodrome
Longchamps Zac 2 villes
Rés. St-Pol Épinettes
Fort Nieulay Zac Henriville Quartiers Calonne
Secteur Intercommunal Roquelles Lille Suda
0 La Solitudex Rés. Sellier Carpeaux
e
Jean Macé Blanc Misseron Les Cités Beaumont
2
Roubaix Est Roubaix Nord
Cité Sessevalle Cité Riaumont Zac Plantigeons Les Oliveaux
Macou Sous le Bois
Cités Minières Cité Cordonniers
Cité d'Orient
-2 Cité Lemay Cité des Brebis
Rés. Lambrecht Les Asturies Bleuze Borne
Cité Sabatier Moulin Loups Bois Blancs
Cité Thiers
La Clochette Fives
Salengro Vieux Moulins
Wazemmes
-4
Cité de Marles
Cité de Nouméa
-6
-6 -4 -2 0 2 4 6 8
axe 1
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 3ces taux sont plus élevés que dans des emplois précaires atteint 20% dans Caractéristiques socio-démographiqu
l’ensemble des ZUS. D’ailleurs, la part la zone de Grande Résidence à Lens,
des jeunes sans diplôme est moins elle est en moyenne, moins importante
Variables de l’analyse
élevée que dans le groupe décrit pré- sur ces quartiers que dans les autres
cédemment. Cela indique que l’âge classés précédemment (15,3%). Part de
Nombre Taux de
Groupes de ZUS moins a un effet considérable sur ces résultats : La population est plus jeune que celle de ZUS chômage
de 25 ala sur-représentation des plus de 60 ans, du Nord-Pas-de-Calais car elle est com-
généralement sans diplôme, vient posée de 43,1% de moins de 25 ans. Les ZUS en difficulté 37 31,9 48,8
accentuer le phénomène. On y trouve une forte concentration Les ZUS intermédiaires 13 31,1 37,6
La répartition par âge doit jouer égale- d’étudiants (57,3%) ainsi que de diplô- Les ZUS moins défavorisées 22 21,3 43,1
ment sur la composition des ménages més de tous niveaux : BEPC, BEP ou
Ensemble des ZUS 72 28,5 45,0car ce sont les ménages de deux CAP, baccalauréat et enseignement
personnes qui sont prépondérants. supérieur. Près de 6% des habitants ont Nord-Pas-de-Calais 72 18,3 38,6
De même, la description des catégories suivi des études supérieures soit deux
(1) part des locataires HLM parmi les locatairessocioprofessionnelles indique une pré- fois plus que dans l’ensemble des
Source : Insee - Recensement de la population 1990dominance des retraités au détriment zones en difficulté ; c’est un taux
de toutes les autres activités. Les légèrement inférieur au taux régional
Variables supplémentaires
emplois relèvent toutefois majoritaire- (7%). Ce taux dépasse même 10%
ment du secteur secondaire. dans les zones de Vieux Moulins et Part des Part du
Groupes de ZUS emplois secteurCes ZUS sont spécifiques du point de Wazemmes à Lille.
précaires (2) tertiairevue de l’habitat ; il apparaît en fait Ces particularités se retrouvent si l’on
qu’on retrouve les caractéristiques des étudie les catégories socioprofession- Les ZUS en difficulté 22,2 58,9
logements des bassins industriels et nelles des habitants. Ces zones regrou- Les ZUS intermédiaires 20,9 51,8
miniers. Les logements sont anciens : pent un nombre important de profes- Les ZUS moins défavorisées 15,3 66,1
87,5% des résidences principales sions intermédiaires et d’employés. La
Ensemble des ZUS 19,9 59,8ont été construites avant 1967. Par part des cadres est deux fois plus éle-
conséquent, les logements sans confort vée que dans l’ensemble des ZUS. Nord-Pas-de-Calais 11,5 63,0
sont nombreux et ne pas disposer d’un C’est dans les quartiers lillois qu’elle est
(2) les emplois précaires regroupent les apprentis, les contrats d’adap
chauffage central reste courant. Les la plus forte : Bois Blancs, Fives, Vieux stages, et les TUC
logements sociaux ne sont pas très Moulins concentrent 4% de cadres et Source : Insee - Recensement de la population 1990
fréquents car seulement un locataire sur Wazemmes 5%. Les emplois appartien-
cinq habite en HLM. Peu d’habitants nent massivement au secteur tertiaire.
sont propriétaires de leur logement. Les étrangers constituent 6% de la
Toutes ces zones sensibles sont classées population ce qui est nettement moins
en zones de redynamisation urbaine que dans les autres quartiers ; c’est
Localisation des communes sauf La Solitude à Vieux-Condé et la d’ailleurs un taux à peine supérieur à la
Cité de Nouméa à Rouvroy. valeur régionale (4,2%). Les familles
nombreuses et les ménages sans voiture
Les zones les moins défavorisées sont également moins présents que
Ce groupe rassemble 22 ZUS qui sem- dans les autres ZUS.
