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S'inscrire dans le temps et s'approprier
l'espace: enjeux de pérennisation
d'un événement éphémère.
Le cas du festival de la BD à Angoulême
Space-time appropriation of an ephemeral event:
the case ofAngoulême comie festival
Maria Gr.wari-8arbas
CA~lA·UMR ($0 fSI'Jces lloo!':(~phiq~eset ;o..-i<!I~'s
lur rSTI1UA, lInive,sit(' d'A'\~"r$
Vincent Vcschamore
CAR1A_UMR (50 [Sp.1CCS llOOgr.lphiqlC$ el MXiélCS
O':>partell1cnt de ~L\osraphie. Univ<'rsilé d'A"g(>fS
Résumé Dans cel article nous avons souhaité C:>\Jl1liI1N les l'apports enlie un festi­
val, événement culturel éphénuhe, et l'espilce urbain dans lequel il S'iI15­
eril. Un feslival, lout ell avanlun COIlIC,lU culturel el artistique, présente
également lme dimension spatiale: ('esl un événement qui prend plJce
dans la ville. qui occupe l'espace public. qui Îtwestit des lieu); de manière
provÎsoire el les Iran~lorme d;lIlS la durée. DnllS ce ~ns, il esl te vecteur de
strJtégÎe~ d'approprÎ;llion de respace el suscite des conflits. Cest ce jeu
d'Jcteurs aulour d'un feslival, en rappon avec la pr<)duction de l'espace..
que nous ;lVOIlS souhaité analyser dan, le cadre de cel article. Nous avons
choisi de nOliS appuyer !l'lUf cela sur l'exenlple du (esli"al i nternation;:11 de
1,1 bande dessillée d',':"ngoulêll1e, donlles retombées el1 terme de produc­
tion, de marquage et d'appropriation de l'espace s,ml particulièrement
speClacul,1ires, comme nous aviom pu 1(> rOIl~1.1f@" lor~ o'ml!' Mllor' rom·
parative entre plusieurs lC$tivals.
Auslrilct rhi; p.lpeS aims al ,lna/rzing l!Je relalio/ls/lip belween a iestil'a/, bl' delÎnilion an
ephemesalel'elll, and Ille urban $pace in which illak~place. A (esUI'al ce/1ain­
Il'(alld prilllarily) lIas a cu/twa/ alJd <lI1 contexl, bUI also /Ias a spalial dimension:
it occupies public spa ce, il lemposary il1ve.<ls dif(e1elll U,./),1/1 place IIJJI ca be' dl/­
rably Ifalls(ormed. In Ih;s sense, ;1 is a veclOI" of~patial slsale.Ôes, eilhe" delibe·
raie and orsan;zl.'d, or not. The.<e CJn ellier in confliCI wilh Ihe ferrilorial
.<Isalesies or ofher ,Klors 011 the I/Iball scene. Il is precise/l' lilis s~le/ll oi COll­
IK-'CliollS betlt'l..'l?1l Ill(' di/lerenllo,:al aC/OIs ill relation 10 Ille proovc/io/l o(~paœ
Ihal Il'e I/y to allalyze. \'Ve h,we dlosell the example o( Ille cily ofAngoul~me,
a s/Rll/·size cill' il1 \'VeSlem frallce kllOWIl {Of its /Illemalionai Com;, FeSlival
rFIBD), wl105e impaCls ill terms ofproduclioll alJd approprialion o( sp"ces am
cOllsidefable.
A"". Ct'o., II" 641, 211tl5, p.l!;<!~ 285-30(" ~ JI,m,lnd CoH"286 • j\·1Jria GrJvari-13arbas, Vinccnt Ve~(hall1brc A"'Ml(~ III GtocxAPUlr, "•• (,4) • 2005
MOIS-c1ios FeSlival, appropriation, Angoulême, bande de;sillé, slratégies d'acleurs,
esp<lce urb;lin, événement festif.
Kcy-worlns Festival, appropriation, AIl.f;olllême, comia, ,K/Ol'S' str,llesies, urban sp.Ke,
cl'eut.
