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2001
I. S. F. A.
2001-2002
__________
_________
Concours d'Entrée
______________
ÉPREUVES DE FRANÇAIS
_______________________
1
ère
Epreuve : Contraction de texte (2 heures)
2
ème
Epreuve : Dissertation (1 heure)
Les copies de la première épreuve seront rendues au bout de deux heures.
Le sujet de la deuxième épreuve sera alors communiqué aux candidats.
1ère EPREUVE
CONTRACTION DE TEXTE
-------------------------------------
(Durée : 2 heures)
Vous résumerez en 250 mots (tolérance + ou - 10 %) ce texte d’environ 2 000 mots, extrait du livre
Internet, l’inquiétante extase (Alain Finkielkraut et Paul Soriano).
Edition Mille et Une Nuits, Mars
2001
Internet, l’inquiétante extase
Lorsque j’entends les slogans de la révolution numérique, quand je regarde – comment faire
autrement ? – ses innombrables films publicitaires, j’ai la pénible impression d’habiter le royaume des
morts, d’être survivant un peu hébété d’un monde englouti, rescapé de l’Atlantide.
Ces slogans et ces films, extatiques et impitoyables, me rappellent à ma condition de vestige, de
fossile, de résidu, de relique, d’anachronisme, d’homme des cavernes, de dinosaure, de ci-devant… Je suis,
me disent-ils, le témoignage incarné de l’Ancien Régime, de la communication d’avant l’interconnection, de
la vie mutilée d’avant la vie.com.
Il ne tient qu’à moi, il est vrai, de faire partie de la génération Internet puisqu’elle est précisément
transgénérationnelle. On ne me demande qu’une seule chose : être «
ready
».
Mais, c’est vrai, je résiste, je me braque, je reste obstinément décroché des « forces vives » : tenant à
distance les nouvelles machines, je me barricade, en quelque sorte, dans le révolu, je m’arc-boute à mon
stylo, à mes paperasses, et à mes chers amis, les livres.
Alors, en m’invitant, en me réquisitionnant même, pour cette table ronde, la Fondation du 2 mars
m’oblige à produire mes raisons et à élucider cette technophobie pour reprendre un instant, un instant
seulement, le terme forgé par les « technolâtres ».
Donc je boude l’écran, mais puis-je vouloir que la maxime de cette bouderie devienne une loi
universelle ?
J’écarte d’abord l’hypothèse psychologique de la paresse et celle, physiologique, du vieillissement.
Certes, plus on avance en âge, plus on se ménage, moins on est flexible, ouvert, adaptable. La raideur
est le triste apanage du ringard.
Mais il y a tant de seniors qui naviguent euphoriquement dans le cyberespace et qui, aussitôt revenus
de leur premier voyage, mettent à vous convertir un zèle de tous les instants qu’il faut un effort de volonté
pour
ne pas
vivre connecté.
Les vieux et les jeunes, les collègues et les enfants, tout le monde aujourd’hui relaie l’engagement
pris par France Telecom de me « faire aimer le monde de l’an 2000 », c’est-à-dire le monde du multimédia.