blent être moins en difficulté que les En moyenne, un tiers des ménages est
zones décrites précédemment. Les propriétaire de sa résidence principale.
indicateurs classiques sont moins On note toutefois que l’âge du parc de
alarmants et se rapprochent parfois de logements est équivalent à celui des
ceux de la région. Néanmoins, il faut zones particulièrement en difficulté.
relativiser tous ces points positifs car Plus de 55% des résidences ont été
ces quartiers restent tout de même construites après 1967 et un peu plus
des quartiers en difficulté où il est de 72% des résidences possèdent le
nécessaire de prendre des mesures confort maximum.
pour relancer l’activité économique. Compte tenu de leurs caractéristiques
Le taux de chômage global est de “favorables”, on retrouve dans ce groupe
21,3% soit 10 points de moins que la moitié des ZUS qui ne sont pas
dans les deux autres groupes. Il en est classées en zones de redynamisation
de même pour le taux de chômage des urbaine. Du point de vue de la locali-
Remarque : par souci de clarté,
tout le territoire communal a été colorié15-24 ans qui s’élève à 31,2%. De sation, elles sont assez disséminées
dès lors qu’il existe une ZUS.
plus, le chômage de courte durée dans la région : on peut toutefois en
(moins de trois mois) est le plus repré- situer quelques-unes près de Lille et de
senté dans ce groupe. Même si la part Saint-Amand-les-Eaux.
4 INSEE NORD-PAS-DE-CALAISues des trois groupes de ZUS LA POLITIQUE DE LA VILLE
Le principe d’une politique de la ville a maintenant plus de 20 ansUnités : nombre, %
es Part des Part des La politique de la ville apparaît au début des années 1970 avec l’achèvementPart des Part des Part des
locataires sans des grands programmes de construction d’habitat social. Elle a pour butétrangers propriétaires cadres
ns HLM (1) diplôme
d’améliorer la vie sociale et économique à l’intérieur de certains quartiers dits
en difficulté et de réduire les déséquilibres au sein des agglomérations. Dans13,2 21,3 79,4 56,9 0,7
10,6 13,8 20,6 66,2 0,3 cette optique, plusieurs mesures vont être développées successivement.
6,0 33,3 64,8 47,6 2,2 Dès 1970, la loi Vivien indique les premières dispositions à prendre pour
lutter contre l’habitat insalubre. En 1977-1978, l’État et les organismes HLM
10,5 23,6 64,3 55,7 1,1
mettent en place les premières procédures “habitat et vie sociale”. De 1983 à
1989, les pouvoirs publics s’intéressent à l’amélioration de la situation des4,2 55,4 45,3 47,8 3,0
ménages habitant dans certains quartiers en difficulté.
ePuis, dans le cadre du X plan (1989-1993), deux types de contrats sont
établis : les contrats de développement social de quartiers (DSQ) pour une
durée de cinq ans et les conventions de quartiers (CDQ) pour une durée de
Unité : %
trois ans, qui appellent à titre préventif une action plus légère.
ePart des Part des ménages Part des résidences À partir de 1994 et pour la période du XI plan (1994-1998), les contrats de
ménages de 5 personnes construites ville remplacent les dispositifs précédents. Ils concernent des agglomérations
sans voiture et plus avant 1967
et une attention particulière est portée sur l’intégration des quartiers en diffi-
culté dans le reste de la ville. 45,9 22,0 58,7
46,4 18,3 87,5 En 1996, le Pacte de relance pour la ville, sans remettre en cause les contrats
36,2 15,2 45,1 de ville, vient préciser les applications et les limites de leur géographie
prioritaire. Pour chaque agglomération candidate à un contrat de ville,
43,0 19,3 59,7
plusieurs niveaux d’intervention sont institués : zones urbaines sensibles, zones
de redynamisation urbaine et zones franches. Le Pacte de relance s’articule28,9 14,8 63,9
autour de mesures visant à faciliter la vie quotidienne des habitants des
ptation, de qualification, les contrats à durée déterminée, l’intérim, les
quartiers concernés. Les deux priorités sont la relance de l’activité économique
et la sécurité des habitants. Il donne aussi une place importante aux problèmes
de logement et d’équipements publics.
Le Pacte de relance pour la ville - fin décembre 1996 :
trois niveaux d’intervention prioritaire
Le premier niveau de découpage est celui des zones urbaines sensibles (ZUS). Cespossédant au moins une ZUS
zones sont caractérisées par la présence de nombreux jeunes résidant dans des
grands ensembles ou quartiers d’habitat dégradé et par un déséquilibre accentué
entre l’habitat et l’emploi. Les jeunes de moins de 25 ans bénéficient d’une nou-
velle disposition relative à leur insertion professionnelle : les emplois de ville.