Introduction
Un ICstiv:11 cst" a\";l.llt" tOll( une manifestation artistique éphémère, conçue
comme lIne nlpnll"e (faire «plus» ou faire «diflërelnment») p.lr rapporr à
1':1.:ti"iro.: culturelle habiruclle de la ville dans laquelle il s'inscrit. Dans Ct'
sens, son ravonncment", son impon.mcc, sa visibiliré ml'lllc, impliquent S1
délimit":ll'ion temporelle: un n:mps JOrt, paroxysmique, bicn dém:uql1é p:1r
rapport" à lIl1 «a\'011t"» et un «après'" Un f,,:srlval fail' prioriuirement le bibn
de sa réussire (cn rennes de rerombécs culrurclks, économil:jl1cs, socialc~,
erc.) sur hl basc de cc qu'il a of1'ert ou gém;ré pendant" ks quelques jOl11'S
de SOIl déroulement". Mais les retombées à plus long t~'nJ1e ne sont pas
négligées 1. Bien que lon<:t:ionnalll" slIr des r.:mporalil'és difTéremes, les dil~
I~rems ac[('urs qui gr:lvircnr amour d'Un tèstival (ol'g:lIlis'll:curs, ll11ll1îcipa­
lités, associations, acrems économiques_ .. ) om !"clldmec à vouloir k péren­
niser: le~ organls:lrcurs du festival doivcllt S';\ssurcr du souliel] «stable» des
colkctivités t'crrirot:iaks d'accllcll, pendant que les :lo.:tcurs loo_ux, qui
vi"cm le territoire 3\"31lr ct' après LI période (csrÎvJlière, doivcnt !'.lCeucillil,
le canaliser, le réguler, Illaximalis~~r ses r..:t"ombécs, c'csr·à-dirc l'instnlllwll­
I"J]iscr dans 1.\ dméc. EI1 s'illscriv:llU ainsi durablemeilt' dans une vilk, un
festival rransfonllc il. d..:s degrés divers ..:t pendant des durées v,'lI"Î:lblcs, des
espaces 1frlmùH en esp:Kes IeJtil'fllirr.f. II oo.:eupe b ville, il consûmll1~
l'esp:H:c urbain; en même temps il produit s..:s propres liellx, il crée ses
r..:pères .:r bisse des traces {Wilkms-Braull, 1994; Gravari-B;ub'1S, 1999;.
Les f...'sti\'als PCU\'Cllt ainsi de\'enir des éléments d'orgallis;Jrion de l'cspaC,'
urbain.
Cet <nticle cherche précisém..:nt à explorer .:cm: tellSioll cllI"re le carae­
tèn: éphémèr..: de r\~\'éllc]llcnr et' les velléités de pén:nllisarion que celuI-ci
P":UI susciter. Nous cherchc_I"Olls à 1ll0l]\Ter quc b volonl'é d'in.scrire un lès­
rival d..: Illanière durabk da ilS le n:.mps pousse différents <Jeteurs à l'inscrir~
de manière durable dans l'..:spacc. Une tdle inscription sp:ltia1c pcur dc\·..:nir
le poilll: d'appui pour ..:ontrôkr, Ill:1Îtrlser l'esp~\cc urb:lin, mais aussi l'élé­
ment" déclencheur de conflits: la pér..:nnisation d'un événement représente
Ull enjeu d'appropriation de l'espace. R:lisollller en u:nne d'appropriatioa
de l'espace (Ripoll, Vesc1Mlllhre, 2002·2004) nOlis permet' de mietn cerner
le mouvcment des illlerllli1tenl~ de l'él.:i 2003 Cil fr~"ce. qui" élc ~ l'originc dc l'ann"I~li()n
d'lm grand "omble rie feSli ....1Is, ~ .:ilé lrils rév.:iI,1tem de la Illulliturle d'cnjeu". v compris ~l
nol~ll1l1l<,nl .:iconomiqucs, qui ~'~rIiClltenl aUlour de ces é\'énCIll<'lllS ;OU\,('111 con;ldénis ,1\'«
corldescend~nce.Artid"S Enjeux de pérennisatioll d'un <!"énernent éphémère· 2lJï
les ~njeux de positionnement des dif1èrcnts acteurs: la construction par
e:;cmpk d'un équllJC1l1enr (maislll1 ou palais des Ii:srivals) deSljné 3­
accueillir ks nunifcstalions est le résulrar d'aclions de n~goci'l\'ion.<;, de rr:lC­
taLions, de palTcn,l.Iüts ou de conllîts, visall( soir <'t Installer Ull ~vél1emcnt
lcstjvalicr dans 13 \'ille, soit;'\ mieux le contrùler ~t par là même, à o.:ontrôlcr
l'espace urb:lin.
Dans quelle mesure un ksti\'al, événelllCJlt éphémère, l'cm-il laisser des
naces ct être productelll" dc lieu:; ou dc Ilollvdles spatialités? Quds SOnt
les acrcms qui intcrvil?nncnt dans le processus de pércJlnisation ct qui béné­
li..:icnt des rcrombécs du fcsri\';\1 en renne de lllarqll:lgc ct d'appropriarjoll
de l'cspacd Er qu'cst cc que o.:c processus de pé.n.'.nnis~ltioll CI' d'inscription
sparialc d'é"én~mcnts culrurcls l'CUl' nOliS apprl.~ndn: sur la m:tnièn.: dom: on
fàit la ville :mjourd'hui,
Ces qucstions nous semblenr p:lllkulièremeilt pertincllres, sunOllr d;lIls
le conrexœ de la ville cot1l"empor;linc, où événemems, odrure, l>:tes, reyètent
une importance rome p:lrticulière (Gr:lvari·Barbas, 2000). Investis par ks
ethnologues ou les soo.:iologuC's, ces quesl"ions le sonr beaucoup moins par
ks g.éographes qui ne sC' SOl1\" inléressés aux (êtes, (estiv;lls ct bénelllcms
festifs que depuis peu, km dimension g.éographique étal1l sans dome jugée
«secolllhirc, \'oirc insoliJ:C" (Di Méo, 2001, p_ 244). Plusieurs na\':lllX onr
<lbordé h (juestion de l'utilisation des événements comme lllOYCll de rcvi­
ralis:ll"ion dcs cspaœs dans lesquels ils s'inscri\'cnr (Bonncmaison, 1990;
H'ugues, 1999; Grilllths. 1993) ou comml' Illoyen d'élllergSllo.:e de liCllx
(Hall, 1992; Gravari-B:ub;\s ct Violier, 2003). l)":IuLrcs s'intéressent à la.
