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Corrige IEPP Sociologie 2007 BAC+1

3 pages
Eléments de corrigé pour l’épreuve de sociologie ********************* La réussite à l’épreuve de sociologie a été très inégale lors de la dernière session : le meilleur côtoyant le pire. Il n’est donc pas inutile de rappeler les quelques règles qui régissent cette épreuve avant de proposer des éléments de corrigé pour chacun des sujets. La dissertation de sociologie doit à la fois respecter les canons habituels de toute dissertation et permettre aux candidats de faire la preuve de leur connaissance des travaux sociologiques. Sans être attaché à des règles purement formelles, le jury rappelle qu’une dissertation se doit, autant que possible, de respecter les lois du genre : une introduction qui définisse précisément les termes du sujet, qui en délimite son champ et qui justifie la problématique adoptée et l'annonce du plan ; le corps du devoir doit comprendre deux ou trois parties clairement articulées et mettre en évidence la progression du raisonnement ; la conclusion, enfin, doit synthétiser les points saillants de la démonstration et ouvrir sur un questionnement plus large. Rappelons, enfin, qu’une dissertation sociologique ne saurait se confondre avec un essai littéraire ou philosophique, mais qu'il s'agit bien d'un exercice à part entière qui exige des candidats une réelle familiarisation avec la littérature spécialisée, auteurs classiques ou contemporains, ainsi qu’une connaissance détaillée des enquêtes statistiques ou qualitatives ...
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bac
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Eléments de corrigé pour l’épreuve de sociologie
*********************
La réussite à l’épreuve de sociologie a été très inégale lors de la dernière session : le meilleur côtoyant
le pire. Il n’est donc pas inutile de rappeler les quelques règles qui régissent cette épreuve avant de
proposer des éléments de corrigé pour chacun des sujets.
La dissertation de sociologie doit à la fois respecter les canons habituels de toute dissertation et
permettre aux candidats de faire la preuve de leur connaissance des travaux sociologiques. Sans être
attaché à des règles purement formelles, le jury rappelle qu’une dissertation se doit, autant que
possible, de respecter les lois du genre : une introduction qui définisse précisément les termes du sujet,
qui en délimite son champ et qui justifie la problématique adoptée et l'annonce du plan ; le corps du
devoir doit comprendre deux ou trois parties clairement articulées et mettre en évidence la progression
du raisonnement ; la conclusion, enfin, doit synthétiser les points saillants de la démonstration et
ouvrir sur un questionnement plus large.
Rappelons, enfin, qu’une dissertation sociologique ne saurait se confondre avec un essai littéraire ou
philosophique, mais qu'il s'agit bien d'un exercice à part entière qui exige des candidats une réelle
familiarisation avec la littérature spécialisée, auteurs classiques ou contemporains, ainsi qu’une
connaissance détaillée des enquêtes statistiques ou qualitatives les plus récentes. L'amateurisme
manifesté par certains candidats, qui semblent avoir choisi cette épreuve par défaut, a été lourdement
sanctionné.
Sans proposer un corrigé
in extenso
ni un plan modèle, tant les problématiques pertinentes sur un
même sujet peuvent être diverses, les observations ci-dessous n’ont donc pour objectif que de fournir
quelques points de repères aux étudiants qui composeront en sociologie l'année prochaine.
Qu’est-ce qu’une idéologie ?
Ce sujet invitait à explorer les différentes significations d’un concept
fortement polysémique tant dans la littérature sociologique que dans l’usage polémique qui peut en
être fait dans le discours politique. La signification du terme oscille entre une acception neutre et une
autre plus polémique, voire péjorative : l’idée fausse, la simple rationalisation d’intérêts ou de
passions, ou bien un ensemble d’idées, de croyances et de valeurs se présentant comme une
interprétation plus ou moins systématique de la réalité sociale. L’histoire du concept donne en effet à
voir un étrange retournement sémantique : À l’origine, le terme désigne chez Destutt de Tracy, à la fin
du 18
ème
siècle, la science des idées. Les idéologues comme ils se proclament alors eux-mêmes
cherchent à trouver un fondement empirique aux idées en opposition avec une métaphysique
déconnectée du réel. Dénoncés comme des doctrinaires intransigeants par Napoléon à qui il s’opposait,
le mouvement des idéologues perdit une grande partie de sa crédibilité et le terme idéologie prit alors
une coloration péjorative. Les travaux de Marx contribuèrent à accentuer cette représentation
négative : il reproche aux idéologies de séparer les idées de leurs conditions de production réelles et
ainsi de leur accorder une autonomie qu’elles ne possèdent pas ;
en tant qu’elles s’élaborent dans la
méconnaissance de leur dépendance par rapport aux conditions de vie économique et sociale des
hommes, elles présentent une vision inversée du monde, donnant à croire que ce sont les idées qui
transforment le monde alors qu’elles ne font que refléter les transformations de la base économique de
toute société. Dans un tout autre cadre analytique, Pareto qui n’emploie pas le terme idéologie mais
ceux de résidus et de dérivations contribuera à accréditer l’idée que les idéologies ne sont que la
rationalisation de notre intérêt ou de nos passions.
On trouve, en revanche, une représentation différente de l’idéologie chez des marxistes contemporains
comme Gramsci ou Althusser pour qui les idéologies sont des conceptions du monde qui ont pour
fonction de renforcer la cohésion des groupes sociaux et de favoriser leur mobilisation politique.
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