Les zones de redynamisation urbaine (ZRU) sont des zones urbaines sensibles
qui sont confrontées à des difficultés particulières. Elles sont appréciées enLes ZUS en difficulté
Les ZUS intermédiaires fonction de leur situation dans l’agglomération, de leurs caractéristiques
Les ZUS moins défavorisées économiques et commerciales et d’un indice synthétique. Celui-ci est établi en
tenant compte du nombre d’habitants du quartier, du taux de chômage, de
la proportion de jeunes de moins de 25 ans, de la proportion des personnes
sorties du système scolaire sans diplôme et du potentiel fiscal des communes
intéressées. Ces zones bénéficient de dispositifs renforcés visant à conforter ou
à recréer de l’activité économique, constitués pour l’essentiel d’exonérations
fiscales et sociales accordées aux entreprises.
La principale innovation du Pacte de relance est la création des zones franches
urbaines (ZFU) créées dans les quartiers de plus de 10 000 habitants particu-
lièrement défavorisés au regard des critères pris en compte pour la détermina-
tion des zones de redynamisation urbaine. Les employeurs sont largement défis-
calisés et exonérés de charges sociales. Elles font également l’objet d’une
intervention publique globale portant sur le cadre de vie et le fonctionnement
des services publics.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 5Les ZUS du Nord-Pas-de-Calais
Quels changements entre les quartiers DSQ et les ZUS ?
connaissent plus de difficultés que les DSQ
La composition des ZUS du Nord-Pas-de-Calais est relativement proche de
celle des quartiers DSQ. Environ la moitié des zones sensibles coïncide exac-
tement avec les anciens quartiers DSQ. Quelques ZUS importantes comme % Taux de chômage
29celle de Roubaix-Nord proviennent de la fusion de quartiers DSQ. D’autres
ZUS correspondent au précédent découpage auquel certains quartiers ont
28été ajoutés.
27
Une meilleure prise en compte des familles
Les ZUS regroupent une population plus nombreuse que les quartiers définis 26
précédemment : 432 000 habitants sont concernés contre 396 200. La
25modification du périmètre a permis de cerner un peu plus de jeunes : 35,5%
de la population des ZUS a moins de 20 ans contre 34,8% en quartiers
24DSQ. Par contre, la population étrangère est un peu moins représentée. DSQ ZUS
Quelques changements interviennent dans le cadre de la famille. Deux caté- Source : Insee - Recensement de la population 1990
gories ont pris de l’importance : les familles monoparentales et les familles
nombreuses. Si on ajoute à cela l’augmentation de la part des locataires
dans des logements HLM, on peut penser à une meilleure approche des
familles en difficulté.
% Familles monoparentalesPlus de difficultés économiques en ZUS
14
Du point de vue économique, les ZUS sont plus défavorisées que les 12
quartiers DSQ. Le taux de chômage est plus élevé et il affecte surtout les
10
jeunes : 37,7% des 15-25 ans résidant en ZUS connaissent le chômage pour
835,3% des jeunes en quartiers DSQ. De plus, la part des emplois précaires
et celle des chômeurs de longue durée sont légèrement supérieures. 6
4
De quatre types de DSQ à trois types de ZUS
2
(1)Une précédente étude avait permis de classer les quartiers DSQ en quatre
0groupes selon leurs ressemblances socio-économiques. Les quartiers DSQ DSQ ZUS
des “centres urbains” se répartissent de deux manières : les quartiers lillois Source : Insee - Recensement de la population 1990
sont considérés comme des ZUS moins en difficulté tandis que les quartiers
de Roubaix et Dunkerque font partie des ZUS très défavorisées. Les quartiers
DSQ regroupés en “quartiers intermédiaires” sont répartis généralement
parmi les ZUS dont la situation est moins critique. Les quartiers DSQ classés
en “cités ouvrières” se retrouvent en majorité parmi les ZUS intermédiaires
% Locataires HLM
du bassin minier. Enfin, on retrouve parmi les ZUS très défavorisées les 65
quartiers DSQ “où vivre en HLM et être chômeur se conjuguent”.