qucstion des rapporrs cntTe groupes sociaux ct espace: \Villcms-Br:lllll
(1994) am\lysc ;linsi ks é\'él1ell1cnl:s comme élément' d'instauration du dia­
loguc soc.ial dans l'espao.:c urbain ct W:lferman (1998, 2003) ;lborde la
question de la. \'isibilit.é d..:s élites urb;lines par l'intcrmédiairc des événc·
nlentS culrurds '-lue celles-ci orga.nisenr. Atkinson Cl Lallrier (l99S) sc
rOSent la qnestÎon de 1"::u:llIsion de cert.1Îns groupes sociaux des espaCèS Cl
t:cmps de l'événement". Dans ses travan\" sur la géographie des (ères, Guy
Di Méo (200l) a a.bordé la question de l'inscription symbolique de l'é\'é·
Ile ment fî..~stir. Les ;\ppons de (CS t:r;l\';llIX sont importants ('t' 1101lS nous ills,
crÎvons d;lIlS Jeur prolongt:l1lcnl. lis n'abordellt cependa.nt. pas la quesrion
de la pérellnisation et de J'inscription spatiale de l'lÇ\'énemelH telle que nOlis
souhaitons la poser dalls le o.:adre de cet: a1.Tick 2.
Afin de confinnel ces hyporh~scs, nous an:llyserolls le {csrival de la bnde
dessinée d'Angoulême, événemellt. de Ilotoriéré l1;ltionalc, \'oirc inrcrn:ltio­
nale, org:lIlisé dalls 1:1 ville depuis 19ï4, durant" le dernier we..:k·end de j;\Ilvicr.
Le choix d..: cettc "ill\.' n'est pas le fait du hasard. Lors ,j'Ull l'ravail compa­
I<ltif SUl" plusieurs tCstivals franç;\is, réalisé dallS le ..:ad.re (k l'Uj\'1R espao.:cs
et soô.?tés (ESO), nOliS a\'iollS constaté que c'était j AngoulèmC' que la
2 NOliS n'insislerOlls donc p<lS, dans le cadre de cel article. sur l" rôle elle~ "lPI>orts enlre aC1CUfS.
analysés daM Uil lra"ail préi;<iderll, (Gra",'ri·IlJl'lJas et Ve~charl1bre, 2003) même si ccux-ci som
élroitement liés ~ des pr<.lCe>su~ d'appropriaiion de l'espace.logique de pérl'-l1l1lsal1on du f<-'SriV.1l fuit b plus forte ct b plus lisible
(DEp/CNRS UMR 6590, 1002 "~).
L'all;llvse proposée reposc sur un tr;l\"ail de re<:hcrcht: inirjé en 1998.
Depuis cette rériode nous ;1\'ons effectué plusieurs séjours er cl1quêœ$ ,\
Angoulême et nous avons rcncontré les principaux acreurs concernés par le
(estival. CC t:CXt'i:.·, focalisé sur le kst:iv;~l de hl BD d'Angou!l:me, s'inspire­
cepcn~bnt dc l';lllalyse comparati\"c cité<: ci-desslls, le tr;w;lil mcné d,ms
c..:trc ville nous ayant d'ailkurs servi pour mcun: en place une méthodo­
logie d'an;llysc des relations cnrn: vjlle c.t festival. Plus qu'une monogr<lphic
sur l'inscription spariale du 1(-:;1'1\,,11 de b lnnde dessinée d'Angoulême, il Sl~
vcut donc une rét1cxion sur les rappOrt~~ que les événemems festifs ..:t culturels
enneücnnent ""CC l'espeKe urbain, ct sur les formes d':lppropri.nion de
l'espace qui se jouenr ;lllt:OUl" de la pércnnisation de tds événements.
1 Un festival trentenaire qui bat des records
de fréquentation et investit totalement le centre-ville
La présclltarion ct l':malyse dcs diflërcJ1rs espaces occupés :Ill cours dc l~
30'" édition du fesrÎv;ll (2003) nOlis pcrmcrccnt' de donner d'emblée un:
idée de lïnscril'rioll spari:1k de ccr é"én..:m~nt.
1,1 Le succès de la trentîème édîtio/1 du festival (2003)
Dc ["avIS général, \c «rrentièmc» a été Ull succès. Un succès cn tcrme d~
fj'égucnrarîoll, avec un peu plus de 200000 billas \'cndus, cc qui t"('présent:
Ull nouveau record. Les hauts lieux du {estival, c'eH-à-dire la pbec dl]
Clulllp de Mars ;1\'C( ks «bulles» 4 ct le cœur de la yille :!LJt'OIll" de 1;1 Ill:liric,
ainsi que \cs rues piétonnes '-lui les relient" (phol:O 1 Cl fig. 1), OIU érl' enva­
his P;ll' LI Ioule, tlOr,llllmCnl' le samedi, point culmimlnt ..k 1;1 manifcstatiol:.
