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Corrige Bac Francais 2005 S

3 pages
CorrectionI- Question :Quelle est la conception de la poésie qui s'exprime dans chacun de ces textes ?La poésie n'est pas conçue de façon identique par les trois auteurs de nos extraits. Près de deux sièclesséparent l'art poétique de Boileau de la révolution revendiquée par Victor Hugo. Le premier considère lapoésie comme un art répondant à des exigences strictes : le souci de la langue et par lui, celui du terme justedomine : « En vain vous me frappez d'un son mélodieux, / Si le terme est impropre ou le tour vicieux » (v.3-4) Il revendique la simplicité du vers : sa justesse dépendra du respect des règles de l'art poétique, son effetsur le lecteur se verra alors démultiplié. Soin et lenteur participent également du travail poétique :« Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, /Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ; » (v.17-18). Enfin, la poésie devra sa beauté à la naissance de l'harmonie dans la construction : « Il faut que chaquechose y soit mise en son lieu » (v. 23). La rigueur de la construction, de la métrique et du thème : « Quejamais du sujet le discours s'écartant »(v. 27) sont les principales conditions d'un poème réussi. Le respect desrègles est, pour cette raison, primordial.Or c'est précisément ce contre quoi s'insurge Victor Hugo. Héritier de la Révolution française, le poèterevendique une liberté au nom des mots qui rompt avec les normes de l'art poétique. Distinguez les mots àdire et ceux à taire lui semble contraire aux ...
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Correction
I- Question :
Quelle est la conception de la poésie qui s'exprime dans chacun de ces textes ?
La poésie n'est pas conçue de façon identique par les trois auteurs de nos extraits. Près de deux siècles
séparent l'art poétique de Boileau de la révolution revendiquée par Victor Hugo. Le premier considère la
poésie comme un art répondant à des exigences strictes : le souci de la langue et par lui, celui du terme juste
domine
: « En vain vous me frappez d'un son mélodieux, / Si le terme est impropre ou le tour vicieux » (v.
3-4) Il revendique la simplicité du vers : sa justesse dépendra du respect des règles de l'art poétique, son effet
sur le lecteur se verra alors démultiplié. Soin et lenteur participent également du travail poétique :
« Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, /Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ; » (v.
17-18). Enfin, la poésie devra sa beauté à la naissance de l'harmonie dans la construction : « Il faut que chaque
chose y soit mise en son lieu » (v. 23). La rigueur de la construction, de la métrique et du thème : « Que
jamais du sujet le discours s'écartant »(v. 27) sont les principales conditions d'un poème réussi. Le respect des
règles est, pour cette raison, primordial.
Or c'est précisément ce contre quoi s'insurge Victor Hugo. Héritier de la Révolution française, le poète
revendique une liberté au nom des mots qui rompt avec les normes de l'art poétique. Distinguez les mots à
dire et ceux à taire lui semble contraire aux exigences d'expression, une véritable inégalité contre laquelle il
veut lutter. Cette bienséance lexicale était aussi appliquée au théâtre : « Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons
pour Molière./ Racine regardait ces marauds de travers ; » (v. 14-15). S'insurgeant contre cette dichotomie,
injuste, V.Hugo se fait le héraut de la cause des mots et bouscule les usages et les exigences de la vieille
Académie : « Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire. / Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier ! »
(v. 26-27). Déclarant les mots libres, et égaux, il s'octroie le droit de les employer comme bon lui semble, à
chaque fois que son discours l'y invite. Même des termes dont le référent semble bas ont droit de séjour dans
ses textes : « Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ? » (v. 40) Voilà la poésie libérée de ses règles.
Plus encore que le moyen d'une expression libre, la poésie pour Rimbaud est investie d'une véritable mission
dont elle peut seule s'acquitter. La langue poétique parlera « de l'âme pour l'âme » (l. 6). Le poète devient
« multiplicateur de progrès »(l. 10). Véritable plongée dans l'inconnu, la poésie sera toujours « en avant » (l.
15), accessible aux hommes, comme aux femmes, peut-être différemment : elle est projection, instrument du
« voyant » qui, par elle, construit l'avenir.
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