64
(1) Les quartiers prioritaires - Insee - Profils de l’économie Nord-Pas-de-Calais n°5, octobre 1994. 63
62
61
Dénombrement des zones d’intervention
60
59ZUS ZRU ZFU
Nord-Pas-de-Calais 72 59 4 58 DSQ ZUS
France entière 749 416 44 Source : Insee - Recensement de la population 1990
6 INSEE NORD-PAS-DE-CALAISListe des zones urbaines sensibles du département du Nord
Nombre de
Nom des ZUS Commune(s)quartiers
Les Asturies, Dorignies, Pont de la Deûle, Belleforière 4 Auby, Douai, Flers-en-Escrebieux, Roost-Warendin
La Clochette, Le Bivouac, Notre-Dame 3 Douai, Sin-le-Noble, Waziers
Résidence Lambrecht, Cité Moucheron, etc. 2 Montigny-en-Ostrevent, Pecquencourt
Cités minières 1 Ostricourt
Cités minières : Cité Lemay, etc. 1 Pecquencourt
Les Épis 1 Sin-le-Noble
Quartiers Sud : Basse Ville, L’île Jeanty, etc. 1 Dunkerque
Europe, Albeck, Anciens Jardiniers 2 Grande-Synthe
Quartiers Ouest, Cité Liberté 1 Saint-Pol-sur-Mer
Degroote 1 Téteghem
Quartier du Parc 1 Haubourdin
Beaumont 1 Hem
Longchamps, Hauts Champs, Trois Baudets, etc. 6 Hem, Roubaix
Bois Blancs 1 Lille
Fives 1 Lille
Lille Sud, Faubourg de Béthune, Moulins 1 Lille
Vieux Moulins 1 Lille
Wazemmes 1 Lille
Les Oliveaux 1 Loos
Roubaix Nord 3 Roubaix, Tourcoing, Croix
Roubaix Est 1 Roubaix
La Mouchonnière 1 Seclin
La Bourgogne 1 Tourcoing
Le Pont Rompu 1 T
Beaulieu 1 Wattrelos
Les Cités 1 Hautmont
Cité Cordonniers et Explorateurs 1 Feignies
Lambreçon 1 Jeumont
Roquelles 1 J
Épinettes 1 Maubeuge
Provinces françaises 1 M
Sous le Bois, Douzies, Montplaisir 1 Maubeuge
Moulin des Loups-Couture du Limon 1 Saint-Amand-les-Eaux
Champs de la Nation 1 Aniche
Bleuze Borne 1 Anzin
Carpeaux 1 Anzin
Secteur intercommunal 2 Anzin, Valenciennes
Zac de l’Aérodrome 1 Aulnoy-lez-V
Cité Fénelon 1 Beuvrages
Cité Thiers 2 Bruay-sur-l’Escaut, Escautpont
Macou 1 Condé-sur-l’Escaut
Faubourg du Château 1 Denain
La Liberté 1 Douchy-les-Mines
La Briquette, Faubourg de Cambrai 2 Marly, Valenciennes
Blanc Misseron 1 Quiévrechain
Cité Sabatier 1 Raismes
La Solitude 1 Vieux-Condé
Cité de Sessevalle 1 Somain
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 7Liste des zones urbaines sensibles du département du Pas-de-Calais
Nombre de
Nom des ZUS Commune(s)quartiers
Résidence Saint-Pol,
3 Arras
Blancs Monts, Beaudimont
Saint-Laurent-Blangy,
Zac Saint-Nicolas 2
Saint-Nicolas
Cité Vandervelde 1 Auchel
Mont Liébaut 1 Béthune
Salengro (Stade Parc), Bruay-la-Buissière,
3
Cité 32, 32 bis Haillicourt, Houdain
Cité de Marles 1 Marles-les-Mines
Chemin Vert 1 Boulogne-sur-Mer
Zac Henriville
1 Le Portel
- Cité de la reconstruction
Beau Marais 1 Calais
Fort Nieulay 1 Calais
Quartier de la République,
2 Avion
Quartier du 4
Bully-les-Mines,
Cité des Brebis 2
Mazingarbe
Zac des Plantigeons, Fosse 4,
1 Carvin
Eglissières
Quartier du Rotois 1 Courrières
Cité d’Orient, Bellevue 1 Harnes
Quartiers Sud-Ouest (Jean Macé) 1 Hénin-Beaumont
Hénin-Beaumont,
Zac des 2 villes 2
Montigny-en-Gohelle
Grande Résidence 1 Lens
Résidence Sellier, Cité du 4 1 Lens
Cité Riaumont, Résidence Blum,
1 Liévin
Salengro
Quartiers Calonne, Marichelles,
1 Liévin
Europe
Résidence Lebas, Vent de Bise,
1 Liévin
Rollencourt
Cité de Nouméa 1 Rouvroy
Quartiers des Blanches Laines 1 Sallaumines
Pour en savoir plus
• Les quartiers prioritaires - Insee - Profils de l’économie Nord-Pas-de-Calais n°5, octobre 1994.
• Ces quartiers dont on parle - Éditions de l’aube, 1997.
• Les zones urbaines sensibles - Insee - Insee Première n° 573, avril 1998.
• Les zones franches urbaines - Insee - Profils Nord-Pas-de-Calais, à paraître en septembre 1998.
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