Depuis quelques années, le festi\ .11 semble ;{tteindre lin palier difficile à
!Î'anchir: «Le FJBI) (...) ancinl' des limites cn tcrmc de cap:Kit"i: d':!ccuci:.
Plus dc 100000 \'isitCIlI"$, <:cla fair beaucoup l'our la \'ille où ks rues, les
reSt:.Hlrams cr les hôrcls débordent» (Second Axe. 2001, p. SI).
La tn:ntièmc édirion du festivAl ;1 ':galcment été lin succès médi:ni­
que .wce des records bartus en nombre d'auteurs (900), de professionnc.ls
l6000) Ct de journalisrcs lJ 000) 5. J:onnidable COllp de projecteur sur l.t
ville, Je t<:stîval a éré lancé- par l'inallgur<ltion du buste ~t de b nlc H<:rgé,
cn présl.:nce du couple prilh:ier bclge. du mairc de Bruxelles Cl Ju lll<lire d~
Koch! (Japon), tllembn:s comme AngOlll(~mc (011 encor\' Quéhec) du du)
inrernarional des maires des villes BD: «on n'a jam:tis auum parlé
d'Angoulême ..:n France ct dans le Illonde» ('. Son présid~nt 7, le dessinateLir
3 Celle élllli", lJorl~il ~ur ~ix \'iIl6 elleu,s festival,: Angoul&mc. Auo'iUac, Lori('nL Nantes, R'.'lln"s
cl S~inl.M~IQ.
4 Nom lionné loc~lenlC'nl~ux ,1WClurm: lie loile qui ,lCcueilieOlt les èdit('urs el les ~ul~·urs.
5 Cll,lleure- Libll'. 28i01/03.
6 Id<!nl.
7 Chaqne année. I~ manif~l<11ion est présidé<.> et a"i",~'e par le I;"IUleal cl" gr.l11ri pri~ de b Il)
d"cerné r.l11""e précédenle.­
l'hulO 1 1'11010 d',llllbiallce dans 1C'5 AJe5 lliélolllle~ (pl)(){o dl.."S auteurs, janvier 2001 J.
Ambiance in a pedes/riall stree/ tpicture of Ill<! autllors, la/lU.lf}' 2001).
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Lc.licv' ot to••'flOC'" <lu 'otl","at Ob,••, .nimOl"'" <la .uet f "",, o' "'"'t>on,
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Fig. 1 Al'lgOll~-.e 2003: rcnll)fl~~PJliale du lestl\·AI.
The (eslil'il":: pIL"'C'flCe in A/JROlIk'lnle cirv wœts.290. Maria Gral'Jli-Barb<ls, Vineenl Ves<.:hamb.e
Fr'Ul.;ois Sehuitcn, en a prolir~ pour réaffirmer les ambitions dont la ville
l'0u\'ail sc prê\":aloÎr: -Angoulême doir à la fois s'allînncl' comme le festi\':al
des bandes dessinfc.s du monde et comme le plus grand fCSlÎ\al d ... bandcs
dessinées du mOlletl.':. Ce dOÎI être son 3111bÎtion pOllf les dÎ,; prOd\3înes
anl1êl.':SlO lAlIgolflh"f Mfllfllz;'lr, jalwier 2003, p, 19),
Scion les observ:ltcurs, le eonrcnu ;utislique Cl r ... l11bi3IKe, ::Illxquds des
moyens supplêmel1tJÎrcs a\'aicnr été conS3crés. ont contrihué à l'C succè's,
C'est ainsi quI.': le le.sti\'al a rcnouê a\cc les gr::lI\des expositÎons, au): .scêno­
graphies soignées, tclles quo.: la lransformalion du rJlêâlrc par François
So.:huilen, !'e):positioll .. mus":cs imaginaires» .1U Centre llarlo11:a1 de la bande
cll.':ssinêe Cl de l'image (CNBDl), 'lui préfigun.:- te fllrur Musee de I::i HO.
L\ rue ;1 renoué ::l\'ec la fête, grîce à la prêscnce de ~ept compagnies
belges, qui onl assuré 45 spcCLades tixes Cl déambulawires. La 1'\1(," de
GCIl~VC a à": rd)3lHjsél' le œmps du festival" rul' du lrentième" Cl inveSlie
1';11' \lne série dl' décors utilisés d ....puis ks débuts dll t~sri\'al, ainsi qll~ p<'lr
des harldCr"oles rYl'hm:11ll" les ,,0 ::lllll~CS ~cOlllées. Le samedi soir, après la
proclamation d.es rl!-Sllhal'S du gr~lIld prix, \111 bulTct gbnt gr:llllii a été pro­
posé. dans ks halles ,HlX lèsli\'alicl's el' ;Ill): habitant:s, à l'initi:Hi\"e de la mai­
rÎe cr des ~·ommcl\ants.
L',ls~lc.:Îatjon du \'Îcil Angoulême, créée pOUl' l'animation de la ru .... ct
dcs "Îlrine.s autour de b BD, :1 contribué :l la misC' .... 11 ambialKC' du ù~IHre'
ville: .. il était temps que les allg.oumoisins prenl1enr les choses en 1ll:ain
pour faire vi"ro.: la \'ilk dur-ant le festi\·al lO s,
Pendant les qU3tTe jours de son dé.roukmel1l, b trenlième ~dition du
f~Slival a mis ~n br::mle la p....tjtc cÎté Charcntai5l:.
1,2 L'investissement progressif du centre-l'We
Rj .... n ne bÎssail suppos~r un td sua"s lorsque le fè-sli\'al a ... té !::Incé en 19ï4
(illlti::J!cruenr en tant 'lue salon), par !::I ,'olonté de dl'ux passionnés, p3r
:ülleur::;: élus au conseil rulllli~'Îpal, FrancÎs GrOIlX et ]c,lIl i\brdiki.l.l1. Les
médias se som- alors êtOnnés d'Ulle telle localisation: " L'::Jo.:tjoll se dérnulc
.\ Angoulême», rÎtr:lil Il' FÎg::ll"o, ... c\'st à-dirl' llulk' parr» 9.
L'tlll des îngrédicnt's du sllccès d'AngouJ.:Jllc ~'S\, sa mille: COllUlll1lle de
moins de 50000 babit::tllLS dans une aggloméraiion d\1I1 peu plus d ....
100000, Angoulême est llllC vilk moyellllc qui ~Sl plus f;tcikm ....l1l investie
par Ull événClllCl1l festivalier qu'ulle métropolc. Le lè-sti\al appar~lîl' plus lisi­
ble ct l';lmbialKC feslÎvalièn.:: plus percqnihle 'luc d:m~ ulle grande ,'ille
C01l1llle Nantes (DEP/CNRS Ui\·1R 6590, 2002). 1...'1 vieille \'ilk implantée
~ur un sirc dtfensif r"'ll1arquahle, ~'51 le théîtr.... princll':ll dl' la 1\l:lI1Î(esl::tlion.
où ks marqueurs fCSlÎvalil'l's sonl Ics plus prtgnanrs,
L'in\'esrissclllcnr du ..:emre-ville p::tr le festival S'l'Si consrruil progressi­
'·Clllo.'nr, chaque nouvelle edicion JppOrt3111 son 101 clo.: 110U\e3UX lieux,
occupés pro\'isoircI1H'I1t, dc:toul'Ilês de leurs foncrions d'orig:ini.": musées,
8 PlllPl>S du I>n"sKiEonI de l'~~jalioo,Sud-Olle!". 28 janvier 2003.
9 VoÎr fnfo malin. En \,;nill ,lnS A"llolll~'Ie est SOfli rie son nulle part •. 26-29 j<lnvÎCl" 1'J'J5.Arlicles Enjeux de pérennisation d'un événemenl éphémère. 291
g:tl.:=rics, pal:tis de justice, b:tnqlles, grands magasins, Clltrepôts, églises,
cathédrale, écoles, boutiqucs, bars 0\1 cafés.
Pour I:t première édirion, le fesrival s'inscrit ell plein cœur de ville, à
l'intérieur d'un tri:ltlgk Hôtel de vil1e-thé~tl'c-MusécI,.ks BcaU:'h1rlS (fig. l,
espace [1]). D'emblée, cc sont des b;Îrimems publics, représentatifs du pou­
voir politique local er de ses expressions cullUrdlcs les plus «nobles», qui
sont ÎnvC"sris par la manifestation, (ontribu;"lIlt" :t la légitimer, ainsi que le
genre dom dlc sc fàir le porte-parok.
Dès 1977-1978, le Ii.:stival se dédouble 3\"ec l'Îllsl":llbriol1 de la première
«bulle» sur le vaste espace du Champ de l\hr1\, Cil limIte du centn:-villc.
L'axe qui rdie l'Hôte! de ville ;\ la place du Champ dc l\hrs, en passant par
10la place Marengo, devienr la «colonne vcnébralc» du fCstiv:l1 (phoro 1):
c'csr b quc se concerH"rent l'esseru1cl des !lux dc fcstlv.1liers r.:1 b pluparr
lIr.:s marchands ambulants lI-ig.. 1, r.:space 12]). Invcsri par llllC dcuxièmc
«bulle» fi partir de 1989, CCI" csp:rcc du Champ de Mars (qui est d':rillcurs
le pl11S proche de la g.are) esr de loin le plus ti,~quClllé, Clr c'es!" là que
s'inst::lllent ks l;dircurs ct kurs "é<.:uries» de dessinateurs, qui sc" rcla~'el1t
pour des sê:tnccs de dédicaces nès courucs.
À partir de l'hôtel de ville, l'cspacc festivalier S'cst prog,ressi,'crnenr
élargi dans trois din:ctions:
- L'espace situé entre l'Hôtel de ville cr le théâtTe a étl: renforcé à partir
de 1985 par l'installation d'Ulh~ bulle sur la place Ncw-York (fig. l, espace
[11). C'esr El qlll' salit inst:rllés depuis 2000, fi pro:ximiré des jardins de
l'hôtd de ville, ks petits chalets (ommcrciaux qui propOS\;'ïH des produits
du tCIToir.
- Les petires mr.:s piétonnisécs (tlg-. l, csp:r(('" 13 ]), sinlécs c.ntre le l\llais
de Justice er les halks, som C:tractéris':es p:lr 1:1 cOIKcntTation des reSI:;\U­
ram:;, b:rrs ct gakrics CI vivent donc au rythme du festival. Cct r.:spacl' ;1 été
le premier choisi pour créer UIlC ambi:UKC BD pcrmanente, avec la ré:tlisa­
t'ion en 199ï d\m pal"<::ours cans:rcré à Andr': JuillJrd cr hl rblisation fin
1998 du premier grand mm BD véril~,blemenr inséré dans le p:lysagc
urb:tin, à partir de l'lIniv.:rs d'Yslairc (photo 2). En 1999 (Rue H011Cq),
2000 (rues Astérix) CI: 2003 (ruc du u·cm1ème), le FlBD ;\ joué kt carte du
décor tcmpor;\irc lI:ll1s cet espa..:c intime et cOllYi,·iaL
- L'ax.: qui relie l'Hôtel de ville à l'cllsemble IIlLlsée-c:l.l"hl'dra],: (fig.. 1,
cSI);lce 14]), a hé réinvesti à polrtir d .... 1999 polr l'Ulilis;lüon du palais de
Justic(' Ct de la pbcl' qu'il domine. Cet olxe :1 été égalemellt" souligné de
manièrl' permauenœ p;u· lIne fresque_ conçue par le dessinateur Marc­
Anroine Molthieu.
j\'lis bout à bom, (CS espaces constiruelH le cœur de la manill:st:trion, ce
que souligne d'ailleurs la sonoris:rlioll (tig. J).
Il a (,11111 attendre Je début des .l11llécs 1990 Ct la misc en sel"\"jce du
Centre N:\tional de ];\ Bande Dessinéè Cl. de l'lmage (CNBDI) pour voi~ la
10 lo~ d(' !<l ,,('tlu(' en 1977, I·k~ê <lv~il il1<lu!:lIré I~ 1l0u\"<.'lI" rll" Il;~lo,,n,,, qui polI" dep'"i; 2003 wn
nOIll_ la pii!tonnisalion c>'l l'ul1(> d~'5 <:011><''qucnœs do? I"Cl1lptiw ~patial" oc œ i\.'>Cliv.ll292 • M~ria Gr.wilri-Ililrbas, Vincent VcKh~l11brc ANNA'.', J>r G'oc"",""', N" r.~3 • 200$
ll1anifl:st<1tiOI1 (kscendre sur les bords de la Ch'1n.:Il1t::, cn cOlltTcbas du plareall
qui porte le cellnc 'lilcicll: le CNBDT et l'Écok sup':rieurc de l'IIl1;lge, COIlS­
tî\"llcll\" 'llIjomd'hui un pàk sC":OIl ..hir~ de l:I nlolnifcsl:n:ion (fig. 1, espace' [5]).
Afin (le desservir .:el esp:lcc. dcs Il:l'l'CITCS om été mises en place qui fOllt" le
rOllr des ptincipaux sites (ftg. 1). CCl d:ngisscmenr d~ l'CSp2CC fcstiv'llier rh~'le
un problème urhanistique d'arLicliblion cntre villc hautc er ville bassr:.
L·év";ncm('llc n';l jamais concerne l:1. ..:om1llunc d'Angoulême dans son
ensemble, ni Il JiJ1ïillri l"agglomératioll. Si l'on excepte l'édiriotl 1977,
dULltll laquelle il a E1llll en CJL1S'roph~délocaliser Il: s.don <t11lS un gymtl.lsc
du gr,md cllScmblc Ma Campagne li, la présence du festiv'll Cil périphérie <1
toujours clé ponctuelle Cl l11<H"ginak 12.
Durant !cs quelques jours qllc dure' la nunifcstal\On, le FIBD m'lrquc
d s·'lpproprie lc ccnITt::-\'ilk dans son .:nsclllbk, à lra"crs lIcs strllctur.:s
pro\·isnîrcs l" huiles », j\b.gie miror ,.. ), des bandcroks, dcs ,\llîches, des
éebir'lgcs, unc sonoris:ltion. (fig. 1). Mais celte appropriation rcsrc fugi­
tj\"c. le FIBD n'ayant pas jusqu'à présenr bissé de tT.lCe d· réussi ,\ se pén:n­
l1iser en tant" que rel.
En in\"estiss,lllr progressivemenr les pri'l..:ipaux lieux Cl pbces publics, en
rc\'aloris'lI1\ certains CSp'ICCS. la rnanifcsution ;\ cont]"ibu~ J. r.:nforcr:r Cl. J
étendrc k ccntr..:-vilk, cr plus largement ;\ tT:1t1Sf\)nlH.'r l"itllagc d'Ango1l­
lbnc_ De b dvn:lllliqll~ ainsi créé(' proc'::d.:m tm ":<:t1'ain nomorc d't;quipemcnls
t101l\'CaUX, qui sonr alH'.tlli de pointS d'appui pour les 'lCl.:urs ]o'::l.ux. poli·
tiqu('s ct' économiques.
2 Des retombées spatiales considérables
pour Angoulême et sa région
De l'avis dc raits les ,\CtCurs 'lui évolltenr sur 1.1 s.:ènc IOC;llc. le festival
inll.'TnOllional d.: la bndc dessinée (FLBD) est J. l'origine d'instinnions Oll­
\:urelles Ct d'un rissu ':conomique qui rcprésemcm ;mjouJd'hui 10: prin.:i­
POlUX :ltouLS de dé\"dnppeI1H:nr pour Angoulême et sa r":gioll. Pour celte
ville de l''''ldition indusrriclk, lourdement pénalisée p:1r kt gestion ll1ulli..:i­
p'lk des atlt1~es 19801.;_ la dynamiquc initiée pOlr le festi",\1 r.:préselltl: cn
circ, une txclsion de recon\'ersion économiquc. :\1ous ,lIIons donc passer
Cil r,,\'ue les diflëren\:s lieux issus de la dynamiqlte fcsrlvaliè"IT, ill\'cslis par
ks principaux acteurs politiques, économiqucs Cl (ul\"ll1"<:ls loc;\ux (fig, 2).
À ..:ôté des rCLOmbé.cs m'lrérielks_ (ollCrètes, il ne filin pas perdre dr: \·lle b
dimension symboliqur: de ..:cs lieux. qui CùtlstiluCtlt ,1l1\:tlll de " rnOlrqtlèUrs"
des djllèrr:nl.cs fonncs de pouvoir .1l1 l'l'Hl lo.:al.
11 lp V""t ,wait provoqué la del"illlltl<' de la ,ulJlle. dll Ch,ullll d" I\\a'~_
12 tl? Il?Sli\l,,1 Musiques 'nO;>'iHl's. qui ('S, l'allt'e ie,ti''<ll imporl""1 dl' I.~ viII,', " im'c'I'cen]p"l "']1'
10ralisaliol1 périph<'riqlle Pt ""tr(,ti(mt tOllt au 10llg dp 1'.1",,6' d,', l'd.,tions au!,. f<!'s habit.,nt, d"s
qU;lrlier5 d'Ilolbital SOCi.1!.
13 L<' l1].li,e 'OCi.l!iste d(·I'o:.'poqu<" lAc'- Bouchel''''' n9n·19S9J.l 1.1;5;,.1 "'1 déficit ",tin~ ~ 16~ M
de F p",.la COl'" d", comptt!"$ 09891, qlli limit<' encore dt!" 'lOS jû....s la "1Mge rI<' "lal1œllVre d"
>es sucçe'S<'IIt>.Enjeux de )lérennis.ltioll d'lin événemenl éph;}me,e • 293
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(q,,;pcII"'''' ';""""""q"O
• Oepui.19~S
Fig.2 Il1ir.wructures sliscitées par le FIBD.
Ifp.IJIlp.S CfealCd b" t/Jo.' Comics festival.
2.1 De /JOUl'eauX acteurs et de nouveaux équipements d.ms la "i//e
2.1.1 le temple de la bande dessinêe ct de l'image (CNBDI) s'inSlalle à Angoulême
C'eSt" gd.œ :ILI succès du fcsüv,ll de la BD qui s'est rapidemellt imposé sur
1.1 scèlle luùonak ct illternationak, qu'Angoulême a été choisit' en 1983
pOlir a ...xucillir le Cenne Narional dl' la Bande Dessillée ct de 1'1nugc
(CNBDI), l'lin des 15 «Grands Projets» du président: Minerrand en région.
visanr j légitimer des genres culturels considérés comllle "mineurs» H. Comme
14 L'annonce oll,(,ell<;> de IJ né.llion du CNI3I)I d.lle de lam·ie, 1933 el s'~'~IIJile l,lus p...!<"i~ell1e"l
d<ln~ le cadre d'un plan promu IMI It: Mi[]i~lre de 1.1 C"hur<;> I:<<"~ L.lng, inlilulé .15 rne,UlCS pour
IJ BI)._294 • Mari,l GI,lI';ui-B;uba$, Vincenl Veschalllbre A..'NAlO:S ".: (;;OC.Ar'H>, "''' 643 • 211115
le rl'connait l';mcicn din;ncur du l1lu~':e dc la BD, si k festival n'a pas
g':néré Je CNBDI, équipcmcnt qui s'inscrivail ~ l'époque d:ll1s \lnc politique.
I:ldt'Urdle narion:\[c, «sa localisation à Angoulême eSI: une con~équcllce
dircC-tc du testinJ. S'il n'y ,w:lit p:1S cu le !l'sri\',ll, k CNBDJ aur,lit oisté,
mais ai[leurs» (Gro('n~reen, entJ:cticll, 1998).
L'ou\'erture J'un lieu phalY pOllr la BD, ~hll~ UllC vi[le dl' 1.1 raille
d'Angoulême, esr perçuc p:lr unc panil' de [:1 profcssion COl11nH:' "'un Cilter­
remcnt dl~ première classc" (Groenstcell, idem). Encor. ,mjourd'hui, le
CNBD1 :l d'<\ilkur~ unc fréqul~nralion plutôt lill1;lcC pour un équipemclll
d'Une rdle alllpkur: cdk-ci c,sr d'environ SOOOO visitl:urs p:u :Ill, dom [a
moiti':' pCl1lbnr le fcstiv;I[,
Situé dans les ;JnCiCnnl,s brasserics Ch"l11l'ignculks domill:llll la Cha­
reJ1l'c, Je b;'itill1enr;l ét.: réhabilité par Roland C1SrrO ~'I' in:lUguré en 1990_
En 2002 le CNBDI :l cnt<ll1lé Uil projet d'agr,lndisseJ11elll: sur une friche
industridk (tig. 2), L'oll"crmrc de noU\'C,lUX esp:lces en 2004 ..:omprcndra
Uil l1lUSél~ de b BD, un centre d'inrerprct;lI'ion des llouvdles images et ulle
lll~dj:Hhèque de ['imagc, Elle dolera AJlgOld{~mc d'uil éCJuipcl1leJ11' dédié à
l'image, d'imporrance natiollale, Yoire il1rcrn:ltionale,
2,1.2 Un pôle de forlll<lliOllS slruchlré <lUIOUf de l'école supérieure de l'il1l<lge
D;\11s le (;ldre du "'pl:m BD" de ). L:Lllg, ['école des Beaux-arts est de\'..:nm:
['une des toutes premières en Fr:ll1Cc \,b d<'uxi':mc ell Emopc ,'près Bruxc1­
ks) à ounir un dtp'lrrCl1len\ de «CMII1J11l11irntùm CllfniOl'iJIlt:l1e t't dt bnlln,;
des.rin(f". Devenue depuis l:cok sLlp':riellrc dc [,ll11ag~' lESn, (l'tte struc,
turc a ét~ implantée en f~H:e du CNBDl, d:\Ils UIlC :ll1eiellllC llsine sur [a
Charente (l'ig, 2), Autour de cette pr..:mièH' struülllT de fOflll:L!:ion spéci-a­
[is~e, cr du labor<lwire d'imagerie numérique (UN) du CNBDI, sont
venues progressivement sc grenier lm ensemble de formations en nlppOrt:
a\'Cc l'im:'1g.e li x", ou ;mlmé.::, qui VOllt du BEP au Bac + 6 ll'Îg., 2) 15.
L'émergence de cc pôle de fôr1l1arion est venue concrétiser la dimensiou
«image» de la \ll1e d'Angoulême, Il s'inscrit désOJl1l:lis d,lllS un ensemble
plus vaste, le Pôle im;'gl:,
2.1,3 le pôle Image autour du château de Dampierre: un projet dans 1<1 ville
La volonré d'un "prolong.emenr indusrriel» ,1U1'0Ur de l'i111,'g,e ;mimée ~
Angou[ême d:\[C de 1983, Dès cerrc ':poqtle, les acteurs ]OClUX ont cherché
~ promouvoir l'image «Si[icon Va[ley" de [a vjlle charcnl':lisc, Si la ~o(i('I~~
cré~e ~ ['épOqU'~, Im:lge Ordil1an.::ur tI.O,), n\~S\' l'in:~lcmcnr pas arrivée ;\
mobiliser les partenaires financiers l'rlv,:s, ce n'érair que pMrie remise. À la
15 Il ~'~~il de'>' muctur~"S !UII'<lnws: k' IYCl~ d~' l'imagC' et du son o'An)loul"lll<' IUS,\}, oifr~llt des fOllna·
Iioll; llTS !<'(lll1lllllt1iCi\lion, COnullllllicaliOIl \'i~uell(') el h- I\,c".' 1(.'Çlmiqlll' Ch~r1(';; Al'~u5Iin CoulOmb
(ll<lc :\11s Appliqué, ([:Isse- dC' ll1i~e à nive<l" AilS Appliquèl. Ces cl'-'tl~ structure-:> >ont 5011S Iii IUlelle
dll Minislère dl' l'ÉduCillioll; l'École de; II·Miers rlu Cil1~l11a d',]llllll,llioll IEMCA) ('1 Il' (l'nlll' rks For·
111.11io1l5 l'lofc-ssiolll1el[l'5 (OFon, rollS lutelle de la CCI d'Al\soul~nl<': (inilll'illenf, le l.ilboraloirC'
d'lm.1lJ,erie NlHllérique (UN) proposill1l un 1\-l,1s1èn' Européen de 3" cycle <êl l'I:colC' SlIl,cl'il'ure de
rlrll.l~ \ESIl, roU5 tutelle du Minislère de la Cuhure, Une 'lOuI'('Il<ê ùlil''':, l'EMClIt:coJ.' dl''' IIKliers
dl' la Ué.1liOll infographique) il .'1('> I,lneé<.> l''n 2001 pal' 1;1 CCI el lI'I.1gl'li,:. EII.' ,-is-e il rèp,,"r1rt' ,lU>.
Ill"ioins rles slUrlio; rle produclion_

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